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par Gilberte Côté-Mercier

En 1964, le jour de Pâques tombait le 29 mars.

Pendant la Semaine sainte, des événements miracu-

leux se produisirent au Brésil. Événements d’une por-

tée nationale et universelle. La révolution communis-

te, préparée pour ce pays d’Amérique latine, avortait

deux jours avant son déclenchement.

Ce sont les femmes du Brésil, qui ont fait échec à

la révolution communiste. Ce sont elles qui ont mené

la contre-révolution. Et les femmes

du Brésil avaient placé à leur tête la

Reine du Ciel Elle-même. Celle qui,

par décret divin, doit écraser la tête

de Satan, le Menteur et l’Assassin.

C’est Notre-Dame de Fatima qui

a sauvé le Brésil, dans la Semaine

sainte de 1964, parce que les catho-

liques du Brésil vivaient le mes-

sage de Fatima, et qu’à la suite de

la Vierge pèlerine, les femmes du

Brésil ont parcouru les rues de leurs

villes dans des défilés monstres, en

récitant tout haut le chapelet et en

chantant des cantiques.

On lit dans la revue

Sélection

,

1er février 1965:

«Quand la Fédé-

ration des travailleurs de l’Amérique latine, organi-

sation communiste, annonça qu’allait avoir lieu, à

Belo Horizonte, un rassemblement de masse où deux

organisateurs venus de Russie prendraient la parole,

les dirigeantes de la Ligue féminine pour la Démo-

cratie envoyèrent le bref message suivant: ‘Lorsque

l’avion qui amène ces hommes arrivera, il trouvera

des centaines de femmes couchées en travers de la

piste d’atterrissage. Vous voilà prévenus’.

«La menace suffit. L’appareil ne se posa pas à

Belo Horizonte et poursuivit son vol jusqu’à Brazilia.

«En février 1964, les mêmes femmes organisè-

rent une manifestation dont le succès fut identique.

Un congrès pour la réforme agraire devait se tenir

à Belo Horizonte, avec Leonel Brizola (ambassadeur

cubain et communiste) comme principal orateur.

Quand Brizola arriva dans la salle du congrès, il la

trouva bondée, tellement bondée, en fait, qu’il ne put

réussir à se faire entendre, sa voix étant couverte par

le cliquetis des chapelets et le murmure de 3 000 fem-

mes priant pour la délivrance de leur pays. Dehors,

Brizola trouva également les rues pleines, à perte de

vue, de femmes en prière. Il quitta Belo Horizonte

avec, en poche, l’un des discours les plus incendiai-

res de sa carrière... qu’il n’avait pas pu prononcer.»

Le 13 mars 1964, les chefs communistes avaient

amené à Rio de Janeiro 100 000 travailleurs, par auto-

bus et par chemin de fer, aux frais

de l’Etat — plus de 400 000 $ de

dépenses — pour entendre Goulart

et Brizola décréter l’assassinat de la

Constitution, l’abolition du Congrès

(les députés) et la confiscation des

industries et des fermes. C’était le

13 du mois, par conséquent le jour

choisi par la Vierge de Fatima pour

ses apparitions au Portugal, en

1917. Depuis ce temps-là, le 13 de

chaque mois de l’année est honoré

par les fervents de Fatima.

Donc, le 13 mars 1964 était le

jour désigné par le président Gou-

lart pour annoncer publiquement la

dictature officielle au Brésil. Mais, le

13 mars 1964 était aussi le jour élu

par la Vierge pour faire éclater son miracle en faveur

des amis du chapelet au Brésil.

Quand les femmes du Brésil entendirent à la

télévision les terrifiantes nouvelles lancées par les

démons du communisme, les femmes du Brésil, par

millions, dans toutes les villes, sont sorties de leurs

maisons, ont pris les rues et les routes avec leur cha-

pelet, avec des pancartes anticommunistes, et des

tonnes de circulaires dont elles inondèrent leur pays

avec l’aide des enfants.

Le 19 mars, fête de saint Joseph, chef de la sainte

Famille, eut lieu à Sao Paulo la «marche de la famille

vers la liberté avec l’aide de Dieu». Un million de fem-

mes y défilaient solennellement en priant et en chan-

tant des cantiques. A remarquer que c’était dans la

première semaine de la Passion, le jeudi précédant le

dimanche des Rameaux.

En semaine sainte

Le Brésil est un pays immense, plus vaste que les

États-Unis, comptant 77 millions d’habitants, soit trois

fois la population du Canada, et treize fois celle du

Québec (

en 1965

).

Dans presque toutes les villes du Brésil, dans les

jours qui suivirent le 19 mars, eurent lieu de ces «Mar-

ches de la famille vers la liberté avec l’aide de Dieu»,

mobilisant des millions et des millions de femmes.

