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Grâce aux sacrifices

faits depuis plus de 75 ans

par les Bérets Blancs du

journal Vers Demain, de

plus en plus de personna-

ges en haut lieu décou-

vrent l'absurdité du sys-

tème financier actuel, et

l'urgence pour le gouverne-

ment fédéral de créer son

propre argent, sans intérêt,

au lieu de l'emprunter des

banques, à intérêt. Voici

des extraits d'une brochure

parue en 1992, «The Deficit

Made Me Do It ! » (C'est la

faute au déficit ! ) publiée

par Ed Finn, du Centre canadien de recherche en poli-

tiques de rechange (

www.policyalternatives.ca)

, où

trois économistes — Harold Chorney, de l'Université

Concordia de Montréal, John Hotson, de l'université

de Waterloo, et Mario Seccareccia, de l'Université

d'Ottawa — «démystifient les mythes de la dette»,

et répètent en leurs propres mots ce que Louis Even

et les créditistes du journal Vers Demain expliquent

depuis 1939.

Voilà un texte qui fait changement d'avec les dis-

cours habituels des économistes qui sont déconnec-

tés de la réalité; de plus, il situe parfaitement quels

sont les vrais problèmes et solutions concernant la

dette du pays, à l'heure où tout le monde parle de cou-

per dans les dépenses — même les services sociaux,

comme les pensions et l'assurance-chômage — pour

réduire le déficit. Les sous-titres sont de Vers Demain:

par Harold Chorney, John Hotson

et Mario Seccareccia

Ces jours-ci, les gouvernements ont beau jeu de

défendre les coupures dans les services et program-

mes gouvernementaux. Tout ce qu'ils ont à faire, c'est

de montrer l'ampleur de leurs déficits annuels et de

leurs dettes, et de dire ensuite à la population: «On

n'a plus d'argent, on ne peut plus se payer les services

sociaux qu'on a actuellement.»

Une leçon de la guerre

Les gouvernements nous disent: «On ne peut pas

faire autrement, il faut augmenter les taxes et couper

nos dépenses». Ces gouvernements nous mentent,

car ils peuvent faire autrement. On n'a qu'à imaginer

le Canada en guerre. Le ministre des Finances dirait-il

alors: «Nous aimerions bien continuer à nous battre,

mais on n'a plus d'argent, il faut rappeler nos trou-

pes.»? Jamais de la vie !

Le Canada a-t-il abandonné la guerre à mi-che-

min de la Deuxième Guerre Mondiale parce que la

dette du pays était rendue

plus grosse que le pro-

duit intérieur brut ? Bien

sûr que non! On a réussi à

trouver l'argent supplémen-

taire requis. Ce ne fut pas

en augmentant les taxes ni

en empruntant des banques

privées: la Banque du Ca-

nada créa tout simplement

tout l'argent dont le gou-

vernement avait besoin, à

des taux d'intérêt de pres-

que zéro pour cent !

À la fin de la Deuxième

Guerre Mondiale, la dette

du pays était deux fois plus

grande qu'aujourd'hui, en comparaison du revenu

national (la dette nationale représentait 110% du pro-

duit national brut en 1945, comparativement à 61%

aujourd'hui). Notre pays était-il ruiné pour autant ? A-t-

il dû déclarer faillite? Loin de là! Au contraire, l'écono-

mie du pays était en plein essor, et le Canada connais-

sait une ère de prospérité sans précédent.

La Banque du Canada a failli à sa tâche

Pourquoi ne connaît-on pas la même prospérité

aujourd'hui, alors que la dette actuelle est beaucoup

moins grosse que celle de 1945, en comparaison de

la production totale du pays? Cela dépend de la Ban-

que du Canada. Pendant la guerre de 1939-45, et les

30 années qui suivirent, le gouvernement pouvait

emprunter l'argent nécessaire à de bas taux d'intérêt,

parce que la banque du gouvernement (la Banque du

Canada) créait plus de la moitié de l'argent du pays.

Cela forçait les banques privées à maintenir leurs

taux d'intérêt bas aussi.

Cependant, depuis le milieu des années 70, la

Banque du Canada, avec le consentement du gouver-

nement, a créé de moins en moins d'argent, tout en

laissant les banques privées créer une part de plus en

plus grande de l'argent du pays. Actuellement, «notre»

banque crée chaque année seulement 2% de toute la

masse monétaire du pays, tout en permettant aux ban-

ques privées de saigner le gouvernement et toute la po-

pulation en créant 98% de tout l'argent en circulation à

des taux d'intérêt scandaleusement élevés. Ce sont ces

frais en intérêt exorbitants qui sont la cause principale

de la hausse vertigineuse de la dette nationale.

Intérêt et inflation

Des milliers d'années d'expériences douloureuses

sur la concentration de la richesse et l'esclavage de la

dette ont amené tous les anciens livres de sagesse —

y compris la Bible et le Coran — à condamner le prêt

d'argent nouveau à intérêt... Cependant, la sagesse

La Banque du Canada doit financer notre pays sans dette

Le siège social de la Banque du Canada à Ottawa

d'aujourd'hui, c'est que l'inflation est la plus grande

menace pour l'économie, et qu'elle doit être contenue

en augmentant les taux d'intérêt. Cela va à l'encontre

du bon sens et d'une simple observation des faits, qui

démontre que la hausse des prix (l'inflation) est cau-

sée par la hausse des coûts de production, et les taux

d’intérêts font partie de ces coûts. Alors, augmenter

les taux d'intérêt fait augmenter les prix, et non les

diminuer.

