Table of Contents Table of Contents
Previous Page  26-27 / 48 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 26-27 / 48 Next Page
Page Background

Le Québec vit actuellement à l’heure d’un psycho-

drame historique. À la veille d’une élection provinciale,

le gouvernement socialo-marxiste de Mme Pauline Ma-

rois, grande amie du gouvernement socialiste de Fran-

çois Hollande en France, veut imposer au bon peuple

une Charte de la laïcité neutre et athée, pudiquement

appelée Charte des nouvelles valeurs québécoises.

Mais de quelles valeurs parle-t-on vraiment ?

Le débat qui fait rage actuellement au Québec est

grassement alimenté par notre gouvernement de gau-

che et par notre intelligentsia, médias et artistes athées.

Il tourne autour du voile musulman et du crucifix catho-

lique. On palabre à pleines pages dans les journaux et

on ergote à journée longue à la radio et à la télévision

sans oser aborder le cœur de la question.

Mais, quel est donc le

but ultime

de tout ce bran-

le-bas de combat où le citoyen moyen ne voit que du

feu? Il faut voir plus loin que son nez et éviter de se

faire contaminer par les belles phrases creuses de type

«égalité homme-femme et bienheureuse neutralité de

l’État laïc». Tout comme les fameux débats sur l’eutha-

nasie et sur l’indépendance du Québec (on est mania-

que des débats), le débat sur la Charte des valeurs

québécoises a comme objectif fondamental

de mettre

le dernier

clou dans le cercueil de l’effroyable Grande

Noirceur du Québec.

Notre Belle Province est actuellement en train de

se faire embarquer dans le TGV (Train Grande Vitesse)

de l’athéisme sans trop s’en apercevoir. Quand de très

grandes personnalités du monde artistique, adorées

par une population païenne qui ne pense qu’à s’amu-

ser, crient à tue-tête des âneries comme «fuck off les

maudites folles», c’est-à-dire les femmes voilées, et, «je

craindrais d’être soignée par

une

médecin

voilée

», je

comprends très bien ce qui se cache derrière ce tsu-

nami de haine. Ces propos ont pour but

d’attaquer vi-

cieusement de front la Foi en Dieu.

Et le gouvernement

jubile en silence !

Sous le couvert de beaux principes de droit, de laï-

cité et de neutralité, le débat vient de nous montrer son

vrai visage

. La croix catholique et le voile islamique

seraient les grands symboles de la foi, de la soumission

à Dieu et de la Grande Noirceur. Il faut donc s’indigner,

les faire disparaître et mépriser ces choses qui nous

rappellent l’obscurantisme du Moyen Âge. «À bas les

commandements de Dieu et les maudits curés», nous

dit le très populaire chroniqueur Pierre Foglia dans le

journal La Presse du 17 octobre 2013 en affirmant qu’il

appuie de tout cœur la Charte. (

Note de Vers Demain:

Dans le journal Le Devoir du 8 novembre 2013, l’an-

cienne ministre péquiste Lise Payette va jusqu’à sug-

gérer qu’on élimine les noms de saints des villes et des

rues du Québec.

)

La grande croisade de l’athéisme roule à plein

régime au Québec. Les militants athées n’ont plus

aucune retenue. Ils exigent une laïcité culturelle athée

où on n’enseigne plus Dieu nulle part. Ils nous annon-

cent qu’ils ont une supériorité morale (leur morale!) et

mentale sur les croyants. Le Québec a mis Dieu à la

porte des familles, des écoles, des hôpitaux et de tous

les lieux publics. Très peu de personnes, pas même le

clergé québécois n’a protesté. Alors, faut-il retourner en

arrière en acceptant les croix et les voiles, ces poussié-

reux objets qui représentent l’asservissement à un Dieu

qui n’existe pas?

Actuellement, tous les athées se déchaînent au

Québec. Jamais dans l’histoire n’a-t-on vu autant de

mépris contre la croyance religieuse. Les athées pré-

tendent libérer les catholiques et les musulmans québé-

cois de l’expression de leur foi. On se croirait en régime

soviétique où le peuple devait être soumis à une cure

de désintoxication religieuse; car la foi en Dieu, c’est

l’opium du peuple.

Dans le débat actuel, les athées nous informent que

beaucoup trop de Québécois souffrent encore d’une

maladie honteuse :

ils sont déviants et croyants.

Il faut

les rééduquer. Hors de la nouvelle religion neutre, laï-

que et athée du gouvernement réactionnaire Marois et

de nos féministes enragées,

point de salut

. La vision

péquiste du monde est intrinsèquement supérieure et la

vision des pauvres croyants est dépassée et arriérée. Le

gouvernement et ses sbires pensent que leurs valeurs

(Les Lumières) doivent être imposées à tout le peuple

québécois pour le faire entrer dans la modernité.

Au nom de la très populaire et incontournable sépa-

ration de l’Église et de l’État, notre Québec postmoderne

va bientôt vivre à l’heure de la répression religieuse et du

dénigrement de la foi en Dieu. C’est l’heure de l’intégris-

me de la laïcité athée et de la Charte de l’athéisme fémi-

niste, car une

vraie

féministe doit être athée au Québec.

Pendant que le ton monte sur toutes les tribunes, le

gouvernement Marois garde silence face à cette croi-

sade des athées québécois. La tournure biaisée du dé-

bat fait trop bien son affaire. Les élections approchent

et la popularité de notre gouvernement athée augmente

car la population se laisse lamentablement manipuler.

