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Dans Vers Demain du 1er novembre 1960, M.

Even avait écrit un article intitulé «Le champ d’action

de Vers Demain», qui explique comment le nom de

«Vers Demain» fut choisi:

«Lorsque fut lancé ce journal, en 1939, les fonda-

teurs durent lui choisir un nom. C’est à dessein qu’ils

éliminèrent le

vocable “Crédit Social”. Non pas dans

le but de camoufler leur intention de continuer à pro-

mouvoir la doctrine de Douglas, mais:

«1. Parce qu’il existait un parti politique portant

ce nom, et le mouvement envisagé par les fondateurs

devait suivre une tout autre voie; il fallait donc éviter

une appellation qui, dans l’esprit des gens, associe-

rait notre mouvement à l’idée d’un parti politique.

«2. Parce que trop d’adhérents du Crédit Social

ne voyaient dans l’enseignement de Douglas que les

propositions énoncées pour une réforme du système

monétaire et financier. Or, les fondateurs de Vers De-

main voulaient un champ plus vaste et toucher à tout

ce que, au cours des années et des événements, ils

jugeraient de nature à affecter la poursuite du bien

commun et l’épanouissement de la personne humai-

ne. En quoi, après tout, ils ne faisaient que rejoindre

davantage la philosophie sur laquelle repose la doc-

trine créditiste bien comprise.»

Christianisme appliqué

Le crédit social, ce n’est pas seulement une ques-

tion d’argent. On a vu, dans la première leçon de la

session d’étude, que le crédit social peut être défini

en deux mots, «christianisme appliqué», christianisme

vécu, et que Geoffrey Dobbs définissait le crédit so-

cial comme étant la confiance mutuelle, qui fait qu’on

puisse vivre ensemble en société. Par exemple, on a

confiance que tous les gens arrêtent au feu rouge, et

redémarrent au feu vert, que tous suivent le même

code de la route. Dobbs ajoute que ce crédit social, ou

confiance mutuelle, ou crédit social, atteint son niveau

maximum quand le christianisme est vécu, appliqué,

quand les gens respectent les Commandements de

Dieu, l’amour du prochain, et qu’il atteint son niveau

le plus bas quand on détruit les valeurs chrétiennes,

quand on détruit par exemple la notion de famille

(composée d’un père et d’une mère). Alors, quand on

parle de religion, ça n’est pas opposé au crédit social,

au contraire ça va ensemble! Le crédit social, c’est jus-

tement le christianisme appliqué. Enlevez le respect

des Dix Commandements, et il n’y a pas de crédit so-

cial, pas de confiance mutuelle possible.

Le crédit social, c’est un moyen en vue d’une fin.

Notre fin ultime, la plus importante, c’est d’aller au

Ciel. Le but ultime est donc spirituel, mais le temps

que l’on vit sur terre, c’est aussi du matériel — il faut

se nourrir, se vêtir, se loger — mais pour aller au Ciel,

on sera jugé sur des choses matérielles, comme il est

écrit au chapitre 25 de l’Évangile selon saint Mathieu,

qui traite du jugement dernier, et où Jésus se compare

au plus petit d’entre nos frères dans le besoin: «J’avais

faim, et vous ne m’avez pas donné à manger, j’avais

soif et vous ne m’avez pas donné à boire...» Ce sont

des choses matérielles, mais c’est là-dessus qu’on

sera jugé pour savoir si on va au Ciel ou non.

On voit donc le lien essentiel entre les deux, maté-

riel et spirituel. Pourquoi, dans Vers Demain, ne parle-

t-on pas seulement de religion ou seulement de cré-

dit social ? C’est parce qu’on a un corps et une âme,

qu’on a des besoins à la fois matériels et spirituels. Si

on oublie ou néglige un des deux aspects, on n’est pas

fidèle ni à l’esprit de l’Évangile, ni à l’esprit de Louis

Even et du crédit social.

Ceux qui ont assisté à la session d’étude se sou-

viendront que dans la leçon 7 (l’histoire du contrôle

bancaire aux États-Unis), il est fait mention de William

Jennings Bryan, candidat démocrate à la présidence

des États-Unis en 1896, qui déclarait dans son pro-

gramme électoral que tant que la réforme monétaire

ne sera pas faite, aucune autre réforme ne pourra être

faite. Tout récemment, le Pape François, dans son ex-

hortation apostolique sur l’Évangile de la joie (

Evange-

lii gaudium

), reprenait exactement la même idée (n.

202):

«Tant que ne seront pas résolus radicalement

les problèmes des pauvres, en renonçant à l’autono-

mie absolue des marchés et de la spéculation finan-

cière, et en attaquant les causes structurelles de la

disparité sociale, les problèmes du monde ne seront

pas résolus, ni en définitive aucun problème.»

C’est

de cette même exhortation du Pape François que nous

avons tiré le thème de notre session d’étude et de

notre congrès cette année:

«Non à l’argent qui gou-

verne au lieu de servir».

Le crédit social vécu à Rougemont

Si Vers Demain vit encore après 75 ans, c’est jus-

tement parce que ses fondateurs on mis en pratique

le crédit social, la confiance mutuelle, dans leur pro-

pre mouvement, dans leur propre maison, la Maison

Saint-Michel et la Maison de l’Immaculée à Rouge-

mont. Ces deux maisons sont elles aussi un miracle,

puisqu’elles ont été bâties bénévolement, sans avoir

eu à emprunter ni s’endetter .

