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Viendraient-ils pour faciliter nos échanges et nous

permettre de vivre en paix, que cela nous ferait plai-

sir. Mais comment comprendre que nous introduisons,

dans le cadre de nos échanges, une personne qui vient

plutôt nous embêter.

Asseyons-nous. Ensemble et individuellement,

pourchassons le péché capital de la paresse. Que dit ce

péché? «Ces autres, quoique ne faisant pas notre bon-

heur, laissons-les quand même penser à notre place,

laissons-les décider de notre sort ! Non, non et non !

Que faire alors?

Avec Douglas, Louis Even et les Pèlerins de saint

Michel, à la lumière de l’enseignement officiel de l’Égli-

se, décidons de penser; décidons de penser pour agir,

décidons d’agir pour vivre. Et pour vivre autant que la

Providence nous le permettra, heureux et prospères.

Vivre bien sûr par la volonté de Dieu notre Père. Vivre

en paix avec Dieu, vivre de Dieu, et aussi en paix avec

les autres et entre nous.

Qu’est-ce que nous devons penser ? Penser que

l’argent est un chiffre, et que le chiffre n’est pas la cho-

se. Ici, j’ai un papier sur lequel j’ai écrit les mots «neuf

chaises». Mais il y a bien une différence entre ce papier

sur lequel il y a les mots «neuf chaises» et les neuf chai-

ses qui sont là devant moi. Si je broie ce papier sur

lequel est écrit «neuf chaises», les neuf chaises qui sont

devant moi ne disparaissent pas pour autant. Pensons

donc que le chiffre est un chiffre, et nous acceptons ce

chiffre dans la mesure où il nous permet de vivre.

Mais accepter qu’un chiffre nous ôte la vie, ce n’est

pas digne de personnes qui pensent. Avec ou sans le

papier où j’ai écrit «neuf chaises», les chaises existent,

il n’y a pas de lien de nécessité entre les deux. L’argent

n’est pas la chose, mais une désignation de la réalité

quantités de choses. Donc l’argent est le symbole, et

le symbole n’est jamais une chose.

En page 125 du livre des 10 leçons sur le crédit so-

cial, on peut lire: «Il suffirait qu’un seul pays se libère de

cette dictature et donne l’exemple de ce que pourrait

être un système d’argent honnête, émis sans intérêts

par un Office National de Crédit, qui représenterait la ri-

chesse réelle de la nation, pour que le système d’argent-

dette des banquiers s’écroule dans le monde entier.’’

J’aimerais simplement y ajouter un mot: il suffirait

qu’un seul pays s’en libère

efficacement

. Donc, pas une

libération de façade ou de peinture mise sur la surface.

Non, ça doit se faire avec une conscience nationale,

pour montrer à toute personne que c’est cela la voie

de la libération, parce que comme on l’a rappelé ici, la

nature n’a fait dette à personne. Qu’est-ce que le Bon

Dieu vous a prêté? Il vous a tout donné. Et pourquoi,

si Dieu nous donne, doit-on voler ce que Dieu nous

donne pour le prêter aux autres? Est-ce que vous

trouvez cela normal ?

Quel est le problème? Le problème central est

que qui couvre un crime, enfante un mensonge. Or

la petite qui a parlé hier, nous a dit que s’il y avait du

Crédit Social partout, il n’y aurait pas de bandits.

Allons plus loin: si le crédit nous rebranche à Dieu

le Père, créateur du ciel et de la terre, et si Dieu le

Père nous donne les biens, trouvez-vous normal que

ce qu’Il nous donne soit donné à ses enfants avec un

intérêt, rendant ses propres enfants esclaves? C’est

contraire à tout bon sens. C’est que nous nous dé-

branchons souvent de Dieu, Dieu qui est Lumière, et

inévitablement nous tombons dans les ténèbres.

Comme l’a dit notre professeur (Pilote), il faut

aussi beaucoup de rationalité. Pour affronter le monde

universitaire, il faut leur faire découvrir la vérité des

faits. Mais pas seulement la rationalité, il faut aussi une

foi ardente, une foi qui aime même les mauvais ban-

quiers. C’est avec l’amour que nous pouvons vaincre

la méchanceté.

