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transporter de leur maison à leur lieu de travail, et vice

et versa, doivent être installés; une grande quantité

de pétrole doit être extraite, raffinée, transportée puis

brûlée pour les transporter et chauffer les édifices à

bureaux, et ainsi de suite.

Pour corriger le problème

«En réalité, la seule manière de faire face à ce pro-

blème de pollution et de détérioration est d’enlever

l’incitatif à l’abus. Le principal moteur de gaspillage

économique est l’emphase mise sur la production

comme une fin, pour faire face au défaut dans le sys-

tème de distribution du revenu. Enlever ce défaut du

mécanisme de distribution amènerait les gens à ces-

ser de construire des biens de capital que personne

ne désire. Cela permettrait une évaluation rationnelle

et équilibrée de notre situation environnementale, et

offrirait la plus grande gamme possible pour corriger

la situation.

«La première étape vers une régénération éco-

nomique et environnementale est d’augmenter le

revenu des consommateurs. Par “revenu”, nous vou-

lons bien sûr dire “pouvoir d’achat réel” — pas une

dette recyclée. Les banques créent des milliards de

dollars chaque jour, basés sur les richesses réelles

produites par la population, et en conséquence, le

pays patauge dans les dettes. On pourrait ordonner

à ces mêmes institutions de créer de l’argent sans

dette et, pour équilibrer les prix et le pouvoir d’achat,

distribuer cet argent sous forme de dividendes paya-

bles à tous les citoyens.

«Contre le souhait de pratiquement toute per-

sonne consciente, notre belle planète est ravagée et

polluée de façon intensive et, dans une manoeuvre

pour nous tromper, des gens affamés de pouvoir se

servent de ces problèmes environnementaux pour

servir leurs propres fins politiques. Lorsque nous

remontons jusqu’à la source des causes de la situa-

tion actuelle, nous découvrons un système financier

défectueux. Nous n’avons pas besoin de détruire

le système d’argent — agir ainsi serait en effet une

grave erreur — mais il est d’une importance cruciale

que nous réformions ce système, afin qu’il devienne

le serviteur, et non le maître, de nos aspirations.» (

Fin

de l’extrait de l’article du Social Crediter.)

À la toute fin de son encyclique, le Saint-Père parle

du besoin de changer de style de vie et de réduire no-

tre consommation. Mais parler de simplicité volontai-

re, de consommer moins, va à l’encontre du système

financier actuel, et entraînerait la fermeture d’usines et

la mise à pied de milliers de travailleurs. Le Pape admet

lui-même d’ailleurs que pour appliquer les change-

ments qu’il demande dans son encyclique, un change-

ment du système financier doit d’abord avoir lieu, pour

l’adapter à l’économie réelle et au bien commun.

Nous sommes entièrement d’accord avec le Saint-

Père, et nous prétendons que le système de Démocra-

tie Économique, ou Crédit Social, tel que proposé par

C.H. Douglas et Louis Even, rendrait réalisable tout ce

qui est souhaité par le Pape François dans son encycli-

que, tout en mettant fin au gaspillage des ressources

et permettant en même temps l’épanouissement de

la personne humaine.

C’est tout notre environnement qui serait changé

si le système financier était adapté aux besoins de la

population. On n’aurait pas besoin d’usines immenses

ni de gens quittant la campagne pour les villes à la re-

cherche d’un emploi. (Douglas faisait observer que les

grandes usines ne sont pas plus productives que les

petites, et que si elles existent, c’est tout simplement

parce que les banques préfèrent financer de grandes

entreprises au lieu d’entreprises familiales.) On pour-

rait revenir à une production à l’échelle humaine, une

production à l’échelle locale.

La machine au service de l’homme

Le Pape n’est pas contre l’usage des machines, du

progrès, mais l’homme doit passer en premier, avant

le profit. Il écrit, par exemple, au paragraphe 114:

«Personne ne prétend vouloir retourner à l’époque

des cavernes, cependant il est indispensable de ralen-

tir la marche pour regarder la réalité d’une autre ma-

nière, recueillir les avancées positives et durables, et

en même temps récupérer les valeurs et les grandes

finalités qui ont été détruites par une frénésie méga-

lomane.»

Tout juste avant, au paragraphe 112, on peut lire:

«Il est possible d’élargir le regard, et la liberté humaine

est capable de limiter la technique, de l’orienter, com-

me de la mettre au service d’un autre type de progrès,

plus sain, plus humain, plus social, plus intégral... par

exemple, quand des communautés de petits produc-

teurs optent pour des systèmes de production moins

polluants, en soutenant un mode de vie, de bonheur

et de cohabitation non consumériste; ou bien quand

la technique est orientée prioritairement pour résou-

dre les problèmes concrets des autres, avec la passion

de les aider à vivre avec plus de dignité et moins de

souffrances.»