En 1963, Bryan Monahan d’Australie, deuxième

successeur de Douglas à la tête du Secrétariat du Cré-

dit Social, était venu à Rougemont, au Canada, visi-

ter la Maison Saint-Michel, et mentionnait que dans

tous les groupes créditistes du monde entier, c’était

les Pèlerins de saint Michel de Rougemont qui avaient

le mieux appliqué les principes de Douglas. Je cite le

texte de Monahan, publié dans Vers Demain du 15 no-

vembre 1963, intitulé «Une visite à Rougemont»:

«Voici bien des années déjà, le major C. H. Douglas

remarquait que les événements survenus en Alberta

avaient au moins prouvé qu’il était possible de faire

quelque chose au nom du Crédit Social. Mais à Rou-

gemont, dans la province de Québec, une expérience

plus prometteuse que celle de l’Alberta, et unique en

son genre, progresse rapidement. On y découvre une

véritable croissance organique de l’idée originale du

Crédit Social, prospérant dans le sol d’une foi chré-

tienne non diminuée.

«En 1939, monsieur Louis Even et son associée,

madame Gilberte Côté-Mercier, fondaient un périodi-

que, Vers Demain. Le but de cette fondation: ensei-

gner l’application pratique de principes chrétiens

dans la société contemporaine industrialisée, par la

connaissance des réalités en économie politique, tel-

les que révélées par C. H. Douglas sous le nom géné-

ral de Crédit Social.

«Vers Demain eut pour premier abri une simple

pièce dans une maison de Montréal, et un peu plus

tard, un espace plus grand dans une autre maison de

la même cité. (Chez la mère de Mme Gilberte Côté-

Mercier.)

«Les enseignements du christianisme, vus dans

la lumière de leur application pratique par le Crédit

Social, obtinrent au Canada français un accueil plus

large et plus profond que n’importe où ailleurs. Et l’on

vit se grouper ensemble des hommes et des femmes

au

z

èle missionnaire, qui acceptaient, comme un de-

voir de leur vie, non seulement de répandre ces ensei-

gnements incarnés dans la vie réelle, mais aussi de

cultiver l’entendement de ceux à qui ils s’adressaient.

«Plusieurs de ces missionnaires ont renoncé

à tout emploi salarié, afin de se libérer plus pleine-

ment; et ainsi libérés, ils travaillent à la cause de la

liberté pour toute l’humanité. Et par quelle méthode?

Par le procédé que C. S. Lewis (écrivain catholique

anglais) appelait “la bonne infection”: par l’exemple,

par des contacts, par participation. “Vous êtes le sel

de la terre... Que votre lumière luise devant les hom-

mes...” (Mathieu 5, 13-16.)»

Combat contre des puissances diaboliques

Dans ce combat pour la justice sociale, Vers De-

main ne s’attaque pas simplement à des forces humai-

nes, il s’attaque au dragon de la Haute Finance, à des

forces diaboliques. M. Even écrivait en 1973:

«Dans un engagement contre la dictature finan-

cière, on n’a pas seulement affaire à des puissances

terrestres. Tout comme la dictature communiste, tout

comme la puissante organisation de la franc-maçon-

nerie, la dictature financière est sous les ordres de

Satan. Les simples armes humaines n’en viendront

pas à bout. Il y faut les armes choisies et recomman-

dées par la Vierge Marie, Celle qui vainc toutes les

hérésies, Celle qui doit écraser définitivement la tête

de Satan, Celle qui a déclaré Elle-même à Fatima que

son Coeur Immaculé triomphera finalement. Et ces

armes, ce sont la consécration à son Coeur Immaculé

marquée par le port de son Scapulaire, le Rosaire et

la pénitence.»

La Sainte Vierge a dit à Fatima en 1917 qu’il y a

plusieurs personnes qui vont en enfer parce qu’il n’y a

personne pour se sacrifier pour elles. Avec la Croisade

du Rosaire de porte à porte, on prie le chapelet et on

se sacrifie pour ces âmes-là. M. Even continue:

«Les Pèlerins de saint Michel sont persuadés

qu’en embrassant le programme de Marie, chaque

acte qu’ils posent, chaque Ave qu’ils adressent à

la Reine du monde, chaque sacrifice qu’ils offrent,

contribuent non seulement à leur sanctification per-

sonnelle, mais aussi à l’avènement d’un ordre social

plus sain, plus humain, plus chrétien, comme le Cré-

dit Social. Dans un tel programme reçu de Marie,

tout compte et rien n’est perdu.»

Chers amis, vous n’avez pas à regretter ce que

vous avez fait pour Vers Demain, puisque rien n’est

perdu de ce que vous avez fait. Vous n’avez pas perdu

votre temps. Chaque créditiste gagné est un pas de

plus, un avancement. Après 75 ans, que de sacrifices

offerts, que d‘expériences acquises, que de nouveaux

apôtres !

Vers Demain a créé une mentalité au Canada pour

de meilleures lois sociales. Prenons simplement la

comparaison entre le Canada et les États-Unis: au Ca-

nada, ceux qui sont sans revenus et sans la capacité de

Ouverture de notre congrès le 30 août 2014, avec les Directeurs et les Pèlerins à plein temps sur l’estrade.

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2014

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2014

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