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par

Alain Pilote

L

e mouton noir d'une famille ou d'un groupe,

c'est celui qui n'agit pas correctement, qui n'agit pas

comme les autres. Il y a cinquante ans, ceux qui don-

naient le mauvais exemple et menaient une vie de

péché en public étaient considérés comme des mou-

tons noirs, et se faisaient regarder de travers par le

reste de la société. Mais depuis cinquante ans, les

choses ont changé du tout au tout.

Aujourd'hui, la

société est complètement bouleversée, et on se re-

trouve avec la situation contraire: ce sont ceux qui

veulent rester de bons catholiques qui se font regar-

der de travers et appeler les «moutons noirs».

Aujourd'hui, on dit que ce qui est bien, c'est ce

qui est fait par la majorité. Par exemple, si une majo-

rité de gens ne vont pas à la messe le dimanche, on

dira que ceux qui y vont ne sont pas normaux, que ce

sont des gens «étranges», des fanatiques, etc. L'avor-

tement a toujours été considéré un meurtre, mais on

met en prison aujourd'hui non pas ceux qui tuent les

enfants dans le sein de leur mère, mais ceux qui dé-

noncent ces meurtres !

La société actuelle a complètement perdu le sens

des valeurs, on appelle «bien» ce qui est mal aux

yeux de Dieu. Si vous voulez dénoncer l'homosexua-

lité, ou prêcher la chasteté avant le mariage, on vous

regardera avec de grands yeux tout étonné, vous de-

mandant «de quelle planète vous venez», et on vous

traitera d'idiot, d'intolérant, de bigot, etc. Pourtant, les

Commandements de Dieu sont très clairs, et ils ne

changeront jamais. Saint Paul écrit dans sa première

épitre aux Corinthiens:

«Ne vous y trompez pas ! Ni

les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni

les dépravés, ni les gens de moeurs infâmes, ni les

voleurs, ni les cupides, pas plus que les ivrognes,

insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de

Dieu»

(1 Cor 6, 9). Et on pourrait continuer cette liste

d'exemples à l'infini.

Alors, quel est le problème? C'est le combat en-

tre Dieu et Satan, entre le bien et le mal, qui conti-

nue sur terre, depuis le commencement du monde.

Parce que les gens ne prennent plus les moyens de

demeurer dans la grâce de Dieu, ils tombent dans les

pièges du démon, et écoutent ses nombreux men-

songes. Saint Paul écrit aussi:

«Car un temps viendra

où les hommes ne supporteront plus la saine doc-

trine, mais au contraire, au gré de leurs passions et

l'oreille les démangeant, ils se donneront des maî-

tres en quantité et détourneront l'oreille de la vérité

pour se tourner vers les fables»

(2 Tim 4, 3).

Les gens appellent «vertus» ce qui est en réalité

des vices. Les gens ne veulent plus croire dans les

vérités de la religion catholique, dans la présence de

Dieu dans la sainte Eucharistie, mais ils se fabriquent

de fausses idoles et sont prêts à croire tous les men-

songes de Satan comme l'astrologie, la réincarnation,

les extra-terrestres, etc. A voir ces mensonges si ré-

pandus, on ne peut s'empêcher de faire le rapproche-

ment avec ces terribles paroles de Notre-Seigneur:

«Mais le Fils de l'homme, quand il reviendra, trou-

vera-t-il la foi sur la terre?» (

Luc 18, 8).

Comme le Pape Jean-Paul Il l'écrivait en 1995

dans sa lettre encyclique «L'Evangile de la vie»:

«Une

grande partie de la société actuelle se montre tris-

tement semblable à l'humanité que Paul décrit dans

la Lettre aux Romains. Elle est faite d'«hommes qui

tiennent la vérité captive dans l'injustice» (1,18):

ayant renié Dieu et croyant pouvoir construire sans

lui la cité terrestre, «ils ont perdu le sens dans leurs

raisonnements», de sorte que «leur coeur inintelli-

gent s'est enténébré» (1,21); «dans leur prétention à

la sagesse, ils sont devenus fous» (1,22).

Ces gens ne veulent

pas des Commandements

de Dieu, ils veulent être «li-

bres» de commettre tous les

péchés qu'ils désirent. Com-

me ils sont devenus fous !

