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des libéralités, et ce n’était pas du tout la même cho-

se, c’était autre chose.

Puis ensuite l’autre lieu de servitude, c’est l’ar-

gent-dette: alors nous avons bien compris que c’est

un lieu de servitude. Solon (homme d’État grec au 6e

siècle avant Jésus-Christ) a dénoncé cette servitude

pour dette qui pouvait aller jusqu’à la mort, et la det-

te, et cela je l’ai bien perçu, crée des liens matériels,

mais la dette crée également des liens spirituels avec

les forces de l’argent, avec ces forces de l’argent qui

sont aussi spirituelles. Madame la directrice, Thérèse

Tardif, nous l’a souvent dit, c’est un culte à Mammon,

c’est un culte au dieu de l’argent. Et il y a cette phra-

se à laquelle nous sommes tous très attachés, de la

lettre de saint Paul aux Romains (13, 8): «Ne gardez

aucune dette si ce n’est la dette de l’amour mutuel.»

Et l’amour mutuel c’est aussi le Crédit Social, nous

l’avons compris, cet amour mutuel peut prendre cet-

te forme du Crédit Social.

Il y a une autre fulgurance, une autre chose qui

m’a beaucoup intéressée, c’est d’avoir saisi le lien

très fort qui existe entre l’enseignement de Clifford

Hugh Douglas, entre l’enseignement de Louis Even et

la pensée d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin. C’est

un lien qui est un peu difficile, avec mes étudiants

parfois on travaille 10 heures sur cela, mais Aristote a

décrit la vraie démocratie et il a dit que la vraie démo-

cratie c’est la

politeia

, le régime mixte avec les trois

éléments qui se retrouvent: l’élément démocratique,

l’élément aristocratique, l’élément monarchique.

C’est la

politeia

, c’est cela la vraie démocratie. Et

lorsque monsieur Pilote nous a expliqué ce qu’était

le Crédit Social, il nous a cité cette phrase de Dou-

glas qui parle d’une «aristocratie de producteurs au

service d’une démocratie de consommateurs», et

que l’état récupérait son droit de battre monnaie, il

participait également à cette souveraineté. Et là, je

crois qu’il y a des liens très forts qui se font entre la

pensée, la tradition de l’Église et la pensée de Louis

Even. Il y a vraiment une continuité extraordinaire qui

existe entre Louis Even et la pensée de l’Église, de la

philosophie traditionnelle avec le thomisme...

Et je vais finir par cela, je crois que le Crédit Social

pour réussir, nécessite une véritable prise de conscien-

ce, mais aussi que l’on choisisse de façon radicale Jé-

sus. Et que ce ne soit que Jésus, et que ce soit Jésus

tout entier, sans compromission, sans compromission

avec la banque, sans compromission avec nos autres

idoles. Et ce que nous avons pu remarquer parmi les

fondateurs et parmi les Pèlerins de saint Michel, c’est

qu’il n’y a pas de tiédeur, il n’y a pas de cœur partagé.

Donc vous nous donnez cette envie de ne pas être

tiède et de ne pas avoir de cœur partagé.

Et le Crédit Social, j’en suis de plus en plus per-

suadée, c’est le christianisme appliqué. J’en suis de

plus en plus persuadée. Avec ma petite famille nous

finissons avec une chanson: «Le peuple de Dieu se

lève, armée puissante au cœur de feu, pour dire et

proclamer, amour et vérité, le peuple de Dieu se

lève». Et je voudrais que l’on applaudisse ensemble

très fort: Jésus, la cour céleste, Louis Even, Gérard

Mercier, Gilberte Côté-Mercier et tous les Pèlerins de

saint Michel.

Abbé Jean Paul Bamago, du Burkina Faso:

Ce que notre professeur, M.

Alain Pilote, a expliqué m’a éclai-

ré et j’admire beaucoup la clarté,

la simplicité et la profondeur de

son enseignement. Hier (avant

de venir ici) j’étais dans le noir,

aujourd’hui je suis dans la lumiè-

re. La lumière du crédit social, qui

vient de M. Louis Even. Merci à

ce grand homme dont l’oeuvre nous invite à créer

ensemble un monde meilleur où règnent la confiance

et la justice.

Après avoir suivi cette formation, nous sommes

tous invités à nous impliquer activement, corps et

âme, pour le changement positif du système ban-

caire. J’ai compris que le crédit social est un christia-

nisme appliqué, un christianisme vécu. Une fois de

retour dans mon pays, je dois donc vivre et enseigner

le crédit social. Cet enseignement va m’aider à réali-

ser des actions de développement économique dans

ma paroisse et dans l’ensemble de mon diocèse.

Abbé Jean-Paulin Ki, du Burkina Faso:

Je voudrais vous dire que ma présence ici a été

une providence et tout s’est passé sous le sceau de la

Providence, et Dieu soit loué. Je peux dire que cette

session a été l’occasion d’une prise de conscience de

plus en plus grande d’un monde d’exclusion avec un

régime économique produisant de plus en plus de

pauvres. Oui quand je dis que c’est une providence,

je vais vous l’expliquer.

