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La tombe de la Bienheureuse Mariam Baouardy à Bethléem

Mariam, je suis avec toi, suis l’inspiration que je te

donnerai.»

Apprenant le refus de Mariam, la fureur de son

oncle éclate en mauvais traitements et vexations de

toutes sortes. Au bout de trois mois de cette situa-

tion, Mariam songe à son frère qu’elle voudrait revoir,

et lui écrit. Elle porte la lettre à un musulman, ancien

domestique de la famille de son oncle, en partance

pour Nazareth. Invitée à table, elle expose sa situation

malheureuse.

Martyre et guérison miraculeuse

Le domestique lui suggère alors de se convertir

à l’Islam. De nouveau, Mariam refuse énergiquement,

en confessant sa foi chrétienne. Il la jette alors à terre

et lui tranche la gorge. Puis, la croyant morte, il l’enve-

loppe d’un grand voile et l’aban-

donne dans une rue déserte

d’Alexandrie. C’était le soir du 8

septembre 1859, fête de la nais-

sance de la Sainte Vierge Marie.

Mariam se réveille dans une

grotte où une Sœur vêtue en

bleu la soigne pendant plusieurs

mois. Mariam racontera plus tard

(à ses collègues religieuses de

Marseille) avoir reconnu en cette

femme la Vierge Marie. La «reli-

gieuse en bleu» a recousu la bles-

sure, soigne et enseigne Mariam

avec une science et un amour

hors du commun. Elle lui prédit

même son avenir:

«Tu ne reverras plus jamais

ta famille. Tu iras en France où tu

deviendras religieuse. Tu seras

un enfant de saint Joseph avant

de devenir une fille de sainte

Thérèse. Tu recevras l’habit du

Carmel dans un couvent, feras

profession dans un second, et tu

mourras dans un troisième cou-

vent, à Bethléem.»

Puis, lorsque

Mariam est suffisamment réta-

blie, elle la quitte dans une église d’Alexandrie pen-

dant que Mariam s’y confesse.

Mariam gardera toute sa vie une cicatrice impres-

sionnante au cou, de dix centimètres de long par un

centimètre de large. Plusieurs anneaux cartilagineux

de sa trachée artère ayant disparus, un docteur ayant

examiné Mariam déclara: «Bien que je sois athée, il

doit y avoir un Dieu, car d’un point de vue naturel, Ma-

riam ne pourrait avoir survécu à cet incident.»

Mariam travaille ensuite comme servante là où la

Providence la conduit: Alexandrie, Jérusalem, Bey-

routh, puis Marseille. Elle a alors 18 ans. Un matin,

alors qu’elle se rendait à l’église Notre-Dame de la

Garde pour la messe, elle se rendit compte qu’elle

était suivie par un homme qui tenait la main d’un petit

enfant. L’homme lui dit:

«Je sais que tu veux entrer au

couvent, et je te suivrai jusqu’à ce que tu y entres.»

Dans l’esprit de Mariam, il ne faisait aucun doute que

cet homme était saint Joseph, et que c’était là son

appel à la vie religieuse. Elle décida donc de joindre

comme novice en mai 1865 l’Ordre des Sœurs de

saint Joseph de l’Apparition, fondé par sainte Émilie

de Vialar.

Peu de temps après, un phénomène inhabituel se

produit. Un matin, alors qu’elle priait à la chapelle, No-

tre-Seigneur lui apparaît, lui montrant Ses cinq plaies

et Sa couronne d’épines. Elle entend Jésus dire à Sa

Mère, prosternée à Ses pieds: «

Oh, comme Mon Père

est offensé !»

Mariam se précipite alors vers Jésus et,

mettant sa main sur la plaie de Son Coeur, déclare:

«Mon Dieu, donnez-moi, s’il-

vous-plaît, toutes ces souffran-

ces. Ayez pitié des pécheurs.»

Quittant l’extase dans laquelle

elle se trouvait, elle vit sa main

couverte de sang, et commença

à éprouver une grande douleur à

son côté. Ces manifestations sur-

naturelles des stigmates conti-

nuaient chaque mercredi matin

jusqu’au vendredi matin.

Au bout de deux ans, Ma-

riam n’est pas admise à pronon-

cer ses premiers vœux. Sa mai-

tresse des novices l’oriente vers

un autre ordre religieux: le Car-

mel. Elle entre alors au Carmel

de Pau le 15 juin 1867 comme

sœur converse et y reçoit le nom

de sœur Marie de Jésus Crucifié.