Une telle politique fait aussi augmenter le revenu

des prêteurs d'argent, ce qui explique pourquoi ils

souscrivent si ardemment à cette doctrine perverse qui

prétend que des taux d'intérêt élevés soient anti-infla-

tionnistes... Et pourtant, la plupart des livres d'écono-

mie qui déplorent la hausse des salaires ne disent pas

un mot sur la hausse des taxes et des intérêts. Ce n'est

pas parce qu'il s'agit de questions complexes — elles

sont plutôt simples et évidentes — mais parce qu'il

serait embarrassant pour les économistes d'admettre

qu'ils ont fait une gaffe d'une telle ampleur: que leur

théorie sur la politique monétaire (qui, entre autres,

dit que des taux d'intérêt élevés combattent l'inflation),

viole les principes de base de logique scientifique.

La création de l'argent

Un des plus grands mythes concernant le déficit

est que les gouvernements qui dépensent plus d'ar-

gent qu'ils en reçoivent doivent emprunter la différen-

ce, augmentant de ce fait la dette publique.

En fait, le gouvernement peut choisir de créer cet

argent au lieu de l'emprunter des banques, du public,

ou des investisseurs étrangers.

Les milieux d'affaires, politiciens et journalistes

sont horrifiés par la suggestion que le gouvernement

exerce son droit de créer l'argent. Ils prétendent que

cela entraînerait automatiquement une inflation rui-

neuse.

Pourtant, que l'argent soit créé par une banque

privée ou par la Banque du Canada, il faut bien qu'il

soit créé quelque part; il s'agit dans les deux cas de

la même création d'argent. La seule différence, c'est

que si le gouvernement emprunte de sa propre ban-

que centrale, il n'encourt aucune dette.

Il n'y a aucune raison pour laquelle la croissance

de la masse monétaire (qui se situe à environ 22 mil-

liards $ pour les dernières années) ne soit pas pris en

charge de façon plus substantielle par la Banque du

Canada. Si une telle politique avait été suivie, le gou-

vernement fédéral n'aurait pas eu à emprunter — et

grossir sa dette — pour payer les intérêts sur ses an-

ciennes dettes, comme il le fait actuellement.

La Banque du Canada devrait créer au moins la

moitié de l'argent du pays (et non pas seulement 2%).

Ceux qui rejettent une telle proposition comme étant

«inflationniste» devraient expliquer pourquoi il serait

plus inflationniste pour le gouvernement de créer 11

milliards $ et les banques privées 11 milliards $, plutôt

que la pratique actuelle d'avoir la Banque du Canada

créer seulement 700 millions $, et les banques privées

21,3 milliards $ !

Un retour aux politiques qui prévalaient durant

la Deuxième Guerre Mondiale, alors que la Banque

du Canada créait la moitié de l'argent du pays à un

taux d'intérêt de presque zéro (0,36%), ferait des

merveilles pour l'économie, tout en réduisant gran-

dement le déficit.

Il est ridicule pour le gouvernement d'emprunter

des milliards de dollars des banques privées, alors

qu'il peut créer l'argent dont il a besoin pratiquement

gratuitement.

Les banques créent l'argent

Il faut se rappeler que notre économie ne croît que

si la masse monétaire augmente. Sous le système d'ar-

gent-dette actuel, la seule façon d'augmenter la quan-

tité d'argent en circulation est en l'empruntant des ban-

ques privées, nous endettant donc envers elles.

On n'insistera jamais trop sur le fait que les ban-

ques privées, contrairement aux autres prêteurs,

créent l'argent qu'elles prêtent. Elles ne prêtent pas

l'argent de leurs déposants, comme plusieurs le

croient, même certains banquiers eux-mêmes. Ce-

pendant, la quantité d'argent créée par un prêt ban-

caire ne peut que permettre de rembourser le capital.

Aucun argent n'est créé pour payer l'intérêt, sauf l'in-

térêt payé aux déposants. C'est pourquoi les dettes

doivent augmenter de plus en plus vite pour permet-

tre à chaque nouvel emprunt d'être remboursé.

Si cela vous semble une manière tout à fait stu-

pide et dangereuse d'opérer un système monétaire,

vous avez raison. Il serait beaucoup plus sécuritaire et

sensé pour le gouvernement fédéral de créer lui-mê-

me l'argent sans dette, ou de le prêter sans intérêt aux

autres paliers de gouvernement qui n'ont pas le pou-

voir de créer l'argent. Une réforme du système moné-

taire est donc la clé pour contrôler le déficit et réduire

la dette.» (

Fin de la brochure des trois économistes.

)

Le gouvernement du Canada ne devrait

pas emprunter d'argent d'aucune banque

privée. Le Canada se porterait infiniment

mieux, et la crise de la dette n'existerait

même pas, si le gouvernement créait tout

l'argent du pays, sans intérêt et sans det-

te. (...) Nous avons permis aux banquiers

de remplacer le gouvernement comme

source de l'argent. (...) Et nous leur avons

permis de contrôler le gouvernment et de

bloquer les réformes nécessaires pour la

bonne marche de l'économie mondiale.

Voilà l'une des plus grandes folies des

temps modernes. –

John Hotson

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VERS DEMAIN mars-avril 2015

VERS DEMAIN mars-avril 2015

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