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Le Pape Jean-Paul II sera canonisé à Rome le 27

avril 2014, en même temps que le Pape Jean XXIII, lors

d’une cérémonie qui devrait attirer l’une des plus gran-

des foules de l’histoire du Vatican. Ce que Jean-Paul

II a accompli en presque 27 années de pontificat est

tout simplement extraordinaire et n’a pas d’équivalent

dans l’histoire de la papauté – à un point tel qu’il peut

être classé parmi l’un des plus grands papes de tous

les temps, et sera proba-

blement connu pour les

générations à venir sous

le nom de «Jean-Paul le

Grand». Il a accompli 102

voyages

apostoliques

dans 129 pays. Aucun

homme dans l’histoire

n’a attiré de foules aussi

immenses. Jean-Paul II

a aussi été un écrivain

prolifique, avec 14 ency-

cliques. Tous ses écrits et

discours (plus de 100 000

pages) remplissent 200

volumes.

Dans un texte récent

portant sur le pontificat

de son prédécesseur, le

Pape émérite Benoît XVI

a mentionné que l’une

des plus importantes

encycliques de Jean-

Paul II était «Veritatis

splendor» (la splendeur

de la vérité), publiée en

1993, dans laquelle il est

question des fondements

de la morale. C’est peut-

être, de toutes les ency-

cliques de Jean-Paul II, la

plus négligée et la moins

appliquée, mais Benoît XVI affirme qu’«étudier cette

encyclique et l’assimiler reste un grand et important

devoir». Voici un résumé de cette encyclique, tel que

paru dans Vers Demain de janvier-février 1994:

par

Alain Pilote

Le 5 octobre 1993 était officiellement présentée la

10e

encyclique du Pape Jean-Paul II, intitulée

Veritatis

splendor

(la splendeur de la vérité), portant sur "quel-

ques questions fondamentales de l'enseignement mo-

ral de l'Église". Datée du 6 août 1993 (fête de la Transfi-

guration du Seigneur), cette encyclique, fruit de 6 ans

de travail, s'adresse premièrement aux évêques, qui,

avec le Successeur de Pierre, ont le devoir de veiller à

ce que la Parole de Dieu soit enseignée fidèlement, et

que les fidèles ne soient pas induits en erreur par de

fausses doctrines.

Une véritable crise

Jean-Paul II écrit que circulent, «même dans les

séminaires et les facultés de théologie», des théories

contraires à l'enseigne-

ment moral de l'Église,

qui mettent en danger la

foi et le salut des fidèles.

Le Pape parle de l'existen-

ce d'une «véritable crise,

tant les difficultés entraî-

nées sont graves pour la

vie morale des fidèles»,

et la vie en société. A un

certain endroit de l'ency-

clique, le Souverain Pon-

tife mentionne d'ailleurs

cette parole de saint Paul:

«Car un temps vien-

dra où les hommes ne

supporteront plus la

saine doctrine, mais au

contraire, au gré de leurs

passions et l'oreille les

démangeant, ils se don-

neront des maîtres en

quantité et détourne-

ront l'oreille de la vérité

pour se tourner vers les

fables...»

(

2 Timothée 4,

3-4).

Avec cette encycli-

que, Jean-Paul II veut met-

tre fin à la confusion qui

règne dans l'esprit de trop

de fidèles, qui se sont fait

répéter pendant des années par de faux prophètes —

qui se prétendent catholiques mais qui ne le sont que

de nom seulement, ne restant dans l'Église que pour

mieux la détruire — des mensonges comme «il n'y a

plus de péchés, il n'y a pas d'enfer, les Dix Commande-

ments sont dépassés et ne sont plus valides aujourd'hui,

on peut être bon catholique et être sauvé tout en étant

contre l'enseignement de l'Église, on n'a qu'à prendre ce

qui fait notre affaire et laisser tomber le reste, etc.»

À force d'entendre de telles faussetés, plusieurs

catholiques ont malheureusement fini par les croire, à

la grande satisfaction du démon, qui veut la perte des

âmes et l'échec du plan de Dieu. Ce magistral docu-

ment du Saint-Père (plus de 178 pages) arrive donc à

point. Il ne faut pas se surprendre que plusieurs soi-

disant «théologiens» soient en furie contre cette ency-

clique, puisque le Pape y dénonce précisément, avec

clarté et logique, les erreurs que ces mêmes théolo-

giens ont répandu à profusion depuis des années.

Voici donc un résumé de cette encyclique; les paroles

du Pape sont en caractères gras et entre guillemets:

Obéir aux Commandements de Dieu

Comme base de

l'encyclique, Jean-Paul

II reprend le dialogue

de Jésus avec le jeune

homme riche: –

«Maî-

tre, que dois-je faire

de bon pour obtenir

la vie éternelle?» – «Si

tu veux entrer dans la

vie, observe les com-

mandements.»

