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Un portrait sombre du Québec

Le Québec, qui a envoyé pendant longtemps

des missionnaires pour évangéliser, non seulement

l’Amérique du Nord, mais le monde entier, est main-

tenant l’une des sociétés les plus sécularisées au

monde. En novembre dernier, Mgr Paul-André Duro-

cher, archevêque de Gatineau au Québec, et prési-

dent de la Conférence des évêques catholiques du

Canada, a dressé un portrait sombre mais réaliste de

la situation du christianisme au Québec, lors d’une

rencontre au Sanctuaire Notre-Dame de Guadalupe

à Mexico, portant sur la «mission continentale» dans

les différents pays d’Amérique:

«Vous avez entendu parler, j’en suis sûr, des

grands changements qui ont marqué la société qué-

bécoise au cours des 60 à 70 dernières années. Ces

changements ont débuté avant le Deuxième Concile

du Vatican. Mais le Concile a coïncidé au Québec

avec une révolution sociale qui a entraîné une vague

sans précédent de sécularisation, laquelle n’est tou-

jours pas terminée. À bien des égards, on ne peut

plus tenir la société québécoise pour une société

chrétienne. Le soutien populaire à des lois qui auto-

riseraient l’euthanasie et qui excluraient la religion

de la sphère publique est un symptôme. L’impact sur

l’Église est énorme. L’Église est exclue de nos éco-

les. Très souvent, nous ne voyons les enfants ou les

jeunes que lorsqu’il y a un baptême, une première

communion ou une confirmation. Plusieurs paroisses

ferment. Les instituts religieux disparaissent. Les dio-

cèses réduisent leur personnel et leurs programmes

pour composer avec la chute de leurs revenus.

Devant ce portrait, l’archevêque de Gatineau a

tout de même identifié des «signes d’espérance»,

comme le succès d’une jeune communauté, la Fa-

mille Marie-Jeunesse, et des Montées jeunesses. Il

a aussi évoqué le Congrès eucharistique internatio-

nal de 2008 et, justement, le 350e anniversaire de la

paroisse-cathédrale Notre-Dame de Québec en 2014.

La situation peut sembler désespérée, mais pas

pour celui qui croit en Dieu. Comme l’a dit Jean-Paul

II à Québec en 1984: «Ce temps est le temps de Dieu

qui ne peut manquer de susciter ce dont a besoin son

Église.» Dieu nous aidera comme Il a aidé nos ancê-

tres... si on lui demande avec humilité et confiance.

Une visite à la Porte Sainte implique une entrée

et une sortie: on y entre en tant que disciples de Jé-

sus-Christ, pour y faire une expérience de renouveau

dans la foi, et on en sort pour être missionnaires dans

le monde d’aujourd’hui.

Le bienheureux François de Laval

Jean-Paul II a mentionné que l’Église du Qué-

bec et du Canada a été fondée par des saints, qui

ont d’ailleurs, pour la plupart, été canonisés ou béa-

tifiés durant son pontificat. L’un des plus remarqua-

bles d’entre eux est, sans contredit, le Bienheureux

François de Laval, premier évêque de Québec, qui a

été béatifié par Jean-Paul II le 22 juin 1980, dont il

convient de dire au moins quelques mots dans cet

article, pour montrer à quel point nous avons affaire

ici à un géant de sainteté.

Nous empruntons les notes suivantes à un article

de Lucie Bélinge, tiré de la revue

Notre-Dame du Cap

,

numéro de juin-juillet 1997:

Carte de gauche: la Nouvelle-France vers 1745 (le

territoire français, en bleu). François de Laval fit son

arrivée à Québec en 1659, à l’âge de 36 ans, avec le

titre de vicaire apostolique de Nouvelle-France. Qué�

bec devient officiellement un diocèse en 1674, le plus

grand diocèse du monde à l’époque (plus grand que

l’Europe, avec un territoire qui, à l’apogée de la Nou�

velle-France, s’étendra jusqu’à la Nouvelle-Orléans).

«Ici par le grain semé

en terre commença une

immense croissance...»

Jean-Paul II, Québec, 1984

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VERS DEMAIN janvier-février 2014

www.versdemain.org