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Le 6 février 2015, dans une décision unanime

de ses neuf juges, la Cour suprême du Canada dé-

clarait comme étant invalide et inconstitutionnelle

l’interdiction du suicide assisté, inclus jusqu’alors

dans le Code criminel du Canada. Ce jugement per-

met l’euthanasie et le suicide assisté non seulement

dans le cas de souffrances physiques, mais aussi

psychologiques, sans définir de paramètres clairs.

Voici la déclaration officielle de Mgr Paul-André

Durocher, Archevêque de Gatineau et Président de

la Conférence des évêques catholiques du Canada,

suite à ce jugement de la Cour suprême:

De par leur foi, les catholiques sont appelés à

aider toute personne dans le besoin, surtout les

pauvres, les souffrants et les mourants. Réconforter

les personnes mourantes et les accompagner dans

l’amour et la solidarité sont des expressions impor-

tantes de la miséricorde chrétienne reconnues par

l’Église depuis ses débuts.

Toutefois, aider une personne à se suicider n’est

ni un acte de justice ou de miséricorde, ni un soin

palliatif. La décision prise aujourd’hui par la Cour

suprême du Canada ne change pas l’enseignement

catholique. «Ainsi une action ou une omission qui,

de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de

supprimer la douleur, constitue un meurtre grave-

ment contraire à la dignité de la personne humaine

et au respect du Dieu vivant, son Créateur.» (

Caté-

chisme de l’Église catholique, 2277)

Les évêques de notre pays invitent les Canadiens

et les Canadiennes, surtout les catholi-

ques, à faire tout en leur pouvoir pour

apporter réconfort et appui à toutes les

personnes qui sont mourantes et à cel-

les qui leur sont chères, pour qu’aucu-

ne d’entre elles, pour des raisons de

solitude, de vulnérabilité, de perte

d’autonomie ou par peur de souffrir ou

de ressentir de la douleur, sentent qu’elle n’a d’autre

choix que d’avoir recours au suicide. La Conférence

des évêques catholiques du Canada continuera de

promouvoir les soins palliatifs et les soins à domicile,

et d’encourager tous les fidèles à travailler à amélio-

rer le mieux-être des personnes âgées, handicapées,

malades et socialement isolées.

Mes frères évêques et moi exhortons les gou-

vernements et les cours à interpréter la décision

d’aujourd’hui au sens le plus strict du terme, à ré-

sister aux pressions d’aller plus loin en approuvant

de prétendus actes d’«homicide par compassion»

et d’euthanasie. Nous faisons de nouveau appel

aux gouvernements provinciaux et territoriaux pour

qu’ils assurent des soins palliatifs de qualité dans

toutes leurs juridictions. Nous implorons également

les agences gouvernementales et professionnelles

de mettre en place des politiques et des directives

qui respectent la liberté de conscience de tous les

travailleurs et administrateurs de la santé qui ne

voudront pas et qui ne pourront pas accepter le sui-

cide comme une solution médicale à la souffrance

et à la douleur.

Mgr Durocher proteste contre la décision de la

Cour suprême du Canada qui permet le suicide assisté

Mgr Durocher

gent à son volume, il faudrait activer les prêts plus que

les remboursements.

Le fait de rembourser à la banque plus d'argent

qu'il en est sorti, alors que personne autre ne peut

créer d'argent, oblige continuellement des particuliers

ou des corps publics à retourner aux portes des ban-

ques, pour d'autres emprunts, d'où des endettements

croissants. Sans cela, tout l'argent en circulation tom-

berait graduellement à rien. La fonction du banquier

lui confère donc un pouvoir, une suprématie sur toute

la vie économique du pays. Plus puissant que le gou-

vernement, il a le pouvoir d'accorder ou refuser, et de

réglementer le crédit, argent moderne, nécessaire à la

vie économique du pays.

Comment espérer en venir à bout ?

Des hommes d'État, en Europe, aux États-Unis,

au Canada aussi, ont déjà dénoncé, même vertement,

cette suprématie du système bancaire. Mackenzie King

disait, en 1935, qu'à moins de casser cette puissance,

il est vain et futile de parler de démocratie ou de sou-

veraineté du Parlement. Il en est, comme lui-même,

qui ont promis de remettre à la nation le contrôle de

son argent et de son crédit. D'autres, comme l'ancien

ministre canadien des Finances, Donald Fleming, ont

attaqué publiquement l'action arbitraire et nocive des

plus hautes sommités bancaires.

Et pourtant, aucun d'eux n'y a rien changé. Et les

politiciens les plus volubiles contre cette dictature n'y

changeront jamais rien, tant que le peuple lui-même

n'aura pas constitué une force plus puissante que celle

de la Finance, pour forcer son gouvernement à agir.

Ce n'est pas là une affaire d'élection. C'est affaire de

former un nombre assez grand de citoyens qui se rensei-

gnent, qui se concertent, qui s'affirment et décident de

se faire entendre de leur gouvernement, quel qu'il soit.

