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par

Oliver Heydorn

Les mots «Crédit Social» font référence aux

idées philosophiques, économiques, politiques et

historiques du brillant ingénieur anglo-écossais Clif-

ford Hugh Douglas (1879-1952). Dans le domaine

de l’économie, Douglas a identifié ce qui ne fonc-

tionnait pas et a aussi expliqué ce qui devait être fait

pour la corriger.

Le cœur du problème est qu’il n’y a jamais assez

d’argent pour acheter ce que nous produisons. Il

existe un écart entre les prix des biens et services

et les revenus des gens.

Cet écart est causé par plusieurs facteurs. Les

profits, y compris ceux provenant de paiements

d’intérêts, ne sont qu’un de ces facteurs. L’épargne

et son réinvestissement en sont deux autres.

Cependant, la cause la plus importante de cet

écart est la façon dont le capital réel (machines et

équipements) engendre des coûts à un rythme plus

rapide qu’il distribue des revenus aux travailleurs.

L’économie doit compenser cette lacune récur-

rente entre les prix et les revenus. Comme la plus

grande partie de la masse monétaire est créée à

partir de rien par les banques, le système financier

actuel comble cet écart dans le pouvoir d’achat en

comptant sur le fait que les gouvernements, les

entreprises et les consommateurs doivent emprun-

ter de l’argent supplémentaire, afin d’augmenter le

niveau de pouvoir d’achat des consommateurs.

Comme société, nous devons toujours hypo-

théquer nos revenus futurs afin d’obtenir suffisam-

ment de pouvoir d’achat afin de pouvoir acheter ce

que nous avons déjà produit. Quand la société dans

son ensemble n’emprunte pas assez d’argent pour

combler ce manque de pouvoir d’achat, l’économie

est paralysée, et les gouvernements vont même

parfois jusqu’à déclencher une guerre pour relancer

l’économie. De toute façon, toutes les fois que nous

empruntons pour combler ce manque de pouvoir

d’achat, nous ne faisons que grossir une montagne

de dettes qui ne pourront jamais être remboursées.

Combler l’écart dans le pouvoir d’achat avec

de l’argent-dette crée également de l’inflation et

du gaspillage, et met toute la société sur un tapis

roulant de production-consommation. (En d’autres

mots, on doit consommer continuellement pour

faire rouler l’économie même si tous les besoins

de base sont satisfaits, en créant des besoins arti-

ficiels.) C’est la principale cause des tensions so-

ciales, des dommages faits à l’environnement et,

par l’intermédiaire des guerres d’exportation, de

conflits internationaux.

Tout ce désordre est toléré parce que les ban-

ques en profitent. Compenser l’écart de pouvoir

d’achat en empruntant représente une grosse af-

faire pour les banques et transfert la richesse et le

pouvoir des consommateurs aux dirigeants du sys-

tème financier.

Douglas a proposé de combler cet écart avec

de l’argent sans dette au lieu de se servir d’’argent-

dette. Cet argent serait créé par un organisme créé

par l’État, un office national de crédit, puis distribué

aux consommateurs, sous la forme d’un rabais ou

escompte national sur tous les prix de vente au dé-

tail, et d’un dividende national. (Grâce au dividende,

les personnes dont le travail n’est plus nécessaire

en raison du progrès technologique conserveraient

néanmoins un revenu et auraient ainsi accès aux

biens et services.)

Puisque la capacité de production de l’écono-

mie industrielle moderne est énorme, une repré-

sentation comptable honnête de cette capacité de

production nous permettrait de profiter d’une abon-

dance de biens et de services utiles, tout en ayant

de plus en plus de temps libre. Nos économies

pourraient devenir socialement équitables, écologi-

quement durables, tout en évitant les conflits éco-

nomiques à l’échelle internationale.

Contrairement à d’autres propositions de réfor-

me monétaire, le Crédit social ne préconise pas la

nationalisation des banques. Passer d’un monopole

privé à un monopole d’État pour l’émission de l’ar-

gent ne changerait absolument rien.

Les créditistes, en revanche, veulent une décen-

tralisation du pouvoir économique et politique en

faveur de l’individu. La proposition du Crédit social

pour un système monétaire honnête n’est pas so-

cialiste, mais plutôt anti-socialiste, puisqu’elle veut

faire de chaque citoyen un véritable capitaliste, co-

héritier du capital représenté par le progrès (inven-

tions des générations précédentes) et les richesses

naturelles. Le Crédit social est complètement com-

patible avec la libre entreprise (intégrant le libre

marché, la propriété privée, l’initiative individuelle).

