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Au début de janvier 1936, l’Association des Comp-

tables agréés de la Cité de Québec, sur la suggestion

du Frère Ferdinand, professeur à l’Académie commer-

ciale, demanda à M. Even une conférence sur le Crédit

Social. M. Even eut ce soir-là un auditoire de choix.

Entre autres, au premier rang: Me J.-Ernest Grégoire,

maire de Québec et député de Montmagny; son ami, le

docteur Philippe Hamel, aussi député et grand lutteur

contre les trusts; leur ami commun, le docteur Mar-

coux; le rédacteur-en-chef du journal

L’Action Catholi-

que

, Eugène l’Heureux, etc. Aussi, plusieurs Frères de

l’Académie, dont le Frère Palassis, directeur, et d’autres

du public, comme Lucien Paradis, qui allaient devenir

membres actifs du mouvement en formation.

La même année, Louis Even soumit un projet qu’il

avait en tête depuis longtemps: la publication d’un

bulletin périodique (mensuel si possible), qu’il appelle-

rait

Cahiers du Crédit Social.

Le premier numéro des

Cahiers du Crédit Socia

l portait la date d’octobre 1936.

M. Even travaillait toujours à l’établissement de Garden

City press. Il rédigeait les Cahiers dans ses soirées et fai-

sait ses tournées dans le pays dans ses fins de semaine.

Les Cahiers ne dépassèrent jamais 2 400 abonnés;

mais une bonne partie des éditions s’écoulait par l’in-

Le Père Joseph Mbuyi Lu-

membu, de la République Démo-

cratique du Congo, un Francis-

cain, résidant en Italie et dont un

des domaines d’intérêt sont les

archives, est entrain de lire les

années reliées du journal Vers

Demain. Voici quelques-unes de

ses impressions données pen-

dant la semaine d’étude du mois d’août dernier:

«J’ai pu lire plus de 1 200 articles de Louis Even

dans Vers Demain, particulièrement les articles pro-

duits entre 1939 et 1972, et il me semble qu’il n’y a

pas d’erreurs à considérer la personnalité de Louis

Even comme une vaste personnalité. Ses nombreu-

ses contributions écrites tout comme celles radio-

diffusées font bien voir la diversité des domaines

auxquels il portait son intérêt, et donc la mesure de

l’ouverture de son esprit. Il s’agissait, à mon humble

avis, d’un esprit universel.

«En effet, aucune des questions pouvant concer-

ner les aspects fondamentaux d’une digne vie

n’échappaient à l’attention de Louis Even, et cela, au

double point de vue naturel et surnaturel.

«Ses écrits tout comme ses interventions radio-

diffusées montrent qu’il écrivait et parlait en homme

documenté, sans à peu près. Il lui fallait être précis,

sachant qu’il ne manquait pas sur son chemin des

gens qui cherchaient à le prendre en défaut d’une

manière ou d’une autre sur les différentes matières

qu’il traitait, et à le couler avec plaisir. Ainsi ses expo-

sés se distinguaient-ils par leur force d’argumenta-

tion et leur clarté. Son langage est propre à être saisi

aussi bien par des esprits formés que par ceux non

spécialement formés.

«M. Louis Even, cela se sent dans ses exposés,

avait le courage de ses convictions aussi bien humai-

nes que religieuses. Et je crois personnellement que

c’est là une force qu’il puisait dans sa foi en Dieu de

Jésus-Christ, et en sa dévotion tellement profonde

en la Vierge Marie et en saint Michel Archange.

Ce qui me frappe, c’est la ferme orientation ca-

tholique et romaine donnée par Louis Even et Gilber-

te Côté-Mercier à leur œuvre. Ils s’étaient fixé comme

objectif principal la promotion du développement

d’un monde meilleur.

Le journal Vers Demain est-il édifiant du point de

vue chrétien, du point de vue religieux? Ma réponse

personnelle est qu’il s’agit d’une lecture très pas-

sionnante et édifiante. Même, sans doute, pour qui

en ferait une lecture diagonale.

Il est également à remarquer que beaucoup

d’articles ayant trait à des questions politiques et

socio-économiques n’ont pas perdu leur actualité,

si bien que je suis convaincu que moyennant un bon

choix on pourrait en republier plusieurs dans la nou-

velle forme de la revue et faire œuvre utile.”

Père Joseph Mbuyi Lumembu

termédiaire de propagandistes qui en prenaient régu-

lièrement, à chaque édition, 40 exemplaires pour un

dollar, les revendant à 5 sous l’unité. Ces Cahiers ne

purent paraître régulièrement tous les mois. Il fallait

en écouler suffisamment pour payer à l’imprimeur au

moins une partie de la dette accumulée avant de pro-

céder à un nouveau numéro. En trois années, d’octo-

bre 1936 à août 1939, il parut un total de 16 numéros.

Louis Even

Finalement, en septembre 1939, alors même que

le Canada entrait en guerre contre l’Allemagne, la déci-

sion fut prise de lancer un journal. Vers Demain paraît

sans interruption depuis cette date. De sa fondation

jusqu’en 1964, Vers Demain avait 8 pages et paraissait

à tous les 15 jours. En raison de l’augmentation des

frais de poste, on a dû réduire le nombre de numéros

par année, mais le nombre de pages augmenta. En

2011, Vers Demain passa du format de journal tabloid

à magazine sur papier glacé, toujours avec un prix mo-

dique pour l’abonnement, grâce au bénévolat de tous

ses artisans, et les dons des bienfaiteurs. Puisse Vers

Demain continuer de rester fidèle au charisme de son

fondateur, et répandre la belle lumière du Crédit Social

pour beaucoup d’autres années !

