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chaque année, par usure ou dépréciation. Pour que

le remboursement de la construction corresponde

à la réalité, on paiera donc à chaque année un cent-

vingt-cinquième de la valeur du pont. Puisque le

pont aura coûté 5 milliards $ à construire, il subira

donc une dépréciation de 40 millions $ par année.

C’est donc 40 millions $ qui devront être retirés de

la circulation à chaque année, pendant 125 ans. (Il

se peut fort bien que le pont en question dure plus

que 125 ans, mais on n’aura plus à le payer au-delà

de ces 125 ans.)

Ajustement des prix

Est-ce que ce retrait de 40 millions de dollars

se fera par les taxes ? Non, cela n’est nullement

nécessaire, dit Douglas, il existe une autre métho-

de bien plus simple pour retirer cet argent de la

circulation, celle de l’ajustement des prix (appelée

aussi escompte compensé). Douglas disait à Lon-

dres, le 19 janvier 1938:

«Le système de taxation, avec sa complexité,

son caractère irritant, avec les centaines de per­

sonnes qu’il emploie, est un gaspillage complet de

temps. Tous les résultats qu’il est supposé fournir

pourraient être accomplis sans aucune compta-

bilité, par le simple mécanisme d’ajustement des

prix.»

De quelle manière cet ajustement des prix fonc-

tionnerait-il ? L’Office National de Crédit serait char-

gé de tenir une comptabilité exacte de l’actif et du

passif de la nation. Cela ne nécessite que deux co-

lonnes: d’un côté, on inscrirait donc tout ce qui est

produit dans le pays durant la période en question

(l’actif), et de l’autre, tout ce qui est consommé (le

passif). Le 40 millions $ de dépréciation annuelle du

pont, de l’exemple mentionné précédemment, sera

donc inscrit dans la colonne “consommation” et

ajouté à toutes les autres sortes de consommation

ou disparition de richesses au pays durant l’année.

Calcul des comptes nationaux

Un pays s’enrichit de biens lorsqu’il développe

ses moyens de production: ses machines, ses usi-

nes, ses voies de transport, etc. Ce qu’on appelle

biens de capital.

Un pays s’enrichit de biens, aussi, lorsqu’il pro-

duit des choses pour la consommation: blé, vian-

de, meubles, habits, etc. Ce qu’on appelle biens de

consommation.

Un pays s’enrichit de biens encore, lorsqu’il

reçoit de la richesse de l’extérieur. Ainsi, le Canada

s’enrichit de fruits lorsqu’il reçoit des bananes, des

oranges, des ananas. Ce qu’on appelle importations.

D’autre part, les biens d’un pays diminuent

lorsqu’il y a destruction ou usure de moyens de pro-

duction: usines brûlées, machines usées, etc. C’est

ce qu’on appelle dépréciation.

Les biens d’un pays diminuent aussi, lorsqu’ils

sont consommés. Les aliments mangés, les habits

usés, etc., ne sont plus disponibles. C’est la destruc-

tion par consommation.

Les biens d’un pays diminuent encore, lorsqu’ils

sortent de ce pays: les pommes, le beurre, le bacon,

envoyés en Angleterre, ne sont plus au Canada.

C’est ce qu’on appelle exportations.

Calcul du juste prix

Supposons maintenant que les relevés d’une

année donnent:

Production de biens de capital — 3 milliards

Production de biens consommables — 7 milliards

Importations — 2 milliards

Acquisitions totales (actif) — 12 milliards

D’autre part:

Dépréciation de biens de capital — 1,8 milliards

Consommation — 5,2 milliards

Exportations — 2 milliards

Diminution totale (passif) — 9 milliards

On va conclure:

Pendant que le pays s’enrichissait de 12 mil-

liards, il usait, ou consommait, ou devait céder 9

milliards.

Le coût réel de la production des 12 milliards, c’est

9 milliards. S’il en a réellement coûté au pays 9 mil-

liards pour produire 12 milliards, le pays doit pouvoir

jouir de ses 12 milliards tout en ne dépensant que 9

milliards. Les comptes nationaux montrent que le pays

a produit pour une valeur totale de 12 millards.

