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Le soir du dimanche 12 juillet, le pape François a

rencontré la jeunesse du Paraguay au bord du fleuve

«Costanera» à Asunción. Voici dex extraits du dis-

cours préparé par le Saint-Père:

Saint Ignace a fait une méditation fameuse ap-

pelée des deux drapeaux. Il décrit d'un côté, le dra-

peau du démon et de l'autre, le drapeau du Christ. Ce

serait comme les maillots de deux équipes et il nous

demande dans quelle équipe nous aimerions jouer.

A travers cette méditation, il nous fait imaginer,

comment ce serait d'appartenir à l'une ou l’autre

équipe. Ce serait comme de se demander:

avec qui veux-tu jouer dans la vie?

Et saint Ignace dit que le démon pour

recruter des joueurs, promet à ceux qui

joueront avec lui richesse, honneurs, gl-

oire, pouvoir. Ils seront célèbres. Ils seront

tous exaltés comme des dieux.

De l’autre côté, il nous présente le

procédé de Jésus. Rien de fantastique. Jé-

sus ne nous promet pas les étoiles, il ne nous

promet pas d’être célèbres, au contraire, il nous

dit que jouer avec lui, c'est une invitation à l'humilité,

à l'amour, au service des autres. Jésus ne nous ment

pas. Il nous prend au sérieux.

Dans la Bible, le démon est appelé le père du men-

songe. Celui qui promettait, ou plutôt, te faisait croire

qu'en faisant certaines choses tu seras heureux. Et

après, tu te rends compte, que tu n'étais pas du tout

heureux. Et par la suite tu te rends compte que tu cou-

rais après quelque chose qui, loin de te procurer le

bonheur, t'a fait te sentir plus vide, plus triste. Chers

amis : le diable, c’est un «vendeur d’illusions». Il te

promet, te promet, mais il ne te donne rien, il ne va

jamais rien accomplir de ce qu’il dit. Il est un mauvais

payeur. Il te fait désirer les choses dont il ne dépend

pas de lui que tu les obtiennes ou pas. Il te fait met-

tre ton espérance en quelque chose qui ne te rendra

jamais heureux. C'est cela son procédé, c'est cela sa

stratégie. Parler beaucoup, offrir beaucoup et ne rien

accomplir. C'est le grand «vendeur d’illusions» parce

que tout ce qu'il nous propose est fruit de division, de

comparaison avec les autres, d’écraser les autres pour

obtenir les choses. C'est un «vendeur d’illusions»,

parce que, pour atteindre tout cela, l’unique chemin

est de laisser de côté tes amis, de ne supporter per-

sonne. Car tout est fondé sur l'apparence. Il te fait

croire que ta valeur dépend de ce que tu as.

A l’opposé, nous avons Jésus, qui nous offre son

procédé. Il ne nous vend pas d’illusions, il ne nous

promet pas de choses apparemment grandes. Il ne

nous dit pas que le bonheur sera dans la richesse, le

pouvoir, l'orgueil. Tout le contraire ! Il nous montre que

le chemin est autre. Ce Directeur technique dit à ses

joueurs: «Bienheureux, heureux les pauvres d'esprit,

ceux qui pleurent, les doux, ceux qui ont faim et soif

de la justice, les miséricordieux, les purs de cœur,

ceux qui travaillent pour la paix, les persécutés pour la

justice». Et il termine en leur disant: «Réjouissez-vous

de tout cela».

Pourquoi ? Parce que Jésus ne nous ment pas. Il

nous montre un chemin, qui est vie, qui est vérité.

C’est lui-même la grande preuve de cela. C'est

son style, sa manière de vivre la vie, l'amitié,

la relation avec son Père. Et c’est à cela qu'il

nous invite. À nous sentir fils. Des fils ai-

més.

Lui, il ne te vend pas d’illusions. Car il

sait que le bonheur, le vrai, celui qui rem-

plit le cœur, n'est pas dans les habits stylés

comme les pilchas que nous portons, dans

les chaussures que nous nous mettons, dans

l'étiquette d’une marque déterminée. Il sait que

le vrai bonheur est d’être sensible, d’apprendre à

pleurer avec ceux qui pleurent, d’être proche de ceux

qui sont tristes, d’épauler, d’embrasser. Celui qui ne

sait pas pleurer, et par conséquent ne sait pas rire, ne

sait pas vivre. Jésus sait que dans ce monde de tant

de concurrence, d'envie et de tant d'agressivité, le vrai

bonheur passe par le fait d’apprendre à être patient, à

respecter les autres, à ne pas condamner et à ne juger

personne. Celui qui s’énerve, perd, dit le dicton. Ne

livrez pas votre cœur à la colère, à la rancune.

Heureux les miséricordieux. Heureux ceux qui

savent se mettre à la place de l’autre, heureux ceux qui

sont capables d’embrasser, de pardonner. Tous, à un

moment ou à un autre, nous en avons fait l’expérience.

Tous à un moment donné, nous nous sommes sentis

pardonnés: que c’est beau! C’est comme revenir à la

vie, c’est avoir une nouvelle opportunité. Il n'y a rien

de plus beau que d'avoir de nouvelles opportunités.

C’est comme si la vie recommençait. C’est pourquoi,

heureux ceux qui sont porteurs d’une nouvelle vie, de

nouvelles opportunités. Heureux ceux qui travaillent

pour cela, ceux qui luttent pour cela. Des erreurs, des

méprises, nous en commettons tous, des milliers.

