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Pie XII, entre autres, dans son radio-message du 1

er

juin 1941, l’affirme bien clairement:

«Tout homme, en tant qu’être doué de raison,

tient en fait de la nature le droit fondamental d’user

des biens matériels de la terre.»

Ce droit n’a pas à être octroyé ou refusé par le

gouvernement, ni par aucune institution publique ou

privée. C’est un droit que chacun tire du seul fait qu’il

est un être humain. Un droit individuel et imprescrip-

tible, qui «ne saurait en aucune manière être sup-

primé», spécifie le Pape. Cependant, remarque-t-il:

«Il est laissé à la volonté humaine et aux formes

juridiques des peuples de régler plus en détail la

réalisation pratique de ce droit.»

Mais que font les gouvernements pour établir

une législation assurant la réalisation pratique de

ce droit? Ils ont des règlements financiers qui met-

tent des entraves au lieu de faciliter, des conditions

d’emploi, alors que le progrès augmente le flot de

production en diminuant la nécessité de l’emploi;

devoir être embauché, alors que 16 millions de

Canadiens «employables» suffisent pour fournir la

production nécessaire aux besoins des 35 millions

que compte la population.

Le Crédit Social garantirait un premier niveau

de vie, sans condition, aux 35 millions, tout en

reconnaissant le droit à une rémunération, en plus

de cette première tranche, aux 16 millions que la

production emploie encore.

Pour cela, l’économie créditiste ferait de l’ar-

gent un système de service, au lieu d’un système

de conduit

e et de conditionnement de la vie des

hommes.

But de la vie économique

La grande hérésie économique moderne, c’est

de faire de l’argent une fin, au lieu d’un pur moyen.

Une fin de toutes les entreprises.

Si une manufac-

ture de chaussures, par exemple, ne rapporte pas

d’argent à l’entrepreneur, elle ferme ses portes,

même si des gens ont encore besoin de chaussures.

Sa fin première n’est pas de chausser les hommes,

mais de faire de l’argent.

Dans son radio-message, Pie XII définissait l’éco-

nomie nationale. C’est, disait-il, «l’activité d’hommes

qui travaillent unis dans la communauté nationale».

Et quelle doit être la fin, le but, de tout cet ensem-

ble d’activités économiques, d’entreprises privées,

ou de compagnies, ou de coopératives, ou de gou-

vernements, qui constituent l’économie nationale?

Est-ce de faire de l’argent? Non, le Pape ne lui

reconnaît qu’une fin légitime:

«L’économie nationale ne tend pas à autre

chose qu’à assurer sans interruption les conditions

matérielles dans lesquelles pourra se développer

pleinement la vie individuelle des citoyens.»

Voilà bien le fondement d’une économie vraiment

humaine, à plus forte raison chrétienne: «Assurer»,

non pas soumettre à des conditions que tous ne

peuvent pas réaliser.

Assurer «sans interruption». Non pas seulement

quand vous êtes embauchés. Non pas seulement

si l’entreprise fait de l’argent. Non pas seulement

en temps de «boom» ou en temps de guerre. Mais

«sans interruption».

Assurer quoi sans interruption? Assurer «les

conditions matérielles dans lesquelles pourra se

développer pleinement la vie individuelle des ci-

toyens». Se développer «pleinement», pas au quart

ou à moitié, pas un développement limité par la

petitesse d’une ration accordée après des enquêtes

humiliantes, prolongées et répétées qui tendent à

avilir la personne au lieu de lui faciliter son épanouis-

sement. Et ce n’est pas tant la vie collective qui doit

pouvoir se développer pleinement, mais, toujours

dans le texte, la vie   «individuelle» des citoyens, la

vie de chaque personne.

Détrôner Mammon

Vous ne trouvez rien de tout cela facilité, encore

moins garanti, dans l’économie viciée de la racine

au sommet par le système financier actuel. Le sys-

tème financier contrôle toute l’économie au lieu de

lui être assoupli en vue de sa véritable fin. C’est

Mammon installé comme gérant entre les dons de

Dieu et les hommes enfants de Dieu. Et les gouver-

nements de nos pays pourtant chrétiens acceptent

cette gérance, cette dictature de Mammon, cette

perversion des fins propres de l’économie.