Quelle part donner à la machine, quand doit-elle

remplacer l’homme, et quand l’homme est-il préféra-

ble à la machine? C’est là qu’il faut définir ce qui fait la

dignité du travail, et quand un emploi devient déshu-

manisant et ne respecte plus la dignité du travailleur.

Certains emplois nécessitent un contact humain: mé-

decin, professeur, soins des personnes âgées, l’éduca-

tion des enfants, et d’autres peuvent être mieux faits

par des machines, surtout lors de travaux exigeant

des gestes répétitifs sur des chaînes de montage, où

la créativité de la personne ne peut s’exprimer.

Le Pape François écrit dans son encyclique, au

paragraphe128:

«Nous sommes appelés au travail

dès notre création. On ne doit pas chercher à ce que

le progrès technologique remplace de plus en plus

le travail humain, car ainsi l’humanité se dégraderait

elle-même. Le travail est une nécessité, il fait partie

du sens de la vie sur cette terre, chemin de matu-

ration, de développement humain et de réalisation

personnelle... Le grand objectif devrait toujours être

de leur permettre d’avoir une vie digne par le tra-

vail. Mais l’orientation de l’économie a favorisé une

sorte d’avancée technologique pour réduire les coûts

de production par la diminution des postes de tra-

vail qui sont remplacés par des machines. C’est une

illustration de plus de la façon dont l’action de l’être

humain peut se retourner contre lui-même.»

Les robots ne sont pas un fin en soi, ils sont là

pour accomplir les tâches difficiles, pour aider l’être

humain, lui donner du temps libre. Le problème, c’est

que lorsqu’on lie le revenu à l’emploi, l’introduction

d’une machine signifie la perte de revenu pour le tra-

vailleur qui perd son emploi. Comme on

l’explique en

pages 21 et suivantes de ce magazine, l

e Crédit Social

pourvoirait à ce problème par l’allocation d’un divi-

dende à tous, basé sur le double héritage des riches-

ses naturelles et du progrès, qui mettrait l’individu «

en

position de choisir l’activité qui l’intéresse. Sous un

système de Crédit Social, il y aura une floraison d’ac-

tivités créatrices.»

Des choix de société sont donc à faire, mais le fait

est que, dans les conditions économiques actuelles,

toute la production essentielle est produite malgré

des taux de chômage de 10, 20 pour cent ou même

davantage. De plus, les grandes entreprises déména-

gent leurs usines dans des pays où la main-d’oeuvre

est moins chère, où les règlements environnementaux

sont moins stricts. (C’est ce qu’on appelle la déloca-

lisation.) Comment voulez-vous qu’un pays d’Europe

ou d’Amérique du nord fasse compétition avec des

pays comme la Chine, le Bangladesh ou d’autres pays

asiatiques où les salaires pour l’industrie du textile ne

sont pas de 38 dollars de l’heure, mais 38 dollars... par

mois ! Et avec des conditions de travail qui en font ni

plus ni moins des esclaves.

L’introduction d’un dividende à tous ne signifierait

pas que les gens ne travailleraient plus ou seraient

tous remplacés par des machines, mais que grâce à

ce pouvoir d’achat supplémentaire, on stimulerait l’ini-

tiative personnelle et la création d’emplois locaux. Le

Pape François écrit au paragraphe 129 de

Laudato Si

:

«

Pour qu’il continue d’être possible de donner du

travail, il est impérieux de promouvoir une économie

qui favorise la diversité productive et la créativité en-

trepreneuriale. Par exemple, il y a une grande variété

de systèmes alimentaires ruraux de petites dimen-

sions qui continuent à alimenter la plus grande par-

tie de la population mondiale, en utilisant une faible

proportion du territoire et de l’eau, et en produisant

peu de déchets, que ce soit sur de petites parcelles

agricoles, vergers, ou grâce à la chasse, à la cueillette

et la pêche artisanale, entre autres.»

Le dividende du Crédit Social permettrait cette

«créativité entrepreneuriale.»

Tous ceux qui se soucient de l’environnement, et

par conséquent de l’avenir de l’humanité sur terre,

tous ceux qui désirent «sauver la planète», devraient

donc étudier et propager la philosophie du Crédit So-

cial, le seul système qui mettrait l’argent au service de

la personne humaine, tout en mettant fin au gaspillage

des ressources naturelles.

Alain Pilote

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«Des systèmes pour les transporter

de leur maison à leur lieu de tra-

vail, et vice et versa, doivent être

installés; une grande quantité de

pétrole doit être extraite, raffinée,

transportée puis brûlée pour les

transporter et chauffer les édifices

à bureaux, et ainsi de suite.»

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2015

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2015

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