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déclarations profondes qui peuvent être méditées

indéfiniment avec un intérêt toujours renouvelé,

Douglas a déclaré que les créditistes cherchaient à

«libérer la réalité».

Le Crédit Social ne dit pas: «C’est ainsi que les

choses devraient fonctionner, et nous devons réformer

les systèmes financiers et autres de telle sorte que cela

arrive», mais plutôt que les choses fonctionnent mieux

en accord avec leur propre nature. Dans la préface de

son livre

Credit Power and Democracy

(1920), Douglas

écrivait: «Ce qui est moral est ce qui fonctionne le

mieux.» Plus tard, il a fait remarquer qu’on a perdu

le sens du mot “moral”. Une grande partie de ce

qu’on appelle le progrès est amoral. L’utilisation des

meilleurs outils ne garantit pas automatiquement

de meilleurs objectifs. Nous pouvons améliorer les

avions afin de pouvoir voler d’un endroit à un autre en

moins de temps. Est-ce un progrès? La vraie question

ne serait-elle pas plutôt: «Que faisons-nous avec le

temps que nous avons ainsi sauvé? Construire plus

d’avions?»

Comment Douglas découvrit le Crédit Social

Dans un discours aux membres du Canadian Club à

Ottawa en avril 1923, alors qu’il avait été invité au Canada

pour présenter ses idées devant le Comité parlementaire

canadien des banques et du commerce, Douglas a

résumé l’histoire de ses découvertes comment il en

était arrivé aux conclusions qu’il avait tirées.

Le début de cette «histoire plutôt longue remonte

à une quinzaine d’années», dit-il. Douglas expliqua

comment, pendant qu’il se trouvait en Inde, travaillant en

Orient pour les intérêts de la compagnieWestinghouse,

il avait mené une étude sur le potentiel hydro-électrique

d’une grande région, à la demande du gouvernement

indien. Douglas dit que lorsqu’il retourna en Inde à

Calcutta et Simla et demanda ce qui allait se faire pour

développer cette énergie hydraulique, la réaction a

été: «Eh bien, nous n’avons pas d’argent.» C’était à une

époque où les manufacturiers de Grande-Bretagne

avaient de la difficulté à obtenir des commandes, et

les prix des machines étaient très bas. Douglas dit qu’il

accepta alors cette réponse, et l’emmagasina dans son

esprit.

Il rappela ensuite comment, quand il dînait

fréquemment avec le contrôleur-général de l’Inde,

celui-ci l’ennuyait considérablement avec de longues

conférences sur le crédit. Le contrôleur général raconta

ses expériences avec les fonctionnaires du Trésor

(ministère des Finances) en Inde et en Grande-Bretagne,

insistant sur le fait que l’argent et l’or n’avait rien à voir

avec la situation. «Cela dépend presque entièrement

du crédit», a-t-il dit. Douglas fit remarquer que, à

l’époque, les commentaires de son ami n’avaient guère

de sens pour lui, mais, néanmoins, il senti qu’ils avaient

également emmagasinés dans son esprit.

Douglas expliqua ensuite comment, juste avant

la Première Guerre mondiale, il avait été engagé par

le gouvernement britannique dans le cadre de la

construction du chemin de fer des Postes à Londres. Il

n’y avait pas de problème physique pour réaliser le projet

mais, périodiquement, il devait congédier des ouvriers,

car il n’y avait pas suffisamment d’argent. «Puis vint la

guerre», déclara Douglas, «et je commençai à remarquer

qu’on pouvait obtenir de l’argent pour n’importe quel

projet.» Cela le frappa et lui parut assez curieux.

Pendant la Première Guerre mondiale, Douglas, qui

avait servi en France, fut envoyé à l’avionnerie royale de

Farnborough en Angleterre pour régler «une certaine

quantité de désordre» dans la comptabilité. Après

quelques semaines, il avait découvert que, après avoir

fait appel à des machines à calculer pour l’aider dans

son examen du système de calcul des coûts de l’usine,

les coûts (ou dépenses) de l’avionnerie étaient générés

à un rythme beaucoup plus rapide que les salaires et

autres revenus distribués aux employés.

Comme un vrai scientifique, Douglas fit ensuite une

enquête sur un échantillon de centaines d’organisations

industrielles enGrande-Bretagne, et constata que toutes

engendraient des coûts totaux, reflétés dans les prix, à

un rythme plus rapide qu’ils distribuaient du pouvoir

d’achat aux individus par les salaires et traitements.

Douglas fournit plus tard la preuve mathématique de sa

découverte, sous la forme du fameux théorème A + B.

Douglas ajouta que plus tard, il remarqua qu’avec

le retrait de quelque sept millions des meilleurs

producteurs dans le pays (en raison de la guerre), ceux

qui restaient, les personnes âgées, les femmes et les

enfants, ont été capables de construire demerveilleuses

cités de béton. D’immenses quantités de produits ont

été détruites par la guerre. Pourtant, tout le monde

vivait avec un niveau de vie au moins tout aussi élevé

que celui d’avant-guerre.

Douglas pensait à ces choses lorsque son esprit

le ramena à ce que son ami anglo-indien lui avait dit

quelques années plus tôt au sujet du crédit. Il se dit:

«Cet homme avait raison. La clé du problème, c’est

le crédit. Les gens en général n’ont pas de pouvoir

d’achat suffisant».

«Je sais, par mes propres connaissances techni-

ques», dit Douglas, «qu’il n’y a pas du tout de problème

de production dans le monde, qu’il n’y a aucune chose

que vous ne puissiez obtenir si vous mettez l’argent

nécessaire sur la table.»

