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nue sans clameur des cieux nouveaux et de la terre

nouvelle. Cette venue est semblable à la croissance

cachée, bien que fervente, de la semence, dans la

terre

(cf. Mc 4, 26-29).

«Dieu est donc entré dans la vie humaine et dans

le monde et poursuit silencieusement son oeuvre, en

attendant patiemment l’humanité, avec ses retards

et ses conditionnements. Il en respecte la liberté, la

soutient lorsqu’elle est tenaillée par le désespoir, la

conduit d’étape en étape et l’invite à collaborer au

projet de vérité, de justice et de paix du Royaume.

L’action divine et l’engagement humain doivent donc

s’entremêler. «Le message chrétien ne détourne pas

les hommes de la construction du monde et ne les

incite pas à se désintéresser du sort de leurs sembla-

bles: il leur en fait au contraire un devoir plus pres-

sant» (

Gaudium et spes

, n. 34).

«“La mission de l’Eglise n’est pas seulement

d’apporter aux hommes le message du Christ et de

sa grâce, mais aussi de pénétrer et de parfaire par

l’esprit évangélique l’ordre temporel” (A

postolicam

actuositatem

, n. 5). L’ordre spirituel et l’ordre tem-

porel, “bien que [...] distincts, sont liés dans l’unique

dessein divin; aussi Dieu lui-même veut-il, dans le

Christ, réassumer le monde tout entier, pour en faire

une nouvelle créature en commençant dès cette terre

et en lui donnant sa plénitude au dernier jour” (ibid.).

«Animé par cette certitude, le chrétien marche

avec courage sur les routes du monde, en cherchant

à suivre les pas de Dieu et en collaborant avec lui

pour faire naître un horizon dans lequel «Amour et

vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent»

(Ps 85 [84], 11).»

Rendre témoignage à la vérité

En termes concrets, que devons-nous faire?

Rendre témoignage à la vérité, défendre la vérité, se

dévouer pour la justice et les droits de Dieu. Avant

d’être condamné à mort, Jésus a répondu à Pilate:

«Je suis né, et je suis venu dans le monde pour

rendre témoignage à la vérité»

(Jean 18, 37). Nous

devons défendre la vérité, que cela plaise ou non à

certaines personnes.

Vous avez peur d’être persécutés, qu’on se mo-

que de vous? Alors, considérez le problème de cette

manière: quoique vous fassiez ou disiez, vous ne

pourrez jamais plaire à tout le monde. Alors, puis-

que vous ne pouvez faire plaisir à tout le monde,

assurez-vous de faire au moins plaisir à Dieu, c’est

la seule chose qui compte. Dieu ne nous demande

pas de réussir dans tout ce que nous faisons, mais

Il nous demande d’essayer, de témoigner. L’impossi-

ble, le miracle, c’est Lui qui l’accomplira, à condition

que nous fassions notre petite part, que nous colla-

borions à Son oeuvre de salut.

Par exemple, pour

ceux qui connaissent Vers Demain, c’est un devoir

de témoigner de Vers Demain, de le faire connaître

aux autres, de trouver de nouveaux abonnés.

Dans chaque situation, ne vous demandez pas

ce que les autres personnes vont penser, mais seu-

lement ce que Dieu va en penser. Nous ne devons

jamais avoir honte de Dieu ni de notre foi. «

Car

quiconque rougira de moi et de mes paroles dans

cette génération adultère et pécheresse, le Fils de

l’homme aussi rougira de lui, lorsqu’il viendra dans

la gloire de son Père avec les saints anges»

(Marc 8,

38). Jésus nous dit: «N’ayez pas peur, je serai avec

vous toujours, jusqu’à la fin du monde ! »

L’état de grâce

Le but de la vie sur terre, c’est de connaître, aimer

et servir Dieu, pour vivre heureux avec Lui dans le

Ciel pour l’éternité. Si on manque cet objectif, on a

tout perdu. Vivre sur terre et ignorer cet objectif, c’est

de la folie. Nous sommes des pèlerins sur cette terre,

seulement de passage. Notre vraie patrie pour l’éter-

nité, c’est le Ciel. Mais attention, on n’y va pas auto-

matiquement: comme il est écrit à la fin de l’Évangile

de saint Mathieu sur le jugement dernier, nous y irons

seulement si nous avons mis en pratique l’amour de

Dieu et du prochain. Autrement, ce sera l’enfer éter-

nel, privé de Dieu pour l’éternité.

Sans l’aide de Dieu, nous ne pouvons rester en

état de grâce, nous avons absolument besoin de Son

aide, de Ses sacrements. Pour rester en état de grâce,

le Pape suggère aux jeunes, cinq moyens: la commu-

nion et confession fréquentes, la prière, la méditation

de l’Écriture Sainte, et l’adoration eucharistique. Le

plus grand désir de Dieu, c’est de vivre en union avec

nous dans notre coeur. C’est pour cela qu’Il a inventé

le sacrement de l’Eucharistie, qui est la façon la plus

intime de s’unir à nous: se donner en aliment. Quel

grand mystère d’amour !

Mais pour pouvoir recevoir le Corps du Christ,

il ne faut pas avoir de péché grave (mortel) sur la

conscience. La première condition du salut, c’est de

reconnaître que nous sommes pécheurs, que nous

avons besoin du pardon de Dieu, au confessionnal.