Dieu a mis dans le coeur

de l'homme un désir d'infi-

ni, que Lui seul, et aucune

créature ou chose créée,

ne peut combler. L'homme

qui vit dans le péché court

donc après le bonheur sans

jamais pouvoir le trouver,

puisqu'il lui manque Dieu.

Saint Augustin, qui avait

d'abord mené une vie tu-

multueuse, écrivait dans

ses «Confessions» après sa

conversion: «

Tu nous as

créés pour toi, Seigneur, et

notre coeur n'est heureux

que lorsqu'il repose en toi.»

Les gens prétendent se

libérer de Dieu et de Ses

Commandements,

mais

ils deviennent esclaves du

péché. Pour eux, la simple

présence de chrétiens est un reproche. Les chrétiens

et catholiques pratiquants sont une menace pour le

mode de vie actuel, et ils sont persécutés parce qu'ils

ne suivent pas le courant du monde. Mais Jésus a dit:

«Le serviteur n'est pas plus grand que son maître.

S'ils m'ont persécuté, vous aussi ils vous persécute-

ront»

(Jean 15, 21).

Il existe une opposition irréconciliable entre l'es-

prit du monde et l'esprit de Dieu, il faut choisir l'un

ou l'autre, on ne peut servir les deux à la fois. Saint

Augustin dit que le monde est divisé en deux camps:

la Cité de Dieu, où on y pratique «l'amour de Dieu

jusqu'au mépris de soi», et la Cité de Satan, où on y

pratique «l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu».

Les choses peuvent et vont changer

Devant une telle situation, où l'injustice et le mal

semblent prospérer, certains peuvent être tentés par le

découragement et le doute. Par exemple, si vous leur

parlez de l'urgence de corriger le système financier,

ils vous répondront: «Tout ce que vous dites est vrai,

mais vous ne pourrez jamais rien changer: les gens

sont trop corrompus, les Financiers sont trop puis-

sants, etc.» Mais pour nous, chrétiens, il n'y a pas de

place pour le découragement, car nous savons que la

victoire finale appartient à Dieu, et le bien triomphera

sur le mal. Avec l'aide de Dieu et nos efforts humains,

tout est possible, tout peut changer. Dans son allo-

cution au cours de l'Audience générale du 31 janvier

2001, Jean-Paul Il expliquait

que nous ne devons jamais

perdre espoir:

«La deuxième Épître

de Pierre exprime déjà ce

doute, en réfléchissant sur

l'objection de ceux qui sont

dubitatifs ou sceptiques, ou

même "railleurs pleins de

railleries", et s'interrogent:

"Où est la promesse de son

avènement ? Depuis que les

Pères sont morts, tout de-

meure comme au début de

la création" (2 P 3, 3-4).

«

Telle est l'attitude dé-

couragée de ceux qui re-

noncent à tout engagement

à l'égard de l'histoire et de

sa transformation. Ceux-là

sont convaincus que rien

ne peut changer, que tout

effort est destiné à être

vain, que Dieu est absent et

en rien intéressé par ce mi-

nuscule point de l'univers

qu'est la terre... En effet, si

rien ne peut changer, quel

sens cela a-t-il d'espérer ? Il ne reste qu'à se mettre

en marge de la vie, en laissant le mouvement répé-

titif de la vie humaine accomplir son cycle éternel.

«Dans cette lignée, de nombreux hommes et fem-

mes sont désormais abattus, en marge de l'histoire,

privés de confiance, indifférents à tout, incapables de

lutter ou d'espérer. En revanche, la vision chrétienne

est illustrée de façon limpide par Jésus, alors que,

"les Pharisiens lui ayant demandé quand viendrait

le Royaume de Dieu, il leur répondit: "La venue du

Royaume de Dieu ne se laisse pas observer, et l'on ne

dira pas: 'Voici, il est ici ! ou bien: il est là !"Car voici

que le Royaume de Dieu est au milieu de vous'» (Lc

17, 20-21).

«A la tentation de ceux qui envisagent des scé-

narios apocalyptiques d’irruption du Royaume de

Dieu et de ceux qui ferment les yeux, alourdis par

le sommeil de l’indifférence, le Christ oppose la ve-

Rendons témoignage à la vérité

«Un temps viendra où les hommes ne

supporteront plus la saine doctrine»

«Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie...

Sans Moi, vous ne pouvez rien faire»

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VERS DEMAIN mars-avril 2014

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