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dans les abîmes de l’enfer pour en parler aux âmes

et témoigner que l’enfer existe». Une autre vision met

sous les yeux de soeur Faustine les péchés des hom-

mes: «En un clin d’oeil, note-t-elle le 9 février 1937, le

Seigneur m’a montré les péchés du monde, commis

aujourd’hui. Je m’évanouis d’épouvante! Bien que je

connaisse l’abîme de l’insondable Miséricorde, je fus

tout étonnée que Dieu permette au monde d’exister!

Alors Il me fit entendre que ce sont les élus qui font

contrepoids».

Mais, quel que soit le nombre et la gravité des pé-

chés, la Miséricorde de Dieu est toujours accessible

ici-bas:

«Je suis Saint,

dit Jésus à soeur Faustine,

et

le moindre péché me fait horreur. Mais lorsque les

pécheurs se repentent, ma Miséricorde est sans limi-

tes... Les plus grands pécheurs pourraient devenir de

très grands saints s’ils se fiaient à ma Miséricorde...

On ne puise ma Miséricorde qu’avec la coupe de la

confiance. Plus on a confiance et plus on obtient...

Ce m’est une joie lorsque les pécheurs recourent à

ma Miséricorde. Je les comble au-delà de leur espé-

rance».

Le 10 octobre 1937, notre Sainte écrivait: «J’ai

vu, dans une grande lumière, l’abîme de mon néant.

Et je me suis blottie sur le Coeur de Jésus avec tant

de confiance que même si j’avais sur la conscience

tous les péchés des damnés, je ne douterais pas de

la divine Miséricorde, mais je me précipiterais, avec

un coeur contrit, dans l’abîme de ton amour, Seigneur

Jésus! Je sais que tu ne me rejetterais pas, mais que

tu me pardonnerais par ton prêtre». La Miséricorde

divine se donne aux pécheurs principalement dans la

confession: «Dans ce sacrement, écrit le Pape Jean-

Paul II, tout homme (baptisé) peut expérimenter de

manière unique la Miséricorde, c’est-à-dire l’amour qui

est plus fort que le péché» (Encyclique

Dives in Mise-

ricordia

, 30 novembre 1980, n. 13).

La seule limite

Puissant motif d’espérance, la Miséricorde divine

est aussi un appel à la conversion. Sans le regret sin-

cère des péchés et la ferme résolution de s’en corri-

ger, la Miséricorde ne peut se répandre sur le pécheur.

«Du côté de l’homme, seul peut limiter (la Miséricorde)

le manque de bonne volonté, le manque de promp-

titude dans la conversion et la pénitence, c’est-à-dire

l’obstination continuelle qui s’oppose à la grâce et à la

vérité, spécialement face au témoignage de la Croix et

de la Résurrection du Christ» (

Dives in Misericordia

,

n. 13). Saint Alphonse de Liguori note que la Miséri-

corde de Dieu s’étend sur ceux qui le craignent (cf. Lc

1, 50), c’est-à-dire que «le Seigneur use de Miséricor-

de envers ceux qui craignent de l’offenser, mais non

pas envers ceux qui comptent sur sa Miséricorde pour

l’offenser davantage» (La voie du salut, 1ère partie, 8e

méditation).

Si, grâce à la Passion du Christ, la Miséricorde

divine apporte un remède souverain au plus grand

des maux qui affectent l’homme, le péché, elle se pen-

che aussi sur toutes les autres misères, physiques ou

morales, qui le touchent. Parfois, elle les supprime;

mais plus souvent, elle se manifeste dans son aspect

propre et véritable «quand elle tire le bien de toutes

les formes de mal qui existent dans le monde et dans

l’homme» (

Dives in Misericordia

, n. 6). Là se trouve

le contenu fondamental du message messianique de

Jésus-Christ dont la mission révèle le «dynamisme de

l’amour qui ne se laisse pas vaincre par le mal, mais

qui est vainqueur du mal par le bien (cf. Rm 12, 21)»

(i

bid

, n. 6). Pour vaincre le mal, la Miséricorde de Dieu

donne à tous ceux qui l’invoquent, force et patience

dans l’épreuve, leur apprenant à unir leurs souffrances

à celles du divin Crucifié. «Le doux visage de Jésus se

présente à celui qui est affligé par une épreuve parti-

culièrement dure, dit le Pape Jean-Paul II; sur lui arri-

vent ces rayons qui partent de son Coeur et illuminent,

qui réchauffent, qui indiquent le chemin et donnent

espoir. Combien d’âmes a déjà consolées l’invocation:

Jésus, j’ai confiance en Toi ! » (Homélie de la Messe de

canonisation).