Celui qui dit qu’il n’y a pas de péché, ne peut pas être

sauvé, puisqu’il dit qu’il n’a pas besoin du pardon de

Dieu. Pour être pardonnés, les péchés graves doivent

être confessés individuellement au prêtre, au confes-

sional. (V

oir pages 24 et suivantes.

)

Alain Pilote

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au bureau de Vers Demain.

u

Nikolaus (Nicolas) Gross

naît le 30 septembre 1898 à

Niederwenigern, petit vil-

lage de la grande banlieue

d'Essen, en Allemagne. Il

est d'abord ouvrier dans un

laminoir, puis mineur. Il tra-

vaille cinq ans sous terre,

mais il s'efforce de pour-

suivre en même temps son

instruction.

En 1917, il adhère à un

syndicat: l'«Union des mi-

neurs chrétiens» et en 1918

au parti centriste (Parti politique catholique). En 1919

il entre dans l'«Association des mineurs de saint An-

toine» (KAB), mouvement important qui permet aux

catholiques de faire entendre leur voix. A 22 ans il en

devient le secrétaire pour la section jeunes, ainsi que

rédacteur-adjoint du journal de ce syndicat: Bergknap-

pe (Le mineur). Entretemps il se marie avec Elizabeth

Koch, mariage très heureux, dont il aura 7 enfants.

Il aime passionnément sa famille, mais cela ne le

distrait pas des grands problèmes sociaux. En 1917,

il est rédacteur-adjoint du journal des travailleurs de

l'Ouest de l'Allemagne. En 1930 il en devient le rédac-

teur en chef. Il peut ainsi guider les catholiques sur les

questions sociales. Il prend conscience que les pro-

blèmes sociaux ne peuvent être résolus sans un effort

spirituel et que la politique exige un contrôle moral.

Bien qu'il n'ait pas un grand talent d'orateur à cause de

son peu d'études, il parle avec une grande chaleur de

cœur et une grande force de conviction.

Dès 1929, lorsqu'il se rend à la Maison Ketteler, à

Cologne, il a une claire opinion sur le Nazisme mon-

tant. Il part de l'idée principale de Mgr Ketteler (1811-

1877), évêque «social», qui affirme: «Une réforme des

conditions de vie ne peut se réaliser pleinement que

dans une réforme des attitudes». Ainsi voit-il dans le

succès du nazisme un signe que la société manque de

discernement et fait preuve d'«immaturité politique».

La pensée qui le guide est que l'«on doit obéir à Dieu

plutôt qu'aux hommes» et même, que la désobéis-

sance est un devoir lorsqu'on nous demande quelque

chose contre Dieu ou la foi.

Dès le début il voit dans les nazis «les ennemis

mortels de l'état actuel» et c'est pourquoi, dit-il, «en

tant que travailleurs chrétiens nous rejetons le nazis-

me définitivement, résolument et clairement» (1930).

Aussi, dès la prise de pouvoir par Hitler en 1933, son

journal est déclaré «hostile à l'Etat». Désormais, il doit

s'ingénier à écrire entre les lignes. Finalement le jour-

nal est supprimé en 1938. Pendant les années de guer-

re, Nicolas Gross continue son action dans un réseau

de résistance et souvent il se fait agent de liaison entre

les réseaux. Il soutient les valeurs de l'Évangile et la

force critique de la foi parmi les travailleurs.

Le journal étant disparu, il écrit une série de petits

pamphlets. En 1940, la Gestapo saisit deux d'entre

eux et dès lors, ce sont des perquisitions policières

constantes à domicile. Il est au courant de l'attentat

préparé par Stauffenberg contre Hitler. Il a assisté à

l'une des réunions

mais il n'a pas pris part

ni à sa préparation,

ni à son exécution. La

veille de l'attentat du

20 juillet 1944, l'aumô-

nier des travailleurs lui

dit: «M. Gross, rappe-

lez-vous que vous avez

7 enfants. Moi je n'ai

pas de famille. Votre

vie est en jeu.» A quoi

il répond:

«Si nous

ne risquons pas notre

vie aujourd'hui, com-

ment

voulons-nous

nous justifier un jour

devant Dieu et notre

peuple?»

A la suite de cet attentat, il y a une vague de 7000

arrestations dont 5000 exécutions. Nikolaus Gross est

arrêté le 12 août et emprisonné à Ravensbrück, puis à

Berlin-Tegel où sa femme, qui vient le voir deux fois,

remarque des traces de torture sur ses bras. Le 15 jan-

vier 1945, il est condamné à mort. Le juge déclare: «Il

n'a pas arrêté de nager dans la trahison et conséquem-

ment il doit y plonger.» Le jour de l'exécution, le 23

janvier, l'aumônier qui lui donne une bénédiction finale

témoigne: «Son visage semblait déjà illuminé par la

gloire dans laquelle il allait bientôt entrer.» Il est pendu

à Berlin-Plotzensee et les Nazis qui ne veulent pas de

martyrs brûlent son corps, et ses cendres sont disper-

sées dans la nature. Il a été béatifié le 7 octobre 2001

par le Pape Jean-Paul II.

Pratique: Quand la foi et la vérité sont en jeu, il

faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.

Le Bienheureux Nikolaus Gross

Père de famille, époux et citoyen exemplaire

Martyr de la méchanceté des athées d’Hitler en 1945

Nikolaus et son épouse

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VERS DEMAIN mars-avril 2014

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