L'ob-

servance des Dix Com-

mandements est donc

la première condition

du salut. Ce n'est pas

l'homme qui peut déci-

der de ce qui est bien

ou mal, mais Dieu seul.

Dans ce sens, l'ex-

pression «il faut agir se-

lon sa conscience» n'est

valide que si notre conscience est soumise à la vérité,

à la Loi divine, dont l'Église catholique romaine est la

fidèle dépositaire et interprète, selon le mandat que lui

a confié le Christ. En effet, quelqu'un peut être sincère,

mais être tout de même dans l'erreur. L'Église est donc

là pour aider les fidèles à former leur conscience. C'est

pourquoi l'Église enseigne que s'il est vrai que tout

homme a une volonté libre, il existe aussi

«l'obligation

morale grave pour tous de chercher la vérité et, une

fois qu'elle est connue, d'y adhérer.»

Certains, pour justifier leurs péchés, pourraient en

effet se forger de faux raisonnements, mais la Parole

de Dieu est très claire:

«L'Apôtre Paul déclare que

n'hériteront du Royaume de Dieu “ni impudiques, ni

idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de moeurs

infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes,

insulteurs ou rapaces” (1 Corinthiens 6, 9-10).

«Les préceptes négatifs de la loi naturelle (“Tu

ne tueras pas”, etc.) sont universellement valables:

ils obligent tous et chacun, toujours et en toute

circonstance... Il est défendu à tous et toujours de

transgresser des préceptes qui interdisent, à tous et

à tout prix, d'offenser en quiconque et, avant tout, en

soi-même la dignité personnelle commune à tous.»

Le Pape rappelle l'existence du péché mortel qui,

comme son nom l'indique, donne la mort à l'âme, et

dont la présence d'un seul nous mérite l'enfer:

«Avec chaque péché commis de manière délibé-

rée, l'homme offense Dieu qui a donné la Loi et il se

rend donc coupable à l'égard de la Loi tout entière;

tout en restant dans la foi, il perd la grâce sanctifian-

te, la charité et la béatitude éternelle... Le Synode des

Évêques de 1983 n'a pas “seulement réaffirmé ce qui

avait été proclamé par le Concile de Trente sur l'exis-

tence et la nature de péchés mortels et véniels, mais

il a voulu rappeler qu'est péché mortel tout péché

qui a pour objet une

matière grave et qui,

de plus, est commis en

pleine conscience et

de consentement déli-

béré”.»

L'amour de Dieu

jusqu'au martyre

«L'amour de Dieu

et l'amour du prochain

sont inséparables de

l'observance des com-

mandements de l'Al-

liance, renouvelée dans

le sang de Jésus Christ

et dans le don de l'Es-

prit. C'est justement

l'honneur des chrétiens

d'obéir à Dieu plutôt

qu'aux hommes et,

pour cela, d'accepter

même le martyre, comme l'ont fait des saints et des

saintes de l'Ancien et du Nouveau Testament, recon-

nus tels pour avoir donné leur vie plutôt que d'ac-

complir tel ou tel geste particulier contraire à la foi

ou à la vertu. (...)

«L'Église propose l'exemple de nombreux saints

et saintes qui ont rendu témoignage à la vérité mo-

rale et l'ont défendue jusqu'au martyre, préférant la

mort à un seul péché mortel. En les élevant aux hon-

neurs des autels, l'Église a canonisé leur témoignage

et déclaré vrai leur jugement, selon lequel l'amour de

Dieu implique obligatoirement le respect de ses com-

mandements, même dans les circonstances les plus

graves, et le refus de les transgresser, même dans

l'intention de sauver sa propre vie...

«Par rapport aux normes morales qui interdisent

le mal intrinsèque, il n'y a de privilège ni d'exception

pour personne. Que l'on soit le maître du monde ou

le dernier des “misérables” sur la face de la terre,

cela ne fait aucune différence: devant les exigences

morales, nous sommes tous absolument égaux...

Les autorités civiles et les particuliers ne sont jamais

autorisés à transgresser les droits fondamentaux et

inaliénables de la personne humaine.»

Même si nous savons ce qui est bien, nous ne le

faisons pas toujours car, depuis la chute de nos pre-

miers parents Adam et Ève, le péché originel est en

L’encyclique

Veritatis splendor

du Pape Jean-Paul II

Vivre selon la vérité des Commandements de Dieu

Jean-Paul II sera canonisé le 27 avril 2014

Jésus et le jeune homme riche (Mt 19, 16-26)

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VERS DEMAIN mars-avril 2014

VERS DEMAIN mars-avril 2014

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