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Roy liquide son commerce et se retire à Cap-Santé avec

ses enfants, et propose le mariage à Marie-Josephte, qui

accepte. Elle a 21 ans. Devenue madame Roy, Marie ac-

cueille les pauvres, soulage les misères, enseigne le ca-

téchisme aux enfants. La naissance de trois filles comble

le foyer Roy. Hélas, cinq années ne sont pas écoulées

que la mort lui ravit son époux. La famille Roy réclame

la garde des deux enfants issus du premier mariage,

avec la plus grande part de

l’héritage paternel. Marie se

retrouve seule, moins for-

tunée, avec ses trois filles

âgées de quatre, trois et

deux ans. Elle entre au ser-

vice de l’abbé Dufresne, curé

de Saint-Gervais, et place

ses trois filles au pensionnat

de la Congrégation de Notre-

Dame àPointe-aux-Trembles.

Quelque temps après, le

curé Dufresne se noie acci-

dentellement.

À la nomination d’un nouveau pasteur, elle quit-

te les lieux. Marie a 37 ans. Ses filles, Séraphine et

Célina poursuivent leurs études à Québec. Clorinde,

la cadette, demeurée avec sa mère, est emportée

par la maladie à l’âge de quatorze ans. Leurs études

terminées, ses filles deviendront les deux premières

Soeurs de la Charité de Québec, nouvelle congréga-

tion fondée par la vénérable Marcelle Mallet. L’année

suivante, à la demande de l’archevêque de Québec,

Marie-Josephte accepte de s’occuper des détenues à

leur sortie de prison. C’est ainsi que l’Asile Sainte-Ma-

deleine ouvre ses portes en 1850. Six ans plus tard,

Marie-Josephte devient mère Marie du Sacré-Coeur,

fondatrice et première supérieure des Servantes du

Coeur Immaculé de Marie dites Soeurs du Bon-Pas-

teur de Québec. Avant sa mort, elle résume sa vie aux

soeurs de la communauté «J’ai toujours aimé le bon

Dieu de tout mon coeur et mon plus grand désir fut de

le faire aimer.» Avant d’expirer, elle dit: «Il ne me reste

plus qu’à mourir ! Que c’est beau le ciel ! Oh! que le

ciel est beau! » C’est le 1er septembre 1885. Marie a

78 ans. Elle a été déclarée vénérable le 18 juin 2012.

Le vénérable Antoine Kowalczyk (1866-1947)

