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La 10e assemblée plénière de l’ACERAC (Associa-

tion des conférences épiscopales de la région de l’Afri-

que centrale) a eu lieu du 6 au 13 juillet 2014 à Brazza-

ville, au Congo, sous le thème «La famille en Afrique

aujourd’hui», en préparation du synode sur la famille

devant se tenir à Rome en octobre 2014. L’ACERAC

regroupe les conférences des évêques catholiques

des six pays de la région de l’Afrique centrale: Congo,

Cameroun, Centrafrique, Gabon, Guinée Équatoriale

et Tchad. Plus d’une cinquantaine d’évêques, dont

quelques archevêques et un cardinal, plusieurs prê-

tres experts dans différents domaines, en plus d’un

certain nombre de couples, formaient en tout plus

d’une centaine de participants de haut niveau.

Un des intervenants le lundi 7 juillet a été Mar-

cel Lefebvre, directeur des Pèlerins de saint Michel

de Rougemont, qui avait été invité par l’abbé Mesmin

Prosper Massengo, secrétaire général de l’ACERAC.

M. Lefebvre a pu s’exprimer pendant une heure de-

vant tous les participants. (Voir son rapport plus loin

dans cet article.)

Voici de large extraits de l’intervention de Mgr

Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour

la Famille et envoyé spécial du Pape François, qui

avait pour thème «La famille, ressource de la société

et Évangile pour le monde»:

Pour saint Jean-Paul II, le Pape de la Famille,

comme il a lui-même voulu être appelé, « l’avenir du

monde et de l’Église passe par la famille, première

cellule de la communauté ecclésiale vivante, mais

aussi celle de la société. » La famille est aujourd’hui

l’une des préoccupations majeures du Pape François,

qui selon moi a besoin de notre soutien pour l’aider à

transformer la société en portant l’Évangile dans les

familles, car l’Afrique qui n’est pas en marge de la glo-

balisation, doit préserver les valeurs de la famille tré-

sor et ressource de la société et de toute l’humanité...

Dans une Afrique ballottée par des courants divers,

défendre la famille, telle qu’elle

est voulue par Dieu lui-même,

n’est pas seulement un acte de

cohérence avec leur foi… c’est

préserver les fondements mêmes

de la société et de tout vrai déve-

loppement. Or, les menaces qui

pèsent sur la famille aujourd’hui

en Afrique sont légion: la disso-

lution des mœurs, les atteintes à

l’unicité du mariage; le relâche-

ment des liens entre les membres de la famille; la pro-

lifération des unions de fait, mais aussi la misère, le

chômage croissant qui ne permettent pas aux parents

d’assumer convenablement leurs responsabilités...

Vers une société «défamiliarisée»

Quelle est la raison profonde de la crise? Elle est

de nature culturelle. Jamais, la famille n’a aussi été

frappée de façon radicale comme dans ces cinquante

dernières années. Le poids croissant dans les socié-

tés occidentales de la liberté individuelle, valeur dont

nous devons tous être naturellement orgueilleux, a eu

cependant l’effet de renforcer exagérément l’individua-

lisme au détriment des relations pérennes et des liens

stables... À ce propos, les conclusions du chercheur

italien Volpi font réfléchir quant à l’issue des données

statistiques du mariage en Italie. Alors que «les ma-

riages et la famille suivent des courbes d’un avion en

chute libre», ce scientifique souligne que le nombre de

familles monoparentales formées d’une seule personne

augmente: il est passé de 5,2 millions de familles en

2001 à 7,2 millions en 2011. Cela signifie que la diminu-

tion des mariages religieux et civils ne s’est pas transfor-

mée en de nouvelles formes de vie commune, qui sont

d’ailleurs plus que fragiles, mais dans une augmentation

du nombre de personnes qui ont choisi de vivre seules.

Cela revient à dire que toute forme de lien durable est

ressentie comme une chose insupportable...

En France, on a calculé qu’une

personne sur trois a choisi de vi-

vre seule, alors qu’il y a quarante

ans la moyenne était d’une sur

dix (

Patrick FESTY, in Commentai-

re, 2013, n° 142, 28

9). D’ailleurs,

l’exaltation absolue de l’individu,

libéré de tout lien, ne peut que

conduire à la pulvérisation de la

société, et à l’effritement de toute

forme de lien solide et pérenne.

