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Trois livres sur le Crédit Social

Pour étudier la cause de la crise finan-

cière actuelle, nous vous offrons ces livres à

un prix spécial, en incluant les frais postaux:

Démocratie économique en 10 leçons: 12.00$

Sous le Signe de l’Abondance: 25.00$

Régime de Dettes à la Prospérité: 10.00$

Quand il serait si simple pour l’humanité de s’épa-

nouir, par une distribution généreuse de l’abondant

pain quotidienmis à sa disposition par le Père commun

à qui l’on doit et les richesses naturelles et les bras et

les cerveaux capables de transformer ces richesses et

de les transporter aux quatre coins du monde !

La finance du consommateur

Financer le consommateur, c’est évidemment lui

fournir le pouvoir d’achat total nécessaire pour se pro-

curer les fruits de la production.

A remarquer qu’il ne s’agit pas de mettre à la dispo-

sition de chaque consommateur individuel un pouvoir

d’achat qui lui permette de satisfaire tous ses besoins

et désirs. Il ne s’agit pas non plus de répartir le pouvoir

d’achat également entre tous les individus. Le Crédit

Social envisage l’ensemble des consommateurs, com-

me il envisage l’ensemble de la production. Il y aura

toujours des inégalités sociales comme il y aura tou-

jours inégalité de valeur entre les individus au point de

vue capacité physique ou intellectuelle. Cependant, on

peut dire que, sous un régime qui distribue une par-

tie des surplus sous forme de dividendes à tous les

citoyens du pays, la pauvreté abjecte, la privation du

nécessaire sera chose du passé; et sous un régime

qui finance la consommation, et par elle seulement

la production, on verra disparaître la grande arme de

l’exploitation. On comprendra mieux ceci à mesure

qu’on poursuivra cette étude. Si nous démontrons que

le Crédit Social sert admirablement bien le consom-

mateur, nous aurons démontré qu’il sert l’homme,

puisque tout homme est consommateur. Une finance

qui sert l’homme, le consommateur, est une servante;

celle qui le tient dans la privation injustifiée, comme

aujourd’hui, est une maîtresse. L’homme doit-il être

soumis à la finance, ou la finance à l’homme?

Le pouvoir d’achat du consommateur se com-

pose, sous le système actuel, des salaires et gages

distribués au cours de la production et des intérêts

et dividendes distribués aux fournisseurs de fond. Le

pouvoir d’achat total du pays est inférieur au total des

prix des produits offerts au consommateur. Personne

ne peut le contester. L’écart se fait de plus en plus

grand à mesure qu’on mécanise davantage la produc-

tion. L’introduction d’une machine qui déplace dix,

vingt ou cent hommes, ne se fait pas pour diminuer

la production; c’est le contraire qui a lieu. La machi-

ne multiplie les produits - en diminuant le nombre de

salariés. Plus de produits d’un côté, moins de pouvoir

d’achat de l’autre. Résultat: souffrances du chômage

appauvrissant et avilissant, au lieu que sous un régime

sensé, on aurait l’écoulement de ce surplus de pro-

duits, l’organisation des loisirs, l’ennoblissement de

l’homme dompteur des forces de la nature.

On a bien dit — et écrit — que si des consomma-

teurs manquent de pouvoir d’achat, d’autres en ont

trop, et l’on a préconisé qui la limitation, qui la redis-

tribution des fortunes. Concédant que certains Crésus,

à la faveur surtout de leur contrôle de la source des

crédits, aient scandaleusement accumulé des millions

en plein temps de crise, il reste tout de même que si

vous répartissez les revenus de ces riches entre tous

les habitants du pays, vous n’aurez augmenté le pou-

voir d’achat de chaque Canadien que de 21 dollars par

an. Le résultat final sera d’avoir généralisé la pauvreté.

Le Crédit Social poursuit un tout autre but.

On a fait les mêmes calculs en Angleterre, où ne

manquent pas des fortunes colossales à côté du pau-

périsme. La redistribution des fortunes y donnerait à

chaque individu, environ 25 $ de plus par an. Combien

loin de financer l’achat de tous les fruits actuels ou pos-

sibles de la production et de l’importation anglaises !

(

Note de Vers Demain: en page 63 du livre Stable

Money de W. E. Turner, publié en 1966, on peut lire:

«Si tout l’argent du monde entier avait été réparti éga-

lement entre chaque habitant de la planète, on aurait

obtenu un montant de 2,81 dollars par individu ! »

)

Ce qui revient à dire que le total de la monnaie,

où qu’elle soit, est insuffisant pour acheter le total

des produits.

N’allez pas inférer des considérations qui précè-

dent que nous voulions absoudre les injustices qui

expliquent le plus souvent les fortunes colossales

ou que nous soyons prêts à nous découvrir chaque

fois qu’on prononce le nom d’un millionnaire. Le Cré-

dit Social n’a pas de ces bassesses et, en finançant le

corps consommateur plutôt que le corps producteur,

en supprimant le contrôle privé des crédits pour distri-

buer toute nouvelle monnaie nécessaire directement

au consommateur, jusqu’au plus pauvre et au plus fai-

ble citoyens, il fournit la meilleure méthode pour dé-

trôner les dieux de l’exploitation, briser les monopoles

et démocratiser la richesse.

