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d’aucune sorte ! Les flammes de ma Miséricorde me

consument. Aucun péché, fût-il un abîme d’abjection,

n’épuisera ma Miséricorde, car plus on y puise et plus

elle augmente. C’est pour les pécheurs que je suis

descendu sur cette terre et que j’ai versé tout mon

sang. Pour châtier, j’ai toute l’éternité: maintenant,

je prolonge le temps de la Miséricorde. Mon Coeur

souffre, car même les âmes consacrées ignorent ma

Miséricorde et me traitent avec méfiance. Combien le

manque de confiance me blesse !»

«Vois qui tu as épousé !»

La nouvelle des visions de soeur Faustine se ré-

pand dans son couvent, et, bien que sa vie soit exem-

plaire, les contradictions pleuvent. «Tout était encore

supportable, écrit-elle, jusqu’au jour où le Seigneur

m’ordonna de peindre cette image. À partir de ce mo-

ment, on se mit à me considérer comme une hysté-

rique et une hallucinée, et les jugements pleuvaient

drus». Pendant deux ans, aucun prêtre n’ose se pro-

noncer clairement sur ses révélations. Enfin, pendant

sa retraite de profession perpétuelle, en avril 1933, le

prédicateur, un homme spirituel, lui dit: «Ma Soeur,

vous vous méfiez du Seigneur Jésus parce qu’Il vous

traite si intimement, n’est-ce pas? Soyez bien tran-

quille. Jésus est votre Maître et vos rapports avec Lui

ne sont ni de l’hystérie, ni des rêves, ni de l’illusion.

Sachez que vous êtes dans un bon chemin. Tâchez

d’être bien fidèle à tant de grâces». Aussitôt une paix

surnaturelle profonde emplit l’âme de soeur Faustine

et la libère de ses doutes.

Le 1er mai suivant, elle fait profession perpétuelle

avec une grande ferveur. Quatre jours plus tard, elle

entre à la chapelle pour une Heure Sainte. «Tout d’un

coup, écrit-elle, j’ai aperçu le Seigneur, tout couvert de

plaies. Il me dit:

«Vois qui tu as épousé»

... Je contem-

plais ses plaies et j’étais heureuse de souffrir avec Lui.

Ô mon Dieu, qu’il est doux de souffrir pour Toi, au plus

profond de nos coeurs, à l’insu de tous... Merci, Jésus,

pour les menues croix quotidiennes, pour les contra-

riétés et les peines de la vie commune, pour les faus-

ses interprétations de mes desseins, pour les humi-

liations et les mauvais traitements, pour les soupçons

pénibles, pour ma santé délabrée et mon extrême

lassitude... Merci, Jésus, pour la souffrance de l’âme,

pour les aridités, l’angoisse et l’incertitude, pour la nuit

et les ténèbres intérieures, pour les tentations et les

épreuves... Merci, Jésus, Toi qui as bu ce calice amer

avant de me l’offrir adouci. Je ne désire que Ton bon

plaisir, selon les plans de Ton éternelle Sagesse».

Le véritable Ami

Fin mai 1933, soeur Faus-

tine part pour Wilno. Là,

elle rencontre l’abbé Michel

Sopocko (qui sera lui-même

béatifié en 2008) qui devient

son directeur de conscience.

Après bien des hésitations, ce-

lui-ci se décide à faire peindre

l’image de Jésus miséricor-

dieux, mais il veut connaître

la signification des faisceaux

blancs et rouges qui rayonnent du Coeur du Seigneur.

Soeur Faustine interroge le divin Maître qui répond:

«Ils signifient l’eau et le sang. L’eau qui justifie les

âmes, le sang qui est vie de l’âme. Ils jaillissent de

mon Coeur ouvert sur la Croix. Ces rayons mettent

l’âme à l’abri de la colère de mon Père»

, c’est-à-di-

re des peines justement méritées par nos fautes. Le

dimanche de Quasimodo (Octave de Pâques) 1935,

l’icône est exposée publiquement au sanctuaire de

Notre-Dame d’Ostra Brama, et aussitôt, la Miséricor-

de divine se manifeste par de nombreuses grâces de

conversions extraordinaires.

Dans son Petit Journal, soeur Faustine écrit: «La

Miséricorde est le plus grand des attributs divins».