La famille au centre

De là naît l’urgence de redon-

ner à la famille sa dignité cultu-

relle et son rôle central dans la

société. Elle doit être remise au

cœur du débat, au centre de la

vision politique, économique et

aussi de la communauté chré-

tienne. La société globalisée

pourra trouver un avenir civilisé

seulement dans la mesure où elle

sera capable de promouvoir une

culture de la famille, repensée comme le lien vital qui

unit le bonheur de la sphère privée avec celui de la

sphère publique.

En tout état de cause, la famille n’est pas morte,

elle reste même, malgré le moment très difficile qu’elle

est en train de traverser, la ressource la plus impor-

tante dont dispose la société contemporaine. Elle est

une ressource parce qu’elle crée des biens de relation

qu’aucune autre forme de vie ne peut créer. La famille

est unique dans sa capacité à générer les relations. Son

génome ne cesse d’exister car il est ce qui humanise le

plus la société...

La famille reste donc la ressource la plus précieu-

se pour la société, le lieu où l’on apprend l’importance

décisive du sens du nous pour la construction et le

maintien d’une société plus juste et plus solidaire.

C’est au sein même de la famille que la société trouve

sa continuité dans la venue au monde des enfants, et

donc le lien des relations entre les générations. Pré-

tendre que le mariage entre n’importe qui est possi-

ble parce qu’il y a de l’amour, veut dire ne rien avoir

compris à la différence de l’amour conjugal qui inclut

le fait de pouvoir engendrer.

Rapport de M. Marcel Lefebvre

«M. Marcel Lefebvre, votre humble Pèlerin, avait

été invité par M. l’Abbé Mesmin Prosper , secrétaire

général de l’Association des Conférences Épiscopa-

les de la Région de l’Afrique Centrale (ACERAC), à

participer à la 10e Assemblée plénière de l’ACERAC

qui se tenait à Brazzaville, République du Congo. Mgr

Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, nous a

accueillis royalement.

«Une douzaine d’évêques des six pays de l’ACE-

RAC qui sont déjà venus assis-

ter à une session d’étude à Rou-

gemont, étaient présents. Nous

en mentionnons quelques-uns:

Mgr Anatole Milandou, Mgr

Samuel Kleda, Président de la

Conférence épiscopale du Ca-

meroun et nouveau président

de l’ACERAC, Mgr Louis Por-

tella, Président de la Conféren-

ce épiscopale de Congo-Braz-

zaville et président sortant de

l’ACERAC, Mgr Matthieu Made-

ga, Président de la Conférence

épiscopale du Gabon, et Mgr

Jean Cardin, évêque du Congo-

Brazzaville.

«À cette importante assem-

blée, pendant près d’une heure,

M. Marcel Lefebvre a parlé de

Louis Even, fondateur de Vers

Demain et des Pèlerins de saint

Michel, et de son combat pour

la justice sociale. Il a fait voir la cause des nombreux

problèmes économiques qui rendent très difficile

l’épanouissement d’un grand nombre de familles en

Afrique et de par le monde, et qui contribuent à la

perte des âmes, comme l’ont mentionné les Papes

Benoît XV et Pie XI. Après le discours de M. Lefeb-

vre, Mgr Samuel Kleda, et d’autres par la suite, ont

posé des questions pertinentes. À l’heure du repas,

la conversation s’est prolongée sur le sujet de la jus-

tice sociale.

«Toute la semaine, M. Lefebvre a eu l’opportunité

de distribuer abondamment notre documentation.

C’était un grand privilège de rencontrer tous ces par-

ticipants qui ont accueilli ce message de libération et

d’espérance des Pèlerins de saint Michel. Mgr Mat-

thieu Madega du Gabon, est déjà venu deux fois à

Rougemont et il reviendra de nouveau en août 2014.

Il s’est impliqué personnellement pour rendre possi-

ble la participation de l’Oeuvre des Pèlerins de saint

Michel à cette Assemblée plénière de l’ACERAC.

Nous sommes assurés que ce grand événement aura

une retombée bénéfique pour l’avancement de notre

combat pour la justice sociale.» —

Marcel Lefebvre

Intervention de Mgr Paglia sur la famille

à l’Assemblée plénière des évêques d’Afrique centrale

Notre pèlerin Marcel Lefebvre y a aussi pris la parole

Les participants à l’assemblée de l’ACERAC accueillis par le président de la République du Congo (au centre).

Mgr Paglia

Marcel Lefebvre avec Mgr Milandou

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VERS DEMAIN août-septembre 2014

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