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Assemblées mensuelles

Maison de l’Immaculée, Rougemont

27 décembre, 24 janvier 2016

10 heures a.m.: Ouverture. Chapelet

5.00 hres p.m. Sainte Messe

u

rencontré chez trop de parents les empêche de bien

faire leur travail d’éducation. Ils comptent sur leurs

relations affectives avec leurs enfants pour les mener

dans la bonne direction. Mais cela ne suffit pas.

Pour réussir leur formation morale – celle qui leur

permettra d’identifier ce qui est bien et ce qui est mal,

et d’obéir à leur conscience – il faut plus que cela. Il

faut fixer des limites et des exigences morales, ce qui

sous-entend influencer, contrôler, et parfois contrain-

dre l’enfant pour qu’il apprenne à se maîtriser. «Les

adultes et la société doivent donc oser s’affirmer et

signifier les règles à partir desquelles la vie individuel-

le et sociale va pouvoir s’organiser. (…) Lorsque les

adultes (…) ont le sens de l’éducation, ils savent exer-

cer leur responsabilité en nommant les limites et les

règles qui rendent la vie possible. De la même façon

les jeunes doivent savoir que toutes les transgressions

seront sanctionnées afin de prendre conscience des

valeurs et des règles qui doivent être intériorisées par

chacun. (…) Il faut savoir cependant qu’une faute non

sanctionnée risque de marginaliser l’individu et de mi-

nimiser chez lui le sens moral.»

Certains objecteront peut-être qu’ils ne veulent

pas brimer l’enfant, question de lui permettre de s’épa-

nouir… C’est oublier que l’épanouissement personnel

«ne peut pas être une fin en soi, mais la conséquence

du développement de l’intelligence, du sens moral et

de sa relation aux autres».

Responsabilité

Comme ils seront en relation avec les autres tout

au long de leur vie, il est important d’aider nos enfants

à développer un bon sens des responsabilités et une

juste conception de la liberté. «Dans une pédagogie

de la responsabilité, il importe de transmettre des va-

leurs morales qui indiquent la voie du bien et servent

à éclairer la conscience sur le choix des conduites

humaines. (…) Le sens des mots liberté, conscience,

autonomie, responsabilité n’est pas toujours compris

de la même façon. Au nom de l’individualisme actuel,

toutes ces notions s’entendent comme un droit à dis-

poser de soi-même dans tous les domaines de l’exis-

tence. (….) Il est vrai qu’il revient à chacun de faire ses

choix et de les assumer, mais pas d’une façon aussi

narcissique qui est le contraire de la responsabilité.

«La responsabilité authentique consiste à exercer

sa raison et le jugement de sa conscience en faveur

du bien, dans le respect de la loi morale, et dans la

volonté d’assumer pleinement la conséquence de ses

choix. La responsabilité s’évalue toujours à l’aune de

la loi morale, du bien, du bon et du vrai, et non pas

seulement en fonction d’intérêts individuels.»

Liberté

La formation morale éveille aussi au sens de la

liberté. Guider l’enfant sur la voie d’une juste liberté,

c’est parfois lui dire «non» face à un danger ou une

limite à respecter: «L’enfant est rassuré par le fait de

savoir qu’il y a des interdits à ne pas franchir; il peut

ainsi percevoir l’espace dans lequel il est appelé à

se mouvoir; il peut construire sa vie morale sur un

certain nombre d’interdits fondamentaux et mieux

découvrir la liberté qui lui revient.»

Avec le temps, l’enfant intègre peu à peu les nor-

mes morales que lui inculquent ses parents (ses pre-

miers et principaux éducateurs) et d’autres adultes. Un

jour, il deviendra capable d’assumer ses propres choix

libres, se sachant «responsable (…) des conséquences

de ses actes et de ses comportements».

En fin de compte, le rôle éducatif et le témoigna-

ge des parents «sont importants auprès des enfants

pour les guider dans l’existence et pour leur donner

des modèles à imiter». D’où l’importance de donner

l’exemple d’une vie cohérente pour que nos enfants

voient bien que nos gestes font écho à nos paroles.

On le comprend, «c’est grâce à l’amour de leurs

parents et à tous les apports des connaissances, à

l’initiation à des comportements moralement bons, à

la transmission des outils du savoir, à la transmission

de la foi chrétienne et des valeurs morales de la vie,

que les enfants pourront s’éveiller et se développer»,

conclut Mgr Anatrella.

Et puisque la formation de la conscience est l’af-

faire de toute une vie, il ne faut jamais désespérer. La

conscience peut toujours être réveillée, guérie, forti-

fiée. Il suffit de reconnaître son erreur et de demander

humblement pardon en comptant sur l’infinie miséri-

corde de Dieu. Il n’est jamais trop tard.

Ces outils essentiels pour

affronter la vie: les «vertus»

Pour les parents soucieux de préparer leurs enfants

à affronter la vie, un autre élément apparaît essentiel:

les aider à acquérir des vertus pour s’assurer que leur

croissance affective, intellectuelle, morale et spirituelle

ne s’arrête jamais. En cherchant toujours à se corriger et

à s’améliorer, chaque personne apprend ainsi à mobili-

ser les forces de sa volonté et de sa raison pour résister

à ses passions désordonnées et pour devenir progres-

sivement la personne que Dieu avait en tête au moment

de l’appeler à la vie. Une fois devenu adulte, chacun et

chacune saura mieux, grâce à ces vertus, affronter les

défis personnels, familiaux, sociaux et professionnels

qui surgiront assurément au cours de son existence.

