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par

Dom Antoine-Marie, o.s.b

Du 13 mai au 13 octobre 1917, la Bienheu-

reuse Vierge Marie est apparue sept fois à

trois jeunes bergers portugais, à

Fatima. Lors de sa dernière ap-

parition, la Mère de Dieu tenait

en main deux carrés de laine

brune reliés par des cordons:

un scapulaire du Mont-Car-

mel. En août 1950, Soeur

Lucie, l’une des voyantes,

devenue carmélite, a expli-

qué: «C’est parce que No-

tre-Dame désire que l’on

porte le saint scapulaire.»

Quelle est l’origine de cet «ha-

bit» présenté par Marie?

Les prophètes ont chanté la beauté du Carmel,

cette montagne de Galilée s’avançant en promontoire

au-dessus de la Méditerranée. Le prophète Élie l’illus-

tra par ses vertus et ses prodiges au IXe siècle avant

l’incarnation du Fils de Dieu. Vers le 1er siècle de notre

ère, on y trouve des monastères byzantins, sur les rui-

nes desquels se groupèrent, à la fin du XIIe siècle, des

ermites d’Europe venus en Palestine dans le grand

mouvement des croisades. Ces moines construisirent

sur le Carmel une belle petite église à Notre-Dame, où

la Mère de Dieu sera appelée «Princesse et Mère du

Carmel». C’est l’origine des religieux de Notre-Dame

du Carmel, ou Carmes, appellation qui leur fut donnée

par la suite. Mais au XIIIe siècle, chassés de Terre Sain-

te par la persécution musulmane, ces Carmes furent

contraints de retourner en Europe.

Étonnant privilège

Saint Simon Stock, né en Angleterre vers la fin du

XIIe siècle, fut probablement le témoin des commen-

cements de l’ordre des Carmes sur le mont Carmel.

Rentré en Angleterre, il est élu, vers le milieu du XIIIe

siècle, prieur général de l’ordre. À cette époque, un

grand nombre de ses religieux passent vers d’autres

ordres mendiants, les Franciscains ou les Dominicains,

au point de menacer l’existence même de l’ordre du

Carmel. Dans cette extrémité, Simon Stock se tourne

vers Marie. La Mère de Dieu répond à son attente en

lui apparaissant, vraisemblablement le 16 juillet 1251.

Voici ce que rapporte un ancien document: «Simon,

homme de grande tempérance et de dévotion envers

Marie, priait souvent avec humilité et instance la Vier-

ge, glorieuse Mère de Dieu, Patronne de l’ordre des

Carmes, afin qu’elle accordât un privilège à cet ordre

qui se distinguait par son nom. Or, un jour, Notre-Da-

me lui apparut entourée d’une multitude d’anges,

tenant à la main un scapulaire. (Le

scapulaire est la partie extérieure de

l’habit monastique, sorte de grand

tablier porté sur les épaules: «sca-

pulæ», en latin). La Vierge dit à

Simon: «Voici un signe pour toi

et un privilège pour tous les Car-

mes: celui qui mourra revêtu

de cet habit sera préservé

des flammes éternelles».» La

vision est bientôt reconnue

par le Pape Innocent IV, et la nou-

velle du merveilleux présent fait par la Mère

de Dieu à l’ordre du Carmel se répand rapidement.

De partout, on voit accourir des personnes de toutes

conditions, avides de participer aux grandes faveurs

promises: en effet, le don du scapulaire était fait à

l’Église entière (la Sainte Vierge avait dit «quiconque

mourra avec le signe de l’ordre...»). En s’agrégeant

à la confrérie du scapulaire, les laïcs aussi pouvaient

bénéficier du message de salut donné aux Carmes.

Pour qu’ils puissent le porter discrètement, la taille du

scapulaire a été réduite.

Ce bienfait du scapulaire accordé par Marie met

tous les hommes face à la question de leur salut éter-

nel. Il rappelle que notre vie sur terre a un terme et

qu’à notre mort nous serons jugés par Dieu suivant ce

que nous aurons fait. «Qu’est-ce que le jugement par-

ticulier ?», interroge le

Compendium du Catéchisme

de l’Église Catholique

. Il répond: «C’est le jugement

de rétribution immédiate que chacun, à partir de sa

mort, reçoit de Dieu en son âme immortelle, en rela-

tion avec sa foi et ses œuvres. Cette rétribution consis-

te dans l’accession à la béatitude du ciel, aussitôt ou

après une purification proportionnée, ou au contraire

à la condamnation éternelle de l’enfer» (n. 208). Cette

vérité sur les fins dernières de l’homme revêt une im-

portance capitale: notre comportement dans cette vie

prépare notre éternité. La négation par beaucoup de

ces vérités révélées ne les rend pas caduques et ne

change pas la réalité.

À bien des reprises, en effet, Notre-Seigneur re-

vient, dans sa prédication, sur l’enjeu de la vie éter-

nelle. Il souligne combien il est insensé de risquer son

éternité pour des biens qui durent peu:

Que sert à

Le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel

«Celui qui mourra revêtu de cet habit sera préservé

des flammes éternelles», promet Marie

Le Bienheureux Isidore Bakanja, martyr du scapulaire

u

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2014

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