Oliver Heydorn

est le fondateur

et directeur d’un blogue anglopho-

ne sur internet, “The Clifford Hugh

Douglas Institute“, pour l’étude

et la promotion du Crédit Social

(

ww.socred.org)

. Il est également

l’auteur de deux livres récents sur

le sujet: “Social Credit Economics”

et “The Economics of Social Credit

and Catholic Social Teaching”.

Le Pape François dénonce la «fausse

compassion» de l’avortement et l’euthanasie

À une époque où les gens sont de plus en plus

confus concernant la morale, et où la Cour suprême

du Canada vient tout récemment de décriminaliser

le suicide assisté, le Pape François, dans un discours

aux membres de l’Association des médecins catho-

liques italiens, réunis dans la salle Paul VI au Vatican

le 15 novembre 2014, rappelait que l'avortement et

l'euthanasie, loin d'être des gestes

de «compassion», demeurent des

péchés graves contre le Créateur.

Voici des extraits de ce discours:

Dans de nombreux lieux, la

qualité de la vie est principalement

liée aux possibilités économiques,

au «bien-être», à la beauté et à la

jouissance de la vie physique, en

oubliant d’autres dimensions plus

profondes — relationnelles, spiri-

tuelles et religieuses — de l’exis-

tence. En réalité, à la lumière de

la foi et de la juste raison, la vie

humaine est toujours sacrée et

toujours «de qualité». Il n’existe

pas une vie humaine plus sacrée

qu’une autre: chaque vie humaine

est sacrée!

De même qu’il n’y a pas de vie humaine plus si-

gnificative qu’une autre sur le plan qualitatif, unique-

ment en vertu de moyens, de droits, d’opportunités

économiques et sociales plus grandes. (...)

La pensée dominante propose parfois une «faus-

se compassion»: celle qui considère que c’est aider

une femme que de favoriser l’avortement, un acte de

dignité de procurer l’euthanasie, une conquête scien-

tifique de «produire» un enfant considéré comme un

droit au lieu de l’accueillir comme un don; ou d’utili-

ser des vies humaines comme des cobayes de labora-

toire en prétendant en sauver d’autres. En revanche,

la compassion évangélique est celle qui accompagne

au moment du besoin, c’est-à-dire celle du Bon Sama-

ritain, qui «voit», qui «a compassion», qui s’approche

et offre une aide concrète (cf. Lc 10, 33).

Votre mission de médecins vous met quotidien-

nement en contact avec de nombreuses formes de

souffrance: je vous encourage à les prendre en char-

ge en «bons samaritains», en ayant soin de manière

particulière des personnes âgées, des malades et

des porteurs de handicap. La fidélité à l’Évangile de

la vie et au respect de celle-ci comme don de Dieu,

demande parfois des choix courageux et à contre

courant qui, dans des circonstances particulières,

peuvent arriver à l’objection de conscience. Et aux

nombreuses conséquences sociales que cette fidé-

lité comporte.

Nous vivons une époque d’expérimentation sur

la vie. Mais une mauvaise expérimentation. Produire

des enfants au lieu de les accueillir comme un don,

comme je l’ai dit. Jouer avec la vie. Faites attention,

car cela est un péché contre le

Créateur: contre Dieu Créateur, qui

a créé les choses ainsi.

Alors que si souvent, dans

ma vie de prêtre, j’ai entendu des

objections. «Mais dis-moi, pour-

quoi l’Église s’oppose-t-elle à

l’avortement par exemple? C’est

un problème religieux?» — «Non,

non. Ce n’est pas un problème reli-

gieux» — «C’est un problème phi-

losophique?» — «Non, ce n’est pas

un problème philosophique». C’est

un problème scientifique, car il y a

là une vie humaine et il n’est pas

licite de tuer une vie humaine pour

résoudre un problème. «Mais non,

la pensée moderne...» — «Écoute,

dans la pensée ancienne et dans la

pensée moderne, le mot tuer signifie la même cho-

se ! ».

Cela vaut aussi pour l’euthanasie: nous savons

tous qu’avec autant de personnes âgées, dans cette

culture du rebut, il existe cette euthanasie cachée.

Mais il existe aussi l’autre. Et cela signifie dire à Dieu:

«Non, la fin de la vie c’est moi qui la décide, comme

je veux». Un péché contre Dieu créateur. Il faut bien

penser à cela.

Assemblées mensuelles

Maison de l’Immaculée, Rougemont

Chaque mois aux dates suivantes:

22 février, 22 mars

Semaine d’étude: 20 avril au 2 mai

Siège de Jéricho: 3 au 10 mai

10 heures a.m.: Ouverture. Chapelet

5.00 hres p.m. Sainte Messe à la chapelle

de la Maison de l’Immaculée

Pape François

Le Crédit Social en résumé

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VERS DEMAIN janvier-février 2015

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