Table of Contents Table of Contents
Previous Page  26-27 / 48 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 26-27 / 48 Next Page
Page Background

u

Le 13 octobre 2015, l’Organisme catholique pour

la vie et la famille (OCVF), publiait une brochure sur

le sujet très important de la formation de la conscien-

ce des enfants, en traitant cette question de

façon très solide, en ayant bien soin

de baser le tout sur l’enseignement

de l’Église catholique romaine. Voici

des extraits de cette brochure, qui

peut être téléchargée en version pdf

sur le site web

www.ocvf.ca

, et dont

on peut aussi obtenir des exemplaires

au secretariat de l’OCVF: 2500, prome-

nade Don Reid, Ottawa, ON K1H 2J2;

telephone: (613) 241-9461, poste 161.

L’OCVF est parrainé conjointement par la

Conference des eveques catholiques du

Canada et le Conseil supreme des Cheva-

liers de Colomb. Il promeut le respect de la vie et de la

dignite humaine, ainsi que le role essentiel de la famille.

Comment expliquer que l’être humain soit capa-

ble du meilleur et du pire? Un tour d’horizon nous

révèle une réalité indéniable: au fil des jours, au fil des

ans, au fil des siècles, le Bien et le Mal se livrent un

grand combat. Non seulement à l’échelle planétaire,

mais dans chaque coeur humain.

Les parents chrétiens, qui se consacrent

aujourd’hui à l’éducation de leurs enfants et espèrent

en faire des adultes responsables et généreux, ne

peuvent ignorer cette réalité. Car, en fin de compte,

c’est à eux d’abord que revient la tâche primordiale

de former les femmes et les hommes de demain pour

qu’ils optent pour le bien, le beau, le bon et le vrai

parmi la multitude des propositions qui leur seront

offertes par la culture et la société. Ils savent, en

outre, que le bonheur éternel de leurs enfants dé-

pend de leurs choix de vie.

Qui décide du bien et du mal ?

Mais comment choisir ? Et quoi choisir ? En nous

créant libres, à son image et à sa ressemblance, Dieu

a aussi inscrit au fond de notre coeur une loi – la loi

naturelle – qui, si nous la respectons, nous amène à

vivre et à aimer comme Dieu et, par le fait même, à

être heureux. L’Église catholique nous en parle ainsi:

«Au fond de sa conscience, l’homme découvre la

présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-mê-

me, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix,

qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir

le bien et d’éviter le mal, au moment opportun

résonne dans l’intimité de son coeur. (…) C’est

une loi inscrite par Dieu au coeur de l’homme.

La conscience est le centre le plus intime et le

plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est

seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre.

(…) Quand il écoute la conscience morale,

l’homme prudent peut entendre Dieu qui

parle.» (

Catéchisme de l'Église catholique

,

no 1776-1777.)

Dès la création du monde, les premiers humains

ont eu envie de faire à leur tête et d’ignorer la voix

de Dieu qui parlait à leurs consciences. En se laissant

séduire par Satan, le père du mensonge, nos premiers

parents décident orgueilleusement de désobéir à Dieu

en mangeant du fruit de l’arbre défendu (Genèse 3,

1-6). Ils utilisent leur liberté pour aller à l’encontre de la

volonté de Dieu et s’imaginent pouvoir ainsi détermi-

ner euxmêmes ce qui est bien et ce qui est mal. Ce fut

le premier péché – le premier manque de confiance et

d’amour envers Dieu. Ce jour-là le mal est entré dans

le monde, avec toutes ses tristes conséquences, si

visibles dans nos vies personnelles, nos familles, nos

villes et notre monde.

«Le pouvoir de décider du bien et du mal n’ap-

partient pas à l’homme, mais à Dieu seul, rappelle

l’Église catholique. Assurément, l’homme est libre du

fait qu’il peut comprendre et recevoir les commande-

ments de Dieu. Et il jouit d’une liberté très considé-

rable (…). Mais cette liberté n’est pas illimitée (…),

car elle est appelée à accepter la loi morale que Dieu

donne à l’homme. (…) Dieu qui seul est bon connaît

parfaitement ce qui est bon pour l’homme en vertu

de son amour même, il le lui propose dans les com-

mandements.»

(Jean-Paul II, encyclique

La splendeur

de la vérité

, no 35.)

Ma vérité, ta vérité...

Aujourd’hui encore, dans notre culture indivi-

dualiste, nombreux sont ceux qui prétendent décider

du bien et du mal en définissant leur propre vérité,

ainsi que leur propre loi morale basée sur leurs sen-

timents ou sur ce qui leur plaît. À chacun sa vérité ! ...

«Tu crois cela? Tant mieux pour toi. Moi, je ne suis

pas d’accord. Je pense que…» On croirait entendre

Pilate demander à Jésus: «Qu’est-ce que la vérité?»

(Jn 18, 38). Tout devient alors subjectif. Tout est per-

çu comme relatif… tout dépend de mon point de vue,

de mon expérience, de mes préférences.

Qu’une fausse conception de la liberté prévale ain-

si autour de nous, cela saute aux yeux des disciples du

Christ: «Je peux faire ce que je veux, quand je veux,

où je veux, avec qui je veux, parce que je le veux !

