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que nous avons entendus en seconde lecture. C’est

une communauté dans laquelle se vit l’essentiel de

l’Évangile, c'est-à-dire l’amour, la miséricorde, dans

la simplicité et la fraternité.

C’est l’image de l’Église que le Concile Vatican II a

eu devant lui. Jean XXIII et Jean Paul II ont collaboré

avec le Saint-Esprit pour restaurer et actualiser l’Égli-

se selon sa physionomie d’origine, la physionomie

que lui ont donnée les saints au cours des siècles.

N’oublions pas que ce sont, justement, les saints qui

vont de l’avant et font grandir l’Église. Dans la convo-

cation du Concile, saint Jean XXIII a montré une déli-

cate docilité à l’Esprit-Saint, il s’est laissé conduire et

a été pour l’Église un pasteur, un guide-guidé, guidé

par l’Esprit. Cela a été le grand service qu’il a rendu à

l’Église. C’est pourquoi j’aime penser à lui comme le

Pape de la docilité à l’Esprit-Saint.

Dans ce service du Peuple de Dieu, saint Jean-

Paul II a été le Pape de la famille. Lui-même a dit un

jour qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui com-

me du Pape de la famille. Cela me plaît de le souli-

gner alors que nous vivons un chemin synodal sur la

famille et avec les familles, un chemin que, du Ciel,

certainement, il accompagne et soutient.

Que ces deux nouveaux saints Pasteurs du Peu-

ple de Dieu intercèdent pour l’Église, afin que, durant

ces deux années de chemin synodal, elle soit docile

au Saint-Esprit dans son service pastoral de la fa-

mille. Qu’ils nous apprennent à ne pas nous scanda-

liser des plaies du Christ, et à entrer dans le mystère

de la miséricorde divine qui toujours espère, toujours

pardonne, parce qu’elle aime toujours.

Soulignant la solennité de l'acte, et la triple autori-

té engagée par la canonisation – celle du Christ, celle

des Apôtres Pierre et Paul et celle du pape lui-même

– le pape François a proclamé en latin selon la for-

mule consacrée:

«En l’honneur de la Très Sainte et indivisible Trini-

té, pour l’exaltation de la foi catholique et la croissance

de la vie chrétienne, par l’autorité de notre Seigneur

Jésus-Christ, des saints Apôtres Pierre et Paul et la

Nôtre, après avoir réfléchi longuement, ayant imploré

de nombreuses fois l’aide divine et ayant écouté l’avis

de nombreux frères, nous déclarons et définissons

comme saints les bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul

II, et nous les inscrivons au Livre des Saints, et nous

établissons qu’ils soient honorés avec piété et dévo-

tion parmi les saints dans l’Église universelle. Au nom

du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.»

L'assemblée a répondu trois fois «Amen ! », ap-

plaudissant vivement les deux nouveaux saints dont

les portraits sur fond bleu ornaient la façade de la

basilique vaticane. Les reliques des deux saints pa-

pes – un tissu de peau de Jean XXIII et du sang de

Jean-Paul II – ont été apportées en procession au

pape François qui les a vénérées, puis placées sur un

piédestal auprès de l'autel fleuri de roses

multicolores de l'Equateur.

Voici l'homélie prononcée par le Pape

François pour la canonisation de Jean

XXIII et Jean-Paul II:

Au centre de ce dimanche

qui conclut l’Octave de Pâques,

et que saint Jean Paul II a voulu

dédier à la Divine Miséricorde, il

y a les plaies glorieuses de Jésus

ressuscité.

