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Certains pensent que le diable (et par extension

l’enfer) n’existent pas, que c’est une invention de l’es-

prit humain, pour expliquer la cause du mal dans le

monde, ou une invention de l’Église, pour faire peur

aux gens. Ne vous y trompez pas, le diable existe vrai-

ment, c’est un être personnel, un ange déchu, qui s’est

rebellé contre Dieu et veut la perte des âmes. Lucifer

était le plus intelligent et le plus beau des anges au

Ciel, mais dans son orgueil, il s’est prétendu supérieur

à Dieu, et a été chassé en enfer par l’archange saint

Michel, et est devenu satan (l’adversaire), travaillant

depuis sa chûte à faire échouer le plan de Dieu pour

Sa création.

Satan a définitivement été

vaincu par Jésus par Sa mort sur la

Croix et Sa résurrection, mais nous

devons néanmoins continuer de

lutter pour ne pas tomber dans les

pièges du diable. Tel est l’enseigne-

ment de l’Église, comme l’a rappelé

tout récemment le Pape François,

dans son homélie du vendredi 11

avril 2014, en la chapelle de la Mai-

son Sainte-Marthe du Vatican.

«La vie de Jésus a été une lutte.

Il est venu vaincre le mal, vaincre

le prince de ce monde, vaincre le

monde». Le Pape François a débuté

ainsi son homélie, consacrée à la

lutte contre le démon. Une lutte,

a-t-il dit, que doit affronter chaque

chrétien:

«Nous sommes tous ten-

tés, a expliqué le pape, parce que

la loi de la vie spirituelle, notre vie

chrétienne, est une lutte: une lutte.

Parce que le prince de ce monde

– le diable – ne veut pas de notre

sainteté, ne veut pas que nous suivions le Christ.

Quelqu’un parmi vous, peut-être, je ne sais pas, pour-

rait dire: “Mais, Père, vous êtes vraiment vieux jeu:

parler du diable au XXIe siècle ! ” Mais, vous savez,

le diable existe ! Le diable existe. Même au XXIe siè-

cle! Et nous ne devons pas être naïfs ! Nous devons

apprendre de l’Évangile comment faire pour lutter

contre lui».

L’ennemi numéro un»

Lors de l’audience générale du 15 novembre 1972,

le Pape Paul VI déclarait:

«Quels sont aujourd’hui les besoins les plus

importants de l’Église? Ne soyez pas étonnés par

notre réponse que vous pourriez trouver simpliste

voir même superficielle ou irréelle: l’un de ses plus

grands besoins est de se défendre contre ce mal que

nous appelons le démon. (...) Le mal n’est pas seule-

ment une déficience, il est le fait d’un être vivant, spi-

rituel, perverti et pervertisseur. Terrible, mystérieuse

et redoutable réalité !

«Ils s’écartent de l’enseignement de la Bible et de

l’Église ceux qui refusent de reconnaître son existen-

ce... ou encore, qui l’expliquent comme une pseudo-

réalité, une invention de l’esprit pour personnifier les

causes inconnues de nos maux. (...)

«Qui ne se rappelle, dans l’Évangile, le chapitre, si

lourd de sens, de la triple tentation du Christ au début

de sa vie publique, ou bien les si nombreux récits où le

Seigneur rencontre le démon,

lequel figure dans ses ensei-

gnements (par exemple Mt 12,

43) ? Et comment oublier que

par trois fois le Christ appelle

“prince de ce monde” le dé-

mon, son adversaire (Jn 12, 31;

14, 30; 16, 11) ?

«Saint Paul l’appelle “le

dieu de ce monde” (2 Co 4, 4),

et il nous avertit que nous, chré-

tiens, nous avons à lutter contre

les ténèbres en ayant devant

nous non pas un seul démon,

mais une redoutable pluralité

de démons... L’un d’eux, cepen-

dant, est le principal, c’est Sa-

tan, qui veut devenir l’adversai-

re, l’ennemi; et avec lui il y en a

beaucoup d’autres qui sont tous

des créatures de Dieu, mais des

créatures déchues parce que

rebelles et damnées. (...)

«I

l fut le tentateur insidieux et fatal du premier

péché, le péché originel. Depuis la chute d’Adam, le

démon a acquis un certain empire sur l’homme, dont

seule la rédemption du Christ peut nous délivrer. Et

cette histoire se poursuit toujours. Rappelons-nous

les exorcismes du baptême et les fréquentes référen-

ces de la Sainte Écriture et de la liturgie à l’agressive

et opprimante “puissance des ténèbres” (cf. Lc 22,

53, Col 1, 13). Il est l’ennemi numéro un, le tentateur

par excellence. Nous savons ainsi que cet être obs-

cur et troublant existe vraiment et qu’il est toujours

à l’oeuvre avec une ruse traîtresse. Il est l’ennemi

occulte qui sème l’erreur et le malheur dans l’histoire

humaine.

«Quelle défense, quel remède opposer à l’action

du démon? ... Nous pourrions dire: tout ce qui nous

défend du péché nous protège par le fait même de

l’ennemi invisible. La grâce est la défense décisive...

Le chrétien doit être militant, vigilant et fort. Il doit

parfois pratiquer une ascèse spéciale pour éloigner

certaines attaques du diable. Jésus nous l’enseigne et

il indique comme remède la prière et le jeûne (Mc 9,

29). Et saint Paul suggère la ligne maîtresse que nous

devons suivre: “Ne te laisse pas vaincre par le mal,

mais sois vainqueur du mal par le bien.” (Rm 12, 21).»

