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guer le bien du mal, la route qui conduit à destination de

celle qui nous fait tourner en rond, sans direction.

4. Aussi il est urgent de récupérer le caractère

particulier de lumière de la foi parce que, lorsque sa

flamme s’éteint, toutes les autres lumières finissent

par perdre leur vigueur. La lumière de la foi possède,

en effet, un caractère singulier, étant capable d’éclai-

rer toute l’existence de l’homme. Pour qu’une lumière

soit aussi puissante, elle ne peut provenir de nous-mê-

mes, elle doit venir d’une source plus originaire, elle

doit venir, en définitive, de Dieu. La foi naît de la ren-

contre avec le Dieu vivant, qui nous appelle et nous

révèle son amour, un amour qui nous précède et sur

lequel nous pouvons nous appuyer pour être solides

et construire notre vie.

Transformés par cet amour nous recevons des yeux

nouveaux, nous faisons l’expérience qu’en lui se trouve

une grande promesse de plénitude et le regard de l’ave-

nir s’ouvre à nous. La foi que nous recevons de Dieu

comme un don surnaturel, apparaît comme une lumière

pour la route, qui oriente notre marche dans le temps...

C’est justement de cette lumière de la foi que je vou-

drais parler, afin qu’elle grandisse pour éclairer le pré-

sent jusqu’à devenir une étoile qui montre les horizons

de notre chemin, en un temps où l’homme a particuliè-

rement besoin de lumière.

7. Dans la foi, vertu surnaturelle donnée par Dieu,

nous reconnaissons qu’un grand Amour nous a été of-

fert, qu’une bonne Parole nous a été adressée et que,

en accueillant cette Parole, qui est Jésus Christ, Parole

incarnée, l’Esprit Saint nous transforme, éclaire le che-

min de l’avenir et fait grandir en nous les ailes de l’espé-

rance pour le parcourir avec joie. Dans un admirable

entrecroisement, la foi, l’espérance et la charité consti-

tuent le dynamisme de l’existence chrétienne vers la

pleine communion avec Dieu. Comment est-elle cette

route que la foi entrouvre devant nous? D’où vient

sa puissante lumière qui permet d’éclairer le chemin

d’une vie réussie et féconde, pleine de fruits?

Abraham, notre père dans la foi

8. La foi nous ouvre le chemin et accompagne nos

pas dans l’histoire. C’est pourquoi, si nous voulons

comprendre ce qu’est la foi, nous devons raconter

son parcours, la route des hommes croyants, dont té-

moigne en premier lieu l’Ancien Testament. Une place

particulière revient à Abraham, notre père dans la foi.

Dans sa vie se produit un fait bouleversant: Dieu lui

adresse la Parole, il se révèle comme un Dieu qui parle

et qui l’appelle par son nom. La foi est liée à l’écoute.

Abraham ne voit pas Dieu, mais il entend sa voix. De

cette façon la foi prend un caractère personnel. Dieu

se trouve être ainsi non le Dieu d’un lieu, et pas même

le Dieu lié à un temps sacré spécifique, mais le Dieu

d’une personne, précisément le Dieu d’Abraham,

d’Isaac et de Jacob, capable d’entrer en contact avec

l’homme et d’établir une alliance avec lui. La foi est la

réponse à une Parole qui interpelle personnellement,

à un Toi qui nous appelle par notre nom.

12. L’histoire du peuple d’Israël, dans le livre de

l’Exode, se poursuit dans le sillage de la foi d’Abra-

ham. La foi naît de nouveau d’un don originaire: Israël

s’ouvre à l’action de Dieu qui veut le libérer de sa mi-

sère. La foi est appelée à un long cheminement pour

pouvoir adorer le Seigneur sur le Sinaï et hériter d’une

terre promise. L’amour divin possède les

traits du père qui soutient son fils au long

du chemin (cf. Dt 1, 31). La confession de

foi d’Israël se développe comme un récit

des bienfaits de Dieu, de son action pour

libérer et guider le peuple (cf. Dt 26, 5-11),

récit que le peuple transmet de génération

en génération...

L’idolâtrie est l’opposé de la foi

13. L’histoire d’Israël nous montre en-

core la tentation de l’incrédulité à laquelle

le peuple a succombé plusieurs fois. L’ido-

lâtrie apparaît ici comme l’opposé de la

foi. Alors que Moïse parle avec Dieu sur

le Sinaï, le peuple ne supporte pas le mys-

tère du visage divin caché; il ne supporte

pas le temps de l’attente. Par sa nature,

la foi demande de renoncer à la posses-

sion immédiate que la vision semble offrir,

«Si tu savais le don de Dieu....»

déclare Jésus à la Samaritaine

(Jn 4, 10). La foi est un don de Dieu,

et il faut

prier pour l’obtenir.

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u

c’est une invitation à s’ouvrir à la source de la lumière,

respectant le mystère propre d’un Visage, qui entend

se révéler de façon personnelle et en temps oppor-

tun... Au lieu de la foi en Dieu on préfère adorer l’idole,

dont on peut fixer le visage, dont l’origine est connue

parce qu’elle est notre oeuvre... Celui qui ne veut pas

faire confiance à Dieu doit écouter les voix des nom-

breuses idoles qui lui crient: «Fais-moi confiance ! ».

