Table of Contents Table of Contents
Previous Page  8-9 / 48 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 8-9 / 48 Next Page
Page Background

u

l’action de l’Esprit-Saint. Et n’hésitons pas à communi-

quer avec eux — personnellement ou par lettre collec-

tive ou même par pétition — pour demander que tous

les Québécois et Québécoises puissent bénéficier en

fin de vie d’une véritable aide aux mourants sous la

forme de soins palliatifs, et non de l’euthanasie, qui est

le contraire des soins palliatifs.

«Au cours des prochai-

nes semaines, que notre

prière à ces intentions

soit fréquente et intense

et qu’elle soit nourrie de

la Parole de Dieu et des

sacrements. Prions indivi-

duellement, dans le coeur

à coeur avec le Seigneur,

et aussi en nous réunissant

avec d’autres pour la litur-

gie, l’adoration, la louange

et la récitation du rosaire.

Et comme nous y invite la grande tradition de l’Église,

associons à notre prière des actes de pénitence, de

jeûne, de don de soi et de partage.»

Le 6 juin, lendemain de l’adoption de la loi 52, Mgr

Fournier écrivait la lettre suivante, toujours en tant que

président de l’Assemblée des évêques du Québec:

«L’adoption de la loi autorisant l’euthanasie en

fin de vie sous le nom d’

aide médicale à mourir

nous

cause une profonde déception et une vive inquiétude.

«La répartition du vote à l’Assemblée nationale —

94 députés «pour», 22 «contre» — reflète l’absence de

consensus en notre société à ce sujet. Ils sont nom-

breux les citoyens et citoyennes qui ne peuvent accep-

ter le fait qu’on considère comme un droit de pouvoir

demander de recevoir une injection causant la mort.

«Nous comprenons, bien sûr, l’angoisse et la

peine de tous ceux et celles qui ont entendu un pro-

che réclamer la mort pendant une difficile agonie. La

véritable réponse de la société et de la médecine à

cette situation, ce sont les soins palliatifs: ils sont la

meilleure façon de soulager la souffrance d’une per-

sonne approchant la fin de sa vie et de l’aider à vivre

cette étape ultime avec humanité et dignité.

«Nous disons notre solidarité et notre soutien à

tous ceux et celles qui oeuvrent dans ce domaine des

soins palliatifs. Nous espérons que ces soins seront

offerts le plus tôt possible dans toutes les régions du

Québec. Nous pouvons entendre le pape François

nous redire: «Ne vous laissez pas voler l’espérance.»

«Au personnel médical qui sera confronté à des

demandes d’euthanasie, nous souhaitons force et

courage pour invoquer, le moment venu, le droit à

l’objection de conscience. Notre soutien et notre priè-

re vous accompagnent.

«Nous voulons redire enfin notre conviction pro-

fonde, qui est celle de l’Église, que la vie humaine

doit être protégée et respectée jusqu’à sa fin natu-

relle. L’euthanasie, même légalisée, est tout à fait

contraire à la dignité de la vie et de la personne.»

Oui aux soins palliatifs, non à l’euthanasie

Le 3 juin 2014, deux jours avant le vote final à l’As-

semblée nationale, une vigile contre le projet de loi 52

s’est tenue devant le Parlement de Québec. Plusieurs

personnes y ont pris la parole, y compris le cardinal

Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec et Pri-

mat du Canada. Voici des extraits de son allocution:

«Au cours de notre histoire, notre peuple a dû

lutter pour survivre et se faire respecter. Aujourd’hui,

la vie est à nouveau menacée. Les personnes que

nous avons élues pour nous représenter et nous gou-

verner s’apprêtent à voter sur un projet de loi qui

vise à légaliser rien de moins que l’euthanasie. Le

tumulte qui règne dans ce débat est dû, entre autres,

à un vocabulaire nébuleux qui sème la confusion

dans la population. On évite à tout prix de nommer

explicitement le mot euthanasie. On insère sournoi-

sement l’expression «soins de fin de vie» comme s’il

s’agissait d’un soin de santé. Alors qu’un geste médi-

cal n’est JAMAIS posé pour provoquer la mort, mais

pour guérir et soulager.

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix

«Nos élus ont essayé de nous convaincre qu’il y a

un consensus de la population sur ce projet de loi. La

réalité est toute autre. Il n’y a pas de consensus dans

la population, pas plus qu’à l’Assemblée nationale.

Plusieurs députés sont en désaccord ou très mal-à-

l’aise devant le projet de Loi 52. Tout au plus, il y a une

entente entre la direction des partis politiques pour

appuyer ce projet de loi. J’ose espérer que chaque

député pourra voter selon sa conscience et ses pro-

pres convictions et être respecté car les résultats de

ce débat auront des conséquences très graves pour

notre avenir comme peuple.

«Sur le terrain, en écoutant les gens de nos villes

et villages, en échangeant avec les personnes les plus

âgées et même avec des plus jeunes, nous entendons

clairement l’inquiétude profonde que suscite ce projet

de loi qui, s’il est accepté et devient loi, transformerait

les médecins et le personnel soignant en agents et

agentes qui non seulement soignent mais pourraient

aussi donner la mort et faciliter le suicide assisté. Du

jamais vu au Québec ! Je ne voudrais pas être dans les

souliers d’un médecin ou d’une infirmière qui aurait à

vivre avec cette lourde responsabilité. Dans la chambre

5 on fait tout pour soigner, soulager et sauver une vie.

Dans la chambre 6, on injecte un médicament qui, sous

prétexte d’un acte médical de soin de fin de vie, donne

la mort. Ces deux réalités ne peuvent pas coexister.

