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Hewlett Johnson, que les dirigeants soviétiques

connaissaient le Crédit Social, et que c’était le

seul mouvement qu’ils craignaient. Racontant une

expérience révélatrice qu’il avait eue avec le célèbre

chef fabien et marxiste Sidney Webb, Douglas a dit

que, après qu’il avait effectivement réfuté tous les

arguments contre la praticabilité de ses propositions

du Crédit Social, il a été confronté à la véritable

objection à ces propositions:

Webb lui a répondu qu’il

n’aimait pas le but des propositions créditistes, qui

était de libérer l’individu de la domination de ceux

qui exercent le pouvoir sur lui.

Ce que Douglas a fait fut

d’apporter une nouvelle stratégie et

tactique à un problème vieux comme

le monde: la lutte de l’individu

pour se défendre contre toutes les

manifestations de la soif du pouvoir,

du désir d’imposer sa volonté

aux autres. Avec la précision d’un

ingénieur de formation, il a analysé

les défauts fondamentaux dans le

système financier et économique.

Certains de ses commentaires

les plus brillants concernent le but

véritable de l’homme et menace

contre ce but par les partisans du

pouvoir centralisé, qui se servent

des institutions financières, écono-

miques et politiques pour asservir

la personne humaine. Une des

plus brillantes découvertes de

Douglas, c’est que le vrai but de la

production est la consommation, et que la politique du

«plein emploi» allait à l’encontre du progrès des arts

industriels, qui ont fait en sorte que les besoins réels

de l’individu soient comblés avec de moins en moins

de labeur humain.

Rien n’a amené d’opposition plus féroce à

Douglas que son observation selon laquelle ce n’était

pas le labeur humain qui créait toute la richesse du

travail, le principal facteur de production moderne

étant plutôt l’utilisation de l’énergie solaire sous

différentes formes pour faire fonctionner des

machines automatiques et semi-automatiques, et

que puisque l’individu était l’héritier d’un patrimoine

culturel, il avait moralement droit à une sorte

de dividende. Une telle politique est contraire à

l’opinion soigneusement entretenue selon laquelle

on ne peut pas accorder à l’individu ce genre de

liberté, que Douglas avait démontré à la fois possible

et souhaitable. Cette opposition au principe d’un

dividende basé sur un héritage était la manifestation

de la philosophie de la soif de pouvoir, d’imposer sa

volonté aux autres.

Le règne de Dieu ne peut venir sur la terre que si

les individus cherchent à connaître Dieu, servir Dieu,

pour faire avancer son projet pour l’homme. Le Christ

nous a dit: «Soyez parfaits, comme votre Père céleste

est parfait.» (Matthieu 5, 48) Viser la perfection n’est

possible que lorsque l’individu possède la liberté de le

faire. Le but de la perfection signifie que le Christ est

venu restaurer, rendre l’expiation avec Dieu possible.

Ce n’est qu’avec le Christ que l’individu peut venir à

connaître le Père, d’entrer en contact avec le Père.

Ainsi, loin d’ignorer le monde matériel, le Christ a

dit qu’il l’avait vaincu. L’homme ne vit pas seulement

de pain, mais avoir suffisamment de pain est

essentiel. «Donnez-nous aujourd’hui notre pain de ce

jour.» Dieu le Père a mis sur terre une abondance de

biens matériels nécessaires à la «vie en abondance»

dont le Christ a parlé.

Le «plein emploi» nie

l’accès au Royaume

La politique prépondérante

utilisée pour refuser à l’être

humain l’accès à la sécurité réelle

et de plus en plus de liberté, ce

qui lui est dû dès sa naissance,

est celle du «plein emploi».

Bien que cette politique soit

en flagrante contradiction avec

toutes les avancées en matière

de technologie, elle est promue

de façon persistante comme

l’objectif le plus important vers

lequel l’homme doit tendre.

La philosophie sous-jacente

à cette politique est matérialiste,

puisqu’elle traite l’être humain

comme matière première pouvant

être introduite dans un système

de production de masse de plus en plus croissant, et

aussi antichrétienne, parce qu’elle nie que le principal

facteur dans la production moderne soit l’héritage.

Quand Douglas a d’abord mis de l’avant la politique

d’un dividende national pour l’individu comme étant

un droit qui reflète la réalité de l’héritage, cela a été

dénoncé de façon cinglante comme étant «donner

quelque chose en échange de rien».

La vie elle-même est un cadeau, tout comme

les facteurs les plus importants qui soutiennent la

vie: l’eau, l’air et l’énergie solaire illimitée. Le refus

d’accepter les dons de Dieu avec le respect qui leur

est dû est une manifestation de l’orgueil de l’homme,

le refus d’accepter la vérité que l’homme n’est pas

auto-suffisant, qu’il dépend de Dieu et de Son univers

qui abonde en matériaux, et qu’il dépend des lois qui,

si elles sont découvertes et appliquées, fournissent à

la fois la sécurité et la liberté.

La tendance à adorer la science comme une

sorte de Dieu n’est qu’une autre preuve de l’orgueil

de l’homme. La science ne peut rien créer, elle n’est

qu’une méthode pour découvrir et utiliser ce qui existe

déjà...