Antoine Kowalczyk naît à Dziersanow, en Pologne,

le 4 juin 1866, dans une famille nombreuse et pauvre,

mais très croyante. Il est baptisé au sanctuaire marial

de Lutogniew; cette attention de Marie n’est que la

première d’une série de grâces qu’elle lui prodigue-

ra tout au long de sa vie. Intelligent et débrouillard, il

doit commencer à travailler dès l’âge de 13 ans, pour

aider sa famille, au détriment de ses études. À 16 ans,

il devient apprenti forgeron. Maître en son métier, An-

toine émigre à Hambourg, Allemagne, où, à 24 ans, il

reçoit le sacrement de confirmation. Dans un grand

établissement sidérurgique, il affronte les moqueries

et les sarcasmes des ouvriers. Déménagé à Cologne,

il prend pension chez une fervente catholique qui

l’accompagne chaque matin à la messe de 5h30, et

lui suggère de se joindre aux Oblats. Se croyant trop

vieux à 24 ans pour étudier, il s’offre comme frère et

est accepté. Il fait son noviciat à Saint-Gerlach, Hol-

lande. Sa première obédience, en 1892, l’envoie au

juniorat de Saint-Charles, Hollande, homme à tout

faire. Il y passe quatre ans. À

plusieurs reprises, Antoine se

porte volontaire pour les mis-

sions. En 1895, il passe à un

cheveu près de partir pour le

Ceylan, mais à trois jours du

départ, tout est annulé ! L’an-

née suivante, le père Cassien

Augier, supérieur général, en

partance pour le Canada l’em-

mène avec lui. Antoine s’en va

à Lac-la-Biche, en Alberta, mé-

canicien d’un moulin à scie. Le

15 juillet 1897, le Frère Antoine est victime d’un acci-

dent: bras droit cassé, main déchiquetée. À son arri-

vée à l’hôpital général d’Edmonton, après un voyage

ininterrompu de six jours, la gangrène avancée com-

mande l’amputation immédiate. Après un stage de

14 ans (1897-1911) à Saint-Paul-des-Métis, où il est à

la fois ingénieur-mécanicien, jardinier et dépanneur

universel, il arrive à Edmonton où, durant 36 ans, il

édifiera dans tous les sens du mot. Au juniorat Saint-

Jean, sa responsabilité couvre tous les domaines de

l’institution. Son attitude simple et joviale symbolise

l’idéal surnaturel que les jeunes peuvent poursuivre.

Pas question de vacances pour lui, ni de retour dans

sa Pologne bien-aimée, par sacrifice. Il marche les

yeux modestement baissés, le chapelet à la main. On

le surnomme Frère Avé. Victime de paralysie, le Frère

Antoine décède à Edmonton, le 10 juillet 1947, à l’âge

de 81 ans. Il a été déclaré vénérable le 27 mars 2013.

La vénérable Rosalie Cadron-Jetté (1794-1864)

Rosalie Cadron est née

à Lavaltrie, au Québec, le 27

janvier 1794. À 17 ans, elle

épouse Jean-Marie Jetté.

Entre 1812 et 1832, ils auront

onze enfants, dont cinq mour-

ront en bas âge. Le 14 juin

1832, Jean-Marie Jetté meurt

du choléra, laissant Rosa-

lie veuve à 38 ans avec sept

enfants. Dès 1840, Mgr Ignace

Bourget, évêque de Montréal, fait appel à Rosalie lors-

que des mères célibataires se confient à lui. C’est ainsi

qu’entre 1840 et 1845, Rosalie place plus de vingt-cinq

femmes chez des personnes disposées à les rece-

voir dans le secret. Elle s’impliquera également dans

le suivi de chacune de ces grossesses, naissances et

rétablissements. Elle fait souvent appel à ses propres

enfants, maintenant établis, pour prendre soin des fu-

tures maman et en reçoit même quelques-unes chez

elle. Après chaque naissance, Rosalie Cadron-Jetté fait

baptiser le nouveau-né à la basilique Notre-Dame de

Montréal, et en devient la marraine. En 1845, Mgr Bour-

get lui demande de fonder une communauté qui s’oc-

cuperait des mères célibataires. Un hospice est fondé,

et en 1848, à l’âge de 53 ans, Rosalie Cadron-Jetté et

sept consœurs de travail de l’hospice prononcent leurs

vœux de religion. Rosalie devient Mère de la Nativité;

ensemble, les huit femmes de l’hospice forment l’Ins-

titut des Sœurs de Miséricorde. Rosalie Cadron-Jetté

meurt le 5 avril 1864, et elle a été déclarée vénérable le

9 décembre 2013 par le Pape François.

La vénérable Marcelle Mallet (1805-1871)

Marcelle Mallet est née

à la Côte-des-Neiges (Mon-

tréal), le 26 mars 1805.

Après sa première commu-

nion, elle rejoint son unique

frère, Narcisse, à Lachine,

chez des parents adoptifs

qui lui prodiguent tendresse

et confort. En mai 1824, elle

entre dans la congrégation

des Soeurs de la Charité

(surnommées Soeurs Gri-

ses) de Montréal, fondée par Marguerite d’Youville, à

la spiritualité compatissante et active. En 1849, Mère

Marcelle est désignée par les autorités de la Congré-

gation pour être la Supérieure fondatrice d’une mai-

son à Québec. Ainsi débute l’Institut des Soeurs de la

Charité de Québec. Avec quelques compagnes, Mère

Mallet commence immédiatement son oeuvre de cha-

rité: soin des malades à domicile, visite des pauvres,

hébergement des orphelines, l’aide aux séminaristes,

l’ouverture d’un dispensaire pour les pauvres. Mère

Mallet décède le 9 avril 1871, dimanche de Pâques.