Je suis libre quand je fais ce qui me tente.» Devenu

homme pour nous libérer du mal en versant tout son

sang pour chaque âme humaine, Dieu lui-même nous

enseigne tout autre chose: je suis véritablement libre

quand je fais la volonté de Dieu. Être libre, c’est obéir

à Dieu qui parle à notre conscience. Voilà qui contredit

radicalement la mentalité ambiante !

Le Christ Jésus, Dieu fait homme, ne pouvait pas

être plus clair: «Vous connaîtrez la vérité et la vérité

vous rendra libre» (Jn 8, 32)… Et il ajoute: «Je suis

le Chemin, la Vérité et la Vie» (Jn 14, 6)… Connaître

Jésus, c’est donc connaître la vérité – sur Dieu et sur

l’être humain. Dire «oui» à Jésus, c’est choisir d’accor-

der ma volonté à la sienne. Là se trouve la liberté véri-

table, et elle ne se sépare pas de la vérité. Agir libre-

ment, c’est chercher toujours à ressembler davantage

à Jésus.

Une liberté menacée

Nous baignons toutefois dans «une dictature

du relativisme qui ne reconnaît rien pour certain et

qui a pour but le plus élevé son propre ego et ses

propres désirs». (Cardinal Joseph Ratzinger, homé-

lie au conclave 2005.) Oser affirmer qu’il existe une

vérité objective, c’est souvent s’exposer au ridicule.

Oser proposer la Vérité en présentant Jésus Christ à

nos contemporains revient parfois à s’exclure de la

vie sociale puisqu’un laïcisme agressif cherche à can-

tonner les croyants dans leurs maisons et dans leurs

églises. Seuls les athées et les agnostiques semblent

désormais avoir droit de parole sur la place publique;

on en vient même à nier la liberté de conscience en

forçant, par exemple, les médecins à référer leurs

patients à un collègue s’ils refusent, pour des motifs

de conscience, de procéder à un avortement ou une

euthanasie là où ces procédures sont légales.

«Les personnes qui entendent suivre leur conscien-

ce et agir en conséquence doivent parfois résister,

jusqu’à l’héroïsme même, aux directives de l’État, d’un

tribunal ou d’un employeur qui tente de se substituer à

leur conscience en les contraignant à agir contre leurs

convictions en matière de foi et de moeurs. En l’occur-

rence, la liberté de conscience signifie que la personne

a le droit de suivre, selon ce qu’elle comprend de son

devoir, la volonté de Dieu et sa loi. (…) Ceux et celles

qui refusent de se faire complices d’une loi ou d’une

pratique injuste qui les obligerait à agir contre leur

conscience – et qui se voient refuser le droit à l’objec-

tion de conscience ou à un accommodement respec-

tueux – doivent être prêts à subir les conséquences

qu’entraîne la fidélité au Christ. Ils méritent la solidarité

efficace et le soutien de la prière de leur communauté

de foi.» (Conseil permanent de la Conférence des évê-

ques catholiques du Canada,

Lettre pastorale sur la

liberté de conscience et de religion

, 2012.)

La voix de la conscience

Lorsque règnent l’indifférence et l’ignorance reli-

gieuse, le relativisme moral, les erreurs doctrinales et

la confusion, bien des consciences errent, étouffent,

s’endorment ou meurent. Comment s’étonner alors

de ce que l’Église, par la voix des papes qui se sont

succédés depuis 40 ans, appelle tous les baptisés à

relever le défi de l’annonce de l’Évangile dans le mon-

de d’aujourd’hui grâce à une profonde conversion

missionnaire? Il s’agit de faire un effort renouvelé et

sérieux pour amener nos parents, nos amis, nos collè-

gues de travail à la rencontre du Christ et de son mode

de vie révolutionnaire:

«Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai

aimés» ( Jn 13, 34-35)… «Aimez vos ennemis et priez

pour ceux qui vous persécutent» (Mt 5, 44)… «Ce que

vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à

moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 44)… «Il n’y a pas

de plus grand amour que de donner sa vie pour ses

amis» (Jn 15, 13)…

Impossible d’entendre le cri de nos frères et

soeurs, et les appels que Dieu nous adresse quoti-

diennement dans le train-train de notre vie ordinaire,

sans être attentif à la voix de notre conscience. Depuis

notre baptême, la vie de Dieu lui-même coule dans

nos veines! En recevant le don de la foi, nous avons

été invités à devenir des saints et des missionnaires

de la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour tous et

pour chacun – en l’annonçant par nos gestes, bien sûr,

mais aussi par nos paroles. Sans hésiter.

«Maman et papa, j’ai besoin de vous !»

Du haut de ses trois ans, en hochant la tête com-

me pour se dire à elle-même «non, non, non», la toute

petite Florence trottine doucement vers l’armoire où

se trouvent – ô délice ! – ses biscuits préférés. Du coin

de l’oeil, elle guette sa maman... Elle sait bien qu’il lui

est interdit d’aller se régaler entre les repas. Déjà, sa

conscience le lui rappelle.

L’éducation de la conscience commence dès les

premières années de la vie. Depuis quelques décen-

nies, regrette toutefois Mgr Tony Anatrella, le psy-

chanalyste que nous citons dans ce texte, la peur

d’interdire, le «complexe anti-autorité et antimorale»

Réflextion sur la

formation de la conscience

26

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

www.versdemain.org www.versdemain.org

27