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nous serions bien plus acceptables dans les émissions

télévisées et dans les salons. Mais ce serait renoncer à

Jésus, à la réalité bouleversante de la résurrection.

Tel a été l’avertissement de Soloviev aux chrétiens

de notre temps, ajoutait le cardinal italien. Le Fils de

Dieu, continuait-il, ne peut pas être traduit par une

série de projets homologables par la mentalité mon-

daine dominante. Cependant, cela ne signifie pas une

condamnation des valeurs qui doivent cependant être

soumises à un discernement attentif.

Il existe, soulignait le cardinal Biffi, des valeurs ab-

solues comme le bien, le vrai, le beau. Qui les perçoit

et les aime, aime aussi le Christ, même s’il ne le sait

pas, parce que Lui est la Vérité, la Beauté, la Justice.

Et puis il y a les valeurs relatives comme la soli-

darité, l’amour de la paix, et le respect de la nature.

Si on les absolutise, en les déracinant ou même en

les opposant à l’annonce du fait du salut, alors, ces

valeurs deviennent des instigations à l’idolâtrie, et des

obstacles sur le chemin du salut.

Les trois archanges Gabriel, Michel et Raphaël

rendent hommage à Marie, Reine des Anges, qui a

reçu de Dieu la mission d’écraser la tête de Satan.

Si donc, concluait le cardinal Biffi, pour s’ouvrir au

monde, et pour dialoguer avec tous, le chrétien mitige

le fait salvifique, il empêche la connexion personnelle

avec le Christ, et il se retrouve du côté de l’antéchrist.

Alain Pilote

Prière à Marie

généralissime des armées célestes

Selon la tradition catholique, selon ces paroles

du livre de la Genêse (3, 15), c’est la Vierge Marie

qui a reçu la mission d’écraser la tête de Satan: «Je

mets une inimitié entre toi (le serpent) et la Femme

(la Sainte Vierge), entre ta postérité et sa postérité:

elle te brisera la tête et tu l’attaqueras au talon».

Le 13 janvier 1864, le vénérable père Louis Cestac

(fondateur de la Congrégation des Servantes de Ma-

rie, décédé en 1868), accoutumé aux bontés de la Très

Sainte Vierge Marie, fut subitement frappé comme

d’un rayon de clarté divine. Il vit des démons répandus

sur la terre, y causant des ravages inexprimables. En

même temps, il eut une vision de la Très Sainte Vierge

Marie. Cette bonne Mère lui dit qu’en effet les démons

étaient déchaînés dans le monde, et que l’heure était

venue de la prier comme Reine des Anges, et de lui

demander d’envoyer les légions saintes pour combat-

tre et terrasser les puissances de l’enfer.

«Ma Mère, dit le prêtre, vous qui êtes si bon-

ne, ne pourriez-vous pas les envoyer sans qu’on

vous le demande?» – «Non, répondit la Très Sainte

Vierge, la prière est une condition posée par Dieu

même pour l’obtention des grâces.» – «Eh bien ma

Mère, reprit le prêtre, voudriez-vous m’enseigner

vous-même comment il faut prier?» Et il reçut de la

Très Sainte Vierge Marie la prière

Auguste Reine

:

«Auguste Reine des cieux et maîtresse des

Anges, vous qui avez reçu de Dieu le pouvoir et

la mission d’écraser la tête de Satan, nous vous le

demandons humblement, envoyez les légions cé-

lestes pour que sous vos ordres, elles poursuivent

les démons, les combattent partout, répriment

leur audace et les refoulent dans l’abîme.

«Qui est comme Dieu? O bonne et tendre

Mère, vous serez toujours notre amour et notre

espérance. O divine Mère, envoyez les Saints An-

ges pour me défendre et repousser loin de moi le

cruel ennemi. Saints Anges et Archanges, défen-

dez-nous, gardez-nous.»

Au premier tirage les presses se brisèrent trois

fois. Mais sous l`impulsion du Père Cestac, cette

prière s`est répandue dans l’univers catholique,

accompagnée partout de faveurs extraordinaires.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2013

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Ville Saguenay peut continuer à réciter sa prière

Grande victoire pour la liberté d’expression de la

religion au Québec: le 27 mai 2013, la Cour d’appel du

Québec annulait une décision de février 2011 du Tribu-

nal des droits de la personne, qui obligeait le conseil de

ville de Saguenay à ne plus réciter de prière ainsi qu’à

retirer le crucifix et la statue du Sacré-Coeur de la salle

du conseil. Ce jugement forçait aussi la ville à verser 30

000$ «en dommages» à M. Alain Simoneau, un athée qui

soutenait que cette prière portait atteinte à ses droits.

M. Simoneau était représenté en cour par le Mouvement

Laïque Québécois (MLQ), un groupe qui est allergique à

toute expression religieuse en public au Québec.