Voici le texte de la circulaire que les femmes et

leurs enfants répandaient:

«

Ce pays immense et merveilleux dont Dieu nous

a fait don est dans un péril extrême. Nous avons per-

mis à des hommes d’une ambition sans limites, dé-

pourvus de toute foi chrétienne et de tout scrupule,

d’apporter la misère à notre peuple, de détruire notre

économie, de troubler notre paix sociale, de semer

la haine et le désespoir. Ils

ont noyauté notre nation, nos

administrations, notre armée

et même notre Eglise, avec les

serviteurs d’un totalitarisme

qui nous est étranger et qui

détruirait tout ce à quoi nous

tenons...

«Sainte Mère de Dieu, pro-

tégez-nous du destin qui nous

menace et épargnez-nous les

souffrances infligées aux fem-

mes martyrisées de Cuba, de

Pologne, de Hongrie et des

autres nations réduites en es-

clavage !»

Le 20 mars était la fête de

Notre-Dame des Sept-Dou-

leurs, le vendredi avant les Ra-

meaux.

Les femmes du Brésil conti-

nuaient leurs «marches des

familles». Le 22 mars était le di-

manche des Rameaux. Comme

le Christ à Jérusalem, les fem-

mes du Brésil prenaient triom-

phalement possession de leur

pays, en chantant: Hosanna au

Fils de David!

Pendant ce temps, Luiz Carlos Prestes, chef du

parti communiste brésilien, plastronnait effrontément:

«Le pouvoir, nous l’avons déjà. Il ne nous reste qu’à

prendre la relève du gouvernement»

(

Sélection

, fé-

vrier 1965). Et le président communiste Goulart blâ-

mait publiquement les catholiques de s’opposer à ses

réformes. Il commit la faute de ridiculiser publique-

ment leur dévotion au rosaire, disant que c’était une

arme inutile pour résoudre les problèmes du Brésil.

(Note prise dans

Divine Love

, journal de Californie, été

1964.)

Mais, depuis le 13 mars, jour fameux des cyniques

décrets de Goulart, le général Castelo Branco avait

rédigé un manifeste secret de réprobation, disant:

«Quand un président a proposé de chasser le Congrès

et de jeter bas la Constitution, l’armée a non seule-

ment le droit mais le devoir d’intervenir pour défendre

la légalité».

Par des hommes d’affaires de droite, ce mémoire

fut remis clandestinement à des officiers supérieurs de

l’armée en qui on pouvait avoir confiance. Puis, 1500

officiers de marine firent, en même temps, un appel à

tous les citoyens du pays, proclamant que le moment

était venu pour le Brésil de se défendre lui-même. L’ar-

mée, la marine, la presse se joignirent aux femmes qui

priaient, dans une colossale contre-révolution.

Le 23 mars, le cardinal Camera, de Rio de Janeiro,

passa un message radiophonique à la grandeur du

pays, par lequel il avertit du danger imminent de la

prise du pouvoir par le com-

munisme.

Trois jours plus tard, le 26

mars, le Jeudi-saint, des sec-

tions des forces militaires mar-

chèrent contre Goulart. Des do-

cuments saisis alors révélèrent

que les communistes avaient

fait leurs plans pour s’emparer

du pays par les armes, exacte-

ment deux jours plus tard, soit

le 28 mars. La contre-révolu-

tion avait précédé la révolution

de 48 heures seulement !

Une résurrection

Les gouverneurs d’États

et les généraux de l’armée, les

uns après les autres, se ran-

geaient du côté de la contre-

révolution. Des députés même

lâchèrent le président Goulart,

qui prit la fuite, suivi de Brizola

et des chefs communistes des

syndicats.

Le mercredi suivant Pâ-

ques, le 1er avril, dans l’après-

midi, les contre-révolutionnai-

res avaient remporté la victoire. Ils célébraient à la

radio l’échec du communisme. «Aux fenêtres de Rio

claquaient des draps et des serviettes qui saluaient la

victoire, et les rues des grandes villes du Brésil étaient

pleines de gens heureux qui dansaient dans une am-

biance d’allégresse». (

Sélection

)

C’était une vraie résurrection.

Pour le 2 avril, jeudi de Pâques, une «marche» des

femmes de Rio de Janeiro avait été mise au program-

me précédemment. Des esprits, par trop apaisants,

voulurent dissuader les femmes de faire leur «marche

des familles», la disant «inutile après la victoire». Mais

En 1964, les femmes du Brésil ont

sauvé leur pays du communisme

Des millions de femmes défilaient

solennellement dans les rues en récitant tout

haut leur chapelet, chantant des cantiques et

brandissant des pancartes anti-communistes

Joao Goulart et Leonel Brizola

Plus d’un million de personnes marchant

dans les rues de Rio de Janeiro le 2 avril

1964, pour remercier Dieu et Notre-Dame de

Fatima d’avoir sauvé leur pays du commu-

nisme. Photo: O GLOBO, Rio de Janeiro.

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

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