Voilà pourquoi, heureux ceux qui sont capables

d'aider les autres dans leurs erreurs, dans leurs

méprises. Qui sont de vrais amis et n’abandonnent

personne. Ceux-là sont les purs de cœur, ceux qui

réussissent à voir plus loin que le mensonge et qui

surmontent les difficultés. Heureux ceux qui voient

spécialement ce qui est bon chez les autres.

Veux-tu appartenir à l’équipe du Christ ou à celle du démon?

Discours du Pape François aux jeunes du Paraguay

Le 18 septembre 2015, à la fin de leur assemblée

plénière annuelle à Cornwall, les évêques catholiques

du Canada ont émis une déclaration commune sur la

question de l'aide au suicide, suggérant qu'un débat

ait lieu sur le sujet. Rappelons que le 6 février 2015, la

Cour suprême du Canada déclarait comme étant inva-

lide et inconstitutionnelle

l’interdiction du suicide

assisté, inclus jusqu’alors

dans le Code criminel:

Nous ne pouvons pas

nous retenir d'exprimer

notre indignation devant la

décision de la Cour suprê-

me du Canada de créer un

nouveau «droit constitu-

tionnel» au Canada, le pré-

tendu «droit» au suicide.

Nous ne pouvons taire no-

tre profonde consternation

et déception, ni notre plein

désaccord avec la décision de la Cour. Le jugement lé-

galiserait un geste qui, depuis les temps immémoriaux,

a été jugé immoral: celui d'enlever une vie innocente.

De plus, il met à risque la vie des personnes vulnéra-

bles, déprimées, celles souffrant de maladie physique

ou mentale, et celles ayant un handicap.

Devant la terrible souffrance que peut engendrer

la maladie ou la dépression, la vraie réponse humaine

devrait être de soigner, et non de tuer. Dans la même

veine, la réponse à l'angoisse et à la peur qu'éprouvent

les gens à la fin de la vie c'est de les accompagner, de

leur offrir des soins palliatifs, et non de causer leur

mort intentionnellement. Les besoins en soins pallia-

tifs devraient préoccuper au plus haut point notre pays

et ses institutions. Voilà où nos élus devraient diriger

leurs énergies et leurs efforts. Voilà pourquoi nous plai-

dons pour que des soins de longue durée, des soins à

domicile et des soins palliatifs de grande qualité soient

accessibles à tous les Canadiens et Canadiennes.

Au milieu d'une campagne électorale fédérale, le

silence des candidats face à la question du suicide as-

sisté nous étonne. C'est une question si fondamentale

pour notre société et son avenir. Avons-nous perdu la

capacité de débattre des questions profondes de la vie

qui nous touchent tous? Nos politiciens ont-ils peur

d'un mot mal placé, d'un message mal interprété ou de

la fluctuation d'un sondage public? Nous exhortons les

citoyens de notre pays de soulever ces questions de

vie et de mort avec les candidats, de provoquer un vrai

débat digne de notre grand pays.

Le délai d'un an prévu par la Cour suprême est

beaucoup trop court pour que ce changement fonda-

mental dans nos lois entre en vigueur. Nous exhortons

le gouvernement qui sera élu le 19 octobre à invoquer la

clause nonobstant et de prolonger ce délai à cinq ans. Si

jamais une décision juridique devait justifier le recours

à cette clause de notre constitution, c'est celle-ci. Nous

devons nous donner le temps de réfléchir avant d'agir,

de considérer sérieusement

les conséquences de nos

gestes avant de traiter de

cette question cruciale et

morale.

Par ailleurs, nous devons

à tout prix défendre et proté-

ger le droit de la conscience

des hommes et des femmes

engagés dans les professions

aidantes. Exiger d'un méde-

cin qu'il tue un patient est

toujours inacceptable. C'est

un affront à la conscience et à

la vocation des travailleurs de

la santé que de leur demander de collaborer à la mise à

mort intentionnelle d'un patient, même en le référant à

un collègue. Le respect que l'on doit à nos médecins à

cet égard doit s'étendre à toute personne engagée dans

les soins de santé et qui travaille dans les établissements

de notre société.

À titre d'évêques catholiques, notre discours est

animé par la raison, le dialogue éthique, nos convictions

religieuses et notre respect profond de la dignité de la

personne humaine. Notre position est inspirée par des

milliers d'années de réflexions et par nos actions en tant

que chrétiens à la suite de Jésus, qui a manifesté ce que

veut dire aimer, servir et accompagner les autres. Sa

réponse à la souffrance d'autrui a été de souffrir avec

l'autre, non pas de le tuer. Lui-même a accueilli la souf-

france dans sa vie comme un chemin de don, de gé-

nérosité, de miséricorde. Il n'est pas nécessaire d'être

croyant pour reconnaître en sa vie et en ses gestes

un exemple insigne d'humanité. Les valeurs de Jésus

de Nazareth sont à la base de notre position en ce qui

concerne la question du suicide assisté. Le Canada n'a

rien à craindre en faisant siennes ces valeurs profondé-

ment humaines et vivifiantes.

C'est dans cet esprit de collaboration pour bâtir une

société plus compatissante, plus respectueuse de la di-

gnité de la vie humaine, plus juste et plus généreuse que

nous lançons ce cri du cœur. À l'exemple de l'humble

témoignage du saint Frère André, nous invitons tous les

Canadiens et Canadiennes à bâtir une société qui res-

pecte la dignité de chaque personne. Puisse notre appel

être écouté avec respect, attention et ouverture.

Les évêques catholiques du Canada

Déclaration des évêques catholiques du Canada

sur la question de l’aide au suicide

Mgr Paul-André Durocher, de Gatineau, président sortant

de la Conférence des Évêques Catholiques du Canada, et le

nouveau président, Mgr Douglas Crosby, d’Hamiltom.

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