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par

le Père Henry Vargas Holguín

«Chaque homme reçoit dans son âme immor-

telle sa rétribution éternelle dès sa mort en un juge-

ment particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à

travers une purification, soit pour entrer immédia-

tement dans la béatitude du ciel, soit pour se dam-

ner immédiatement pour toujours»

(

Catéchisme de

l’Église catholique

, 1022).

Pour des raisons évidentes, nous ne pouvons ja-

mais affirmer avec une certitude absolue qu’une per-

sonne est en Enfer, au Ciel ou au Purgatoire.

1. Concernant l’Enfer

Disons pour commencer que ce n’est pas à nous

de juger, encore moins de condamner personne.

Nous savons seulement que l’Enfer existe, car c’est

un dogme de foi; comme nous savons aussi, avec

une certitude absolue, que le Ciel existe. Mais qui est

en Enfer ? Nous n’avons aucun indice pour commen-

cer nos recherches ni pour le savoir, car c’est prati-

quement impossible.

Impossible de citer des noms, car nous ignorons

ce qu’il y a dans les cœurs, et par quels chemins l’ac-

tion miséricordieuse de Dieu peut atteindre les âmes;

Dieu qui, par la bouche de Jésus, a dit que ce qui

L’intéresse, c’est de trouver la brebis perdue. Cepen-

dant, il y a de nombreux saints que le Christ a gratifié

d’une vision de l’Enfer, comme par exemple sainte

Thérèse d’Avila: «J’ai vu des âmes qui tombaient en

Enfer comme les feuilles à l’automne».

L’Église n’a jamais fait ni ne fera jamais une «ca-

nonisation» négative, garantissant qu’une personne

donnée se trouve en Enfer; pas même lorsque l’Égli-

se a décrété une excommunication. Le fait qu’une

personne est excommuniée ne signifie pas qu’elle

soit condamnée à l’Enfer, simplement l’Église déclare

que cette personne est en dehors de la communion

de l’Église. Mais être en dehors de l’Église ne signi-

fie pas nécessairement une condamnation à l’Enfer.

Une personne excommuniée à un moment donné

avant sa mort pourrait se repentir de ses péchés; et

cela est suffisant pour qu’elle puisse être sauvée, tant

est spectaculaire et grande la Miséricorde de Dieu.

Et «ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent

l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent

pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous

l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa

volonté telle que leur conscience la leur révèle et la

leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel

(Vatican II,

Lumen Gentium

, 16)».

Nous ne pouvons être certains à 100% qu’une

personne que l’on a vu mourir en état de péché est

allée en Enfer. Nous ne pouvons pas l’être non plus

des personnes qui, selon nos critères, en prenaient

inexorablement le chemin, en général.

Et pourquoi ne peut-on pas avoir cette certitude?

On sait que tous ceux qui meurent en état de péché

mortel, sans se repentir, vont irrémédiablement en

Enfer, mais ce n’est pas facile de savoir si quelqu’un a

commis un péché grave, s’il l’a fait en pleine connais-

sance de cause et avec une pleine liberté, autant de

conditions pour qu’il y ait péché mortel. Et même

à supposer qu’il ait commis un péché mortel, en

conscience et librement, on ne peut pas savoir si la

grâce de Dieu ne l’a pas touché à l’heure de la mort

et si, au dernier moment, son âme repentie n’est pas

retournée à Dieu.

Il ressort de ce qui précède deux choses: qu’on

ne peut refuser nos prières, notre aide, nos sacrifi-

ces et bonnes œuvres en général pour l’âme de

quelqu’un que nous pensons être en Enfer. Et que

nous ne pouvons avoir idée du nombre, de la condi-

tion ou du nom des condamnés.

2. Concernant le Ciel

L’unique certitude que quelqu’un est au Ciel, nous

l’avons dans cinq cas:

1. Dans le cas de ceux dont, traditionnellement,

l’Église a affirmé qu’ils sont au Ciel (la Vierge Marie,

saint Joseph, saint Paul, etc.);

2. Dans le cas des personnes qui ont été canonisées;

3. Dans le cas des enfants morts après le baptême,

même sans l’usage de la raison. Ainsi que les enfants

morts avant ou après la naissance et sans le baptême

traditionnel: «Quant aux enfants morts sans Baptême,

l’Église ne peut que les confier à la miséricorde de

Dieu, comme elle le fait dans le rite des funérailles pour

eux. En effet, la grande miséricorde de Dieu qui veut

que tous les hommes soient sauvés, et la tendresse de

Jésus envers les enfants, qui lui a fait dire: ‘Laissez les

enfants venir à moi, ne les empêchez pas’ nous per-

mettent d’espérer qu’il y ait un chemin de Salut pour

les enfants morts sans baptême» (CEC, 1261). Et ce

chemin existe car: «Dieu n’a pas lié sa puissance aux

sacrements au point de ne pouvoir sans eux confé-

rer l’effet des sacrements. Dieu peut donc donner la

grâce du baptême sans que le sacrement soit conféré,

et cela doit être particulièrement rappelé lorsqu’il est

impossible de conférer le baptême.» (Commission

théologique internationale, L’espérance du salut pour

les enfants qui meurent sans baptême, 82)»;

