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– dont le premier a été rédigé par Paul VI en 1968 —

celui de cette année s’intitule «Heureux les artisans de

paix» — constituent des apports annuels au corpus de

doctrine sociale catholique. Enfin, il faut reconnaître

les nombreux enseignements livrés lors des audien-

ces papales et des visites apostoliques, ainsi que dans

les activités courantes (notamment dans les études et

les séminaires) des groupes et des institutions dans

l’Eglise.

L’encyclique de Benoît XVI,

Caritas in veritate

,

marque le 40eme anniversaire de

Populorum pro-

gressio

(1967) de Paul VI et le 20eme anniversaire de

Sollicitudo rei socialis

(1987) de Jean-Paul II.

Caritas

in veritate

a été rédigée pour commémorer ces deux

encycliques en raison de leurs réflexions sur le déve-

loppement et pour approfondir la compréhension du

développement humain dans la situation nouvelle,

inédite, d’un monde globalisé. Les questions sociales

qui entouraient le déve-

loppement du temps des

papes Paul VI et Jean-

Paul II sont devenues des

questions

«globales».

Mais la feuille de route

qu’il propose pour nous

guider dans le monde

déroutant d’aujourd’hui

est on ne peut plus fon-

damentale. Nous som-

mes les créatures de

Dieu; avant d’être des

patrons et des employés,

des gens qui réussissent

ou des gens qui peinent,

nous bénéficions du don

gratuit de la vie, notre

existence. Chacun d’entre

nous est une personne en

soi, mais en même temps

nous sommes reliés radicalement les uns aux autres.

Reconnaissants pour les dons de Dieu, nous devons

en retour, gracieusement et gratuitement, donner ce

que nous avons de meilleur: donner de nos biens, de

notre temps, donner notre esprit, notre cœur.

Il faut noter qu’au fil du temps l’ordre social (r

es so-

cialis

) auquel se réfère l’enseignement social de l’Eglise

a évolué constamment: de la misère des travailleurs

au cours de la révolution industrielle et l’émergence du

marxisme (Léon XIII), la crise économique de 1929 et la

récession qui a suivi (Pie XI), la décolonisation et l’avè-

nement du «tiers-mondisme» (Jean XXIII et Paul VI, la

chute du Mur de Berlin et les transformations politiques

en Europe de l’Est (Jean-Paul II), à la mondialisation, au

sous-développement et à la crise financière, économi-

que, écologique, morale et anthropologique (Benoît XVI).

Dans toutes ces encycliques, tous ces messages,

les éclairages des Ecritures, de la théologie, de la phi-

losophie, de l’économie, de l’écologie et de la politi-

que ont été exploités de manière cohérente pour la

formulation d’un enseignement social qui met l’hom-

me et son développement intégral au centre de tous

les systèmes de pensée et d’activité mondiaux. Dans

les situations en évolution constante du monde, les

encycliques sociales réaffirment les principes de base

de la doctrine sociale de l’Eglise là où la foi chrétienne

et l’amour du Christ rencontrent l’ordre social. L’Egli-

se, discernant constamment les choix que doit faire

le peuple de Dieu en s’inspirant de son patrimoine de

principes et de valeurs, propose des possibilités d’un

plus grand épanouisseent. Donc, «la doctrine sociale

de l’Eglise éclaire d’une lumière qui ne change pas les

problèmes toujours nouveaux qui surgissent ».

A l’intérieur de ce patrimoine,

Caritas in Véritate

aborde maintenant les conditions du développement

intégral de l’homme, dans toutes ses dimensions et ses

formes, dans les situations problématiques de notre

monde contemporain globalisé. Le pape Benoît XVI se

réfère constamment à Vati-

can II, notamment à

Gau-

dium et spes

, à

Populorum

progressio

et à

Sollicitudo

rei socialis

, et aux principes

fondamentaux de la dignité

humaine, du bien commun,

de la destination universel-

le des biens de la terre, de

la fraternité dans la famille

humaine, de la solidarité et

de la subsidiarité...

Permettez-moi de con-

clure par un souhait sin-

cère: que la grâce de Dieu,

l’inspiration de l’Esprit et

l’exemple de Jésus et de

ses fidèles serviteurs au

cours des siècles, vous ren-

dent capables de trouver

vos propres façons d’adop-

ter et d’appliquer les principes de l’enseignement social

catholique. Je vous rappelle en terminant trois idées

centrales qui sous-tendent l’ensemble de

Caritas in Veri-

tate

, pour vous aider à participer à cette mission sainte.

L’homme est toujours au centre: le bien-être des

humains et le développement total dans toutes les acti-

vités.

Nous sommes appelés au don et à la transcendance

– guidés par une logique du don et de la gratuité –, nous

sommes appelés à évangéliser notre monde d’inégali-

tés et de pauvreté.

L’activité humaine, qui construit la cité terrestre,

est une anticipation de la cité de Dieu universelle lors-

que cette activité, inspirée par l’amour et la justice, vise

le bien-être de l’homme, dans son intégrité, et de tou-

tes les personnes, et non pas de quelques-unes.

Que Dieu vous bénisse et bénisse toutes vos acti-

vités.

Cardinal Peter K.A. Turkson

L’Année de la foi, lancée par le

Pape Benoît XVI, qui a débuté le

11 octobre 2012 se terminera le

24 novembre 2013 en la solennité

de Jésus-Christ, Roi de l’univers.