Il les montre dès la première

fois qu’il apparaît aux Apôtres, le

soir même du jour qui suit le sabbat, le jour de la

résurrection. Mais ce soir-là, nous l’avons entendu,

Thomas n’est pas là; et quand les autres lui disent

qu’ils ont vu le Seigneur, il répond que s’il ne voyait

pas et ne touchait pas les blessures, il ne croirait

pas. Huit jours après, Jésus apparut de nouveau au

Cénacle, parmi les disciples, Thomas aussi était là; il

s’adresse à lui et l’invite à toucher ses plaies. Et alors

cet homme sincère, cet homme habitué à vérifier en

personne, s’agenouille devant Jésus et lui dit «Mon

Seigneur et mon Dieu» (Jn 20,28).

Les plaies de Jésus sont un scandale pour la foi,

mais elles sont aussi la vérification de la foi. C’est

pourquoi dans le corps du Christ ressuscité les

plaies ne disparaissent pas, elles demeurent, parce

qu’elles sont le signe permanent de l’amour de Dieu

pour nous, et elles sont indispensables pour croire

en Dieu. Non pour croire que Dieu existe, mais pour

croire que Dieu est amour, miséricorde, fidélité. Saint

Pierre, reprenant Isaïe, écrit aux chrétiens: «Par ses

plaies vous avez été guéris» (1P 2,24 ; Cf. Is53,5).

Saint Jean XXIII et saint Jean Paul II ont eu le cou-

rage de regarder les plaies de Jésus, de toucher ses

mains blessées et son côté transpercé. Ils n’ont pas

eu honte de la chair du Christ, ils ne se sont pas scan-

dalisés de lui, de sa croix ; ils n’ont pas eu honte de

la chair du frère (Cf. Is 58,7), parce qu’en toute per-

sonne souffrante ils voyaient Jésus. Ils ont été deux

hommes courageux, remplis de la liberté et du cou-

rage (parresia) du Saint-Esprit, et ils ont rendu témoi-

gnage à l’Église et au monde de la bonté de Dieu, de

sa miséricorde.

Il ont été des prêtres, des évêques, des papes du

XXème siècle. Ils en ont connu les tragédies, mais n’en

ont pas été écrasés. En eux, Dieu était plus fort; plus

forte était la foi en Jésus-Christ rédempteur de l’hom-

me et Seigneur de l’histoire; plus forte était en eux

la miséricorde de Dieu manifestée par les cinq plaies;

plus forte était la proximité maternelle de Marie.

En ces deux hommes, contemplatifs des plaies

du Christ et témoins de sa miséricorde, demeurait

une «vivante espérance», avec une «joie indicible

et glorieuse» (1P 1,3.8). L’espérance et la joie que le

Christ ressuscité donne à ses disciples, et dont rien

ni personne ne peut les priver. L’espérance et la joie

pascales, passées à travers le creuset du dépouille-

ment, du fait de se vider de tout, de la proximité avec

les pécheurs jusqu’à l’extrême, jusqu’à l’écœurement

pour l’amertume de ce calice. Ce sont l’espérance et

la joie que les deux saints Papes ont reçues en don

du Seigneur ressuscité, qui à leur tour les ont don-

nées au peuple de Dieu, recevant en retour une éter-

nelle reconnaissance.

Cette espérance et cette joie se respiraient dans

la première communauté des croyants, à Jérusalem,

dont parlent les Actes des Apôtres (Cf. 2, 42-47),

Deux Papes saints au ciel, deux

Papes sur la place Saint-Pierre:

au début de la cérémonie, le

Pape François est allé saluer le

Pape émérite Benoît XVI,

qui avait lui-même béatifié

Jean-Paul II le 1er mai 2011.

Le pape François reçoit le reliquaire

contenant le sang de Jean-Paul II des

mains de Floribeth Mora Diaz du Costa

Rica, qui avait été guérie miraculeuse-

ment par l’intercession de Jean-Paul

II le jour de sa béatification, le 1er mai

2011, C’est ce miracle qui a été accepté

pour la canonisation.

La foule, qui avait empli la place Saint-Pierre dès avant l’aube,

s’étendait à perte de vue le long de la Via della Conciliazione (rue

de la réconciliation) jusque sur les rives du Tibre.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2014

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