Le progrès matériel moderne devrait débarras-

ser les hommes des soucis du pain matériel et leur

permettre de se livrer à d’autres fonctions humai-

nes, plus nobles, plus culturelles, plus spirituel-

les, plus enrichissantes pour tout l’homme, que la

seule fonction économique. C’est ce que ferait une

économie créditiste.

Demander le Crédit Social à la sainte Vierge,

c’est donc lui demander de mettre fin à l’hérésie de

l’argent, au culte de Mammon, à la perversion de la

vie économique, à l’asservissement et à l’avilisse-

ment des personnes par la dictature de l’argent. Les

créditistes de Vers Demain ne négligent rien pour

répandre la lumière du Crédit Social, pour faire pré-

valoir la conception créditiste de la distribution de la

richesse à tous, pour rappeler la fin de l’économie,

qui est le service des besoins humains et non pas la

poursuite de l’argent.

Mais à nos efforts, nous ajoutons le recours au

Ciel car les puissances sataniques en arrière de la

dictature financière sont tellement retranchées,

que les gouvernements n’osent pas y toucher. Elles

réussissent même à clore des lèvres qui devraient

s’ouvrir pour dénoncer ce monstre, source d’injus-

tices, de souffrances imméritées, de conflits, de

révoltes, de désordres, de guerres, de révolutions,

qui mènent à la dictature d’un régime communiste.

L’avance communiste ne peut certainement pas être

endiguée par le capitalisme financier actuel.

Crédit Social contre le communisme

À ceux qui haussent encore les épaules au lieu

de se renseigner, par paresse ou par préjugé, ou

parce que leurs intérêts dans le système leur font

fermer les yeux sur des injustices légalisées, je cite-

rai simplement quelques phrases d’un prêtre qui,

lui, avait pris la peine de bien étudier le sujet. Il s’agit

du Père Peter Coffey, aujourd’hui décédé, mais alors

docteur en philosophie et professeur de métaphysi-

que et de logique au célèbre collège de Maynooth,

en Irlande. Il écrivait, le 3 mars 1932, dans une lettre

à un Père jésuite canadien:

«Les difficultés posées par vos questions ne

peuvent être résolues que par la réforme du sys-

tème financier du capitalisme, selon les lignes sug-

gérées par le Major Douglas et l’école créditiste du

crédit. C’est le système financier courant qui est à

la racine des maux du capitalisme. L’exactitude de

l’analyse faite par Douglas n’a jamais été réfutée,

et la réforme qu’il propose, avec sa fameuse for-

mule d’ajustement des prix, est LA SEULE réforme

qui aille jusqu’à la racine du mal.

«Personnellement, je suis convaincu que la

finance capitaliste doit inévitablement engendrer

des guerres, des révolutions et l’affamation de mil-

lions d’êtres humains, dans un monde d’abondance

potentielle. J’ai étudié le sujet durant 15 années

et je considère une réforme financière (telle que

proposée par Douglas comme essentielle au réta-

blissement d’un système économique chrétien de

propriété) largement répandue et par conséquent,

la seule option à opposer à celle d’un communisme

révolutionnaire, violent et athée.

«Quant à la possibilité de réaliser cette réforme

dans le concret avec la psychologie de masse d’un

public dopé et avec toute la puissance de la presse

capitaliste mondiale alignée contre elle, c’est le

secret des dieux! Mais je ne vois qu’une alterna-

tive: c’est ou bien le Crédit Social de Douglas ou

bien le chaos du communisme. Tout le nœud de la

tragique transition du capitalisme au communisme

est actuellement situé dans la finance.»

Prière bien motivée

Demander au Ciel d’abattre les obstacles au

Crédit Social, c’est donc demander une arme puis-

sante à opposer au communisme sur le terrain tem-

porel.

Si l’on trouve tout à fait normal de prier la sainte

Vierge pour le soulagement d’une maladie de la tête

ou de l’estomac, pourquoi se scandaliserait-on de

voir les créditistes demander à Marie l’avènement

d’une économie sociale créditiste, contre l’affama-

tion artificielle d’une multitude d’êtres humains,

contre la gérance de Mammon, contre la progres-

sion d’un régime communiste qui s’installe par

degrés sous prétexte de soulager les victimes d’une

dictature qu’on refuse de toucher?

Louis Even

Statue de la Sainte Vierge Marie à la

Maison de l’Immaculée à Rougemont

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VERS DEMAIN août-septembre 2015

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