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appelle propriété privée, avec tous les privilèges

et les responsabilités qu’elle comporte, est bien

plus, devant Dieu et l’humanité, une gérance qu’une

propriété absolue. Tout en répondant à une tendance

naturelle de la personne, tout en contribuant à enrichir

la personnalité du propriétaire, la propriété privée des

moyens de production garde une fonction sociale.

Que les biens proviennent d’une entreprise privée, ou

d’une corporation capitaliste, ou d’une coopérative, ou

d’une institution étatisée, c’est toute la communauté,

ce sont tous les membres de la société qui, de quelque

manière, doivent en obtenir un enrichissement.

Le mode de production est une chose. Le mode

de distribution en est une autre. Les deux doivent être

ordonnés au même but: le premier, en fournissant

efficacement la somme des biens réclamés par la

somme des besoins; le second, en rendant ces biens

accessibles aux besoins de tous, avec le minimum

de difficultés, sans pour cela ôter aux producteurs

une récompense proportionnée à leur contribution

personnelle au maintien du flot de produits et de

services.

L’offre des produits sur le marché communautaire

ne reconnaît-elle pas ce principe de la destination

universelle des biens? Et s’il n’y avait pas carence

du côté pouvoir d’achat, si du pouvoir d’achat était

garanti à tous, comme par le dividende du Crédit

Social, cette destination universelle serait réalisée tout

en maintenant, par la vente du produit, la récompense

due au producteur. Simple question d’un système

financier, d’une comptabilité monétaire ajustée à cette

véritable fin de la production.

Tous héritiers

Un autre facteur gratuit de production — gratuit

en ce sens qu’il n’a été gagné par personne de ceux-là

mêmes qui l’utilisent — c’est l’héritage des générations

dont disposent les vivants actuels. C’est le savoir-

faire accumulé et transmis, ce sont les découvertes

faites et perfectionnées au cours des siècles, ce sont

les progrès technologiques — toutes choses sans

lesquelles la production moderne serait immensément

moindre qu’on la connaît, même si tous les producteurs

y consacraient beaucoup plus de temps et beaucoup

plus d’efforts. Facteur communautaire aussi, l’existence

d’une vie en société, qui a permis la sauvegarde, le

développement et la transmission des acquisitions

ainsi réalisées au cours des siècles.

C’est donc tout cela — le cadeau sorti des mains

du Créateur et l’héritage reçu des générations

— c’est tout cela qui constitue un apport gratuit

à la production. Véritable capital social, gagné

par personne, dont tous sont au même degré co-

capitalistes, cohéritiers. Capital fécond, qui doit bien

valoir un titre gratuit à une part des fruits qui en

découlent.

Ces facteursgratuitsne suffisent pas, il est vrai, pour

fournir aux besoins humains des biens qui leur soient

adaptés. Le sol doit être cultivé, le bois doit être abattu,

les minerais doivent être extraits de leurs gisements,

des transformations successives doivent conduire à

un produit fini. Et toutes ces opérations demandent

la contribution de producteurs. Assurément. Mais

cela n’enlève en aucune manière le droit de tous à un

dividende social, à titre de copropriétaires, cohéritiers

du capital social exploité — pas plus que l’actionnaire

d’une industrie ne perd le droit à un dividende sur son

placement, quand bien même ce n’est pas lui, mais

des employés qui mettent ce capital en rendement.

Gratuité sans humiliation

Comme on le voit, il y a toute la différence du

monde entre le dividende à tous et le secours au

dépourvu, même si les deux peuvent apporter lamême

quantité de pain sur la table. Il y a dans le dividende

une réhabilitation, un relèvement de l’écrasé, qui ne

se trouve pas dans le simple secours au dépourvu. Et

d’abord, dans une économie de dividendes à tous, il

n’y aurait plus de totalement dépourvus.

Au citoyen recevant son dividende, personne ne

pourrait plus dire, comme cela arrive dans le cas du

Bien-Être: «Cet argent qu’on te passe a été gagné

par d’autres; il a fallu l’enlever à d’autres pour te

permettre de vivre.» Non. L’argent du dividende social

ne serait pas de l’argent d’abord gagné par certains,

puis retiré d’eux pour être distribué en dividendes à

tous. Rien de tel, puisque ce serait une gratuité, fruit

d’un capital gratuit. Personne ne l’ayant lui-même

gagné, il ne pourrait être taxé de personne. Dividende

à tous, n’enlevant rien à personne. Pouvoir d’achat

prioritaire, concrétisant pour chacun son droit à une

part des gratuités venues du Créateur et à une part de

l’héritage reçu des générations. Quelle joie, et point

d’humiliation du tout, à recevoir un cadeau, à toucher

un héritage ! Joie que le Crédit Social ferait goûter à

tous.

Un dividende croissant

Le capital social prend de plus en plus de

prépondérance comme facteur de production, alors

que le labeur humain en prend de moins en moins,

en prendrait même très peu si l’on n’affectait pas

la majeure partie des activités économiques à de

la production parfaitement inutile au point de vue

satisfaction des besoins normaux des hommes. C’est

ce qui a fait le fondateur de l’école créditiste, l’ingénieur

C. H. Douglas, écrire que le pouvoir d’achat devrait

graduellement provenir de plus en plus de dividendes,

et de moins en moins de salaires, à mesure que la

productivité augmente sans augmentation et même

avec diminution de labeur humain.

Si l’on avait compris et adopté cette conception de

l’économie, les salaires d’alors auraient plutôt diminué

qu’augmenté avec la diminution des heures d’ouvrage,

et les dividendes à tous seraient considérables. Avec

satisfaction pour tout le monde, puisque la somme

des deux distribuerait sans heurt toute la production

répondant à des besoins. Au lieu de cela, parce

qu’on a méconnu le capital social et le droit de tous

à un dividende social, les producteurs, salariés et

capitalistes, ont passé de conflits en conflits, finissant

toujours par une hausse de leurs rémunérations

respectives, incorporant dans leurs salaires et leurs

profits ce qui aurait dû légitimement être distribué

en dividendes à tous. Ce vol — car c’en est un —

ce vol des dividendes dus à tous, le leur y compris,

transforme en prix ce qui devrait être gratuités. Source

d’inflation croissante qui ne satisfait personne, pas

même les voleurs, encore moins les volés.

Bien d’autres vices du système financier actuel

seraient corrigés graduellement, et très vite, par

une économie de dividendes à tous. Mentionnons

seulement la concentration actuelle des grands

moyens de production entre quelques mains,

engendrant les industries mastodontes qui entassent

les populations dans les villes, qui brisent la vie de

famille, qui créent des équipes de nuit comme de

jour, de dimanches comme de jours ouvrables alors

que tant de machines sont au service de l’homme, qui

énervent, robotisent et dépersonnalisent les masses

ouvrières, et quoi encore ! Le dividende à tous

contribuerait à libérer les esclaves de ce système, à

leur permettre d’envisager eux-mêmes la formation

d’entreprises à taille d’hommes, à assainir le progrès

et en faire un serviteur au lieu d’un ogre.

L’établissement d’une économie de dividendes

nécessiterait d’ailleurs une élimination des vices

mortels du système financier actuel, favorisant

l’éclosion d’un climat économique nouveau, plus

propice aux bonnes relations des hommes entre eux.

Les riches

Les riches devraient-ils, eux aussi, toucher

un dividende social ? Certainement, puisque eux

aussi sont, au même titre que tout le monde, co-

propriétaires, cohéritiers du capital social.

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