4. Ceux qui à leur mort ont bénéficié du privilège

sabbatin. Qu’est-ce que le privilège sabbatin? C’est le

privilège reconnu par le pape Pie XII, pour ceux qui

meurent revêtus du scapulaire de la Vierge du Carmel

et qui devraient expier leurs fautes au purgatoire. En

vertu de ce privilège, grâce à l’intercession de la Vier-

ge du Carmel, les dévots, toutes les conditions étant

réunies, atteindront rapidement la patrie céleste ou, au

plus tard, le samedi qui suivra leur mort;

5. Parfois aussi, exceptionnellement, il peut arriver,

en guise de révélation et avec l’autorisation de Dieu,

qu’un être cher disparu nous fasse sentir sous une

forme quelconque sa présence, son intercession pour

nous auprès de Dieu; puisque ceux qui sont près de

Dieu ne restent pas passifs ou inactifs, mais vivants,

comme Dieu est vivant. Ils contemplent sans cesse la

face de Dieu, émerveillés, et intercèdent sans cesse

pour ceux qui avancent sur la terre.

3. Concernant le Purgatoire

Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de

Dieu et sont parfaitement purifiés vivent pour tou-

jours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables

à Dieu, parce qu’ils le voient «tel qu’il est».

Mais qui meurt dans ces conditions? Ils sont peu,

très peu, mais c’est possible. Comment ? Moyennant

une purification terrestre.

1. Les saints sont des exemples de cette possible

purification dans notre vie terrestre: personne n’est

parvenu à la sainteté sans une purification à travers

la souffrance vécue et offerte avec foi, l’abandon ab-

solu aux plans de Dieu, les pratiques pénitentielles,

l’ascèse, la mystique, voire le martyre. Tout cela avec

l’intention de «réparer» ces offenses à Dieu. Pour cela

il convient que les occasions de purification soient

vues non comme un châtiment, mais pour ce qu’elles

sont: des occasions de purification, pour raccourcir

ou éviter le Purgatoire ;

2. Il s’agit de développer le plus possible les ta-

lents que Dieu nous a donnés. À sa naissance, Dieu

donne à la personne des dons en puissance, des ta-

lents et qualités qu’il incombe à la personne de déve-

lopper tout au long de sa vie. Si à sa mort, ces vertus

ne sont développées qu’à moitié, la personne ne peut

entrer ainsi dans le Ciel, alors pendant le Purgatoire,

ces vertus imparfaites se perfectionnent;

3. Une autre manière d’éviter ou de diminuer le

Purgatoire est le recours aux indulgences.

Autrement dit, ce qui n’est pas purifié aujourd’hui

de façon consciente et active, se purifiera au Pur-

gatoire. C’est pourquoi, en toute certitude, on peut

affirmer qu’un chrétien catholique moyen qui meurt

dans la grâce de Dieu ou, à défaut, qui a un moment

de repentir lucide et sincère avant de mourir, est au

Purgatoire.

Le Purgatoire est dogme de foi. «Nous définis-

sons en vertu de l’autorité apostolique: que, selon la

disposition générale de Dieu, les âmes de tous les

saints (…) et de tous les autres fidèles morts après

avoir reçu le saint baptême du Christ, et en qui il n’y

aura rien à purifier lorsqu’ils mourront (…); ou s’il y

a eu ou s’il y aura quelque chose à purifier, lorsque,

après leur mort, elles auront été purifiées (…) avant

même de reprendre leurs corps et avant même le

jugement et cela depuis l’Ascension de notre Sei-

gneur et Sauveur Jésus Christ au Ciel, ont été, sont

et seront au ciel, au Royaume des Cieux et au paradis

céleste avec le Christ, réunis dans la compagnie des

saints anges. Et que depuis la Passion et la mort du

Seigneur Jésus Christ, elles ont vu et voient l’essence

divine d’une vision intuitive et même face à face sans

la médiation d’aucune créature» (Benoît XII: Const.

Benedictus Deus

; cf. LG 49).

«Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de

Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés

de leur Salut éternel, souffrent après leur mort une

purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires

pour entrer dans la joie du Ciel» (CEC 1030).

Source:

http://fr.aleteia.org/2015/10/25/qui-peut-

garantir-quun-defunt-est-au-ciel/

L'Église est intoléran-

te dans son principe

parce qu'elle croit.

Elle est tolérante en

pratique parce qu'el-

le aime. Les ennemis

de l'Église sont tolé-

rants dans leur prin-

cipe parce qu'ils ne

croient pas. Ils sont intolérants en

pratique parce qu'ils n'aiment pas.

— P. Réginald Garrigou-Lagrange,

dominicain

Qui peut garantir qu’un

défunt est au Ciel ?

Et qui peut attester qu’un

grand pécheur est en Enfer?

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

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