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gement, sans autres limites que celles qu’il se fixe lui-

même, de l’accès aux richesses inépuisables de cette

société établie par Jésus-Christ.

Et pour faciliter la satisfaction des besoins maté-

riels de l’homme, il y a l’ordre économique temporel.

Cet ordre répond à sa fin dans la mesure où il est vrai-

ment social, où il est établi sainement pour des per-

sonnes humaines. Dans la mesure où les dispositions

de l’organisme économique et social sont basées

sur une philosophie de la personne, de la personne

humaine. Dans la mesure où chaque membre de la

société bénéficie économiquement des avantages de

l’association; pratiquement, dans la mesure où chacun

a facilement accès à une part des richesses émanant

du fait de la vie en société — richesses matérielles,

puisqu’il s’agit de l’ordre économique temporel.

La vie en société, surtout en société civilisée et

bien ordonnée, permet, en effet, des richesses — non

pas infinies comme celle d’ordre spirituel, mais quand

même immenses, qui seraient irréalisables par des

êtres même intelligents vivant isolément. Irréalisables

aussi, s’il n’y avait pas d’abord de la matière première,

créée gratuitement par Dieu pour toute l’humanité et

non pas seulement pour les individus admis à l’exploi-

ter. Irréalisables, encore, sans l’apport de connaissan-

ces, de découvertes, de perfectionnements, accumu-

lés et transmis d’une génération à l’autre, grâce à la

vie en société. Réalisations qui sont bien plus un fruit

de cet héritage commun que de la minorité employée

à le mettre en rendement. Et c’est cet enrichissement,

hérité plus que gagné, cet

unearned increment

(selon

l’expression de Douglas) auquel sont attitrés tous les

membres de la société en tant que tels.

Un organisme économique qui ne reconnaît pas

ce titre, un organisme dont le mode de distribution de

la richesse exclut des héritiers d’un enrichissement

provenant de l’exploitation de cet héritage, est un

organisme économique injuste: il peut reconnaître le

droit de travail, il ne reconnaît pas, celui du proprié-

taire, de l’héritier.

Distribution fautive

C’est le cas de l’organisme économique actuel. Il

peut souffrir de la paralysie de la production par des

entraves artificielles, des entraves purement finan-

cières. Mais il souffre surtout d’une distribution tou-

jours conditionnée par un pouvoir d’achat insuffisant

ou incertain, lié à des règlements financiers mus par

d’autres considérations que le souci de servir, par une

philosophie ne tenant aucun compte de la personne

humaine.

A cause de cela, un pays peut paraître riche et ce-

pendant être en réalité pauvre, à cause d’une écono-

mie malsaine, comme l’a exprimé le Pape Pie XII dans

son message de Pentecôte 1941:

«Si une telle juste distribution des biens n’était

pas réalisée ou n’était qu’imparfaitement assurée, le

vrai but de l’économie nationale ne serait pas atteint,

étant donné que, quelle que fût l’opulente abondance

des biens disponibles, le peuple, n’étant pas appelé à

y participer, ne serait pas riche, mais pauvre.

«Faites, au contraire, que cette juste distribution

soit efficacement réalisée et de manière durable, et

vous verrez un peuple, bien que disposant de biens

moins considérables, devenir et être économique-

ment sain».

Cela est vrai à l’échelle d’une nation. Et cela est

vrai, à l’échelle internationale. Les obstacles, dans

les deux cas, sont bien plus d’ordre financier que de

l’ordre des réalités. Même dans le cas des pays sous-

développés, c’est le système financier des pays déve-

loppés, non pas des difficultés physiques de transport,

qui empêche de faire les pays pauvres obtenir les sur-

plus encombrants des pays riches, ainsi que des outils

et des machines permettant aux pays sous-dévelop-

pés de pourvoir mieux eux-mêmes à leurs propres

besoins.

