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coeur de l’homme et en réaxant la Création par rapport

au Dieu Créateur.

On peut distinguer plusieurs visions de l’écolo-

gie dans l’appel à «de nouveaux modes de vie» qui se

fait entendre dans la culture occidentale ces dernières

années. Certains courants radicaux sont anti-anthropo-

centriques. «L’écologie profonde» rejette l’humanisme

biblique et l’idée de création par Dieu, de même qu’elle

refuse le fameux «Dominez la terre» de la Genèse. Sui-

vant ces théories, l’homme n’a pas une place à part,

au centre de la Création. Sa supériorité devient contin-

gente. Défendre la nature revient alors à la protéger de

l’homme, et non à préserver la nature afin de protéger

l’homme.

Cet écologisme rend un culte à la nature, non pas

celle qui a été humanisée par l’homme à cause de sa

connaissance et de son travail, mais à un cosmos qui

existe avant l’homme et sans lui. Selon la deep ecology,

l’homme devrait reconnaître à la Terre des droits et se

soumettre lui-même à l’impératif écologique. La terre

finit par être déifiée et l’homme désacralisé.

Le péché contre l’environnement

L’exploitation aveugle et sans retenue des ressour-

ces naturelles est clairement éloignée du dessein ori-

ginel de Dieu. «La domination accordée par le créateur

à l’homme n’est pas un pouvoir absolu, et l’on ne peut

parler de liberté d’user et d’abuser, ou disposer des

choses comme on l’entend.»

9

Il y a des limites dans

l’usage de la nature visible. Quand l’activité de l’homme

dégrade l’environnement, c’est la création comme bien

reçu de Dieu qui est frappé. Or il y a une obligation à fai-

re un bon usage de ce don dans un esprit de reconnais-

sance. Il implique d’une part une responsabilité vis-à-

vis de Dieu, et comme bien commun destiné à tous les

hommes, il engendre d’autre part des devoirs à l’égard

des autres. On peut donc parler de péché grave contre

l’environnement naturel lorsque l’homme, à l’instar de

Caïn, affirme: «Suis-je responsable de la création?» (...)

Il nous est impossible de concevoir une écologie

authentique autre que centrée sur l’homme et non

pas uniquement sur la terre. La protection de la nature

passe par celle de l’homme. Une véritable écologie ne

peut être qu’humaine. Elle est non seulement respec-

tueuse de la nature, mais aussi de tous les hommes et

de l’homme dans toutes ses dimensions. On ne peut

jamais considérer la nature comme plus importante que

la personne humaine.

La Doctrine sociale de l’Église situe l’écologie envi-

ronnementale au sein de l’écologie humaine: la corrup-

tion de la nature vient le plus souvent d’une dégrada-

tion morale. S’il existe bien une responsabilité vis-à-vis

de la terre, de l’eau ou de l’air, il est surtout nécessaire

de protéger l’homme de sa propre destruction. «La

dégradation de l’environnement est étroitement liée à

la culture qui façonne la communauté humaine: quand

9 Saint Jean-Paul II, Sollicitudo Rei Socialis, 34.

l’écologie humaine est respectée dans la société, l’éco-

logie proprement dite en tire aussi avantage.»

10

«Si le droit à la vie et à la mort naturelle n’est pas

respecté, si la conception, la gestation et la naissance

de l’homme sont rendues artificielles, si des embryons

humains sont sacrifiés pour la recherche, la conscience

commune finit par perdre le concept d’écologie hu-

maine et, avec lui, celui d’écologie environnementale.

Exiger des nouvelles générations le respect du milieu

naturel devient une contradiction, quand l’éducation et

les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes. Le

livre de la nature est unique et indivisible, qu’il s’agisse

de l’environnement comme de la vie, de la sexualité, du

mariage, de la famille, des relations sociales, en un mot

du développement humain intégral.»

11

La famille, première structure fondamentale, est la

principale réalité au service d’une véritable écologie

humaine. C’est là que la personne apprend à se respec-

ter et se découvre comme être de relation, être-pour-

autrui, appelée à s’enrichir dans l’amour et dans le don

de soi. La défense de la famille fondée sur le mariage

indissoluble entre une femme et un homme fait partie

de la protection de l’environnement. La famille a voca-

tion à révéler et transmettre l’amour. C’est là que l’enfant

apprend à aimer la nature. C’est là aussi que peut se

faire l’éducation à la responsabilité écologique.

L’exploitation abusive des ressources du monde

n’est que la répétition du péché originel. Elle est le ré-

sultat de l’égoïsme et de l’avidité. L’exploitation illimitée

des ressources naturelles conduit au consumérisme qui

est si caractéristique de notre monde contemporain ain-

si transformé en société de convoitise. Il ne s’agit plus

de satisfaire les besoins vitaux de l’homme, mais ses

désirs sans cesse grandissants et sans fin. L’exploitation

des richesses naturelles qui découle de l’avarice et non

de besoins vitaux, crée un déséquilibre dans la nature

qui n’arrive plus à se renouveler, comme en témoigne

les problèmes de la surpêche, de la surproduction agri-

cole, de la déforestation et de la désertification.