C'est aussi — vu que l'ennemi est de nature dia-

bolique, qu'il peut s'appeler Légion et que la dictature

d'argent n'est qu'un de ses multiples visages — c'est

aussi la nécessité de l'aide céleste. C'est cela qu'ont

compris, que comprennent de mieux en mieux, les

créditistes de Vers Demain.

Louis Even

Vers Demain se fait un honneur de publier les

dénonciations du système financier actuel faites par

les Papes, mais d’autres milieux chrétiens ont aussi

stigmatisé ce système. Il y a un peu plus de 50 ans,

constatant la présence d’une pauvreté pénible en

face même de l’abondance offerte, les autorités de

la

Congregational Union of Scotland

jugèrent

qu’il devait y avoir quelque chose de fon-

damentalement faux dans le système

économique. Un Comité a été nom-

mé: le «Comité d’une doctrine chré-

tienne de la richesse» pour exami-

ner d’un point de vue chrétien le

système financier existant.

La première réunion de ce

comité eut lieu le 22 septem-

bre 1960. Elle fut suivie de 16

autres. Le Comité consulta un

grand nombre d’économis-

tes, de professeurs, de ban-

quiers, d’hommes d’affaires,

de savants. Il publia le résul-

tat de ses recherches dans un

livre intitulé

Money, A Chris-

tian View

: Une vue chrétienne

de l’argent.

A la page 42 de ce livre on

trouve les conclusions suivantes:

1. Nous croyons que le système

actuel de finance dette, dans lequel

pratiquement tout l’argent vient en cir-

culation sous forme de dette portant inté-

rêt, est préjudiciable au bien-être de l’humanité.

Il ne trouve aucune justification dans la nature des

choses et perpétue une fausse notion de la fonction

de l’argent dans la société humaine.

2. Nous croyons que le monopole virtuel dont

jouit le système bancaire est contraire à la raison et

à la justice. Lorsqu’une banque accorde un prêt, elle

monnaie le crédit d’un client jugé digne de crédit. Ce

‘monnayage’ est un service nécessaire, mais lorsque

la banque l’a fait, elle remet à l’emprunteur son pro-

pre crédit ainsi monnayé comme une dette envers la

banque, dette majorée de 6, 8 ou 9 pour cent. Il sem-

ble exister là une anomalie, masquée par l’usage et

l’habitude, qui demande examen. La véritable base

du crédit réside dans les actifs de la nation: individus,

travailleurs, compétences, richesses naturelles; dans

l’énorme puissance de production dont les hommes

disposent aujourd’hui. La création et la fonction de

l’argent, du crédit financier, devraient être en rapport

exact avec ces faits physiques, et rien d’autre.

3. Convaincus qu’il n’est pas impossible à l’es-

prit humain de concevoir un système financier d’où

seraient exclus ces vices, nous jugeons qu’un tel sys-

tème financier corrigé s’impose et que, comme chré-

tiens, nous avons le devoir impératif d’en presser

l’instauration.

Le Comité insiste donc, et avec preuves à l’appui,

sur l’obligation de changer le système financier. Il ne

dit pas quelle technique employer. Mais de

toutes les propositions qui ont pu être fai-

tes jusqu’ici pour un changement, seul

le Crédit Social en offre de nature à

atteindre de façon directe les buts

d’un système financier fidèle à sa

fonction propre dans l’écono-

mie. Ces buts:

Établir un système souple

en accord constant avec les

réalités de la production et

de la consommation;

Faire de l’argent un fac-

teur déterminé et non plus

un facteur déterminant des

activités économiques;

Financer toute produc-

tion possible répondant aux

besoins de la population, selon

la hiérarchie de leur urgence;

Maintenir le pouvoir d’achat

au niveau de la production offerte

en face des besoins normaux de la

population; et, pour permettre à chaque

personne d’exercer son droit fondamental

à une part de biens matériels, dans un monde où

cela ne peut s’obtenir sans argent, assurer à chaque

individu un revenu attaché à sa personne et non pas

uniquement à son emploi.

Ce dernier point d’un dividende à chaque citoyen

a été traité mille fois dans le journal

Vers Demain

et

le sera encore. Pour remédier aux maux causés par

un système financier faux, l’option créditiste n’est-elle

pas infiniment supérieure aux offres du socialisme ou

du communisme?

L’application des propositions du Crédit Social ne

serait-elle pas le moyen par excellence de réaliser le

plan de Dieu dans la création des richesses de la terre,

plan rappelé de plus en plus par nos grands Papes, de

Léon XIII à François?

Oui, il faut changer le système financier, si l’on ne

veut pas que continuent des privations imméritées,

que des pauvres continuent de mourir de faim et que

la mise sous clé de l’abondance devant la perpétua-

tion de tant de souffrances attire sur nos pays les ven-

geances du Ciel.

Louis Even

Une vue chrétienne de l’argent

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VERS DEMAIN mars-avril 2015

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