Les articles de Louis Even, toujours d’actualité

Chers frères et sœurs, je voudrais vous offrir, à

l’occasion du Carême, quelques réflexions qui puis-

sent vous aider dans un chemin personnel et commu-

nautaire de conversion. Je m’inspirerai de la formule

de saint Paul: «Vous connaissez en effet la généro-

sité de notre Seigneur Jésus-Christ: lui qui est riche,

il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous

deveniez riches par sa pauvreté» (2 Co 8, 9). L’Apôtre

s’adresse aux chrétiens de Corinthe pour les encou-

rager à être généreux vis-à-vis des fidèles de Jé-

rusalem qui étaient dans le besoin. Que nous

disent-elles, ces paroles de saint Paul, à nous

chrétiens d’aujourd’hui ? Que signifie, pour

nous aujourd’hui, cette exhortation à la pau-

vreté, à une vie pauvre dans un sens évan-

gélique?

Ces paroles nous disent avant tout

quel est le style de Dieu. Dieu ne se révèle

pas par les moyens de la puissance et de la

richesse du monde, mais par ceux de la fai-

blesse et la pauvreté... Le Christ, le Fils éter-

nel de Dieu, qui est l’égal du Père en puissan-

ce et en gloire, s’est fait pauvre; il est descendu

parmi nous, il s’est fait proche de chacun de nous, il

s’est dépouillé, «vidé», pour nous devenir semblable

en tout... La charité, l’amour, signifient partager en tout

le sort du bien-aimé. L’amour rend semblable, il crée

une égalité, il abat les murs et les distances. C’est ce

qu’a fait Dieu pour nous...

On a dit qu’il n’y a qu’une seule tristesse, c’est

celle de ne pas être des saints (Léon Bloy); nous pour-

rions également dire qu’il n’y a qu’une seule vraie mi-

sère, c’est celle de ne pas vivre en enfants de Dieu et

en frères du Christ.

À l’exemple de notre Maître, nous les chrétiens,

nous sommes appelés à regarder la misère de nos

frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer

concrètement pour la soulager. La misère ne coïncide

pas avec la pauvreté; la misère est la pauvreté sans

confiance, sans solidarité, sans espérance. Nous pou-

vons distinguer trois types de misère: la misère maté-

rielle, la misère morale et la misère spirituelle.

La misère matérielle est celle qui est appelée com-

munément pauvreté et qui frappe tous ceux qui vivent

dans une situation contraire à la dignité de la personne

humaine: ceux qui sont privés des droits fondamen-

taux et des biens de première nécessité comme la

nourriture, l’eau et les conditions d’hygiène, le travail,

la possibilité de se développer et de croître culturelle-

ment. Face à cette misère, l’Église offre son service,

sa

diakonia

, pour répondre aux besoins et soigner ces

plaies qui enlaidissent le visage de l’humanité. Nous

voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le

«Il s'est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté»

Message du Pape François pour le Carême 2014

visage du Christ; en aimant et en aidant les pauvres

nous aimons et nous servons le Christ. Notre enga-

gement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans

le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine,

les discriminations et les abus qui sont si souvent à

l’origine de la misère. Lorsque le pouvoir, le luxe et

l’argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur

l’exigence d’une distribution équitable des richesses.

C’est pourquoi il est nécessaire que les consciences se

convertissent à la justice, à l’égalité, à la sobriété et

au partage.

La misère morale n’est pas moins préoc-

cupante. Elle consiste à se rendre esclave

du vice et du péché. Combien de familles

sont dans l’angoisse parce que quelques-

uns de leurs membres – souvent des jeu-

nes – sont dépendants de l’alcool, de la

drogue, du jeu, de la pornographie ! Com-

bien de personnes ont perdu le sens de la

vie, sont sans perspectives pour l’avenir et

ont perdu toute espérance ! Et combien de

personnes sont obligées de vivre dans cette

misère à cause de conditions sociales injustes,

du manque de travail qui les prive de la dignité de

ramener le pain à la maison, de l’absence d’égalité

dans les droits à l’éducation et à la santé.

Dans ces cas, la misère morale peut bien s’appeler

début de suicide. Cette forme de misère qui est aussi

cause de ruine économique, se rattache toujours à la

misère spirituelle qui nous frappe, lorsque nous nous

éloignons de Dieu et refusons son amour. Si nous esti-

mons ne pas avoir besoin de Dieu, qui nous tend la

main à travers le Christ, car nous pensons nous suffire

à nous-mêmes, nous nous engageons sur la voie de

l’échec. Seul Dieu nous sauve et nous libère vraiment.

L’Évangile est l’antidote véritable contre la misère

spirituelle: le chrétien est appelé à porter en tout lieu

cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour

le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus

grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement,

toujours, et selon laquelle nous sommes faits pour la

communion et pour la vie éternelle...

Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême

trouve toute l’Église disposée et prête à témoigner du

message évangélique à tous ceux qui sont dans la mi-

sère matérielle, morale et spirituelle; message qui se

résume dans l’annonce de l’amour du Père miséricor-

dieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ.

Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous

serons conformés au Christ, Lui qui s’est fait pauvre et

qui nous a enrichis par sa pauvreté.

Le Pape François

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VERS DEMAIN mars-avril 2014

VERS DEMAIN mars-avril 2014

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