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sociale qu’un nombre très considérable d’hommes

y trouvent les plus grandes difficultés pour opérer

l’oeuvre, seule nécessaire, de leur salut.»

(Encyclique

Quadragesimo anno

.)

C’est le même Pape qui, dans la même encycli-

que, résume dans cette phrase la fin sociale et bien

humaine de l’ordre économique:

«L’ordre économi-

que et social sera sainement constitué et atteindra sa

fin alors seulement qu’il procurera à tous et à chacun

de ses membres tous les biens que les ressources

de la nature et de l’industrie, ainsi que l’organisation

vraiment sociale de la vie économique, ont le moyen

de leur procurer.»

TOUS et CHACUN. TOUS les biens que peuvent

procurer la nature et l’industrie.

La fin de l’économique est donc la satisfaction des

besoins de TOUS les consommateurs. La fin est dans

la consommation, la production n’est qu’un moyen.

Faire arrêter l’économique à la production, c’est

l’estropier. L’économique ne doit pas financer seule-

ment la production, elle doit financer aussi la consom-

mation. La production est le moyen, la consommation

est la fin.

Une économie véritablement humaine est sociale,

avons-nous dit: elle doit satisfaire TOUS les hommes.

Il faut donc que tous les hommes, TOUS et CHACUN,

puissent passer leurs commandes à la production, au

moins jusqu’à satisfaction de leurs besoins essentiels,

tant que la production est en mesure de répondre à

ces commandes.

La politique d’une philosophie

Le Crédit Social n’est pas une utopie, mais est

basé sur une compréhension juste de la réalité, sur la

juste relation entre l’homme et la société dans laquelle

il vit. Comme l’a déclaré Clifford Hugh Douglas, le Cré-

dit Social est la politique d’une philosophie.

Une politique, c’est les actions que nous prenons

pour atteindre un objectif, et cette politique, ou ac-

tes, est basée sur une conception de la réalité ou, en

d’autres mots, sur une philosophie.

Le Crédit Social proclame une philosophie qui

existe depuis que les hommes vivent en société, mais

qui est terriblement ignorée dans la pratique, de nos

jours plus que jamais.

Cette philosophie, vieille comme la société, donc

vieille comme le genre humain, c’est la philosophie

de l’association. L’enseignement social de l’Eglise

utiliserait le terme: bien commun.

La philosophie de l’association, c’est donc: l’asso-

ciation pour le bien des associés, de tous les associés,

de chaque associé. Le Crédit Social, c’est la philosophie

de l’association appliquée à la société en général, à la

province, à la nation. La société existe pour l’avantage

de tous les membres de la société, de tous et de cha-

cun.

Le Crédit Social, c’est la doctrine de la société à

l’avantage de tous les citoyens. C’est pour cela que le

Crédit Social est, par définition, l’opposé de tout mo-

nopole: monopole économique, monopole politique,

monopole du prestige, monopole de la force brutale.

Le but du Crédit Social est de «relier à la réalité» ou

«exprimer en termes pratiques» dans le monde actuel

— surtout le monde de la politique et de l’économique

— ces croyances sur la nature de Dieu, de l’homme

et de l’univers qui constituent la foi chrétienne — la

foi transmise par nos ancêtres, et non pas celle chan-

gée et pervertie pour se conformer à la politique ou à

l’économie d’aujourd’hui.

Lois de Dieu et lois humaines

L’homme vit en société, dans un monde soumis

aux lois de Dieu: les lois de la nature (les lois physi-

ques de la création), et la loi morale donnée par Dieu

et inscrite dans le cœur de chaque homme (les Dix

Commandements). La connaissance et l’acceptation

de ces lois impliquent de reconnaître quelles sont les

conséquences lorsqu’on les enfreint.

Accepter les lois de la nature, c’est reconnaître ce

qui est une réalité à laquelle nous ne pouvons échap-

per, et que toute personne, en tant qu’individu ou col-

lectivement en société, est sujette à ces mêmes lois

de la nature. Chaque événement qui se produit sur le

plan physique est une illustration de l’existence des

lois physiques qui régissent l’univers. Par exemple, si

un homme saute d’un avion en plein vol, il n’enfreint

pas la loi de la gravité… il ne fait que prouver son exis-

tence. Cette observation s’applique à toutes les lois.

Ces lois de la nature, créées par Dieu, ne peuvent

être abrogées par l’homme, on ne peut leur désobéir ou

passer outre aux sanctions qu’entraîne leur violation.

Les chaînes que les individus en société se sont

forgées pour eux-mêmes (accords, associations, lois

créées par l’homme) sont facultatives, optionnelles,

tandis qu’on ne peut échapper aux lois de la nature et

à leurs conséquences.

Par exemple, l’argent est un système créé par

l’homme, et non pas un système créé par Dieu ou la

nature: il peut donc être changé par l’homme. L’équili-

bre qui existe dans la création de tous les êtres vivants,

ce qu’on désigne par le terme «environnement», par

contre, ne peut être violé sans conséquences. Si nous

produisons des biens sans respecter l’environnement,

si nous polluons la planète et gaspillons les ressour-

ces qui nous ont été données par Dieu, nous devons

obligatoirement en subir les conséquences.

Le crédit social: la confiance qu’on

puisse vivre ensemble en société

Dans

son

pamphlet

Qu’est-ce que le Crédit So-

cial ?

