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«Réveille-toi humanité: refuse l’usure, tu auras un futur

»

Réflexions de Mgr Mathieu Madega Lebouakehan du Gabon

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la volonté de celui qui tient la plume et à cause des

conditions qu’il pose à sa création d’argent.

Puis toute création d’argent crée en même temps

une dette: dette privée ou dette publique. Les deux

soustraient l’argent à la société, par les prix ou par les

taxes, pour le remboursement.

L’argent est nécessairement condamné à la rareté

puisqu’il naît à condition de mourir en plus grande

quantité qu’il est né. S’il reste de l’argent, c’est simple-

ment grâce à l’augmentation de dettes quelque part.

Quand la dette publique augmente, l’intérêt to-

tal augmente. Quand l’intérêt annuel augmente, les

taxes augmentent. Quand les taxes augmentent,

l’argent diminue, même si les prix montent. Quand

l’argent diminue, on se prive. Quand on se prive, le

chômage s’installe. On connaît le reste.

Tout cela paraît très simple et facile à compren-

dre, quand on le dépouille de tout l’appareil qui l’en-

toure, le complique et le camoufle.

Mais, quand on tient le public dans l’ignorance, il

attribue ce résultat au gouvernement du jour. Au lieu

de s’entendre contre l’ennemi commun, on part en

luttes politiques les uns contre les autres.

Désordre

Désordre que cette naissance de l’argent à l’état

de maître des hommes. L’argent fut institué pour ser-

vir; on le fait naître en asservissant. L’argent vient

au monde dans le livre des profiteurs, en créant des

dettes mathématiquement impayables. Et le vol du

crédit de la société est à la base de l’opération qui

endette ainsi la société.

Comment veut-on que l’argent qui débute de

cette manière accomplisse un rôle bienfaisant ? Il naît

en commandant, il continue de commander. Il naît

pour le profit de quelques exploiteurs; il continue de

profiter à quelques exploiteurs. Il naît en plaçant les

gouvernements à ses pieds; il continue à maîtriser

les gouvernements.

Pendant ce temps, l’être humain, l’enfant naît

esclave de la dette. Il assume en venant au jour sa

part de la dette publique de son pays. Il naît endetté

et le restera tous les jours de sa vie. Le système se

charge de faire grossir la dette. Le maître, c’est l’ar-

gent; l’esclave, c’est l’être humain. Désordre !

Les familles nombreuses peuvent bien souffrir

d’un tel régime: multiplier les enfants, c’est multiplier

les esclaves.

Désordre, l’argent rare dans un monde de pro-

duction abondante. Désordre, l’argent qui disparaît

quand la production est maintenue. Désordre, l’ar-

gent réglé par le mobile profit du banquier, au lieu

du mobile nécessité sociale. Désordre, l’argent qui

naît propriété de quelques individus, alors qu’il est la

monétisation d’une propriété publique.

Tant qu’on n’aura pas redressé ce désordre-là, il

sert à peu de chose de vouloir établir un peu d’ordre

dans les relations sociales.

C’est parce qu’ils comprennent ce grand désor-

dre que les créditistes de Vers Demain insiste tant

pour y apporter remède. L’application des proposi-

tions monétaires du Crédit Social ou démocratie éco-

nomique, de l’ingénieur écossais Clifford Hugh Dou-

glas, replacerait l’argent dans son rôle de serviteur,

d’instrument pour distribuer. aux hommes l’abon-

dance faite pour eux, qu’elle vienne directement de la

Providence, ou qu’elle soit le produit du travail ou de

la science appliquée. Les hommes, tous les hommes,

tous et chacun, doivent en avoir leur part.

Louis Even

Vers Demain publié en quatre langues

Saviez-vous que Vers Demain est publié en quatre langues

— français, anglais, espagnol et polonais? Ils sont tous publiés

en format magazine. Si vous connaissez quelqu’un qui peut lire

une de ces langues, n’hésitez pas à leur offrir un abonnement-

cadeau, ou bien abonnez-vous vous-même pour améliorer vos

habiletés dans une deuxième langue ! Le prix est le même pour

chacune des quatre éditions: 20 dollars pour 4 ans (pour le Ca-

nada et les États-Unis, ou 20 euros pour 2 ans pour l’Europe).

