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de la croix avec leur main, et comment s’approcher

des sacrements; c’est ce que je veux que tu fasses.

Va et ne crains rien, je t’aiderai.”»

Notre-Dame éleva les mains comme pour implorer

une bénédiction sur les personnes à ses pieds, et puis

disparut lentement, laissant Adèle écrasée et proster-

née sur le sol.

Quand la nouvelle de la vision de la Sainte Vierge se

répandit, la plupart des gens crurent, mais d’autres non.

Pour répondre à la demande de la Sainte Vierge, le père

d’Adèle érigea, avec des rondins, une chapelle de for-

tune près du lieu de l’apparition. Plus tard, une seconde

chapelle fut construite, avec un couvent et une école.

Adèle était une tertiaire franciscaine qui portait un

habit et vivait comme une reli-

gieuse, car il n’y avait pas de

communauté formelle à cette

époque où elle aurait pu de-

mander à être admise.

De porte à porte

Après avoir reçu l’appari-

tion de Notre-Dame, Adèle Bri-

se commença immédiatement

à remplir les demandes de la

Sainte Vierge. Elle rassemblait

les enfants de la localité et

leur enseignait comment prier,

faire le signe de la Croix, et

remercier le Seigneur. Un ob-

servateur pour le journal local

Keewaune Enterprise écrivait

au sujet d’Adèle:

«Avec une patience et

une ardeur sans défaillance,

elle persévérait dans sa mis-

sion, allant de maison en

maison, et aidant sans qu’on

lui demande à faire toute

besogne qui pouvait être

à faire dans la maison, ne

demandant en retour que la

permission de donner elle-même des cours de caté-

chisme aux enfants.»

Elle admonestait les pécheurs dans toute la région

de la péninsule de Green Bay. Les conditions météo-

rologiques, la fatigue, le manque d’éducation, s’aven-

turant parfois jusqu’à cinquante milles de son domicile

pour accomplir sa mission.

En 1865, le révérend Philip Crud est nommé curé

de la colonie belge. Impressionné par la sincérité d’Adè-

le et le succès de son travail, le père Crud conseille à

Adèle de recruter de l’aide pour sa mission, de faire

appel à des fonds pour construire un couvent et une

école de sorte que, selon les paroles de Sœur Pauline,

ceux qui ont besoin d’instruction religieuse «pourraient

venir à elle au lieu d’elle aller à eux.» Se faire aider ainsi

par d’autres permettrait à Adèle de conserver sa santé

et ses forces. Avec une lettre de recommandation du

Père Crud, Adèle et une compagne anglophone, Sœur

Marguerite Allard, partirent solliciter des fonds autour de

la péninsule de Green Bay.

Adèle voyagea ainsi durant des années, à une épo-

que où le transport sur roues n’existait pas à cet endroit,

catéchisant les enfants et admonestant les pécheurs.

Plus tard, installée dans son école, elle devait voyager

encore pour quêter argent, légumes, grains et viandes.

Durant des années, elle ne fit rien payer aux enfants

pour leur pension et l’enseignement reçu, et plus tard

elle ne demanda qu’un dollar par semaine.

D’autres femmes se joignirent à Adèle pour l’aider.

Le meilleur nom qu’on puisse leur donner est celui de

«Soeurs Franciscaines Sécu-

lières». Ce ne fût jamais un

ordre religieux, puisqu’on n’y

faisait pas de voeux, et cha-

cune gardait sa propriété et

son indépendance. Mais elles

avaient un costume religieux

distinctif, et elles s’appelaient

«Soeurs» les unes les autres.

Elles appartenaient toutes au

Tiers-Ordre de saint François,

et étaient admises sans aucun

noviciat. Le groupe fut dissous

en 1902, parce qu’il ne restait

que trois Soeurs qui ne pou-

vaient plus suffire à la tâche.

Mais combien d’âmes ces fem-

mes n’ont-elles pas sauvées,

en consacrant quelque trente

ans de leur vie à l’instruction

religieuse des enfants?

Quand les Soeurs ne

voyaient plus où elles pour-

raient trouver le déjeuner du

lendemain matin, Adèle réu-

nissait ses compagnes à la

chapelle, et toutes ensemble

imploraient le secours de Ma-

rie. Et chaque fois, le lendemain matin, elles trouvaient

à leur porte des provisions de nourriture qu’un bienfai-

teur avait laissées là pendant la nuit.

Avec tous les talents variés des différentes Soeurs,

l’école du Sanctuaire atteignit vite un niveau honorable

d’éducation, malgré l’appartenance des enfants à tant

de groupes de langues différentes. Les cours étaient

donnés en français et en anglais. Mais Soeur Adèle

n’enseigna jamais que le catéchisme, et’ cela, aux en-

fants belges de langue française. Elle leur montrait de

beaux cantiques, en français, et ils disaient que sa voix

était très belle.

L’incendie du 8 octobre 1871

En 1871, l’hiver, le printemps et l’été furent très

secs, et comme les hommes allumaient des feux

pour dégager leurs terres de la forêt, il se produi-

sit le plus grand feu de forêt de l’histoire des États-

Unis. 1,2 million d’acres (1850 milles carrés, la taille

de l’État du Rhode Island) furent brûlés, et près de

2 000 morts. Dans certaines régions on vit «un mur

de flammes d’un mille de haut, cinq milles de large,

le feu voyageant à une vitesse entre 90 à 100 milles

à l’heure, la température dépasse celle d’une four-

naise, transformant le sable en verre.»