Nous ne touchons pas, qu’on le remarque bien,

aux épargnes acquises. Nous ne distribuons au

consommateur que la nouvelle monnaie, à mesure

qu’il en sera nécessaire pour établir l’équilibre entre le

pouvoir d’achat et la capacité de production de riches-

se réelle. Cette nouvelle monnaie différera des crédits

bancaires actuels. Elle sera plus saine, parce qu’au lieu

d’être basée sur une production future aléatoire, elle

sera basée sur une production actuelle. Plus effective,

parce qu’elle ne sera pas une monnaie de dette qu’il

faut retourner, avec intérêt, à l’agence qui l’a émise,

mais une monnaie libre de tout lien et livrée perma-

nemment à la circulation.. Ce ne sera pas un prêt: le

consommateur qui la recevra n’aura ni à la rendre, ni à

en payer des intérêts. Ce sera réellement une monnaie

nouvelle et non pas, comme dans les secours directs,

une monnaie déjà existante, prise dans la poche de

Pierre pour donner à Paul. La nouvelle monnaie sera

créée expressément pour la distribution au consom-

mateur, toujours dans la mesure nécessaire pour

hausser le pouvoir d’achat au niveau de la production,

pas plus. Qu’on n’y voie pas une monnaie d’inflation,

puisqu’elle sera déterminée d’après le volume de dis-

ponibilités recherchées par les consommateurs.

— Vous allez donc créer de la monnaie?

— Certainement, et il n’y a rien de nouveau là-

dedans. Actuellement: il s’en crée tous les jours et

à bien plus grosse dose que notre régime de Crédit

Social n’aura à le faire. Les fabriques de monnaie

d’aujourd’hui, les banques, doivent constamment

créer de la monnaie, parce qu’elles la détruisent

constamment. C’est la destruction qui les enrichit,

parce que le remboursement des prêts s’accompagne

de l’intérêt. Et c’est cette création et cette destruction

continuelles qui tiennent le travail et toute la société

sous la dépendance du banquier. Si la main qui pro-

duit la monnaie opère moins vite que la main qui dé-

truit la monnaie, le total en circulation diminue — et

vice versa.

Le Crédit Social, lui, n’est pas guidé par le profit

d’un particulier. Il opère pour l’écoulement total de la

richesse. Il crée toute la monnaie nécessaire à cette

fin, à mesure que la collectivité des producteurs —

hommes et machines — augmente la richesse, et il

distribue cette monnaie au consommateur. Celui-ci

achète la production et finance ainsi le producteur et le

distributeur. Tout le monde profite, personne ne souf-

fre, de la création de nouvelle monnaie.

Le Crédit Social ne place pas d’intérêt sur cette

monnaie distribuée au consommateur, car il n’y a

aucune raison de le faire. Il n’exige pas non plus de

remboursement, il ne retire pas cette monnaie de la

circulation, parce qu’il n’y a aucune raison de le faire.

La production, en effet, ne s’arrête pas après la livrai-

son d’un article, elle le remplace.

— Mais, si vous continuez ainsi, l’émission de

monnaie, vous finirez bien par en avoir trop et ce sera

l’inflation.

— Nous n’émettons de nouvelle monnaie que

quand il y a des disponibilités, c’est-à-dire plus de pro-

duction que de pouvoir d’achat, et seulement pour la

différence. Pour qu’il y eût trop de monnaie, il faudrait

que la production diminue; ce qui ne se conçoit guè-

re quand les moyens de production sont là et que le

consommateur avec un pouvoir d’achat est là aussi.

Les inflations et déflations bancaires, inspirées par la

recherche du profit et conditionnées par la vision du

banquier limitée au cas de l’heure, engendrent des

fluctuations très sensibles dans la production. Tou-

tes entraves brisées, on peut s’attendre à un progrès

constant, les seules limites étant la capacité du systè-

me producteur, ou la satiété du corps des consomma-

teurs. On n’entrevoit guère un arrêt. Sans doute qu’il

y a un plafond à la consommation de certaines caté-

gories de biens; nourriture, vêtement. Mais l’homme

a d’autres aspirations fort légitimes, nobles mêmes,

surtout l’homme qui n’est plus obsédé du matin au

u

L’argent peut être comparé à un bulletin

de vote. En votant pour les biens et

services qu’ils désirent, les consommateurs

décideraient en fin de compte ce qui serait

produit, puisqu’afin de rester en affaires,

les producteurs ne fabriqueraient que les

biens et services commandés par la

population. On aurait ainsi, selon les mots

de Douglas, une véritable démocratie

économique: une «aristocratie de

producteurs au service d’une démocratie

de consommateurs».

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2013

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2013

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