Dans une décision d’une quaran-

taine de pages, les trois juges de la

cour d’appel concluent que la réci-

tation d’une prière de 20 secondes

au début des séances publiques du

conseil municipal de Saguenay ne

compromet pas la neutralité de la

Ville et ne porte pas atteinte au droit

à la liberté de conscience et de reli-

gion du plaignant, le citoyen Alain

Simoneau. Voici cette prière:

«Dieu tout puissant, nous Te

remercions des nombreuses grâces

que Tu as accordées à Saguenay et

à ses citoyens, dont la liberté, les

possibilités d’épanouissement et la

paix. Guide-nous dans nos délibéra-

tions à titre de membre du conseil

municipal et aide-nous à bien pren-

dre conscience de nos devoirs et responsabilités. Ac-

corde-nous la sagesse, les connaissances et la com-

préhension qui nous permettront de préserver les

avantages dont jouit notre ville afin que tous puissent

en profiter et que nous puissions prendre de sages

décisions. Amen.»

La prière en question, adoptée par le conseil muni-

cipal de Saguenay en novembre 2008, est une traduc-

tion d’un texte validé par des cours ontariennes pour

être récité avant un conseil municipal. La Cour d’appel

du Québec se dit d’avis que cette prière exprime des

valeurs universelles qui ne sont pas reliées à une reli-

gion en particulier.

Quant à la présence du crucifix et de la statue du

Sacré-Coeur, la Cour d’appel conclut que ces deux si-

gnes religieux sont, pour une partie importante de la

population, dépouillés de connotation religieuse et que

leur présence relève surtout du patrimoine culturel his-

torique et n’interfère en aucune façon avec la neutralité

de la Ville. La simple présence de ces signes religieux ne

signifie donc pas pour autant que la Ville est «en fait ou

en apparence sous le joug de la religion catholique ou

d’une quelconque autre forme de contrôle religieux ou

encore qu’elle pratique un militantisme de cette nature.»

En conférence de presse le mardi 28 mai, le maire

de Saguenay, Jean Tremblay, a affirmé qu’il s’agis-

sait d’une «victoire historique qui vise à protéger

nos droits, notre culture, notre patrimoine»:

«Je n’ai

jamais hésité à dire que j’ai la foi, que je suis catholi-

que, souligne Jean Tremblay. Je n’ai rien imposé. La

prière au conseil municipal, c’était celle que l’on fait

depuis plus de 100 ans à Saguenay. Ce n’est pas moi

qui l’ai introduite. Et les objets religieux étaient déjà

en place avant que j’arrive.»

Une fois poursuivis par le MLQ, le conseil de ville

de Saguenay a eu une réflexion à faire: «Unanime-

ment, on s’est dit: on va se tenir

debout... Ce sont nos valeurs, nos

traditions, ce qu’il y a de plus fon-

damental» qui est en jeu. Le pre-

mier jugement, dit le maire Trem-

blay, avait choqué la ville pas tant

à cause de la prière que de l’inter-

diction de la présence d’objets reli-

gieux, qui risquait par ce jugement

de faire jurisprudence, et de faire

en sorte que toutes les statues, tou-

tes les croix extérieures, tout ce qui

a un caractère religieux, y compris

les noms de rues et de villes avec

des saints, pourraient être interdits.

On ne pouvait donc pas laisser ac-

cepter un tel jugement.

«Le Québec, dit le maire Trem-

blay, est une nation dont l’héritage

et la culture ont des racines religieuses. Notre patri-

moine spirituel, physique, a des origines religieuses,

on voit des églises partout, on voit des objets reli-

gieux partout. Notre paysage est plein d’objets reli-

gieux. Je respecte ceux qui ne croient pas autant que

je respecte ceux qui croient. Mais je crois que nos

valeurs de solidarité, de respect, d’entraide, d’amour

au Québec nous ont été enseignées par nos parents

qui avaient la foi. Le respect de la diversité d’opinion

est un principe fondamental. On a le droit d’avoir les

opinions qu’on veut mais on n’a pas le droit de les

imposer aux autres.

«Au lieu de nous battre entre nous les Québé-

cois, nous devrions mettre nos efforts à combattre

ensemble la perte de nos valeurs. Le Québec a de

graves problèmes économiques qui entraînent la

pauvreté, les inégalités sociales et l’injustice. C’est

ça qu’on devrait combattre ensemble. Pour moi, la

laïcité, c’est l’art de la communication entre les diffé-

rentes croyances, non pas leur abolition ou leur inter-

diction... En terminant, je lance un appel aux Québé-

cois de se tenir debout pour conserver nos valeurs,

nos traditions, qui ont fait ce qu’il y a de plus beau

au Québec. »

Merci de vous être tenu debout, M. Tremblay !

Le maire Jean Tremblay

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2013

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