La fumée de Satan

Plus tôt dans la même année, dans son homélie

pour la fête des saints apôtres Pierre et Paul, le 29 juin

1972, Paul VI déclarait:

«Devant la situation de l’Église

d’aujourd’hui, nous avons le senti-

ment que par quelque fissure la fumée

de Satan est entrée dans le peuple de

Dieu. Nous voyons le doute, l’incerti-

tude, la problématique, l’inquiétude,

l’insatisfaction, l’affrontement. On

n’a plus confiance dans l’Église. On

met sa confiance dans le premier pro-

phète profane venu qui vient à nous

parler de la tribune d’un journal ou

d’un mouvement social, et on court

après lui pour lui demander s’il pos-

sède la formule de la vraie vie, sans

penser que nous en sommes déjà en

possession, que nous en sommes les

maîtres...

On croyait qu’après le Concile le

soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Égli-

se. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages,

la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude...

Comment cela a-t-il pu se produire? Une puissance

adverse est intervenue dont le nom est le diable, cet

être mystérieux auquel saint Pierre fait allusion dans

sa lettre. Combien de fois, dans l’Évangile, le Christ ne

nous parle-t-il pas de cet ennemi des hommes ! Nous

croyons à l’action de Satan qui s’exerce aujourd’hui

dans le monde précisément pour troubler, pour étouf-

fer les fruits du Concile oecuménique, et pour empê-

cher l’Église de chanter sa joie d’avoir repris pleine-

ment conscience d’elle-même.»

L’habileté de Satan est de porter

les hommes à nier son existence»

Saint Jean-Paul II consacrait l’audience générale

du 13 août 1986 au thème des mauvais anges:

«Les précédentes catéchèses sur les anges nous

ont préparés à comprendre la vérité révélée par l’Écri-

ture Sainte et que la Tradition de l’Église a transmise

sur Satan, c’est-à-dire sur l’ange déchu, l’esprit malin,

appelé aussi diable ou démon.

«Cette chute, qui présente le caractère du refus de

Dieu avec l’état conséquent de damnation, consiste

dans le choix libre de ces esprits créés, qui ont radi-

calement et irrévocablement refusé Dieu et son règne,

usurpant ses droits souverains et tentant de boulever-

ser le plan du salut et l’organisation même de la créa-

tion toute entière. Nous trouvons un reflet de cette

attitude dans les paroles du tentateur à nos premiers

parents: “Vous deviendrez comme Dieu” ou “comme

des dieux”. Ainsi l’esprit malin tente de transférer en

l’homme l’attitude de rivalité, d’insubordination et

d’opposition à Dieu, qui est presque devenue le but

de toute son existence. (...)

«L’Église, au IVè concile du Latran (1215), ensei-

gne que le diable (ou Satan) et les autres démons

“ont été créés bons par Dieu mais qu’ils sont devenus

mauvais par leur propre volonté”. (...) Repoussant la

vérité connue sur Dieu par un acte de

sa propre volonté libre, Satan devient

“menteur” cosmique et “père du men-

songe” (Jn 8, 44). Pour cela, il vit dans

la négation radicale et irréversible de

Dieu et cherche à imposer à la créa-

tion, aux autres êtres créés à l’image

de Dieu, et en particulier aux hommes,

son tragique “mensonge sur le Bien”

qui est Dieu. (...)

«L’action de Satan consiste

d’abord à tenter les hommes au mal,

agissant sur leur imagination et sur

leurs facultés supérieures pour les

détourner de la loi de Dieu. Satan a

mis à l’épreuve Jésus lui-même, dans

la tentative extrême de s’opposer aux

exigences du plan du salut tel que

Dieu l’a préétabli.

(...)

«Nous devons enfin ajouter que les paroles im-

pressionnantes de l’apôtre Jean: “Le monde entier gît

au pouvoir du mauvais” (1 Jn 5, 19), font aussi allusion

à la présence de Satan dans l’histoire de l’humanité,

une présence qui s’accentue à mesure que l’homme

et la société s’éloignent de Dieu. L’influence de l’esprit

malin peut se cacher d’une manière plus profonde

et efficace: se faire ignorer correspond à son intérêt.

L’habileté de Satan dans le monde est celle de porter

les hommes à nier son existence au nom du rationa-

lisme et de tout autre système de pensée qui cher-

che toutes les échappatoires dans le but de nier son

action.

(...)

«Par cela nous comprenons comment Jésus, dans

la prière qu’il nous a enseignée, le “Notre Père”, qui

est la prière du Royaume de Dieu, termine presque

brusquement, à la différence de tant d’autres prières

de son temps, en faisant référence à notre condition

d’êtres exposés aux embûches du Mal-Malin. Le chré-

tien, en appelant au Père avec l’esprit de Jésus et en

invoquant son règne, s’écrie avec la force de la foi:

“Fais que nous ne succombions pas à la tentation, dé-

livre-nous du Mal, du Malin. Fais Ô Seigneur, que nous

ne tombions pas dans l’infidélité à laquelle nous séduit

celui qui a été infidèle dès le commencement”».

«Le diable existe, même au 21e siècle»

Réflexions des Papes François, Paul VI et Jean-Paul II

Saint Jean-Paul II

Saint Michel Archange,

défendez-nous dans le combat

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VERS DEMAIN août-septembre 2014

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