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par

Louis Even

Dans cet article, je vais vous parler de la sécurité

économique. Sécurité, cela veut dire être à l’abri. La

sécurité politique, par exemple, met à l’abri des incur-

sions des pays étrangers, pour ce qui est de la nation.

Elle met à l’abri des malfaiteurs et des voleurs, pour ce

qui est des citoyens à l’intérieur d’un pays. Cela, c’est

la sécurité politique.

Ne pas manquer du nécessaire

Quand on parle d’économique, on parle de la satis-

faction des besoins matériels. La sécurité économique

signifie donc qu’on a l’esprit tranquille du côté du né-

cessaire à la vie, que l’on n’a pas à craindre de manquer

du nécessaire.

L’absence de souci matériel ne veut

pas dire, évidemment, qu’il ne faut pas

s’occuper des choses matérielles, qu’il ne

faut pas s’occuper de produire ce qui est

nécessaire. Non, mais cela veut dire que,

une fois qu’on a fait ce qui est normale-

ment possible, ce qu’on est capable de

faire avec les moyens de production dont

on dispose, on devrait être au moins assu-

ré d’avoir le nécessaire, surtout quand le

nécessaire ne manque pas, et qu’il est loin

de manquer.

Or, le nécessaire ne manque pas: ni

dans le pays, ni, si on regarde le monde entier, à la

grandeur de l’univers. Il peut y avoir des pays qui sont

en détresse, mais il y en a d’autres qui sont en sura-

bondance.

Et on ne devrait pas avoir à s’inquiéter. Pourquoi

donc ne pouvons-nous pas suivre l’avis qui nous a été

donné par Notre-Seigneur: «Ne vous inquiétez donc pas

de ce que vous mangerez, de quoi vous vous vêtirez…

Regardez donc les oiseaux du ciel: ils ne travaillent pas,

ils ne sèment ni ne moissonnent; et cependant, votre

Père céleste les nourrit. La même chose pour les lis des

champs: ils ne tissent pas, et pourtant, ils dépassent en

splendeur les plus beaux habits de Salomon dans toute

sa gloire… Votre Père céleste sait ce dont vous avez

besoin.» (Matthieu 6, 25-32)

Justement. Notre Père céleste, qui est notre Créa-

teur, a placé sur la terre tout ce qu’il faut pour satisfaire

les besoins de toute l’humanité. Non pas qu’Il ait mis

toutes les choses toutes faites dans un endroit en par-

ticulier; mais si l’on regarde la surface du globe, Il en a

mis assez sur terre, sous terre, sous le sol, dans la mer,

dans les forêts, partout, pour satisfaire tous les besoins

normaux de l’humanité à travers tous les siècles.

Cela, on le sait; personne ne peut le nier. Mais

pour qui le bon Dieu a-t-il fait toutes ces choses-là?

Puisqu’Il est le Père de tous les hommes, Il les a fait

pour tous les hommes.

Les biens de la terre ont été créés pour tous les

hommes: c’est une chose qu’on a besoin de rappeler

à ceux qui l’oublient, aux gouvernements, aux particu-

liers, aux associations, à tous les groupes, à tous les

individus. Le Pape Pie XII nous l’a rappelé lui-même

dans son radio-message de la Pentecôte 1941: «Les

biens créés par Dieu l’ont été pour tous les hommes et

doivent être à la disposition de tous.»

C’est clair: «pour tous les hommes». L’homme est

une personne, mais c’est une personne sociable, une

personne qui vit en société; il faut donc

qu’il trouve l’épanouissement de sa per-

sonne dans la société. Le social ne doit

pas l’étouffer, mais l’enrichir. Et à son tour,

quand la personne s’épanouit, elle enri-

chit la société.

Il y a un reversement des biens de la

personne sur la société, et de la société

sur la personne, lorsqu’il n’y a pas d’en-

traves, lorsqu’il n’y a pas d’empêche-

ments. Et pourtant, que remarque-t-on

aujourd’hui ? Même à l’intérieur de pays

d’abondance comme le Canada, les États,

les pays d’Europe occidentale et d’autres,

on remarque qu’il y a en effet abondance, mais qu’il

y a des cas de misère, des cas de familles qui n’ont

non seulement pas l’abondance, non seulement pas

d’aisance, mais qui manquent du nécessaire, et qui

sont obligées de mendier ou bien de solliciter de l’aide

des gouvernements, et encore on ne leur accorde cette

aide qu’au compte-gouttes.