Envoyez votre chèque ou mandat-poste (et n’oubliez pas de

mentionner dans quelle langue vous voulez recevoir le maga-

zine) à l’adresse suivante:

Vers Demain, 1101 rue Principale,

Rougemont, QC, J0L 1M0; Tel.: 1 (450) 469-2209

(pour l’adresse pour les autres pays, voir en page 2)

Mgr Mathieu Madega Leboua-

kehan, évêque du diocèse de

Mouila et Administrateur Aposto-

lique du diocèse de Port-Gentil au

Gabon, est venu pour la deuxiême

fois à Rougemont participer à notre

session d’étude sur la démocratie

économique (aussi connue sous

le nom de crédit social). Toujours

aussi enthousiaste, il a même,

cette fois-ci, fait le professeur pour

quelques leçons, et démontré qu’il

maîtrisait très bien le sujet. Voici les

paroles qu’il adressait à l’audience

le 30 août 2013, à la fin de la ses-

sion d’étude. (Veuillez prendre note

que les prochaines sessions de for-

mation à Rougemont sur le crédit

social auront lieu du 7 au 17 mai

2014, et du 20 au 28 août 2014.)

Une opinion largement répan-

due impute la pauvreté, le manque

du pouvoir d’achat, la crise écono-

mique, et j’en passe, au manque

d’argent. À ce manque d’argent

on y ajoutera certes la corruption,

la gabegie, et d’autres maux du

même ordre.

Le manque d’argent fait par

conséquent prendre des crédits

bancaires par des personnes ou des

nations dites «solvables». Ce fai-

sant, les dettes contractées devien-

nent insolvables pour beaucoup

d’états. Les grandes puissances n’y

échappent pas, y compris celles qui

se disent en avant-garde du déve-

loppement. Mais combien doivent

justement ces nations à ce jour ?

Les chiffres donnent des vertiges. Et

pour une quantité non négligeable

de personnes physiques la situation

n’est pas moins inquiétante. Mais

entendons-nous un instant.

Où se trouve physiquement

cet argent dû par les nations ou les

personnes? Nulle part ! La somme

totale d’argent «liquide» en circu-

lation dans le monde et présent

dans les coffres des banques suf-

firait-elle vraiment à payer toute

la dette de l’humanité entière et à

faire vivre les gens?

De ce que nous avons appris

ici, la réponse est négative: Non !

Alors d’où sortira cet argent exigé

par les banquiers et aux nations et

aux personnes physiques? Allez-y

comprendre quelque chose !

Les

grandes puissances dites civilisées,

qui ne répondront qu’avec des faits

évidents et irréfragables à cette

question, feront inévitablement de

la représentation théâtrale devant

leur peuple respectif.

Or quand on

est décideur faire le prestidigitateur

pour des questions de vie ou de

mort de la population qu’on est sen-

sé gouverner, c’est avoir les yeux

bandés devant la réalité.

Question: Comment se fait-

il que des Gouvernements don-

neurs de leçons à d’autres, et se

considérant bons gestionnaires,

meilleurs administrateurs, maîtres

de la démocratie politique qui est

«un produit» considérée exporta-

ble, ajustable et imposable à toutes

les nations, comment se fait-il que

bon nombre de leurs pays croupis-

sent aussi, gesticulent également,

s’ébattent – autant que leurs bons

ou mauvais élèves – sous le joug

de dettes souvent grandissantes,

logiquement et mathématiquement

insolvables? Et pourquoi osent-ils

s’enorgueillir tout de même de pos-

séder des facultés d’économie, de

grandes écoles de gestion, des cen-

tres de recherche stratégique, etc.?

S’ils savent réellement ce qu’ils font,

le système est donc voulu et savam-

ment entretenu ! Par conséquent,

à qui profite le crime? Mes amis,

étant donné que vos peuples le sa-

vent déjà, brisons donc les chaines

de l’argent dette avec intérêt !

Faut-il penser que les singes

sont plus intelligents que nous les

hommes, eux qui n’ayant ni écoles

ni universités, ni organisation tech-

nique ou civilisée ne connaissent

pas de différence entre forêt déve-

loppée, forêt intermédiaire, et forêt

en voie de développement (ou forêt

simplement sous-développée), eux

qui ne croisent ni crédit ou prêt

bancaire, ni inflation ni récession

économique? (

Mgr Mathieu fait ici

référence à la leçon 2, où les sin-

ges n’ont pas besoin d’argent pour

Mgr Mathieu Madega lors de son passage à Rougemont

entouré des directeurs de Vers Demain, Marcel Lefebvre et Thérèse Tardif

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2013

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