Table of Contents Table of Contents
Previous Page  10-11 / 32 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 10-11 / 32 Next Page
Page Background

par

Louis Even

Progrès dans la production

Pour qui le progrès? A qui sert-il ? A qui profite-t-

il ? Qui s’en trouve mieux? Profite-t-il à tous, ou seu-

lement à quelques-uns? Punit-il les uns en profitant à

d’autres? Et pour quoi le progrès? Pour obtenir quoi ?

Pour procurer quoi ?

Dans ces questions, c’est du

progrès technologique que nous

parlons. Du progrès dans les

moyens, dans les procédés de

production. Du progrès qui per-

met de faire plus de choses dans

le même nombre d’heures; ou

de faire autant de choses dans

un moindre nombre d’heures; ou

même de faire plus de choses en

moins d’heures.

Ce progrès-là existe certai-

nement. Tous les jours, on nous

annonce qu’une nouvelle machine

permet d’effectuer le travail de 10

hommes, de 50 hommes, parfois

davantage. Que résulte-t-il de ce

progrès-là? Qu’en résulte-t-il pour

vous, pour moi, pour votre voisin

et le mien, pour les familles, pour

les individus?

Pour «sauver du travail»

On commence à parler beau-

coup d’automation. L’automation,

c’est un nouveau pas dans le remplacement des

hommes par les machines. On a eu le perfectionne-

ment des outils, d’où sont sorties des machines ingé­

nieuses, facilitant beaucoup la production. Puis, on a

eu la motorisation: le moteur, à vapeur, électrique ou

à explosion, actionnant les machines à la place des

bras d’hommes, des animaux, du vent ou de la sim-

ple aube à eau. L’automation, elle, nous donne des

machines commandées automatiquement. Quelques

individus, devant un tableau, pressant quelques bou-

tons, et des produits sortent à la chaîne.

L’électronique n’est née que d’hier, et déjà elle rem-

place l’homme dans la commande des machines dans

maintes opérations. Ce développement va sans doute

s’accélérer à un rythme insoupçonné dans les quel-

ques prochaines décennies. (

Note: Louis Even a écrit

cet article en 1955. L’avenir lui a en effet donné raison,

avec l’arrivée des transistors et des ordinateurs, qui

multiplient de beaucoup la capacité de production.

)

C’est encore un progrès, si le progrès consiste

à libérer l’homme de sa tâche et de son temps dans

la production matérielle. C’est à cela que l’homme

Et s'ils se multiplient ? Avant de pouvoir dire: «bonjour

Monsieur, Madame ou Mademoiselle» à quelqu'un,

je dois lui demander son gender ? A ton prof: “Vous

vous sentez quoi aujourd'hui? ” – “Ah bon… femme !

Alors, bonjour Madame ! ” (...)

«Et à qui l'enfant doit-il dire “maman” ou “papa”?

Puisqu'il n'y a plus de différence, il faut inventer un mot

bivalent: Ma-pa? Pa-man? N'importe quoi! Dans les

écoles, il faut banir les mots de garçon et de fille…

«Dans ma classe, j'ai 14 bisexuels, 8 homos, 3 hété-

ros et pour le moment, un seul trans.” Mais demain,

ça peut changer, la nuit porte conseil,

n'est-ce pas? (...)

«Les mots même de père/mère,

enfant, frère, sœur, époux-se, fils/fille

doivent être éliminés dans toutes les

langues, le plus vite possible, sans

parler du mot honni entre tous de

famille. Cela puisque tous rattachés à

ces deux mots détestables entre tous:

homme-femme. Et donc aussi, ipso-

facto, ceux d'amour, don de soi, com-

munion, etc…

«Ça y est, le coup de bélier final

pour déconstruire, donc détruire la

famille est asséné sur le mur déjà fis-

suré de partout. Depuis 20 ans tout a

déjà été fait pour la fragiliser, la mi-

ner, la saper. Ne restait plus que cela:

décider que l'homme et la femme,

l'attraction mutuelle n'est que… culturelle, “politi-

quement modifiable”.

Scientifique? Mythique plutôt !

«L'imposture: présenter cette thèse, cette opinion

comme…. scientifique ! Enseignée ex-cathedra non

en philo, (comme une opinion à débattre), mais en

cours de... science ! Des sornettes à la… Sorbonne !

Est-on encore dans un pays civilisé? (...)

«Derrière tout cela, je pose le diagnostic: la ré-

bellion du virtuel contre le réel. Le refus absolu de ce

qui EST, de ce qui existe. Que cela me plaise ou non.

«L'objectif, et donc l'objectivité n'existent plus. Ne

restent que les aléas de ma subjectivité. Et derrière ce

qui EST, Celui qui EST. L'Existant par excellence. On

lui a déjà arraché la vie, dont Il est la seule source. Les

deux moments qui n'appartiennent qu'à Lui seul: le

commencement et la fin d'une existence. Et voilà qu'on

lui retire violemment ce qui touche à l'amour, source

de la vie. On lui brise son chef d'œuvre entre tous, le

point précis dans tout le cosmos où la Trinité en tant

que telle se manifeste, comme en un sacrement.

