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sociale, les problèmes du monde ne seront pas ré-

solus, ni en définitive aucun problème. La disparité

sociale est la racine des maux de la société.

203. La dignité de chaque personne humaine et

le bien commun sont des questions qui devraient

structurer toute la politique économique, or parfois

elles semblent être des appendices ajoutés de l’ex-

térieur pour compléter un discours politique sans

perspectives ni programmes d’un vrai développe-

ment intégral. Beaucoup de paroles dérangent dans

ce système ! C’est gênant de parler d’éthique, c’est

gênant de parler de solidarité mondiale, c’est gênant

de parler de distribution des biens, c’est gênant de

parler de défendre les emplois, c’est gênant de par-

ler de la dignité des faibles, c’est gênant de parler

d’un Dieu qui exige un engagement pour la justice.

D’autres fois, il arrive que ces paroles deviennent

objet d’une manipulation opportuniste qui les dés-

honore. La commode indifférence à ces questions

rend notre vie et nos paroles vides de toute signi-

fication. La vocation d’entrepreneur est un noble

travail, il doit se laisser toujours interroger par un

sens plus large de la vie; ceci lui permet de servir

vraiment le bien commun, par ses efforts de multi-

plier et rendre plus accessibles à tous les biens de

ce monde.

204. Nous ne pouvons plus avoir confiance dans

les forces aveugles et dans la main invisible du

marché. La croissance dans l’équité exige quelque

chose de plus que la croissance économique, bien

qu’elle la suppose; elle demande des décisions,

des programmes, des mécanismes et des proces-

sus spécifiquement orientés vers une meilleure

distribution des revenus, la création d’opportuni-

tés d’emplois, une promotion intégrale des pau-

vres qui dépasse le simple assistanat. Loin de moi

la proposition d’un populisme irresponsable, mais

l’économie ne peut plus recourir à des remèdes qui

sont un nouveau venin, comme lorsqu’on prétend

augmenter la rentabilité en réduisant le marché du

travail, mais en créant de cette façon de nouveaux

exclus.

205. Je prie le Seigneur qu’il nous offre davanta-

ge d’hommes politiques qui aient vraiment à cœur

la société, le peuple, la vie des pauvres ! Il est indis-

pensable que les gouvernants et le pouvoir finan-

cier lèvent les yeux et élargissent leurs perspecti-

ves, qu’ils fassent en sorte que tous les citoyens

aient un travail digne, une instruction et une assis-

tance sanitaire. Et pourquoi ne pas recourir à Dieu

afin qu’il inspire leurs plans? Je suis convaincu qu’à

partir d’une ouverture à la transcendance pourrait

naître une nouvelle mentalité politique et économi-

que, qui aiderait à dépasser la dichotomie absolue

entre économie et bien commun social.

207. Toute la communauté de l’Église, dans la

mesure où celle-ci prétend rester tranquille sans

se préoccuper de manière créative et sans coopé-

rer avec efficacité pour que les pauvres vivent avec

dignité et pour l’intégration de tous, court aussi le ris-

que de la dissolution, même si elle parle de thèmes

sociaux ou critique les gouvernements. Elle finira

facilement par être dépassée par la mondanité spi-

rituelle, dissimulée sous des pratiques religieuses,

avec des réunions infécondes ou des discours vides.

208. Si quelqu’un se sent offensé par mes paro-

les, je lui dis que je les exprime avec affection et

avec la meilleure des intentions, loin d’un quelcon-

que intérêt personnel ou d’idéologie politique. Ma

parole n’est pas celle d’un ennemi ni d’un opposant.

Seul m’intéresse de faire en sorte que ceux qui sont

esclaves d’une mentalité individualiste, indifférente

et égoïste puissent se libérer de ces chaînes si indi-

gnes, et adoptent un style de vie et de pensée plus

humain, plus noble, plus fécond, qui confère dignité

à leur passage sur cette terre.

263. Il est salutaire de se souvenir des premiers

chrétiens et de tant de frères au cours de l’histoire

qui furent remplis de joie, pleins de courage, infa-

tigables dans l’annonce, et capables d’une grande

résistance active. Il y en a qui se consolent en di-

sant qu’aujourd’hui c’est plus difficile; cependant,

nous devons reconnaître que les circonstances de

l’empire romain n’étaient pas favorables à l’annon-

ce de l’Évangile, ni à la lutte pour la justice, ni à la

défense de la dignité humaine. A tous les moments

de l’histoire, la fragilité humaine est présente, ainsi

que la recherche maladive de soi-même, l’égoïsme

confortable et, en définitive, la concupiscence qui

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