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L’article suivant est l’un des nombreux chefs-

d’oeuvre écrits par Louis Even, qui y rend gloire la

bonne sainte Anne, grand-mêre de Jésus et patronne

des Bretons. Il était Breton lui-même. C’est la même

sainte Anne qui est la patronne de la province de Qué-

bec, celle qui a comblé de miracles nos ancêtres, nos

pères et nos mères qui allaient faire leur voyage de

noces à Ste-Anne de Beaupré.

par

Louis Even

Les Évangiles sont muets sur la vie de sainte Anne.

Ils ne mentionnent même pas son nom. Ce que nous

pouvons savoir de ses années terrestres nous vient de

la tradition ou de révélations privées. Mais celle que

partout l’on vénère sous le nom de sainte Anne fut

la mère de l’Immaculée, et cette seule considération

suffit déjà à expliquer les traits sous lesquels le peuple

chrétien se la représente, l’universalité du culte qui lui

est rendu, la multiplicité des sanctuaires qui lui sont

dédiés.

Si l’Évangile ne dit rien de la mère de Marie, on

peut tout de même se faire une idée des merveilles

dont sa maison dut être le théâtre en lisant ce que

l’Évangile nous dit au sujet de sainte Elisabeth, mère

de saint Jean-Baptiste.

Un ange apparut à Zacharie, mari d’Elisabeth,

pour lui annoncer que sa femme concevrait et mettrait

au monde un fils qui serait grand devant le Seigneur.

Ne peut-on pas penser qu’un ange avait pareillement

annoncé aux parents de Marie, Joachim et Anne,

qu’Anne concevrait et mettrait au monde une fille qui

serait plus grande devant le Seigneur que toutes les

créatures, tant les angéliques que les humaines? C’est

d’ailleurs ce que l’on apprend des visions de la Bien-

heureuse Catherine Emmerich et de la

Cité Mystique

de Dieu

de la vénérable Mère Marie d’Agreda.

Si la purification du péché originel, dont jouit

Jean-Baptiste dans le sein de sa mère trois mois avant

sa naissance, transporta de joie sa mère Élisabeth

et l’inonda d’une lumière de l’Esprit-Saint lui faisant

connaître en sa cousine Marie la Mère du Messie

tant attendu, n’est-il pas logique d’en déduire que la

conception de Marie, Immaculée, sans un instant ni

une ombre de péché originel, avait jeté Anne dans un

ravissement bien plus grand encore?

N’est-ce pas pour ainsi dire une nouvelle création

humaine qui eut lieu à cet instant même? Dans le pa-

radis terrestre, Dieu avait créé Ève, comme Adam, par-

faitement innocente, pure de toute faute. Mais après

la faute commise par ces premiers parents et affec-

tant leur nature même, tous leurs descendants étaient

nécessairement marqués de cette infection dès l’ins-

tant de leur conception; or, voici que, dans le sein de

sainte Anne, une enfant est conçue, descendant bien

de l’Adam et de l’Ève d’après leur faute. Seul un acte

spécial de Dieu pouvait ainsi opérer cette dérogation à

une loi naturelle. Un acte divin semblable en quelque

sorte à l’acte créateur qui sortit Adam et Ève du néant.

Ce ne fut pas le lavage d’une faute, comme par le bap-

tême, car il n’y eut pas de faute à laver. L’enfant conçue

dans le sein de sainte Anne était vraiment une nou-

velle Ève plus pure et, plus parfaite que la première

Ève au sortir même des mains du Créateur.

L’Esprit-Saint dut bien alors envahir et illuminer

sainte Anne, plus intensément qu’il ne le ferait pour

sainte Elisabeth lors de la purification de Jean-Baptiste

dans son sein. Les Anges furent témoins de cette nou-

velle «création», et ce dut être comme une irruption du

Ciel dans la maison d’Anne. Les choeurs angéliques

extasiés devaient se demander: «Quae est ista?» Quel-

le est celle-ci qui s’élève de la descendance d’Adam

et qui ne porte point le caractère attaché à la nature

humaine par le péché d’Adam et à toute sa descen­

dance?

Le Père Eugène Lefebvre, Rédemptoriste, écrit à

ce sujet dans sa brochure

Vie de sainte Anne

:

«Pendant que la vie continue tout autour dans la

ville de Jérusalem, comme si rien n’était arrivé, l’uni-

vers lui-même est transformé aux yeux de Dieu, par

cette enfant qui vient de naître. Dans cette petite fille

que sainte Anne vient de mettre au monde, le Sei-

gneur découvre un être plus pur et plus saint que tous

les choeurs des Anges: il voit en Elle la Femme qui

bientôt sera la Mère de son Fils unique.

«La joie que sainte Anne ressentit quand lui fut pré-

sentée la Vierge Immaculée qui venait de naître d’elle

défie toute description. Elle devinait déjà, vaguement,

au fond de son coeur, que, grâce à la petite Marie, il lui

serait donné d’être un jour la grand-mère du Christ.»

Mais laissons à chacun de continuer ces médi-

tations sur les faits qui normalement allaient se suc-

céder dans la vie de sainte Anne: Présentation de la

petite Marie au Temple; mariage de Marie à Joseph;

naissance de Jésus qui consacrait Anne grand-mère

du Messie; joies d’Anne quand, lors de ses visites

chez Marie à Nazareth, elle pouvait prendre l’Enfant

Jésus dans ses bras ou sur ses genoux; joies aussi

des services qu’elle ne manqua pas de rendre à la

sainte Famille; sa douce mort, assistée de la présence

de Marie, de l’Adolescent divin et sans doute aussi de

saint Joseph; envol de sa belle âme vers les Limbes

où elle allait porter de bonnes nouvelles aux justes, et

où, avec eux, elle attendrait l’ouverture du Ciel par son

Petit-Fils lors de son Ascension triomphale.

À la gloire de sainte Anne

u

Photo: La statue miraculeuse de sainte Anne

au sanctuaire de Beaupré, près de Québec,

au pied de laquelle les pèlerins viennent

présenter leurs demandes.

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2013

www.versdemain.org

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