Tout le monde la surnomme «la

petite arabe». (Mariam ne savait

même pas lire, ni en arabe ni en

français, et s’exprimait difficile-

ment en français.) Elle se rap-

pelle les paroles de «la religieuse

en bleu»:

«Tu seras un enfant de

saint Joseph avant de devenir

une fille de sainte Thérèse.»

Trois ans plus tard, en 1870, Mariam fait partie

d’un petit groupe qui part fonder le premier Carmel

en Inde, à Mangalore. Elle y prononce ses vœux per-

pétuels le 21 novembre 1871. C’est une période où les

grâces extraordinaires prennent forme presque tous

les jours. Elle a des extases et des lévitations qui l’em-

portent en un clin d’œil à l’extrémité de la cime des ar-

bres. Et Mariam quitte l’extase et la lévitation dès que

la supérieure l’ordonne. En 1872, elle est renvoyée au

Carmel de Pau en France par l’évêque de Mangalore.

Durant la vie de Mariam, la dévotion au Saint-Es-

prit n’était pas très répandue. C’est après avoir reçu,

durant une extase, une prière spéciale au Saint-Esprit,

qu’elle devint convaincue que la dévotion à l’Esprit-

Saint, le Paraclet, était nécessaire pour toute l’Église.

Elle écrivait:

«Le monde et les communautés religieuses cher-

chent des nouveautés dans les dévotions, et ils négli-

gent la vraie dévotion au Paraclet. C’est pourquoi il

y a l’erreur et la désunion,

et pourquoi il n’y a ni paix

ni lumière. Ils n’invoquent

pas la lumière comme elle

devrait être invoquée, et

c’est cette lumière qui

donne la connaissance

de la vérité. On néglige

cela même dans les sémi-

naires. Chaque personne

dans le monde qui invo-

que le Saint-Esprit et aura

une dévotion envers Lui ne

mourra pas dans l’erreur.»

Sa sainte mort

En suivant les inspirations du Seigneur, Mariam

parle de la fondation d’un Carmel à Bethléem. L’auto-

risation de Rome étant finalement donnée, un petit

groupe de religieuses de Pau s’embarque pour cet-

te aventure au cours de l’été 1875. Mariam, seule à

connaître l’arabe, est plus particulièrement chargée de

suivre les travaux. Elle s’attire vite la sympathie des

ouvriers. C’est en portant à boire aux ouvriers qu’elle

tombe dans un escalier et se brise un bras. La gangrè-

ne s’y met très rapidement et elle meurt en quelques

jours, le 26 août 1878, à 33 ans, en murmurant ces

paroles:

«Mon Jésus, miséricorde».

Voici l’épitaphe gravée sur sa tombe «

J.M.J.T. Ici

repose dans la paix du Seigneur la sœur Marie de Jé-

sus Crucifié, religieuse professe de voile blanc. Âme

de grâce et de vertus singulières, elle se distingua par

son humilité, son obéis-

sance et sa charité. Jésus,

unique amour de son cœur

l’a rappelée à lui dans la

33e année de son âge, et

la 12e de sa vie religieuse,

à Bethléem, 26 août 1878.

Requiescat in pace.»

Étant donné la situa-

tion actuelle des chrétiens

d’Orient, la bienheureuse

Mariam, «la petite arabe»,

lance un appel à tous ses

frères orientaux, les en-

courageant à tenir ferme

dans leur foi au milieu des

persécutions douloureuses qu’ils vivent. Que ce soit

en Palestine, en Syrie, en Égypte, au Liban, en Irak, ou

les nombreux autres pays du monde où les chrétiens

sont persécutés et même martyrisés, Mariam reste un

signe de fidélité et d’espérance, demandant à tous de

se tourner vers Jésus-Christ. Enfin, elle nous rappelle

aussi que, aussi sombre que la situation puisse paraî-

tre, Marie, notre Mère, sera toujours avec nous pour

«recoudre» nos blessures.

Esprit-Saint, inspirez-moi;

Amour de Dieu, consumez-moi;

Au vrai chemin conduisez-moi;

Marie, ma Mère, regardez-moi;

Avec Jésus, bénissez-moi;

De tout mal, de toute illusion,

De tout danger préservez-moi.

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VERS DEMAIN janvier-février 2015

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