Nous oublions trop souvent que l’homme n’est pas

seulement un être rationnel, social ou politique, mais

qu’il est avant tout une créature eucharistique, capable

de gratitude et dotée du pouvoir de bénir Dieu pour le

don de la création. Parmi toutes les «attitudes écologi-

ques», la plus urgente est sûrement celle de l’adoration.

Revenir à Dieu, vivre de manière radicale en relation

avec lui, le mettre à la première place, c’est commencer

ce travail de restauration de toute la création.

L’homme ne se réconciliera avec l’environnement

que lorsqu’il redécouvrira la dignité et la grandeur de sa

vocation: être fils de Dieu. Il n’y a pas d’écologie véri-

table sans une conversion du coeur de l’homme vers

celui de son Créateur et Seigneur.

Mgr Dominique Rey

10 Benoît XVI,

Caritas in Veritate

, 51.

11 Ibidem.

M. Louis Fahé Mazeleaux, de la Côte d’Ivoire, en

Afrique, est un membre ardent des Pèlerins de saint

Michel, et animateur de sessions d’étude sur le crédit

social, ou démocratie économique, à travers plusieurs

pays africains, et il accomplit un apostolat tout à fait

remarquable. Encore au début de l’année 2015, il a ac-

compli une tournée de près de quatre mois en Répu-

blique démocratique du Congo et les pays avoisinants,

avec des résultats tout à fait fantastiques. Pour vous

donner un aperçu de son apostolat intense, nous pu-

blions des extraits du rapport de la mission qu’il a ef-

fectuée dans divers pays africains au printemps 2014:

Dans la droite ligne du noble combat d’informa-

tion du journal Vers Demain, une importante mission a

été menée du 15 mars au 26 juin 2014 par les Pèlerins

de saint Michel, dans la région africaine des grands

lacs (Ouganda, Rwanda, Burundi et République dé-

mocratique du Congo). Nous, chef de cette mission,

avons l’insigne honneur de produire ce rapport, pour

permettre à toutes les organisations, aux personnes

de bonne volonté et à l’Eglise Catholique en général,

qui nous ont accueillis, conseillés, accompagnés et

surtout matériellement aidés, d’avoir une idée préci-

se et un regard sur ce qui a été fait dans cette région

pittoresque d’Afrique (où la clique des usurpateurs

règne en seigneurs de la mort sur les économies et

les richesses naturelles), dans le but d’apporter plus

d’éclairage sur la véritable cause de la pauvreté et des

guerres dans le monde, et comment y remédier par

l’application des principes de la doctrine sociale de

l’Église !

«Le semeur est sorti pour semer» est un mode de

rayonnement utilisé récemment par l’œuvre des Pèle-

rins de Saint Michel, pour porter au cœur des peuples

d’Afrique de l’est et du centre, l’information sur la vé-

«Le semeur est sorti pour semer»

Rapport de mission de Louis Fahé de Côte d’Ivoire

ritable cause de la pauvreté, de la misère et de tous

les désordres sociaux et humanitaires qui meublent le

quotidien de l’homme, et l’unique voie possible pour

inverser la tendance dans le monde.

C’est une page d’évangile (Mt 13, 1-9, ou Mc 4,

1-9) dans laquelle l’évangéliste rapporte comment

notre Seigneur Jésus-Christ, débordant de générosité

pour l’homme, est sorti pour semer abondamment

partout sa parole du salut !

Certes, la parole semée peut ne pas faire effet, si

les gens qui la reçoivent ne sont pas disposés à la gar-

der utilement, et à la faire fructifier. Mais, notre devoir

d’apôtre nous impose d’aller par monts et par vaux,

et ce, depuis plus de huit décennies sous l’instigation

et l’inspiration de notre génie de fondateur, M. Louis

Even de vénérée mémoire, pour propager et maintenir

la lumière du crédit social.

La RDC, par la province orientale!

Au début du mois d’avril 2014, après un fructueux

passage en Ouganda, nous avons mis le cap sur la

riche province orientale de la RDC, théâtre de guer-

res d’intérêts planifiées visiblement pour ne jamais se

terminer. L’impact des guerres à répétition sur cette

magnifique terre, est indéniable: absence de dévelop-

pement, manque d’infrastructures primaires comme

la route qui précède toujours le véritable développe-

ment. Cela fait que voyager à travers le Congo démo-

cratique, est toujours risqué et périlleux.

Et, c’est BUNIA qui nous accueille dans la fer-

veur, puis MAHAGI, KISANGANI, BENI, BUTEMBO et

GOMA, le fief de SOCIDEC. La mobilisation ici et là

était réelle, du reste les préparatifs pour notre accueil,

de l’avis de M. Jean-Marie DHENA DIRO, Coordonna-

teur de l’AEJI/DDH, duraient depuis quelques trois à

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VERS DEMAIN mars-avril 2015

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