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bonté et la puissance de sainte Anne, l’Atlantique a ser-

vi de joint plutôt que de séparation. En effet, à défaut

de document écrit, il y a la tradition, bien fiable dans

un pays encore jeune. On lit dans la brochure du Père

Lefebvre:

«Selon la tradition, quelques marins bretons atter-

rirent à Beaupré, après avoir été sauvés miraculeuse-

ment du naufrage par la bonne sainte Anne. Au cours

de la tempête, ils avaient fait voeu de construire une

chapelle là où ils toucheraient le sol. Ils se hâtèrent

donc de réaliser leur promesse. Ce fut le premier sanc-

tuaire élevé à Beaupré en l’honneur de sainte Anne.»

Dans leur détresse, ces Bretons avaient invoqué

leur sainte Anne d’Auray. Exaucés, ils plantèrent en ter-

re française d’Amérique une sainte Anne de Beaupré,

qui allait faire de ce lieu béni une «terre de miracles».

Première église paroissiale

Ceci se passait avant 1658. La petite chapelle du

voeu n’était sans doute qu’un modeste oratoire pour

dévotion privée, non pas une église paroissiale.

C’est en 1658 que les familles établies à cet endroit

de la côte de Beaupré, qu’on appelait alors le Petit Cap,

firent les démarches voulues pour se donner une égli-

se paroissiale et obtenir un prêtre résident. Jusque-

là ils dépendaient du curé de Château-Richer. Un acte

notarié du 8 mars 1658 fait don, par Etienne Lessard,

d’un terrain pour fins du culte. Les travaux commen-

cent dès le 13 de ce même mois et vont rondement.

Cette première église paroissiale, érigée trop près

du rivage, à cause des hautes marées du printemps,

dut être reportée un peu plus loin. Elle fut dédiée à

sainte Anne et ouverte au culte en 1662.

La statue miraculeuse, au pied de laquelle des cen-

taines de mille pèlerins sont venus prier, fut vraisem-

blablement apportée à l’église Ste-Anne par le Bien-

heureux François de Laval, premier évêque de Québec

(et du Canada), lors de sa visite à cette église en février

1662. Il était arrivé à Québec en 1659.

Lors d’une autre visite, le 12 mars 1670, le même

saint évêque fit don au sanctuaire d’une première reli-

que de sainte Anne, un fragment d’un doigt de la sain-

te, tiré de la grande relique d’Apt. Nous avons dit plus

haut comment une relique beaucoup plus grosse, prise

d’un bras de sainte Anne, fut obtenue par le Cardinal

Taschereau et remise par lui au même sanctuaire, le 26

juillet 1892.

Miracles: guérisons et conversions

Mais la bonne sainte Anne n’attendit pas ces reli-

ques pour déverser ses faveurs dans son sanctuaire

canadien de Sainte-Anne de Beaupré. Des 1662, les

guérisons, conversions et autres faveurs y pleuvaient.

Déjà, lors des fondations de l’église, la sainte avait guéri

instantanément un perclus, Louis Guimont, lorsque, de

peine et de misère, il parvint à y déposer trois petites

pierres. Mais c’est surtout à partir de l’installation de la

statue “miraculeuse” en février 1662 que les miracles

se succédèrent en litanie. Et c’est justement pour cela

que la statue a été appelée miraculeuse.

Déjà, dans une lettre datée du 30 septembre 1665,

la Bienheureuse Marie de l’Incarnation, fondatrice du

Couvent des Ursulines de Québec, écrivait:

«A sept lieues d’ici, il y a un bourg appelé le Petit Cap,

où il y a une église de sainte Anne, dans laquelle. Notre-

Seigneur fait de grandes merveilles en faveur de cette

sainte mère de la très sainte Vierge. On y voit marcher

des paralytiques, les aveugles recevoir la vue, et les mala-

des de quelque maladie que ce soit reçoivent la santé.»

Avant même la construction du premier sanctuaire,

sainte Anne, nous l’ayons vu, s’était montrée secours

des matelots. Elle a plusieurs fois répété ce service. Des

u

La guérison de Louis Guimont, telle que représentée

au Musée du sanctuaire de sainte Anne de Beaupré.

1662, trois voyageurs canadiens, M. de la Martinière,

Pierre le Gascon et un nommé Léguille, allaient périr

dans une tempête au Cap Tourmente: leur barque cha-

vira. Ils firent alors un voeu a sainte Anne. Accrochés à

une faible épave, ils luttèrent pendant 24 heures contre

les flots en furie. Le lendemain matin, ils se trouvèrent à

demi-morts sur le rivage, près d’une maison.

Ce fait eut beaucoup de retentissement dans toute

la colonie, et même au delà. On cite une quinzaine

d’autres sauvetages attribués à la bonne sainte Anne.

La sainte fut toujours très invoquée par les marins. Le

célèbre Le Moyne d’Iberville, dont les exploits au ser-

vice du Canada s’étendirent de la Louisiane à Terre-

Neuve et à la Baie d’Hudson, avait une grande dévo-

tion à la bonne sainte Anne; deux exvotos de lui sont

au sanctuaire. Quand les bateaux utilisaient le chenal

nord, entre l’Ile d’Orléans et la rive de Beaupré, ils sa-

luaient du canon en passant.

En 1667, l’abbé Morel, en charge du sanctuaire,

publiait déjà un recueil de miracles de la bonne sainte

Anne. Il notait aussi le fait des nombreuses conversions

dont il avait été témoin, ajoutant que «ces faveurs se

passant entre Dieu et l’âme, au secret du coeur, elles

ne se connaîtront bien que dans l’éternité».

Les pétitions à la bonne sainte Anne ont continué

au cours des trois siècles écoulés. Évidemment cha-

que demande n’obtient pas un prodige. Comme l’écri-

vait le Cardinal Maurice Roy, archevêque de Québec:

«Beaucoup sont venus implorer leur guérison au pied

de la statue miraculeuse. Plusieurs ont été exaucés. La

plupart sont repartis avec leurs maladies et infirmités.

Mais souvent, ces derniers ont été les grands privilé-

gies de sainte Anne, car c’est dans les âmes que Dieu

fait ses plus grands miracles.»

Pèlerinages

Les pèlerinages, individuels ou de familles, ont

commencé dès 1658. On a vu s’organiser des pèlerina-

ges en groupes à partir de 1663. De plus en plus gros

et de plus en plus nombreux. Le flot continue, amenant

des pèlerins de toute l’Amérique.

Un rapport couvrant les trois siècles de 1660 à

1960, estimait à 25 millions le nombre d’hommes et

La basilique actuelle de sainte Anne

de Beaupré, à 30 minutes de route

à l’est de la ville de Québec. Elle peut

accueillir 2000 personnes assises.

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