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Mgr de Laval fut à la fois un habile administra-

teur, un missionnaire au coeur ardent, un homme

fier et humble, un mystique héroïque et discret. Ses

parents sont tous deux de la haute noblesse. Son

père est un descendant du baron de Montmorency

qui était un contemporain de Hughes Capet, roi de

France, fondateur de la dynastie capétienne. François

a six frères et soeurs; âgé de 24 ans, il est ordonné

prêtre le 1er mai 1647. Il est ordonné évêque le jour

de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1658. Il

se préparait à partir en mission au Tonkin quand on

lui apprit que les Jésuites de Québec le réclamaient.

Le roi Louis XIV transmet leur requête au Souverain

Pontife, en écrivant ceci: «Nous voulons que le sieur

de Laval, évêque de Pétrée, soit reconnu par tous nos

sujets dans la Nouvelle-France, pour y faire les fonc-

tions épiscopales.»

À peine débarqué à Québec, l’évêque constate les

effets désastreux de l’eau-de-vie que les sauvages con-

somment abondamment. Ces boissons alcoolisées sont

importées de France et échangées contre des fourrures.

Mgr de Laval s’interpose: les marchands sont furieux et

montent le peuple contre l’évêque. Cette lutte contre la

vente de l’eau-de-vie durera vingt ans ! Enfin, en 1679,

Mgr de Laval obtient du roi Louis XIV l’interdiction de

la vente des boissons aux Indiens. Une longue bataille

épuisante vient de finir... pour un temps !

Mgr de Laval travaille avant tout à l’organisation

de la vie religieuse et à la construction d’écoles. Son

immense diocèse s’étend de Québec à l’Acadie et

jusqu’à la Louisiane alors française. Il entreprend de

nombreuses visites harassantes, car il tient à fonder

l’Église canadienne sur la force et l’unité de la vie

paroissiale, scolaire et familiale. Son séminaire de

Québec a formé, le premier, nos écrivains, penseurs,

chefs politiques et religieux qui lutteront pour les

droits de la patrie après la conquête anglaise.

Le frère Housssart, à la mort de Mgr de Laval le 6

mars 1708, révéla la haute valeur spirituelle et mystique

de celui qu’il servait, en publiant un mémoire. Durant

les dernières années de sa vie, l’évêque de Québec était

devenu un grand handicapé physique, suite surtout à

ses tournées missionnaires: «On l’a vu faire de longs

pèlerinages à pied, sans argent, mendiant son pain et

cachant son nom. Il voulait imiter les premiers apôtres

de l’Église primitive, et remerciait Dieu d’avoir quelque

chose à souffrir pour son amour.» Le vaillant évêque,

en hiver comme en été, parcourt sans relâche son im-

mense vicariat. Sur le fleuve Saint-Laurent, monté dans

un frêle canot, il rame lui-même; en hiver, sa «chapelle»

sur le dos, il s’aventure en raquettes jusqu’à Montréal,

souvent surpris par les vents et la neige.

Il visite les malades de l’Hôtel-Dieu de Québec et

les soigne, les encourage et les assiste à leur mort. Ce

descendant du premier baron de France se rend seul à

la basilique tous les matins à 4 h. Comme un sacristain,

il ouvre les portes, sonne la cloche, et prépare l’autel

pour y célébrer la messe dès 4 h 30. On a dit qu’il cé-

lébrait sa messe comme un ange ! Et dans sa pauvre

chambre du Séminaire, il couche sur des planches,

remettant sous son lit la paillasse que le frère Houssart

lui a prêtée. A sa mort, Mgr de Laval n’avait plus rien:

il avait donné toutes ses possessions aux pauvres.

L’évêque de la Nouvelle-France fut un grand saint que

l’on peut encore prier, en ces temps où “sa patrie” est

encore en danger.

Salutations du Pape François

Le dimanche 8 décembre 2013, quelques heu-

res avant l’ouverture de la Porte Sainte à Québec, le

Pape François a mentionné ce jubilé après la prière de

l’Angélus qu’il prononce chaque dimanche sur la Place

Saint-Pierre à Rome:

«

Nous nous unissons spirituellement à l’Église

qui vit en Amérique du Nord, qui aujourd’hui se rap-

pelle de la fondation de sa première paroisse, il y a

350 ans: Notre-Dame de Québec. Nous rendons grâce

pour le chemin parcouru jusqu’à maintenant, spécia-

lement par les saints et martyrs qui ont fécondé ces

terres. Je bénis de tout cœur les fidèles qui célèbrent

ce Jubilé. »

À gauche, portrait de Mgr de Laval, attribué à Claude François, dit Frère Luc, et conservé au Séminaire de

Québec. À droite, gisant de Mgr de Laval, oeuvre de Jules Lasalle, ajoutée dans la basilique-cathédrale en 1993.

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VERS DEMAIN janvier-février 2014

www.versdemain.org

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