«N'est-ce pas la rébellion originelle contre le

Créateur, en tant que Créateur. Le refus absolu d'être

créature. Devenir le Créateur, le singer, pire, l'usur-

per. M'emparer de sa création, moi. La manipuler à

ma guise à moi. En faire ce que je veux, ce qui me

plaît moi, ce que je décide, moi. Répartir l'animal en-

tre mâle et femelle, l'humanité entre Adam et Eve:

quelle stupidité! Faire qu'un enfant soit conçu par

un homme et une femme: bêtise ! Vouloir qu'un en-

fant se construise, se structure grâce à cette double

polarité: ridicule ! Il faut refaire tout cela ! Ce que je

décrète, cela est fait. Je change les mots, et voilà la

réalité changée. Ma seule intelligence suffit à faire du

réel. Me voilà tout puissant ! Bref ! telle est la «vir-

tualité» post-moderne.

Subversion internationalement orchestrée

«Cette première timide percée

officielle dans nos écoles, nous stu-

péfie. Mais cela fait plus de 20 ans

que les tenants de cette théorie ont

commencé à conquérir le monde sous

des dehors soft. En fait, il s'agit d'une

véritable opération internationale,

calculée, orchestrée, programmée et

visant à conquérir la planète, comme

tous les totalitarismes et se voulant

définitive. Cela fait partie intégrante

du nouvel ordre mondial.

«Mais comme cela peut heurter

les mentalités arriérées, dans un pre-

mier temps, on y va cool, sans coup

férir. D'où l'effet surprise chez nous...

où ils comptaient passer à notre insu

par simples insinuations. (...) Toi, gen-

dersphile, je te pose la question toute

bête: si l'homme et la femme n'avaient vraiment aucu-

ne identité, tu ne serais même pas là. Vous n'existeriez

même pas ! (...)

«Au Congrès de l'ONU à Pékin en 1995, les délé-

gués d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine s'étaient

massivement prononcés contre les aberrations que

certains lobbies occidentaux voulaient imposer à

ces peuples, sous-entendu: à condition de subsides

onusiens. Pourtant, par précaution, le

gender

était en

sourdine. Avec ces peuples, nous creusons encore

davantage le fossé Nord-Sud. Non plus seulement

économique, mais maintenant idéologique. Nous

comptons plus que jamais sur ces peuples dont le bon

sens humain est encore vivace, avant d'être miné par

nos idioties. (...)

«On affirme tout à coup comme une évidence

scientifique ce qui n'a jamais même traversé l'esprit de

l'homme depuis les origines ! On jette aux orties les

certitudes les plus flagrantes pour les hommes de tou-

tes civilisations et de toutes les époques ! (...)

«Cette idéologie se mue en véritable dictature.

Ses promoteurs sont intolérants, intransigeants, pé-

remptoires. Ils n'admettent aucune réplique, aucune

opinion contraire. Bientôt, on sera mis en prison pour

oser dire que tout de même un homme c'est pas tout

à fait la même chose qu'une femme.» –

Père Daniel

Ange

Père Daniel Ange

u

aspire depuis toujours. A cela que s’applique des

savants et des inventeurs.

Les Anglais n’appellent-ils pas souvent les inven-

tions des «labor-saving devices» — on dit vulgaire-

ment ici des patentes pour sauver de l’ouvrage.

Sauver du travail, du temps, tout le monde le

désire. Pourtant, chose étrange, dès que quelqu’un

réussit à remplacer des hommes qui se fatiguaient

par des machines qui font l’ouvra-

ge à leur place, des angoisses

naissent chez ceux que l’inven-

tion libère.

Le progrès a donc de mauvais

aspects. Pourquoi ?

Proposition idiote

Allez trouver une femme qui

peine dans sa maison, parce qu’el-

le a beaucoup à faire et n’a ni aide

domestique, ni aide mécanique.

«Madame, vous en êtes enco-

re à balayer avec ce vulgaire balai

de paille ou de crin, à coudre avec

une aiguille à main, à laver avec

une planche ou un battoir ou un

moulin à manivelle? Je vais ins-

taller chez vous une balayeuse

électrique, une laveuse électrique,

une machine à coudre électrique.

Cela va vous sauver beaucoup

de temps, n’est-ce pas? Eh bien!

pour vous tenir occupée plein

temps quand même, en vertu du

principe suprême de l’embauchage intégral, vous

emploirez tout le temps ainsi sauvé

à

balayer, laver

et coudre pour des voisines, ou à placer des pièces

d’acier sous une machine dans l’usine à bombes de

votre ville.»

Que va vous répondre madame? Que c’est idiot,

n’est-ce pas? C’est pourtant exactement ce qui se

pratique dans notre civilisation de progrès, depuis

que des machines, de plus en plus perfectionnées, de

plus en plus motorisées, et bientôt de plus en plus

automatisées, enlèvent la nécessité de consacrer

autant d’heures d’homme à un programme donné de

production.

Pour compenser pour le «temps sauvé», on aug-

mente le programme de production; et l’on a bien soin

de vous faire savoir que, si vous ne contribuez pas au

programme augmenté, vous n’aurez pas du tout part

aux produits qui se font plus vite qu’autrefois.

—Mais, c’est heureux, direz-vous peut-être, qu’on

puisse augmenter le programme de production. Cela

mettra plus de produits à la disposition des besoins.

Pour qui et pour quoi le progrès?

Louis Even (1885-1974)

Fondateur de Vers Demain

u

10

VERS DEMAIN août-septembre 2014

VERS DEMAIN août-septembre 2014

www.versdemain.org www.versdemain.org

11