Table of Contents Table of Contents
Previous Page  40-41 / 48 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 40-41 / 48 Next Page
Page Background

Je dédie cet article aux jeunes de notre temps.

La Bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin

est un beau modèle pour eux. En lisant la vie de no-

tre Bienheureuse, ils feront tout pour continuer son

oeuvre d’évangélisation. en notre patrie le Canada.

Notre Pape François a fait

appel aux jeunes du Paraguay et

du monde entier, dimanche, le 11

juillet 2015, devant 3 millions de

personnes. En voici des extraits:

«Cela m’a plu d’écouter de

la bouche d’un jeune la préoc-

cupation de faire en sorte que

la société soit un espace de fra-

ternité, de justice, de paix et de

dignité pour tous. La jeunesse

est le temps de grands idéaux.

Comme c’est important que vous

les jeunes, vous compreniez que

le vrai bonheur passe par la lutte

pour un monde plus fraternel ! ...

Comme il est bon que vous les

jeunes, vous voyiez que bonheur

et plaisir ne sont pas synonymes

– une chose est le bonheur, une

chose est le plaisir –, mais que le

bonheur exige l’engagement et le

dévouement. Vous êtes trop pré-

cieux pour parcourir le chemin de

la vie comme des anesthésiés ! »

par

Thérèse Tardif

Catherine de Saint-Augustin (Catherine Simon de

Longpré), 1632-1668, religieuse hospitalière de l’Hô-

tel-Dieu de Québec, est reconnue aussi cofondatrice

de l’Eglise canadienne. Elle a été proclamée «Bienheu-

reuse» à Rome par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II.

Nous prions maintenant pour sa canonisation.

Catherine Simon de Longpré voit le jour le 3 mai

1632 à St-Sauveur le Vicomte, en Normandie, en

France. Elle est Normande comme le Père Jean de

Brébeuf, Jésuite, l’un de nos illustres Martyrs cana-

diens, né à Condé-sur-Vire. Ce dernier joue un grand

rôle dans la vie de sœur Marie-Catherine, même si

elle ne le connaît pas de son vivant. Du haut du Ciel,

il la dirige, la conseille.

Catherine est baptisée dans son église paroissiale

dédiée à saint Jean-Baptiste, futur patron des Cana-

diens français, comme Louis Even, notre fondateur

qui, lui aussi, a eu une mission à accomplir au Canada

et a été baptisé dans une église dédiée à saint Jean-

Baptiste, à Montfort-sur-Meu en Bretagne (aujourd’hui,

l’église est dédiée à saint Louis-Marie de Montfort, né

dans cette commune, et Louis Even aussi.)

Les parents de Catherine ont

plusieurs enfants, c’est pourquoi

la grand’mère maternelle prend

l’enfant chez elle et se charge de

son éducation.

École de charité

Chez les grands-parents, on

reçoit les pauvres, les déshérités,

les malades. Catherine est élevée

au milieu de cette école de cha-

rité. A peine âgée de trois ans et

demi, l’enfant brûle déjà d’un ar-

dent désir d’accomplir la volonté

de Dieu en tout. Elle ne fait rien

sans en demander la permission

à une image de la Sainte Vierge

et elle révèle, dans son journal,

que la Bonne Mère lui répond et

qu’elle joue avec l’Enfant-Jésus.

A l’âge de 10 ans, elle signe

de son sang son acte de dona-

tion totale à la très Sainte Vierge,

acte rédigé par elle-même.

En 1643, saint Jean Eudes

vient prêcher une mission à Saint-Sauveur et prédit à

Catherine qu’elle serait religieuse. Il lui fait cette prédic-

tion, sans doute par l’entremise des visions de Marie des

Vallées, mystique, à qui on a recommandé la fillette.

Hospitalière de Saint-Augustin

Le 7 octobre 1644, notre jeune héroïne, âgée de

12 ans, et sa sœur Françoise, frappent à la porte de

l’Hôtel-Dieu de Bayeux dans l’intention de se consa-

crer totalement à Dieu et à Ses œuvres dans l’Institut

des Soeurs Hospitalières de Saint-Augustin (mainte-

nant appelées Augustines de la Miséricorde de Jé-

sus). Le 24 octobre 1646, elle prend l’habit religieux

en même temps que sa grand’mère qui, devenue

veuve, l’a rejointe au monastère. Elle prend le nom

de Catherine de Saint-Augustin.

C’est le temps des grandes épopées canadien-

nes. Soeur Catherine en entend parler et elle nourrit

le désir de rejoindre ses devancières en ce pays sau-

vage. Lorsqu’elle s’en ouvre à ses supérieures et ses

parents, tous se dressent contre sa vocation mission-

naire. Mais les prières et la ténacité de soeur Catherine

savent vaincre les obstacles et le 12 avril 1648, elle

signe son engagement pour le Canada.

Adieu, douce France

Le 17 du même mois, sœur Catherine de Saint-

Augustin quitte son monastère de Bayeux avec Mère

Marie-Anne de l’Assomption. En passant à Vannes, la

Mère Jeanne de Sainte-Agnès se joint à elles.