Mais qu’est-ce au juste qu’une vertu? Rien d’autre

qu’une bonne habitude ! L’habitude de choisir le bien,

de poser des gestes bons, de mettre toutes ses forces

à donner le meilleur de soi-même. Saint Grégoire de

Nysse disait que «le but d’une vie vertueuse consiste

à devenir semblable à Dieu».

Bien élever des enfants, c’est travailler sérieuse-

ment à leur inculquer les vertus humaines qui feront

d’eux des femmes et des hommes de caractère – des

enfants de Dieu dont l’esprit, la volonté et le coeur

auront été forgés par les vertus théologales (la foi, l’es-

pérance et la charité) qui les rendront capables d’agir

librement comme des enfants de Dieu et «de mériter

la vie éternelle». (

Catéchisme de l’Église catholique

, no

1813.)

Le Catéchisme de l’Église catholique précise qu’il

existe quatre vertus qui jouent un rôle de première

importance; ce sont les vertus cardinales. Toutes les

autres vertus se regroupent autour d’elles (no 1805).

Voici ce qu’en dit le Catéchisme :

«

La prudence

est la vertu qui dispose la raison pra-

tique à discerner en toute circonstance notre véritable

bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir» (no

1806).

«

La justice

est la vertu morale qui consiste dans la

constante et ferme volonté de donner à Dieu et au pro-

chain ce qui leur est dû» (no 1807).

«

La force

est la vertu morale qui assure dans les

difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite

du bien» (no 1808).

«

La tempérance

est la vertu morale qui modère

l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage

des biens créés» (no 1809).

Ces quatre grandes vertus, comme toutes les

autres, s’acquièrent par la répétition des actes qu’elles

inspirent, par l’exemple des personnes qui nous en-

tourent et grâce aux explications que les parents, par

exemple, donnent à leurs enfants pour leur en faire

comprendre la nécessité.

Si l’on devait résumer en quelques mots l’essentiel

du travail des parents chrétiens – qui est aussi l’essen-

tiel du message que le Christ est venu nous livrer et

qui se réalise peu à peu par l’acquisition des vertus – il

faudrait dire qu’il s’agit d’amener leurs enfants à aimer

et à servir Dieu en aimant et en servant les autres. En

somme, il s’agit de donner de l’amour et de se donner

par amour. Si nos enfants acquièrent cette grandeur

d’âme, ils sauront se surpasser et surmonter bien des

obstacles pour le bonheur des autres, leur propre bon-

heur et le bonheur de Dieu. En un mot, ils seront heu-

reux !

Une histoire d'amour

À bien y penser, rien n’a plus d’importance que de

mener nos enfants au ciel. Rien n’est donc plus essen-

tiel à leur bonheur que leur rencontre avec le Christ.

Pourquoi ? Parce que lui seul peut répondre de façon

radicale aux grands questionnements du coeur humain

– à celui de tant de jeunes assoiffés d’idéal qui, sou-

vent livrés à eux-mêmes et confrontés à des difficultés,

cherchent inconsciemment un sens à leur vie.

Alors que les ennemis du Christ s’acharnent à éloi-

gner nos jeunes de Dieu pour contrer son plan sur l’hu-

manité, nous avons comme parents et grands-parents

la responsabilité sérieuse de former la conscience de

nos enfants et petits-enfants. Sinon, qui leur dira qu’ils

sont aimés à la folie par le Dieu-Père qui les a créés et

qui veut partager son éternité de bonheur avec eux?

Qui leur dira que Jésus, l’Amour en personne, veut leur

confier une mission spécifique pour l’aider à bâtir son

Royaume, ici et maintenant, et qu’il espère leur colla-

boration? Qui leur dira qu’ils ont une âme immortelle

et qu’il leur faut parfois faire silence et entrer en eux-

mêmes pour rencontrer Dieu qui leur parle au coeur ?

«L’éducation de la conscience est indispensable à

des êtres humains soumis à des influences négatives

et tentés par le péché de préférer leur jugement propre

et de récuser les enseignements autorisés», soutient

l’Église. (

Catéchisme de l’Église catholique

, no 1783.)

En fait, cette éducation ne consiste pas seulement à

«se mettre à l’écoute d’un enseignement et d’accueillir

dans l’obéissance un commandement; plus radicale-

ment, il s’agit d’adhérer à la personne même de Jésus,

de partager sa vie et sa destinée, de participer à son

obéissance libre et amoureuse à la volonté du Père»

(Saint Jean-Paul II, encyclique

La splendeur de la véri-

, no 19).

C’est à cette condition qu’ils feront advenir, avec

l’aide de la grâce, un monde où «Amour et Vérité se

rencontrent, Justice et Paix s’embrassent» (Ps. 84).

La toute petite Florence trottine

doucement vers l’armoire où se

trouvent – ô délice ! – ses

biscuits préférés. Du coin de

l’oeil, elle guette sa maman...

Elle sait bien qu’il lui est

interdit d’aller se régaler

entre les repas. Déjà, sa

conscience le lui rappelle.

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

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