Une grande partie de la population ne voit absolument

pas ce qui se trame en coulisses, c’est-à-dire, l’attaque

tous azimuts contre la foi en Dieu qui serait le véritable

symbole de la Grande Noirceur en attendant l’arrivée

du

Grand Soir

de l’indépendance du Québec où le bon

peuple sera enfin délivré de toutes ces insignifiantes

croyances religieuses.

Le Québec va-t-il enfin se ré-

veiller avant qu’il ne soit trop tard?

Paul André Deschenes

Professeur à la retraite

qui a enseigné pendant 32 ans

au niveau primaire et secondaire

dans les écoles du Québec

Le psychodrame de la Charte

Les projets de loi 52 et de charte des valeurs sont

délicats et les enjeux fondamentaux, puisqu’il y est

question de dignité de la personne, de liberté de croi-

re, de vie et de mort des plus vulnérables, potentielle-

ment de chacun de nous.

Les textes proposés devraient pour cela être clairs

et sans détour. Or, ils s’avancent masqués. Le langage

y agit comme un cosmétique lénifiant, séduisant: on

parle de compassion alors qu’il s’agit de meurtre; on

parle de soin médical alors qu’il s’agit de la dernière

piqûre qui tue; sous les apparences du langage flat-

teur de l’identité nationale, sous le couvert d’avancée

démocratique et de neutralité, la charte des valeurs ne

parle même pas d’une saine laïcité mais de l’illusoire

neutralité d’un laïcisme, religion d’État qui chercherait

à s’imposer aux pratiques communes et aux conscien-

ces par le biais, par exemple, du système éducatif et

de ses programmes.

Faut-il que notre bon sens soit anesthésié, au point

de ne pas voir les évidentes contradictions dans les-

quelles de telles lois enfonceraient notre société? Que

penser, par exemple, d’une société qui recherche avec

raison les moyens les plus efficaces pour enrayer le

suicide de ses membres, et propose de légaliser l’aide

au suicide en fin de vie? Comment ne pas voir une

contradiction dans une société qui a milité contre la

peine de mort, et qui permettrait à un de ses mem-

bres de la pratiquer sur ses concitoyens, fût-ce à leur

demande?

Comment peut-on, sans contradiction, affirmer

respecter l’objection de conscience et exiger d’un mé-

decin qui refuserait de pratiquer l’euthanasie, d’indi-

quer le nom d’un collègue prêt à effectuer l’acte? Que

dire du caractère aberrant de l’argument qui consiste-

rait à légaliser l’euthanasie pour arrêter les souffran-

ces: étrange manière de supprimer le problème, en

éliminant la personne !

Plus grave: le tissu social requiert la confiance, lien

essentiel sans lequel une société se déchire et s’effon-

dre; en rendant légal le geste de mort pratiqué par un

médecin sur les plus fragiles et vulnérables d’entre

nous, on installerait nécessairement la méfiance chez

celui pour qui la relation à son médecin est parfois

l’ultime lien humain et humanisant.

Derrière ces projets de loi, se profile le spectre

d’une «barbarie à visage humain» selon le mot de Ber-

nard-Henri Lévy, lorsqu’il dénonçait des totalitarismes

que nous avons d’ailleurs combattus. Et, maintenant,

comme ces régimes aux moeurs barbares, nous léga-

liserions l’euthanasie, avec des procédés langagiers

semblables: contre-vérités et illusions séductrices?

Contre-vérité que d’appeler soin médical un acte

de mort. Illusion d’appeler compassion la réponse à

un cri de détresse par un geste de mort. Illusion en-

core de croire que le projet de loi protégerait contre

d’éventuelles dérives: le modèle belge qui inspire

nos législateurs, connaît aujourd’hui des dérapages

spectaculaires ! Contre-vérité de dire que la dignité

de la personne dépend de sa qualité de vie alors que

la dignité est liée au seul fait d’être un être humain,

quelles que soient les conditions de vie.

Contre-vérité de dire que l’aide au suicide des per-

sonnes en fin de vie n’a rien à voir avec le suicide des

jeunes ou adultes. Contre-vérité de laisser croire que

«légal» et «moral» sont synonymes. Illusion de croire

qu’il suffit qu’une loi soit votée dans une démocratie,

pour que son contenu et son application deviennent

moralement bons.

L’histoire encore récente en témoigne. Les démo-

craties sont fragiles et demandent la vigilance de tous

et de chacun pour ne pas dériver en dictature, fut-ce

une dictature apparemment indolore. La raison et le

coeur devraient conduire le gouvernement québécois

à reconnaître que le projet de loi 52 ne correspond en

rien à l’esprit de ce peuple du Québec, aux valeurs

morales et spirituelles qui l’ont construit et qui lui ont

permis de traverser des épreuves redoutables.

Ses qualités et ses ressources humaines, sa force

économique et sa créativité encore présentes, pour-

raient à coup sûr permettre au Québec de relever ces

défis et devenir leader et exemplaire dans des domai-

nes tels que la mise en oeuvre de soins palliatifs d’ex-

cellence, la recherche de traitements contre la dou-

leur, la formation intégrale des accompagnants et la

protection des plus faibles, qui mesure le degré d’une

civilisation.

Thérèse Nadeau-Lacour

Lettre publiée dans le

quotidien Le Nouvelliste de

Trois-Rivières du 17 oct 2013.

L

’auteure de ce texte, Thérèse

Nadeau-Lacour, est professeu-

re titulaire en Sciences humai-

nes à l’UQTR et professeure

associée à l’Université Laval.

Les illusions barbares

Soin médical ou piqûre qui tue?

Le projet de loi 52 ne correspond en

rien à l’esprit de ce peuple du Québec

26

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2013

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2013

www.versdemain.org www.versdemain.org

27