Escompte sur les prix

Douglas fait remarquer que le vrai coût de la pro-

duction, c’est la consommation. Dans l’exemple du

pont, le prix comptable était de 5 milliards $. Mais le

prix réel du pont, c’est tout ce qu’il a fallu consommer

pour le produire. Et s’il est impossible de déterminer

pour un seul produit quel a été son prix réel, on peut,

par contre, facilement savoir quel a été, durant une

année, le prix réel de toute la production du pays:

c’est tout ce qui a été consommé dans le pays durant

la même période.

Ainsi, si les comptes nationaux du Canada mon-

trent que, dans une année, la production totale du

pays, privée et publique, a été de 400 milliards $, et

que, pendant la même année, la consommation totale

a été de 300 milliards $, cela veut dire que le Canada

a été capable de produire pour une valeur de 400 mil-

liards $ de biens et services, tout en ne dépensant, ou

consommant, que pour une valeur de 300 milliards

$. Autrement dit, qu’il en a coûté réellement 300 mil-

liards $ pour produire ce que la comptabilité des prix

établit à 400 milliards $.

Comment faire pour que les Canadiens puissent

obtenir pour 400 milliards $ de produits et services

tout en ne payant que 300 milliards $? C’est très

simple, il suffit de baisser le prix de vente de tous

les produits et services de 1/4, soit un escompte de

25%: l’Office National de Crédit décrète donc un es-

compte de 25% sur tous les prix de vente pendant le

terme suivant. Par exemple, si un article est marqué

400 $, je ne le paierai que 300 $.

Mais s’il ne veut pas faire faillite, le vendeur doit

quand même récupérer 400 $ pour la vente de ce

produit, car ce prix de 400 $ inclut tous ses frais,

y compris son profit. C’est pourquoi on parle d’un

escompte «compensé»: dans ce cas-ci, le vendeur

sera compensé par l’Office National de Crédit, qui lui

enverra les 100 dollars qui manquent.

Pour chacune de ses ventes, le marchand n’aura

qu’à présenter ses bordereaux de vente à l’Office

National de Crédit, qui lui remboursera l’escompte

accordé au client. Ainsi, personne n’est pénalisé: les

consommateurs obtiennent les produits qui, sans

cela, resteraient invendus, et les marchands récupè-

rent tous leurs frais.

Grâce à ce mécanisme de l’escompte sur les

prix, toute inflation serait impossible: en effet, l’es-

compte fait baisser les prix. Et l’inflation, ce sont les

prix qui montent. La meilleure manière d’empêcher

les prix de monter, c’est de les faire baisser ! De plus,

l’escompte sur les prix est exactement le contraire

de la taxe de vente: au lieu de payer les produits

plus cher par des taxes, les consommateurs les paie-

raient moins cher grâce à cet escompte. Qui pourrait

s’en plaindre?

Ainsi donc, avec un système de «crédit social»

(ou «argent social») tel que proposé par C.H. Dou-

glas, le gouvernement pourrait financer les travaux

publics et fournir des services à la population sans

que les citoyens soient embêtés par aucune taxe ou

rapport d’impôt. Tous ceux qui n’aiment pas les taxes

devraient donc se hâter d’étudier et de faire connaître

un tel système de «crédit social».

Alain Pilote

Assemblée mensuelle à Montréal

Église St-Vincent Ferrier

près du métro Jarry

Entrée sur la rue Henri-Julien

au numéro 8145

14 septembre, 12 octobre 2014

1.30 hre p.m.: heure d’adoration

2.30 heures p.m.: Réunion

Pour informations: 514-856-5714

Changement d’adresse

Veuillez nous faire parvenir votre nouvelle

adresse lorsque vous déménagez. Les bureaux

de poste ne nous donnent pas les nouvelles

adresses. Nous devons acquitter des frais d’un

dollar pour chaque adresse qui nous est re-

tournée. Envoyez donc votre nouvelle adresse

au bureau de Vers Demain.

La maquette du nouveau pont devant remplacer le pont Champlain actuel en 2018; une des exigences du gou-

vernement est que le nouveau pont dure au moins 125 ans. Le coût total du projet pourrait atteindre 5 milliards $.

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VERS DEMAIN août-septembre 2014

VERS DEMAIN août-septembre 2014

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