L’abbé Sopocko, d’abord perplexe, retrouvera cette

vérité dans les oeuvres de saint Augustin et de saint

Thomas d’Aquin. De fait, aucun attribut de Dieu n’est

souligné aussi fortement dans la Bible que la Misé-

ricorde. Dieu n’est pas un être lointain et indifférent

au destin de l’homme, mais il est l’Ami, le Sauveur,

le Bon Pasteur, aux yeux de qui chaque personne est

précieuse. Après la chute de l’homme par le péché ori-

ginel, chute qui a eu tant de conséquences tragiques

(souffrance, mort...), Dieu nous révèle pleinement sa

Miséricorde dans les mystères de l’Incarnation et de

la Rédemption. Toute la vie du Christ sur la terre, ses

paroles et ses actes, ses paraboles et ses miracles,

sa mort sur la Croix et sa Résurrection, la fondation

de son Église guidée à travers les siècles par l’Esprit-

Saint, proclament au monde entier la Miséricorde de

Dieu.

Expérimenter la Miséricorde

Être miséricordieux, c’est avoir un coeur affecté

de tristesse à la vue de la misère d’autrui comme s’il

s’agissait de la sienne propre, et s’efforcer, autant que

possible, de l’écarter ou de la soulager. Le plus grand

mal qui atteigne l’homme est le péché. Dieu y porte

remède par sa Miséricorde. En tant qu’offense faite à

Dieu, le péché a une malice insondable dont la consé-

quence éternelle a été montrée à soeur Faustine.

«Moi, soeur Faustine, par ordre de Dieu, j’ai pénétré

En 1943, dix ans après la réa-

lisation du premier tableau de

Jésus Miséricordieux (photo de

gauche) à Vilnius, en Lituanie, et

cinq ans après le décès de sainte

Faustine à Cracovie, en Pologne,

un peintre, Adolphe Hyla s’est

adressé à la Congrégation des

sœurs de Notre-Dame de la Mi-

séricorde à Cracovie. Il désirait

réaliser un tableau qu’il voulait

offrir à la chapelle des soeurs en

tant qu’ex-voto pour remercier le

Seigneur d’avoir épargné sa fa-

mille durant la Seconde Guerre

mondiale.

Les sœurs lui ont proposé

de peindre un tableau de Jésus

Miséricordieux. Elles ont pré-

senté à l’artiste comme modè-

le, la reproduction du premier

tableau, peint par Eugène Kazi-

mirowski avec la collaboration

de sainte Faustine. Elles lui ont

montré également la descrip-

tion du tableau contenue dans le

Petit Journal de sainte Faustine.

Cependant, le peintre a réalisé

un tableau à son idée. Ce tableau a été béni en janvier 1944 et placé dans la chapelle à Cracovie où il est

vénéré jusqu’à présent. (Photo de droite.)

Le premier tableau de Vilnius s’est retrouvé, après la seconde guerre mondiale (1939-1945), sur le terri-

toire de l’URSS où des catholiques, à cause de cruelles persécussions, pendant des dizaines d’années ont

été obligés de cacher leur foi. Le tableau a dû également rester caché ainsi que sa provenance extraordi-

naire. Il est maintenant exposé dans le maître autel du sanctuaire de la Miséricorde Divine à Vilnius, entouré

d’une incessante prière des religieuses et des pèlerins. (Source:

www.faustine-message.com)

Les deux tableaux de Jésus Miséricordieux

Bx Michel Sopocko

1888-1975

En 1996, on décida de

construire un temple de 5000

places à côté du sanctuaire

de Cracovie-Łagiewniki, qui

contient la tombe de Sœur

Faustine. Le 17 août 2002,

lors de son dernier pèlerina-

ge en Pologne, Jean-Paul II

consacrait la nouvelle église

et confiait solennellement le

monde entier à la Miséricorde

Divine: «Je le fais avec le dé-

sir que le message de l’amour

miséricordieux de Dieu, pro-

clamé ici à travers sainte

Faustine, atteigne tous les ha-

bitants de la terre et remplisse

leur cœur d’espérance. Que ce

message se diffuse de ce lieu

dans toute notre Patrie bien-

aimée et dans le monde.»

Le sanctuaire de la

Miséricorde Divine à

Cracovie-Łagiewniki

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2015

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