, Geoffrey Dobbs écrit:

«Le terme “crédit social” (sans

majuscules) désigne quelque

chose qui existe dans toutes

les sociétés, mais à laquelle

on n’avait jamais donné de

nom auparavant, parce qu’on

prenait cette chose pour ac-

quis. Nous prenons conscien-

ce de l’existence du “crédit

social”, du crédit de la société,

seulement lorsque nous le perdons.

«Le mot “crédit” est synonyme de foi, ou confian-

ce; ainsi, nous pouvons dire que le crédit est la foi ou

confiance qui lie ensemble les membres d’une socié-

té — la confiance ou croyance mutuelle dans chaque

autre membre de la société, sans laquelle c’est la peur,

et non la confiance, qui cimente cette société... Quoi-

que aucune société ne puisse exister sans une certaine

sorte de crédit social, ce crédit social, ou confiance en la

vie en société, atteint son maximum lorsque la religion

chrétienne est pratiquée, et elle atteint son minimum

lorsqu’on nie le christianisme ou qu’on s’en moque.

«Le crédit social est donc un résultat, ou une

expression en termes concrets, du vrai christianisme

dans la société, un de ses fruits les plus reconnaissa-

bles; et c’est le but et la ligne de conduite des crédi-

tistes d’augmenter ce crédit social, et de s’efforcer

d’empêcher son déclin. Il y a des milliers d’exemples

de ce crédit social qu’on tient pour acquis dans la vie

de tous les jours. Comment pourrions-nous vivre le

moindrement en paix si nous ne pouvons pas faire

confiance à nos voisins? Comment pourrions-nous

utiliser les routes si nous n’avions pas confiance que

les autres automobilistes observent le Code de la

route? (Et qu’arrive-t-il lorsqu’ils ne le font pas ! )

«A quoi servirait-il de cultiver des fruits ou des

légumes dans des jardins ou des fermes si d’autres

gens venaient les voler ? Comment n’importe quelle

activité économique pourrait-elle exister — que ce soit

produire, vendre ou acheter — si les gens ne peuvent,

en général, compter sur l’honnêteté et sur des tran-

sactions justes? Et qu’arrive-t-il lorsque le concept de

mariage chrétien, de famille chrétienne et d’éducation

chrétienne des enfants est abandonné? Nous réali-

sons donc que le christianisme est quelque chose de

réel avec des conséquences pratiques extrêmement

vitales, et que d’aucune manière le christianisme ne

se limite à un ensemble d’opinions qui peuvent être

choisies par ceux qui y sont intéressés.»

Au paragraphe 32 de son encyclique

Caritas in

veritate

publiée en juillet 2009, le Pape Benoît XVI

désignait cette même confiance qui lie ensemble les

membres de la société par les mots «capital social»:

«c’est-à-dire de cet ensemble de relations de confian-

ce, de fiabilité, de respect des règles, indispensables à

toute cœxistence civile… Cela demande une réflexion

nouvelle et approfondie sur le sens de l’économie et

de ses finalités.»

On peut ajouter que sans ce respect du crédit so-

cial, des lois régissant la société, toute vie en société

deviendrait alors impossible, même en mettant un

gendarme ou policier à chaque coin de rue, puisqu’on

ne pourrait faire confiance à personne.

Le «discrédit» social

M. Dobbs continue: «Tout comme il existe des

créditistes — qui sont conscients de l’être ou qui le

sont sans le savoir — essayant de construire le cré-

dit social (la confiance en la vie en société), de même

existent d’autres personnes qui essaient de détruire

ce crédit social, cette confiance en la vie en société, et

qui malheureusement connaissent beaucoup de suc-

cès dans cette destruction. Parmi ceux qui détruisent

consciemment, on peut compter les communistes et

autres révolutionnaires, qui cherchent ouvertement à

détruire tous les liens de confiance qui permettent à

notre société de fonctionner, cela dans le but de hâ-

ter le jour de la révolution... Mais il y a aussi ceux qui

détruisent inconsciemment le crédit social, et qui sont

responsables, en Occident, des succès de ceux qui

détruisent consciemment...

«J’en arrive donc enfin à la question de l’argent.

Certaines personnes pensent que le Crédit Social se

résume à une question d’argent. Ils ont tort ! Le Cré-

dit Social n’est pas avant tout une question d’argent,

mais essentiellement une tentative d’appliquer le

christianisme dans les questions sociales, dans la vie

en société; et si le système d’argent est un obstacle à

une vie plus chrétienne (et c’est effectivement le cas),

alors nous, et tout chrétien, devons nous soucier de

ce qu’est la nature de l’argent, et pourquoi l’argent

est un obstacle.

«Il existe un urgent besoin que plus de gens exa-

minent de plus près le fonctionnement du système

monétaire actuel, quoiqu’il ne soit pas demandé à

tout le monde d’être des experts sur ce sujet. Mais

lorsque les conséquences du système monétaire ac-

tuel sont si abominables, tout le monde doit au moins

saisir les grandes lignes de ce qui ne fonctionne pas

et doit être corrigé, afin de leur permettre d’agir en

conséquence...»

Alain Pilote

L’argent est un système créé par l’homme, et non

par Dieu: il peut donc être changé par l’homme.

Geoffrey Dobbs

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

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