Chaque nouvelle génération hérite du savoir

Clifford Hugh Douglas

u

accumulé par les générations précédentes. On hérite

même des idées. Comme l’a souligné le grand savant

Isaac Newton: «Si j’ai vu plus loin que les autres

hommes, c’est parce que je me suis tenu sur les

épaules de géants»...

Les plus grandes contributions à la civilisation

viennent de ceux qui ont bénéficié d’une sécurité

et liberté relatives. Mais, au mépris des faits, de

nombreux chrétiens soutiennent la politique du «plein

emploi», en s’appuyant sur les paroles de saint Paul:

«Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas

non plus» (2 Thessaloniciens 3, 10). Cette déclaration

était généralement vraie quand saint Paul l’a faite. Il fut

un temps où l’énergie humaine était le seul moyen de

production. Mais saint Paul n’avait jamais entrevu ni

même envisagé qu’un jour on aurait des systèmes de

production automatisée contrôlés par ordinateur.

(NDLR: en commentant ce passage de saint

Paul, le pape Pie XI a écrit dans son encyclique

Quadragesimo Anno: «En aucune manière, l’Apôtre ne

présente ici le travail comme l’unique titre à recevoir

notre subsistance. Il importe donc d’attribuer à chacun

ce qui lui revient et de ramener aux exigences du

bien commun ou aux normes de la justice sociale la

distribution des ressources de ce monde, dont le

flagrant contraste entre une poignée de riches et une

multitude d’indigents atteste de nos jours, aux yeux de

l’homme de coeur, les graves dérèglements.»)

Une personne ayant une autorité beaucoup plus

grande que saint Paul, le Christ, a dit quelque chose

de beaucoup plus fondamental, et qui a une valeur

permanente:

«Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni

ne moissonnent, ni n’amassent dans des greniers, et

votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas plus

qu’eux?... Et pourquoi vous inquiéter du vêtement?

Observez les lis des champs, comment ils poussent:

ils ne travaillent ni ne filent... Si Dieu habille ainsi

l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui

demain sera jetée au four, ne fera-t-il bien plus pour

vous, gens de peu de foi ?»

(Matthieu 6, 26-30).

Le Christ a dit qu’il est venu pour que l’homme ait

la vie en abondance. Il n’a pas dit, comme un ancien

gouverneur de la Banque d’Angleterre, Sir Montagu

Norman, que la pauvreté était bonne pour les gens.

Le grand philosophe chrétien, saint Thomas

d’Aquin, a déclaré que le «danger spirituel découle

de la pauvreté lorsque celle-ci n’est pas volontaire...

aucun homme doit vivre dans la destitution.»

Être libéré davantage de la nécessité de

prendre part à l’activité économique ne signifie pas

nécessairement que les gens deviendront de plus en

plus paresseux. La liberté ainsi obtenue permettrait

à l’individu de choisir le type d’activité qui l’attire. Il

y aurait une floraison d’activités créatrices avec des

individus s’occupant à des choses qu’ils aiment faire.

On peut dire avec certitude que l’intensification de

la politique de «plein emploi» ne peut qu’accélérer

la désintégration croissante de ce qui reste de

la civilisation chrétienne. La régénération de la

civilisation dépend du rejet de cette politique, et de

l’acceptation que tous sont héritiers du progrès et

ont droit à un dividende.

Toute action en faveur du Crédit Social doit rejeter

la vieille méthode des partis politiques qui divisent,

mais plutôt chercher à unir, à guérir, en conformité

avec la loi chrétienne de l’amour...

La régénération de la civilisation doit commencer

par la régénération de l’individu. Le développement

du Royaume de Dieu peut commencer dès maintenant

avec des personnes qui cherchent à faire usage de leur

initiative, en association avec d’autres qui sont aussi

des «chrétiens en pratique», pour résister autant que

possible aux politiques du mal. Refuser d’agir, c’est

refuser de travailler à entrer dans le Royaume.

Douglas a dit que «le christianisme, la démocratie,

et le Crédit social ont au moins trois choses en

commun: on prétend qu’ils auraient échoué, aucun

d’entre eux n’a la nature d’un plan, et tous les efforts de

certaines organisations les plus puissantes au monde

sont faits pour que non seulement le christianisme,

la démocratie et le Crédit Social ne soient jamais

acceptées, mais que le moins de personnes possible

comprennent leur nature.»

Douglas a consacré une attention considérable

à souligner que le christianisme, la démocratie et le

Crédit social authentiques ont tous le même souci de

s’assurer que les individus aient le contrôle effectif

de leur propre vie et acceptent la responsabilité

personnelle pour la façon dont ils se servent de ce

pouvoir. Le soi-disant échec du christianisme, c’est

celui des gens qui n’ont pas réussi à saisir le message

de vraie liberté que le Christ a apporté, ni à suivre les

conseils du Christ.

Le génie de Douglas lui a permis de présenter la

vraie nature de la démocratie et du christianisme.

Douglas a fourni la clé de la porte qui doit être

ouverte pour permettre à l’individu d’entrer dans le

Royaume ... Mais cette clé doit être activée par des

personnes ayant les connaissances et la volonté de le

faire. L’avenir du christianisme dépend maintenant de

ceux qui ont saisi les Vérités — un aperçu de la réalité

découverte et présentée par Douglas.

Eric Butler

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VERS DEMAIN mars-avril 2013

VERS DEMAIN mars-avril 2013

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