Le 4 mai, ayant 16 ans révo-

lus, notre petite missionnaire

fait sa profession religieuse à

Nantes, dans la chapelle Notre-

Dame-de-Toute-Joie. Puis on se

rend au port de La Rochelle.

Le navire «Le Cardinal» qui

porte notre héroïne fait voile le

31 mai 1648. La traversée est pé-

nible et longue, elle dure 3 mois.

La maladie en fait périr plusieurs.

Soeur Catherine est atteinte de

la peste elle-même, maladie in-

curable. Elle va mourir, elle voit

un affreux dragon se lancer sur

elle. Cependant Dieu la veut au

Canada, Il veille sur elle, la très

Sainte Vierge la guérit et le dra-

gon s’enfuit.

«Le Cardinal» jette l’ancre à

Québec, le 19 août 1648. Après

quarante ans de fondation, Qué-

bec n’est encore qu’un pauvre

petit bourg. Il y a moins de deux

mille Français disséminés à Qué-

bec, Trois-Rivières, Montréal et au sein des tribus

amérindiennes. Toutes ces tribus, à l’exception des

Iroquois, sont les amies des Français.

Mais les Iroquois ennemis des Hurons et des Fran-

çais sont féroces et se lancent sur les villages et détrui-

sent tout sur leur passage.

Pour conquérir à Jésus-Christ ce vaste royaume

du Canada, la France envoie un bataillon d’âmes d’élite

assoiffées du salut des païens et du désir du martyre.

Québec est le centre des opérations de cette héroïque

phalange que rien n’effraye, ni la famine, ni la fatigue,

ni les traitements barbares, ni la mort.

Les Ursulines sont onze et instruisent les filles

françaises et amérindiennes. Et les Hospitalières, au

nombre de cinq à l’arrivée de sœur Catherine de Saint-

Augustin, soignent les malades. Ajoutez à cela la rigu-

eur des hivers canadiens, la nourriture grossière, le

manque de vivres, la crainte continuelle de l’Iroquois,

l’isolement de toute civilisation séparée par l’océan.

Une pareille existence doit paraître rude à une enfant

de 16 ans.

Soeur Catherine de Saint-Augustin et ses com-

pagnes sont accueillies avec joie à l’Hôtel-Dieu qui

n’est qu’une longue cabane de bois à cette époque.

Le 17 septembre 1648, sœur Catherine ajoute le nom

de Marie à son nom et désormais elle répond au nom

de sœur Marie-Catherine de Saint-Augustin. Malgré

son jeune âge elle a une grande mission à accomplir.

Elle se met courageusement à l’œuvre, partage les

durs travaux de ses devancières et apprend les lan-

gues amérindiennes. Elle manifeste vite de bonnes

qualités d’infirmière et fait montre d’un sens prati-

que remarquable. Elle est aimée

de tous. Elle exerce au sein de

la Communauté les fonctions

d’économe, de maîtresse des

novices et de directrice générale

de l’hôpital, elle est entièrement

dévouée à la cause des malades

et des plus démunis. Soeur Ma-

rie-Catherine de Saint-Augustin

consacrera sa vie au service des

autres, manifestant une charité

exemplaire. Elle accomplit donc

au Canada une mission apos-

tolique de grande importance

au service de ce nouveau pays

qu’elle a adopté avec beaucoup

d’ardeur et d’amour.

La Supérieure, Mère Saint-

Bonaventure se réjouit de pos-

séder en sœur Marie-Catherine

un sujet d’une si haute perfec-

tion

.

«Un ange de douceur, d’in-

nocence et de candeur, un sé-

raphin d’amour, de zèle et de

ferveur, un miroir d’humilité et

d’obéissance...»

Le 16 mars 1649, le Père Jean de Brébeuf est mar-

tyrisé par les Iroquois. Il a 56 ans. Il ne désirait que de

verser son sang pour Jésus-Christ.

Vers les hauts sommets

Soeur Marie-Catherine est guidée dans son ascen-

sion vers la sainteté par le Père Paul Raguenau, Supé-

rieur de l’Hôtel-Dieu et l’un des plus grands apôtres de

la Nouvelle-France; comme on l’a vue, elle est dirigée

aussi, du haut du Ciel par le Père Jean de Brébeuf qui

lui apparaît très fréquemment.

Par sa bonne grâce et sa charité, notre jeune hos-

pitalière gagne vite l’amitié des Amérindiens. Elle leur

enseigne le catéchisme. Elle-même affronte la mort

avec courage. En 1651, elle écrit ces admirables lignes

au grand vicaire de Bayeux: «

Nous sommes entre la

vie et la mort. Il n’y a personne qui soit assuré d’être

garanti de la fureur de ces barbares. Tout cela, je

vous assure, ne me fait pas peur. Je sens mon coeur

disposé à faire et à souffrir tout ce qu’il plaira à mon

Bon Maître de m’envoyer...”

La bienheureuse Catherine de Saint-Augustin

Missionnaire «en Canada» à 16 ans

Un beau modèle pour les jeunes de notre temps

u

40

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2015

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2015

www.versdemain.org www.versdemain.org

41