En 1993, lorsque j’écrivais mon mémoire de théo-

logie de Grand Séminaire sur le thème «Argent et

biens matériels au service du Royaume», j’étais loin de

m’imaginer que je me traçais un chemin de combat à

la fois spirituel et social. Et je suis sociologue. Chemin

qui me mènerait un jour au Canada pour me former

à l’école des Pèlerins de Saint Michel. Dieu soit loué.

En lisant le petit document

Du régime de dettes à

la prospérit

é, j’y ai trouvé l’intervention de Son Émi-

nence le Cardinal Saliège, archevêque de Toulouse

qui disait, en 1954: «Un régime économique qui fa-

brique des pauvres en série, des sans-toit en série,

des ayant-faim en série, tout chrétien se doit de le

combattre et de le remplacer.» C’est profond, et je me

suis senti interpellé en regardant ma propre histoire.

Je me suis toujours préoccupé de cette question de

la pauvreté...

En 2009, ce souci de lutter contre la pauvreté

et d’aider d’autres à s’en sortir m’a poussé à écrire

un livre avec deux autres confrères, intitulé

Lutter

contre la pauvreté en Afrique par l’Évangile

avec

en sous-titre

La production des biens économiques

.

Jusqu’alors j’avais compris que la pauvreté n’était pas

une fatalité et qu’on pouvait s’en sortir. Les commu-

nautés chrétiennes pauvres d’Afrique peuvent s’en

sortir avec l’aide de leurs pasteurs. Tout le problème

est dans la méthode, la manière de la lutte. Et j’en ai

appris durant cette formation.

Ma deuxième conviction, en écrivant ce livre, est

que si le salut apporté par Jésus-Christ est total, il

prend en compte à la fois la dimension matérielle,

donc corporelle et spirituelle de l’homme. Et il faut

convaincre les communautés chrétiennes d’Afrique

de cette réalité.

Ora et labora

(Prier et travailler, la

devise de saint Benoît). A l’école de Louis Even et

des Pèlerins de Saint Michel, j’ai appris que le combat

contre la pauvreté a une dimension internationale, un

visage caché qu’on appelle la finance internationale.

Durant ces quelques jours, j’ai révisé les aspects

importants de la doctrine sociale de l’Église que nous

avons apprise au Grand Séminaire, et j’étais content

de revisiter cela. Nous sommes donc appelés au

combat sur la base des quatre principes de la doc-

trine sociale de l’Église: la personne, les biens com-

muns, la subsidiarité et la solidarité. Principes à ne

jamais perdre de vue.

Mère Marie Catherine Kingbo, fondatrice et su-

périeure de la «Fraternité des Servantes du Christ»

à Maradi, au Niger:

Je commence par remer-

cier les organisateurs de ce

séminaire d’études qui nous

ont permis d’être là à Rouge-

mont... Grâce à votre géné-

rosité, à votre solidarité et à

votre grand désir de répandre

l’oeuvre de votre fondateur

Louis Even, nous avons pu

bénéficier des enseignements

riches et profonds de Mon-

sieur Pilote qui nous interpelle

aujourd’hui pour aller plus loin dans notre pastorale.

Parce que ces enseignements nous donne de l’espoir

et nous ouvre des horizons.

Pour ma part, je retiens deux grandes idées. La

première: l’être humain est au centre et non l’argent.

Parce que la personne a été créée à l’image de Dieu.

Et Dieu a donné la Terre au genre humain.

La deuxième idée c’est le crédit. Crédit qui est

synonyme de confiance. Cette confiance qui nous lie

ensemble quelque soit notre appartenance sociale,

culturelle, religieuse ou politique. Cette confiance en

Dieu, en nous mêmes et aux autres. Cette confiance

nous donne un élan pour produire et distribuer car

malheureusement cette distribution fait défaut et

nous tue.

Ces enseignements m’ont donné personnelle-

ment des outils de travail, de réflexion et de discer-

nement pour faire du crédit social un christianisme

appliqué. Pour essayer de faire vivre les centaines

d’enfants mal nourris que nous recevons régulière-

ment dans notre centre de nutrition.

Abbé Valérien Kahindo Kastinge, de la Républi-

que Démocratique du Congo (RDC):

Dieu ne sommeille pas. Il fait lever parmi nous

des lumières comme Douglas et ensuite l’honorable

monsieur Louis Even, à la suite de qui nous nous ran-

geons dès maintenant. Le mot clé que j’ai pu enten-

dre dès le premier jour de notre étude est le crédit so-

cial, non pas sous forme d’argent, mais de confiance.

Tous ceux qui sont passés avant nous en ont parlé.

On nous a dit que le crédit social met l’argent à sa

place. Premier concept: l’’argent est créé pour la pro-

Assemblée mensuelle à Montréal

Église St-Vincent Ferrier

près du métro Jarry

Entrée sur la rue Henri-Julien

au numéro 8145

13 juillet, 10 août 2014

1.30 hre p.m.: heure d’adoration

2.30 heures p.m.: Réunion

Pour informations: 514-856-5714

M. l’abbé Jean-Paulin Ki reçoit un diplôme d’attes-

tation de participation et une série de DVD de la part de

notre directeur, Marcel Lefebvre.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2014

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2014

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