Si vous respirez la bonté, même à l’endroit de ces

gens, jamais vous n’allez tomber, vous allez vaincre.

Voilà pourquoi je vous invite, mes amis, à vous armer

d’amour. Vous connaissez le chapitre 13 de la lettre

de saint Paul aux Corinthiens, où il parle de l’amour

qui ne passera jamais. Ayez la charité envers vous-

même et envers les pauvres, mais aussi envers ceux

qui nous font du mal, et vous pourrez passer à travers

les mailles de ces prédateurs.

Je me suis laissé convaincre (par le crédit social),

et c’est maintenant la troisième fois que je viens ici (à

Rougemont). Pour me convaincre, il faut deux choses:

1. Parler en bien de mon Dieu et de mon Église.

Dieu est mon Père et l’Église est ma Mère.

2. Dire des choses rationnelles et logiques. Si ce

n’est pas rationnel et logique, je ne marche pas.

Nous avons appris à définir ici, le Crédit Social,

comme étant le christianisme appliqué. Alors j’aime-

rais laisser à votre réflexion une équation. (L’équation

se lit comme suit:

Crédit social = christianisme appliqué, ou en

d’autres mots, CS = CA. Pour ceux qui ont fait les

mathématiques et de l’algèbre, C égale C, donc S

égale A, «social» égale «appliqué».

Maintenant, inversons l’ordre des mots. Christia-

nisme social = crédit appliqué. Pourquoi parler de

«christianisme social»? C’est l’Évangile du Jugement

dernier (Mathieu, 25). Le christianisme social, c’est:

«J’avais faim, j’avais soif, j’étais pauvre, j’étais blessé,

j’étais en prison, etc.» Mais attention, ce n’est pas seu-

lement cela, il y a plus.

Nous avions dit au début que «crédit social» éga-

le «christianisme appliqué», et que «crédit appliqué»

égale «christianisme social». Faisons maintenant un

peu de théologie:

Nous avons dit que «crédit» signifie «confiance».

Le mot chrétien pour désigner la confiance, c’est la

Foi. Et le fondement du christianisme, c’est aussi la foi

en Jésus. Et pour notre foi, nous devons avoir de l’Es-

pérance. Nous n’avons pas le droit de ne pas espérer.

Donc nous ne pouvons pas dire que le crédit social, ou

la confiance, ou la Foi, ne verra jamais le jour. Le dire,

c’est renoncer à aller au ciel.

Mais avec la foi, il faut aussi la charité, il faut les

oeuvres. Si donc le Crédit Social est le christianisme

appliqué, nous sommes en train de nager dans le do-

maine de notre foi, dans le domaine de notre espé-

rance, dans le domaine de notre charité. Voilà pour-

quoi les Papes ont parlé de l’homme et des conditions

économiques difficiles, voilà pourquoi nous pouvons

être ici, prêtres, religieux et religieuses. Parce que le

Crédit Social c’est foi, espérance et charité, c’est la foi

chrétienne.

J’aimerais donc que vous reteniez que le Crédit

Social est le christianisme appliqué, ou que le crédit

appliqué est aussi un christianisme social. Cela veut

dire qu’une seule personne qui peut nous remonter du

fond, c’est le Christ qui est ressuscité. Voilà ce que je

voulais laisser à votre réflexion.

Nous allons partir d’ici en restant unis dans la priè-

re, unis dans la foi, l’espérance et la charité. Et dans

l’apostolat, nous allons nous rappeler de ces milliers

de femmes au Brésil en 1964 qui ont vaincu le com-

munisme grâce à la récitation du chapelet, et la Vierge

Marie va nous aider. Merci à tous,

+ Mgr Mathieu Madega Lebouakehan

Posons nous cette question: nous voulons

simplement échanger entre nous les biens

et services afin de vivre. Pourquoi alors laisser

d’autres personnes s’ingérer dans nos

transactions, toujours à notre désavantage ?

Messe du dimanche de notre congrès, 31 août 2014, à l’église paroissiale St-Michel de Rougemont,

avec les prêtres ayant participé à notre session d’étude. Au milieu, Mgr Mathieu Madega du Gabon.

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2014

www.versdemain.org