En 1967, le Pape Paul VI avait lui

aussi promulgué une Année de la

foi, à l’occasion du dix-neuvième

centenaire du martyre des apô-

tres Pierre et Paul à Rome. Le 30

juin 1968, pour la clôture de cette

année spéciale, Paul VI fit la lec-

ture d’une profession de foi écrite

par lui, «le Credo du peuple de

Dieu».

Ce texte, reprenant chacun des

articles du Credo de Nicée, appor-

tait aussi plusieurs précisions

sur des points de la foi remis en

question par certains théologiens

de l’époque, en cette année de

révolution (mai 1968) où tout était

remis en question, et où, comme

le disaient les révolutionnaires, il

était désormais «interdit d’inter-

dire». Quiconque désire rester

catholique se doit d’adhérer à

chacun des articles du Credo. La

relecture et la méditation de ces

articles de foi écrits par Paul VI nous raffermiront dans

notre foi catholique:

Frères vénérés et chers fils, nous allons faire une

profession de foi, prononcer un Credo qui, sans être

une définition dogmatique proprement dite, reprend en

substance, avec quelques développements réclamés

par les conditions spirituelles de notre temps, le Credo

de Nicée, le Credo de l’immortelle tradition de la sainte

Église de Dieu.

En le faisant, nous sommes conscient de l’inquié-

tude qui agite certains milieux modernes par rapport à

la foi. Ils n’échappent pas à l’influence d’un monde en

profonde mutation, dans lequel tant de certitudes sont

mises en contestation ou en discussion. Nous voyons

même des catholiques se laisser prendre par une sorte

de passion du changement et’ de la nouveauté. L’Égli-

se, certes, a toujours le devoir de poursuivre son effort

pour approfondir et présenter d’une manière toujours

mieux adaptée aux générations qui se suivent les inson-

dables mystères de Dieu, riches pour tous de fruits de

salut. Mais il faut en même temps prendre le plus grand

soin, tout en accomplissant le devoir indispensable de

recherche, de ne pas porter atteinte aux enseignements

de la doctrine chrétienne. Car ce serait alors engendrer,

comme on le voit malheureusement aujourd’hui, le

trouble et la perplexité en beaucoup d’âmes fidèles...

En ce jour choisi pour clore

l’Année de la foi, en cette fête

des bienheureux apôtres Pierre

et Paul, nous avons voulu offrir au

Dieu vivant l’hommage d’une pro-

fession de foi. Et comme jadis à

Césarée de Philippe l’apôtre Pierre

a pris la parole au nom des Dou-

ze pour confesser véritablement,

au-delà des opinions humaines,

le Christ Fils du Dieu vivant, ainsi

aujourd’hui son humble succes-

seur, pasteur de l’Église universel-

le, élève sa voix pour rendre, au

nom de tout le peuple de Dieu, un

ferme témoignage à la vérité divi-

ne confiée à l’Église pour qu’elle

l’annonce à toutes les nations.

Nous avons voulu que notre

profession de foi fût assez complè-

te et explicite pour répondre d’une

manière appropriée au besoin de

lumière ressenti par tant d’âmes

fidèles et par tous ceux dans le

monde, qui, à quelque famille spi-

rituelle qu’ils appartiennent, sont

en quête de la vérité.

PROFESSION DE FOI

À la gloire du Dieu très saint et de notre Seigneur

Jésus Christ, confiant en l’aide de la très sainte Vierge

Marie et des bienheureux apôtres Pierre et Paul, pour

l’utilité et l’édification de l’Église, au nom de tous les

pasteurs, et de tous les fidèles, nous prononçons main-

tenant cette profession de foi, dans la pleine commu-

nion spirituelle avec vous tous, chers frères et fils.

Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-

Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde

où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles

comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges,

et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et

immortelle.

Nous croyons que ce Dieu unique est absolument

un dans son essence infiniment sainte comme dans

toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans

sa science infinie, dans sa providence, dans sa volon-

té et dans son amour. Il est Celui qui est, comme il l’a

révélé lui-même à Moïse; et il est Amour, comme l’apô-

tre Jean nous l’enseigne: en sorte que ces deux noms,

Être et Amour, expriment ineffablement la même divine

réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous,

et qui, «habitant une lumière inaccessible», est en lui-

même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de

toute intelligence créée. Dieu seul peut nous en donner

la connaissance juste et plénière en se révélant comme

La Profession de foi de Paul VI

Le 20 décembre 2012, le Vatican re-

connaissait les vertus héroïques de Paul

VI (Giovanni Battista Montini, pape de

1963 à 1978), faisant de lui un vénéra-

ble. Un miracle attribué à son interces-

sion est déjà à l’étude, ce qui fait qu’il

n’est pas impossible que Paul VI soit

proclamé bienheureux en 2013.

u

En mai 2010, cinq Pèlerins à plein temps de Vers Demain

étaient allés à Rome au Conseil Pontifical Justice et Paix pour

rencontrer le cardinal Peter Turkson. De gauche à droite:

Lucie Parenteau, Marcelle Caya, Thérèse Tardif, le cardinal

Turkson, Marcel Lefebvre, Alain Pilote.

u

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VERS DEMAIN janvier-février 2013

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