Un témoin raconte: «Des balles de feu tombaient

comme des météores dans différentes parties de la ville

de Peshtigo, allumant tout ce qu’elles touchaient... Tous

les habitants coururent vers la rivière, mais plusieurs

tombèrent en chemin à cause de l’air brûlant. Ceux qui

réussirent à se rendre à la rivière jetaient de l’eau et

des linges humides sur leurs têtes, et se maintenaient

sous l’eau le plus longtemps possible, et malgré tout,

plusieurs d’entre eux furent brûlés à mort.» D’autres qui

avaient cherché refuge dans des étangs ou des puits

moururent ébouillantés.

L’incendie fit rage durant des semaines, les bêtes

sauvages et les hommes fuyaient à perdre haleine, se

voyant barrer la route par des arbres renversés et des

ponts en proie aux flammes. Le feu sautait par-dessus

les clairières, nul ne réussissait à l’arrêter, et le Sanc-

tuaire de Notre-Dame de Bon Secours était droit devant.

Préservation miraculeuse

Contre tout espoir, Adèle et ses compagnes

croyaient que le Sanctuaire serait épargné, et décidè-

rent d’y rester. Toutes les familles des environs se hâtè-

rent de se réfugier sur les terrains du Sanctuaire avec

leurs animaux. Le feu encerclait le Sanctuaire, et les

fermiers purent voir leurs bâtiments devenir la proie des

flammes. Avec respect, ils prirent la statue de Marie et

la portèrent en procession. Quand la fumée venait sur le

point de les suffoquer, ils se tournaient dans une autre

direction et continuaient à réciter le Rosaire. Ils passè-

rent ainsi la longue nuit du 8 octobre 1871, douze ans

après la troisième apparition de Marie à Adèle Brise,

presque jour pour jour.

Le ciel répondit par une pluie abondante et continue.

L’aube permit enfin de voir un spectacle étonnant, que

les Soeurs de St-François décrivirent en ces termes:

«Tout autour d’eux avait été détruit; c’était la désolation

complète pour des milles tout autour. Mais le couvent,

l’école, la chapelle et les cinq acres de terre consacrés

à la Vierge Marie brillaient comme un îlot de belle ver-

dure dans une mer de cendres. Le feu dans sa fureur

avait léché les palissades extérieures, y laissant des

cicatrices noircies comme témoignage. Des langues de

feu s’étaient rendues jusqu’à la clôture de la chapelle,

menaçant de détruire tout ce qui se trouvait à l’intérieur:

mais le feu n’avait pas mis pied sur les terrains de la

chapelle».

Les dernières années

Suite à un accident dans lequel elle fut projetée d’un

wagon alors qu’elle se rendait à une messe à Champion,

Soeur Adèle connut la souffrance physique permanente

à partir de ce jour jusqu’à sa mort. Elle transféra de plus

en plus de responsabilités de la chapelle et de l’école à

Sœur Maggie Allard. Après la mort de sœur Maggie en

février 1890, sœur Adèle, malade, confia la gestion de

la maison à Sœur Marie Madeleine, une jeune femme

qui avait rejoint le groupe de sœur Adèle en 1888. Cette

décision découragea les membres plus âgées, ce qui

provoqua le départ de plus de la moitié d’entre elles en

même temps. Six ans plus tard, le groupe de soeurs

furent réduit à trois.

Le 5 Juillet 1896, Sœur Adèle Brise prononçait ses

dernières paroles: «Je me réjouis de ce qui m’a été dit.

Nous entrerons dans la maison du Seigneur.» Elle est

morte ce jour-là et a été enterrée près de la chapelle.

Une pierre tombale simple porte le texte suivant en fran-

çais: «Croix sacrée, sous ton ombre je me repose et

espère. Sœur Marie Adèle Joseph Brise, décédée le 5

juillet 1896, à l’âge de 66 ans».

Sœur Pauline se souvenait de son amie et ensei-

gnante, Soeur Adèle, dans cet extrait d’une lettre qu’elle

écrivit 11 ans après la mort d’Adèle: «Notre chère sœur

Adèle a eu beaucoup à souffrir de quelques malenten-

dus, en particulier du clergé, mais tout cela était pour

que nous sachions que notre vraie demeure n’est pas

ici-bas sur la terre, et elle a tout accepté avec foi. Je ne

l’ai jamais entendu dire une seule parole malveillante

contre ses détracteurs. Elle était toujours charitable et

obéissante. Son travail a prospéré, et elle a fait beau-

coup de bien... Chère sœur Adèle, de votre céleste de-

meure, ne nous oubliez pas.»

Plus de cent ans après sa mort, les laïcs et les

catéchistes religieux continuent dans la voie de Sœur

Adèle Brise en continuant sa mission d’enseigner les

principes chrétiens à notre jeunesse. En raison de son

obéissance aux demandes de notre Sainte Mère et sa

confiance inébranlable en Dieu, Soeur Adèle a été, est,

et sera toujours un merveilleux exemple pour tous les

catéchistes et toutes les familles catholiques.

Melvin Sickler

Soeur Adèle Brise

Mgr Ricken avec les prêtres du sanctuaire

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VERS DEMAIN août-septembre 2014

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