Dans la mesure où la foi est liée à la conversion,

elle est l’opposé de l’idolâtrie; elle est une rupture avec

les idoles pour revenir au Dieu vivant, au moyen d’une

rencontre personnelle. Croire signifie s’en remettre à

un amour miséricordieux qui accueille toujours et par-

donne, soutient et oriente l’existence, et qui se montre

puissant dans sa capacité de redresser les déforma-

tions de notre histoire. La foi consiste dans la dispo-

nibilité à se laisser transformer toujours de nouveau

par l’appel de Dieu. Voilà le paradoxe: en se tournant

continuellement vers le Seigneur, l’homme trouve une

route stable qui le libère du mouvement de dispersion

auquel les idoles le soumettent.

La plénitude de la foi chrétienne

15. La foi chrétienne est centrée sur le Christ, elle

est confession que Jésus est le Seigneur et que Dieu

l’a ressuscité des morts (cf. Rm 10, 9). Toutes les lignes

de l’Ancien Testament se rassemblent dans le Christ.

Il devient le «oui» définitif à toutes les promesses, le

fondement de notre «Amen» final à Dieu (cf. 2 Co 1,

20). L’histoire de Jésus est la pleine manifestation de

la fiabilité de Dieu. Si Israël rappelait les grands actes

d’amour de Dieu, qui formaient le centre de sa confes-

sion et ouvraient le regard de sa foi, désormais la vie

de Jésus apparaît comme le lieu de l’intervention défi-

nitive de Dieu, la manifestation suprême de son amour

pour nous...

17. Notre culture a perdu la perception de cette

présence concrète de Dieu, de son action dans le

monde. Nous pensons que Dieu se trouve seulement

au-delà, à un autre niveau de réalité, séparé de nos

relations concrètes. Mais s’il en était ainsi, si Dieu était

incapable d’agir dans le monde, son amour ne serait

pas vraiment puissant, vraiment réel, et il ne serait

donc pas même un véritable amour, capable d’accom-

plir le bonheur qu’il promet. Croire ou ne pas croire

en lui serait alors tout à fait indifférent. Les chrétiens,

au contraire, confessent l’amour concret et puissant

de Dieu, qui agit vraiment dans l’histoire et en déter-

mine le destin final, amour que l’on peut rencontrer,

qui s’est pleinement révélé dans la Passion, Mort et

Résurrection du Christ.

18. La plénitude où Jésus porte la foi a un autre

aspect déterminant. Dans la foi, le Christ n’est pas seu-

lement celui en qui nous croyons — la manifestation

la plus grande de l’amour de Dieu — ,mais aussi celui

auquel nous nous unissons pour pouvoir croire. La foi

non seulement regarde vers Jésus, mais regarde du

point de vue de Jésus, avec ses yeux: elle est une par-

ticipation à sa façon de voir. Dans de nombreux domai-

nes de la vie, nous faisons confiance à d’autres person-

nes qui ont des meilleures connaissances que nous.

Nous avons confiance dans l’architecte qui construit

notre maison, dans le pharmacien qui nous présente le

médicament pour la guérison, dans l’avocat qui nous

défend au tribunal. Nous avons également besoin de

quelqu’un qui soit digne de confiance et expert dans

les choses de Dieu. Jésus, son Fils, se présente com-

me celui qui nous explique Dieu (cf. Jn 1, 18)...

La foi dans le Fils de Dieu fait homme en Jésus

de Nazareth, ne nous sépare pas de la réalité, mais

nous permet d’accueillir son sens le plus profond, de

découvrir combien Dieu aime ce monde et l’oriente

sans cesse vers lui; et cela amène le chrétien à s’enga-

ger, à vivre de manière encore plus intense sa marche

sur la terre.

Foi et vérité

23.

Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez

pas

(cf. Is 7, 9). La version grecque de la Bible hébraï-

que, la traduction des Septante faite à Alexandrie

d’Égypte, traduisait ainsi les paroles du prophète Isaïe

au roi Achaz... Effrayé par la puissance de ses enne-

mis, le roi cherche la sécurité que peut lui donner une

alliance avec le grand empire d’Assyrie. Le prophète,

alors, l’invite à s’appuyer seulement sur le vrai rocher

qui ne vacille pas, le Dieu d’Israël...

Cette photo a été prise le 10 octobre

2009 à la paroisse de l'Assomption de

Notre-Dame à Cordova, en Espagne,

au baptême de Valentino Mora, le fils

d'Erica, une maman de 21 ans, La

photographe, Maria Silvana Salles,

se servit d'une caméra traditionnelle,

et envoya le filmà un magasin de

Cordova pour le faire développer.

Quand elle reçut les photos, elle

remarqua avec surprise que l'eau

versée sur la tête de Valentino

formait un chapelet parfait.

VERS DEMAIN août-septembre 2013

www.versdemain.org

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