Elle a été déclarée vénérable le 27 janvier 2014. Ses

Soeurs sont maintenant actives au Québec, aux États-

Unis, au Japon, au Paraguay, en Argentine et en Uru-

guay.

Le vénérable Marie-Clément Staub (1876-1936)

Joseph Staub est né à Kay-

sersberg, en Alsace (France), le

2 juillet 1876. À 14 ans, le jeune

homme entre chez les Augustins

de l’Assomption, congrégation

fondée en 1850 par le Père Em-

manuel d’Alzon. Le 6 septembre

1896, avec l’habit assomption-

niste, il reçoit le nom de Frère

Marie-Clément. Ordonné prêtre

à Rome le 19 mars 1904. il décide de se faire l’apôtre

du Sacré Coeur de Jésus. Ses supérieurs l’envoient

aux États-Unis, au collège des Pères de l’Assomption

à Worcester, Massachusetts. II se rend vite compte que

le personnel affecté au service domestique des prêtres

n’a pas toujours les qualités souhaitables de discré-

tion, d’attention et de disponibilité. Une ménagère de

presbytère lui suggère alors d’offrir à Jeanne d’Arc des

soeurs qui, regroupées en une congrégation religieuse,

offriraient leur vie et leur travail pour les prêtres. C’est

ainsi qu’à Noël 1914, à Worcester, le Père Clément-Ma-

rie devient le fondateur des Soeurs de Sainte-Jeanne

d’Arc. En 1917, à la demande du Père Marie-Clément,

le cardinal Bégin de Québec accepte d’ouvrir son dio-

cèse aux Pères Assomptionnistes et aux Soeurs de

Sainte-Jeanne d’Arc, autorisant en même temps le

père à y fonder un centre canadien pour l’Archiconfré-

rie de prière et de pénitence, mieux connue aujourd’hui

sous le nom de «Montmartre canadien». Pendant plus

de vingt ans, il emploie ses talents à la formation de la

nouvelle congrégation religieuse qu’il a fondée, tout en

continuant à prêcher des retraites pour faire connaître

l’amour du Coeur de Jésus. Il décède à la maison mère

des Soeurs de Sainte-Jeanne d’Arc à Sillery (Québec)

le 16 mai 1936, à l’âge de 59 ans. Il a été déclaré véné-

rable le 3 avril 2014.

La vénérable Jeanne Mance (1606-1673)

Jeanne Mance naquit à

Langres en France (départe-

ment de la Haute-Marne) le

12 novembre 1606. Deuxiè-

me d’une famille de douze

enfants, elle doit très jeune

remplacer sa mère morte

prématurément et s’occu-

per de ses frères et soeurs.

Très jeune aussi, elle voulut

donner sa vie à Dieu et res-

sentit un appel missionnaire

pour le Canada. «Je sais

que Dieu me veut en Cana-

da, mais je ne sais ni où, ni

pour quelle mission, je m’abandonne entièrement à sa

volonté.» Après discernement elle part avec Paul de

Chomedey et une recrue d’hommes. Elle aborde l’île

de Montréal le 17 mai 1642 pour y établir Ville-Marie:

elle devient cofondatrice de cette colonie. Avec l’aide

financière de Mme de Bullion, Jeanne Mance fonde

l’Hôtel-Dieu et soigne les blessés et les malades, tant

français qu’amérindiens. Elle prépare la venue des

Hospitalières de Saint-Joseph. En 1659, connaissant

les desseins du fondateur Jérôme Le Royer, Jeanne

Mance revient de France avec les trois premières

Hospitalières. Alors commence l’histoire de la grande

collaboration entre les Hospitalières de Saint-Joseph

et cette laïque, jusqu’à sa mort qui survient le 18 juin

1673. Elle a été déclarée vénérable le 8 novembre

2014. Sa dépouille repose dans la crypte de la chapelle

de l’actuel Hôtel-Dieu de Montréal.

Remercions Dieu pour tous ces exemples de foi et

de dévouement, et prions-les pour qu’ils intercèdent

pour le peuple canadien!

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2015

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2015

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