«On nous a bien rassurés à l’effet que ce projet

de loi sur les soins de fin de vie n’a rien à voir avec la

situation économique du Québec qui est très précaire,

ni avec les coûts sans cesse grandissants reliés à la

santé. Qu’il n’y a aucun lien à faire avec une population

vieillissante qui coûte de plus en plus cher à soigner

et qui vit de plus en plus longtemps. Non, on nous a

bien rassurés que rien de cela précipite ce projet de

loi, mais dans les conversations de bien des gens que

je côtoie, ce n’est pas aussi clair dans leur esprit.

«On a essayé de nous faire croire que l’application

de cette loi serait bien balisée, que nous n’avons rien à

craindre, qu’il n’y aurait pas de danger de dérapage au

Québec. D’autres pays d’Europe, qui ont déjà ouvert

la porte à l’euthanasie avec les mêmes promesses, se

retrouvent aujourd’hui devant une toute autre réalité.

«Prenons l’exemple de la Belgique qui a légalisé

l’euthanasie en 2002. Au moment où l’euthanasie est

devenue légale, on avait prédit qu’il y aurait très très

peu de cas qui réuniraient les conditions nécessai-

res pour qu’une injection mortelle soit donnée. Avec

les comités de médecins et les professionnels de la

santé, qui accompagneraient le processus, les Belges

n’avaient rien à craindre. Leur mort, (excusez) leur vie

était entre bonnes mains.

«Où en sont-ils à peine 12 ans plus tard? Les der-

niers rapports nous révèlent que l’an dernier, 5 patients

par jour ont opté pour une euthanasie, une hausse de

27% par rapport à l’année précédente. Est-ce cela que

nous désirons pour le Québec? Je dis non ! Et ce n’est

pas tout. En février de cette année, la Belgique est de-

venue le premier pays au monde à légaliser l’euthana-

sie pour les enfants et adolescents, et ce, sans fixer de

condition d’âge.

«Ça va s’arrêter où? Avec mes confrères évê-

ques du Québec, moi je dis: n’ouvrons pas la porte

à l’euthanasie. Les seuls soins de fin de vie qui sont

dignes et acceptables pour notre population sont les

soins palliatifs. D’ailleurs, une large proportion des

médecins qui œuvrent en soins palliatifs depuis des

décennies, et qui sont les véritables spécialistes de

la question, sont contre ce projet de loi. Et nous les

appuyons car ils savent de quoi ils parlent. Ils se sont

souvent exprimés au cours de ce débat mais ils n’ont

pas été très écoutés.

«Que notre gouvernement mette tout en œuvre

pour offrir à la population des milieux urbains ainsi

que des régions rapprochées et éloignées, des soins

palliatifs pour bien accompagner les personnes en fin

de vie. C’est ce que nous pouvons offrir de mieux aux

Québécois et Québécoises afin qu’ils terminent leur

vie dans la dignité. Nous n’avons pas le droit de dé-

truire ce que nous ne sommes pas capables de créer;

c’est-à-dire une vie humaine !

«C’est pourquoi je me joins à vous aujourd’hui,

pour inviter les députés de l’Assemblée nationale

du Québec à voter contre le projet de loi 52 tel qu’il

est présenté actuellement. Développons sérieuse-

ment l’accès aux soins palliatifs partout au Québec et

nous n’aurons jamais besoin d’euthanasie. Le peuple

québécois peut relever ce défi s’il décide de le faire.

Soyons des défenseurs de la vie humaine et devenons

des chefs de file dans le respect de toute vie humaine.

Notre avenir en dépend!

«Comme croyants, comme chrétiens et catholi-

ques, nous continuons de prier afin que nos députés

puissent prendre des décisions éclairées pour le bien-

être de la population, des décisions qui respectent

toute vie humaine.»

Le faux argument de la compassion

Les partisans de la loi 52 di-

sent que c’est une question de

compassion que de laisser les

gens choisir de mourir s’ils ne

veulent pas souffrir, mais c’est un

faux argument, puisque la méde-

cine actuelle, avec les soins pal-

liatifs, peut pratiquement éliminer

toutes ces souffrances. Dans une

lettre parue le 16 juin 2014 dans

le Journal de Montréal, Dr Marc

Beauchamp, chirurgien ortho-

pédiste, signataire du Collectif des médecins contre

l’euthanasie et président du groupe Vivre Dans la

Dignité explique ce qui s’est vraiment passé dans les

coulisses pour le passage de la loi 52:

«Ce n’est pas une question de souffrance dans

les derniers jours que les tenants de la loi 52 visent.

Ça c’est l’alibi, la justification morale, qui veut lais-

ser croire qu’on veut cette loi pour ne pas laisser les

mourants dans leur douleur. Pourtant, quand on est

médecin on sait que nos moyens de traiter cette souf-

france sont extrêmement efficaces, et mes collègues

des soins palliatifs le savent mieux que n’importe qui.

Ils sont donc allés présenter à la commission

Mourir

Dans la Dignité

pour le faire savoir aux politiciens.

«À cette commission tous les médecins cliniciens

actifs sauf un ont d’ailleurs plaidé pour ne pas intro-

duire l’euthanasie/aide médicale à mourir dans le sys-

tème de santé. Résultat: rien. Aucune mention de ces

faits dans le rapport final.

«Plus tard, en commission parlementaire à Qué-

bec, les spécialistes en soins palliatifs sont retournés le

réaffirmer aux membres de cette commission (formée

presque exclusivement de supporteurs de l’euthana-

Mgr P.-A. Fournier

Marc Beauchamp

u

8

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2014

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2014

www.versdemain.org www.versdemain.org

9