On voit que les hommes excellent à produire

aujourd’hui. Ils excellent à produire la production: on

a ce que l’on veut en fait de production — je ne dis pas

qu’on l’a dans les maisons — mais on a sur le marché

ce que l’on veut. Si l’on commande un cercueil, on a un

cercueil; si l’on commande une automobile, on a une

automobile; si l’on commande du pain, on a du pain

— pourvu qu’on ait le moyen efficace de commander

dans le monde actuel, qui s’appelle l’argent. Mais là, il y

a un obstacle, et nous allons en parler plus loin.

Si les hommes excellent à produire, ils échouent

pitoyablement pour distribuer. Et pourquoi échouent-

ils pour distribuer ? Parce qu’ils se sont eux-mêmes

imposés des règlements, des règlements pour la dis-

tribution des biens. Et ces règlements sont régis par

la finance. Ce sont des règlements financiers.

ducteurs de rien, pour avoir la permission de mettre

en œuvre des bras et des matériaux qui attendent.

Pour distribuer à tous

Puis le système financier doit exister pour dis-

tribuer les produits. Cela consiste à mettre des prix

sur les produits puis à distribuer du pouvoir d’achat

aux individus qui choisissent parmi les produits

ceux qui conviennent à leurs besoins. Prix et pou-

voir d’achat doivent s’équilibrer sinon la distribu-

tion grince, quand ce n’est pas pire.

Et comme tout le monde a des besoins, tout le

monde doit avoir du pouvoir d’achat. Les besoins

sont attachés à la personne, du berceau à la tombe;

le droit aux produits doit être aussi attaché à la per-

sonne, du berceau à la tombe. Sinon les produits ne

sont plus au service des besoins. Le Crédit Social

y pourvoit par un dividende périodique à tous, du

berceau à la tombe.

Le mode actuel de distribution ne peut pas ga-

rantir une part des biens de la terre à tout le monde

parce qu’il attache le droit aux produits exclusive-

ment à l’emploi. Tout le monde n’est pas employé.

Le progrès tend même à diminuer l’emploi tout en

augmentant la production.

On ne se nourrit pas avec de l’emploi, mais avec

des produits alimentaires. On ne s’habille pas avec

de l’emploi, mais avec des vêtements. Le droit aux

produits doit donc être réglé d’après la présence

des produits offerts aux besoins et non pas d’après

la présence de l’homme dans une entreprise de pro-

duction.

Si le produit vient sans le besoin de labeur hu-

main, le droit au produit doit venir aussi sans be-

soin d’emploi. Et si beaucoup de produits viennent

avec moins d’emploi, le droit à beaucoup de pro-

duits doit aussi venir avec moins d’emploi.

Maintenir la nécessité de l’emploi pour avoir le

droit de vivre alors que les inventions, les machines,

les perfectionnements des procédés de production,

ont justement pour but d’épargner du labeur humain,

c’est faire du progrès une punition au lieu d’une libé-

ration.

Jamais les syndicats ouvriers, ni les autres asso-

ciations qui cherchent la sécurité économique dans

l’emploi et dans le salaire, ne réussiront à obtenir

cette sécurité économique dans le monde industriel

d’aujourd’hui. Elles peuvent en obtenir un degré rela-

tif pour des individus mais pas pour tous les individus.

Solution unique

Le Crédit Social, seul, offre la solution. Et nulle

autre solution adéquate n’a jamais été présentée.

La fiscalité pour allocations d’assistance admet,

par son existence même, que la répartition des

droits aux produits est mal faite. Mais la fiscalité ne

corrige pas cette mauvaise répartition. Elle la laisse

continuer tout en essayant d’en atténuer les effets en

prenant à l’un pour passer à l’autre.

Le Crédit Social, lui, corrige ce vice de répartition

à sa source. Il distribue un pouvoir d’achat global

correspondant à la production globale et il assure à

chaque individu une part de ce pouvoir d’achat, part

au moins suffisante pour procurer le nécessaire.

Le Crédit Social supprime le désordre économi-

que au lieu de s’escrimer sans cesse à essayer d’en

guérir les plaies.

Louis Even

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(pour l’adresse pour les autres pays, voir en page 2)

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La sécurité économique pour chaque individu

Dieu multiplie le pain, à nous de le distribuer

Louis Even

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2013

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