La preuve que les obstacles sont surtout d’ordre

financier, c’est que, quand il est question de venir au

secours de ces populations mal pourvues, c’est au

premier plan, de l’argent que l’on demande. Quêtes,

sollicitations, «marches des milles (kilomètres) pour

des millions», etc. Quand l’argent vient, tout vient. Non

pas que l’argent soit une richesse réelle: il ne nourrit

pas, n’habille pas, ne soigne pas, n’instruit pas; Mais il

permet toutes ces choses quand elles sont physique-

ment réalisables. Il les permet ou les interdit, selon sa

présence ou son absence. Et ceux qui conditionnent

cette présence ou cette absence — les contrôleurs de

l’argent et du crédit — sont les maîtres des permis de

vivre. Selon les mots de Pie XI:

«Ils sont devenus les maîtres de nos vies, qu’ils

tiennent entre leurs mains, si bien que sans leur per-

mission nul ne peut respirer.»

Combien plus satisfaisant, plus social, plus res-

pectueux des droits et de la dignité de chaque per-

sonne humaine, serait le maintien de l’entreprise libre,

qui alimente très bien l’offre de produits de toutes sor-

tes, mais avec un mode de distribution tel que conçu

par le Crédit Social de Douglas. Distribution garantis-

sant une part à tous par un dividende périodique qui

irait en croissant, à mesure que la production résul-

terait davantage de l’héritage commun et moins de

la contribution des employés dont elle aurait encore

besoin. D’autres dispositifs assureraient la liberté de

choix des individus dans l’organisation de leur vie et

celle de leur famille; préserveraient contre l’inflation;

supprimeraient les motifs de maintes interventions du

gouvernement dans des affaires qui regardent bien

plus les personnes, les associations libres et les admi-

nistrations publiques locales.

Mais remettons à un autre article le développe-

ment de ces points, en montrant comme le Crédit So-

cial répond à la philosophie exprimée dans les consi-

dérations qui précèdent.

Toutefois, avant de clore le présent article, rappe-

lons que c’est la même personne, l’homme, qui a des

besoins matériels et des besoins spirituels; que sa vie

terrestre n’est qu’une toute petite partie de son exis-

tence; qu’il a une destinée immortelle et que c’est

son bref passage sur la terre qui décide pour chaque

personne quel sera son sort, heureux ou malheureux,

pour l’éternité. Ces considérations ne doivent pas

être perdues de vue, même dans l’organisation de la

vie économique. C’est d’ailleurs le meilleur moyen de

faire traiter l’homme avec respect dans tout ce qui le

concerne, en politique comme en économique et en

social.

On peut même ajouter que, par suite du péché

originel, qui a affecté la nature de l’homme tel que le

bon Dieu l’avait créé, il est difficile, sinon impossible,

de réaliser un bon ordre temporel sans le secours de

la grâce. Ce que note le Père Thomas Landry dans la

première tranche de son étude (Vers Demain du ter

novembre 1939):

«Enfin, la société terrestre se compose de per-

sonnes humaines, déchues par suite d’un péché ori-

ginel de nature, mais sauvées par la grâce du Christ

Jésus. D’où:

a) Le péché originel est un fait qui affecte toute

la vie morale de l’homme;

b) Ses conséquences se font sentir jusque dans

l’organisation de la vie temporelle des hommes;

c) De sorte que les ressources de l’ordre de la

grâce seront nécessaires pour sauver l’ordre de la

nature elle-même».

A méditer par ceux qui veulent tenir la politique en

dehors de tout souci religieux. Par ceux qui mettent

toute leur confiance dans des changements de gou-

vernement, dans des activités électorales qui sont loin

de mettre Dieu au premier plan de leurs considéra-

tions.

Louis Even

Quatre livres sur la démocratie économique

Pour étudier la cause de la crise financière actuelle, nous vous

offrons ces livres à un prix spécial, en incluant les frais postaux (prix

valables pour le Canada; pour les autres pays, voir notre site web):

La démocratie économique:

13,00$

Sous le Signe de l’Abondance: 15,00$

Régime de Dettes à la Prospérité: 8,00$

Une lumière sur mon chemin: 15,00$

ISBN

Lespropositions financières

de l’ingénieurC.H.Douglas

présentées à la lumièrede la

doctrine socialede l’Église

par lesPèlerinsde saintMichel

du journalVersDemain

Uneoeuvredepresse catholique

pour la justice sociale

www.versdemain.org

Dans sapremièreEncyclique

DeusCaritasEst

(Dieu est

amour), lePapeBenoîtXVI a

écrit:«L’Église est la famillede

Dieudans lemonde.Dans cette

famille,personnenedoit souffrir

parmanquedunécessaire... Le

butd’unordre social juste con-

siste àgarantir à chacun,dans le

respectduprincipede subsidiari-

té, sapartdubien commun.»

vue à la lumière

de la doctrine sociale de l’Église

PieXI

PieXII

JeanXXIII

PaulVI

Jean-Paul II

ÉtudepréparéeparAlainPilote

Publiépar lesPèlerinsde saintMichel,Rougemont,Canada

La démocratie

économique

La démocratie économique

ISBN 978-2-9813306-3-5

Le systèmebancaire fut conçudans

l’iniquité etnédans lepéché.Les

banquierspossèdent laplanète...

Si vous voulez continuerd’être les

esclavesdesbanquiers etpayer le

prixde votre esclavage, alors lais-

sez lesbanquiers continuerde créer

l’argent etde contrôler le crédit.

Sir JosiahStamp,gouverneur

de laBanqued’Angleterre, 1940

http://www.versdemain.org/democratie-economique.pdf

Untitled-2 1

8/6/2015 2:42:46PM

Publiépar lesPèlerinsde saintMichel

«Une

lumière

sur mon

chemin»

«Une lumière sur mon chemin»

Causeries de Louis Even

sur la démocratie économique

Publiépar lesPèlerinsde saintMichel

1101, ruePrincipale

Rougemont,QC,Canada J0L 1M0

site

internet:www.versdemain.org

ISBN 978-2-9810896-8-7

C’esten1934queLouisEven

pris connaissance providentiel-

lement d’un petit fascicule de

96 pages, intitulé

From Debt to

Prosperity

(duRégimededettes

à la prospérité)qui lui a fait voir

la cause de la fameuse crise

économique et le génial moyen

d’y remédier.

La cause est lemanqued’un

petit instrument, un ticket, d’un

permis que l’on nomme argent.

Les produits étaient en surabondance, mais pas

d’argent pour les acheter et l’humanité entière souf-

frait.

En lisant ce petit livre, Louis Even s’est exclamé:

«Une lumière sur mon chemin. Il faut que tout le

monde en soit éclairé!»

Ces lumineuses propositions venaient d’un ingé-

nieur, et expert comptable écossais, leMajorClifford

Hugh Douglas qui, en 1917 avait fait l’étude du sys-

tèmemonétaireetenavaitdécouvert

lesdéfauts.Et

il

enproposa les corrections. Sonpremier livreportait

le titre

EconomicDemocracy

. Ces propositionsmis-

es en application ferait de l’argent un instrument au

service de la personne humaine, et non la personne

humaineauservicede l’argent.LouisEvenaconsacré

entièrement lesquarantedernièresannéesdesavieà

propager cette lumière.

En ajoutant 5 dol-

lars, obtenez un CD

avec plus d’une centai-

ne de causeries (fichiers

audio MP3) de Louis

Even et de Gilberte Cô-

té-Mercier, y compris

les causeries incluses

dans le livre, et aussi

des réflexions d’évê-

ques, pour pour un to-

tal de plus de 80 heures

d’écoute.

Offre spéciale

ensemble

des 4 livres:

40,00$

Le 7 mars 1938,

fête de saint Thomas

d'Aquin, des créditistes

de Montréal voulurent

souligner leur adhésion

à la doctrine philoso-

phique et sociale de

saint Thomas par un

pèlerinage à l'Oratoire

Saint-Joseph.

Le Révérend Père

Thomas Landry, Domi-

nicain, avait accepté l'invitation d'être avec

eux. Après l'Evangile, il monta en chaire

pour un court sermon, qu'il termina par ces

deux phrases :

«

Qu'il fait bon d'être catholique quand

on est créditiste ! Et qu'il fait bon d'être

créditiste quand on est catholique !»

u

P. Thomas Landry

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

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