La Miséricorde de Dieu suscite aussi entre les

hommes un amour fraternel véritable. «Il n’est pas faci-

le d’aimer d’un amour profond, fait d’authentique don

de soi, affirme le Pape. Cet amour ne s’apprend qu’à

l’école de Dieu, à la chaleur de sa charité. En fixant sur

Lui notre regard, en nous mettant en parfaite harmo-

nie avec son Coeur de Père, nous devenons capables

de regarder nos frères avec des yeux nouveaux, dans

une attitude de gratuité et de partage, de générosité

et de pardon. Tout cela est Miséricorde»

(Ibid

.). Jésus

exhorte ses disciples à se mettre «à l’école de Dieu»,

afin d’obtenir pour eux-mêmes la Miséricorde divine:

Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront

Miséricorde (Mt 5, 7).

Jusqu’à la fin de sa vie, soeur Faustine a accompli

des oeuvres de Miséricorde à l’égard de ses proches.

Depuis 1933, elle est atteinte par la tuberculose. Ses

Supérieures ne perçoivent pas tout de suite la gravi-

té de ce mal qu’elle supporte en silence. En décem-

bre 1936, alors que la maladie est déjà avancée, on

Saint Jean-Paul II au sanctuaire de la Miséricorde

Divine à Cracovie le 7 juin 1997, devant la tombe de

Soeur Faustine et l’image de Jésus Miséricordieux.

l’envoie en sanatorium. Elle y reste quatre mois; puis,

en 1938, nouveau séjour de cinq mois. Elle prie avec

ferveur pour les agonisants de son entourage dont

elle obtient souvent la conversion, même dans des

circonstances humainement désespérées. Elle récite

à leur intention le «chapelet à la divine Miséricorde»,

dont la révélation lui a été faite le 14 septembre 1935.

Rentrée dans son couvent en septembre 1938, soeur

Faustine s’endort doucement dans le Seigneur à l’âge

de 33 ans, le 5 octobre suivant.

Dans une belle prière, soeur Faustine dévoile sa

manière de pratiquer la Miséricorde (

voir la prière à la

fin de ce magazine, en page 48

).

Demandons à la Très Sainte Vierge, Mère de Misé-

ricorde, et à saint Joseph, de nous apprendre à être

miséricordieux comme notre Père du Ciel afin d’obte-

nir Sa Miséricorde et la vie éternelle.

Dom Antoine Marie osb, abbé

Reproduit avec la permission de l’Abbaye Saint

Joseph de Clairval, en France, qui publie chaque mois

une lettre spirituelle sur la vie d’un saint. Adresse pos-

tale: Abbaye SaintJoseph de Clairval, 21150 Flavigny

sur Ozerain, France. Site internet:

www.clairval.com.

Voici des extraits de l’homélie de

Jean-Paul II lors de la canonisation de

Soeur Faustine, le 30 avril 2000:

Jésus dit à Soeur Faustine: «L'hu-

manité n'aura de paix que lorsqu'elle

s'adressera avec confiance à la Divine

Miséricorde»... Le Christ nous a en-

seigné que "l'homme non seulement

reçoit et expérimente la miséricorde

de Dieu, mais aussi qu'il est appelé à

«faire miséricorde» aux autres: «Bien-

heureux les miséricordieux, car ils

obtiendront miséricorde» (Mt 5, 7)

(

Dives in misericordia

, n. 14). Il nous a

ensuite indiqué les multiples voies de

la miséricorde, qui ne pardonne pas

seulement les péchés, mais répond

également à toutes les nécessités de

l'homme. Jésus s'incline sur toute for-

me de pauvreté humaine, matérielle

et spirituelle. (,,,) L'amour de Dieu

et l'amour des frères sont en effet indissociables,

comme nous l'a rappelé la première Epître de Jean:

«Nous reconnaissons que nous aimons les enfants

de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pra-

tiquons ses commandements» (5, 2).

C'est de cet amour que l'humanité d'aujourd'hui

doit s'inspirer pour affronter la crise de sens, les

défis des besoins les plus divers, en

particulier l'exigence de sauvegar-

der la dignité de chaque personne

humaine. Le message de la divine

miséricorde est ainsi, de façon impli-

cite, également un message sur la

valeur de chaque homme. Chaque

personne est précieuse aux yeux de

Dieu, le Christ a donné sa vie pour

chacun, le Père fait don à tous de

son Esprit et offre l'accès à son inti-

mité.

Et toi, Faustine, don de Dieu à

notre temps, don de la terre de Polo-

gne à toute l'Eglise, obtiens-nous de

percevoir la profondeur de la misé-

ricorde divine, aide-nous à en faire

l'expérience vivante et à en témoi-

gner à nos frères. Que ton message

de lumière et d'espérance se diffuse

dans le monde entier, pousse les pé-

cheurs à la conversion, dissipe les rivalités et les hai-

nes, incite les hommes et les nations à la pratique de

la fraternité. Aujourd'hui, en tournant le regard avec

toi vers le visage du Christ ressuscité, nous faisons

nôtre ta prière d'abandon confiant et nous disons

avec une ferme espérance: Jésus, j'ai confiance en

Toi !

«Jésus, j'ai confiance en Toi ! »

u

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

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