L’homme doit suivre la Loi de Dieu

Une des images les plus révélatrices que nous avons

de Douglas, en tant qu’homme, et de sa philosophie

nous vient de M. L.D. Byrne:

«En dépit d’une stature intellectuelle bien au-dessus

de la moyenne, la caractéristique exceptionnelle de

Douglas était sa profonde humilité — une humilité qui

se reflétait dans ses écrits et dans sa vie... Là où d’autres

voyaient le monde en termes de luttes et de réalisations

de l’humanité, et la société comme étant la créature

du cerveau et du comportement humain, Douglas

lui, avec le réalisme de l’ingénieur et la spiritualité

pénétrante d’un théologien médiéval, Douglas voyait

l’univers comme étant une unité intégrée et centrée sur

son Créateur et soumise à sa Loi.

«C’est la base de la philosophie de Douglas —

dont le Crédit Social est la ligne d’action — qu’il

existe dans l’univers et au cours des siècles une Loi

de Justice - la Loi divine - ce qu’il appelle le Canon.

L’homme doit rechercher cette loi activement, et dans

la mesure où il la trouve et s’y conforme, il atteindra

l’harmonie avec l’univers et son Créateur. A l’inverse,

dans la mesure où l’homme ignore le fonctionnement

de ce «canon» et s’en moque, il ne récoltera que

désastres.

«Il allait de soi dans les écrits de Douglas qu’il

considérait la société comme un organisme qui pourrait

avoir«la vie et la vie en abondance» dans la mesure où

il était centré sur Dieu et obéir à Son Canon ... Dans

cet organisme, la souveraineté de «Dieu le Créateur

de toutes choses visibles et invisibles» étant absolue,

il doit y avoir la pleine reconnaissance du caractère

sacré de la personne humaine, et, par conséquent, de

l’individu en tant que personne libre de vivre sa vie et,

dans le corps social, libre de se joindre ou de quitter

les associations de son choix, avec la responsabilité de

son Créateur. Et nul ne peut nier cette relation à Dieu et

à ses semblables sans commettre un sacrilège.

«Ce concept, reflet de l’idéal du christianisme

comme étant l’intégration de l’Église et de la société, qui

a été l’inspiration de la civilisation européenne pendant

des siècles, implique d’accepter une ligne d’action

dans tous les domaines de la vie sociale, économique,

politique et culturelle. C’est la ligne d’action que Douglas

a désigné sous le nom de “crédit social”.

«En regardant le monde avec une clarté de vision

unique pour son époque, Douglas a vu la civilisation

occidentale s’engager vers une ligne d’action con-

traire, et ainsi être vouée a l’échec. Cette ligne d’action

de la civilisation actuelle est basée sur une philosophie

contraire (à la loi divine), où l’homme est déifié et

cherche à asservir la création à lui-même.»

Dans un discours donné en 1933, intitulé

La

Poursuite de la vérité

, Douglas a souligné que sa

principale préoccupation était la droiture en toutes

choses, qu’il existait dans l’univers quelque chose

appelé un “canon” (la loi de Dieu), et que le succès

véritable ne peut provenir que d’une tentative constante

de découvrir ce canon et de s’y conformer dans toute

activité humaine que ce soit.»

L’argent est un symbole créé par l’homme

S’il est vrai que le mouvement du Crédit Social a

joué un rôle majeur pour faire connaître la façon dont

le crédit financier est créé et détruit par le système

bancaire, bien avant que Douglas soit apparu sur la

scène publique, un certain nombre d’autorités ont

expliqué à un public restreint comment l’argent était

créé sous forme de crédit financier ou bancaire.

Et, bien sûr, ceux qui exploitait le système de

création du crédit au cours des siècles étaient bien

conscients de l’énorme pouvoir qu’ils exerçaient —

tant que les gens croyaient en général que les banques

ne prêtaient que l’argent d’abord déposé chez elles,

et étaient généralement ignorants des réalités du

système monétaire.

Indépendamment de la forme qu’il prend, l’argent

n’est qu’un symbole créé par l’homme, et n’a aucune

valeur en soi à moins que de la richesse réelle soit

créée. Du moment que suffisamment de personnes

peuvent être hypnotisées à croire que, par exemple,

un symbole de crédit est plus important qu’une livre

de beurre, ils sont à la merci de ceux qui créent et

contrôlent les symboles. L’ombre est plus importante

que la substance!

Douglas a déjà rappelé comment peu de temps

après qu’il ait publié ses conclusions sur le défaut

fondamental du système financier et économique

actuel, un représentant de l’un des groupes financiers

internationaux de Wall Street lui demanda ce qu’il

proposait de faire pour corriger ce défaut. Comme

Douglas l’a fait remarquer, à cette époque, il n’avait pas

encore totalement compris que sa découverte et ses

propositions frappaient droit au cœur un monopole

dont les représentants, loin d’abandonner le pouvoir

qu’ils exerçaient déjà, étaient déterminés à protéger et

à accroître ce même pouvoir.

Par la suite, tout a été fait pour supprimer ou

dénaturer et pervertir ce que Douglas avait proposé.

La réaction hostile d’une alliance contre nature de

banquiers internationaux, de marxistes et divers

autres groupes, a mis en relief le fait évident que

c’était le défi philosophique du Crédit Social qui était

considéré comme par eux comme étant la principale

menace à leur volonté d’imposer leur pouvoir.

Douglas est décédé en 1952. Mais les vérités qu’il

a révélées appartiennent maintenant à l’éternité. Elles

sont essentielles pour la régénération de la civilisation,

peut importe combien de temps cette régénération

prendra. Ceux qui ont compris ces vérités ont la

responsabilité de transmettre cette connaissance pour

les générations à venir.

Eric Butler

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VERS DEMAIN janvier-février 2013

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