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«Ceux qui viennent me trouver – poursuit-il – me

demandent avant tout une aide humaine et je m’efforce

de leur apporter toute l’aide possible. En n’oubliant pas

que le mendiant a besoin de manger mais qu’il a égale-

ment une âme. À la femme offensée je dis: envoie-moi

ton mari, je vais lui parler. Mais il y a aussi beaucoup

de gens qui viennent me dire qu’ils sont tristes, qu’ils

vivent mal... Alors je leur demande: depuis combien de

temps ne vous êtes-vous pas confessé? Parce que je

sais que le péché pèse et que la tristesse du péché tour-

mente. Je suis arrivé à la conviction que ce qui fait souf-

frir beaucoup de gens, c’est le manque de sacrements.

Le sacrement, c’est le divin à la portée de l’homme: et

sans cette nourriture, on ne peut pas vivre. Je vois la

grâce opérer et les personnes changer».

Des journées données totalement, dans la rue

ou au confessional, jusqu’à la nuit. Où trouve-t-il les

forces nécessaires? Lui – presque pudiquement,

comme on parle d’un amour – évoque un rapport pro-

fond avec Marie, la confiance absolue qu’il a en elle:

«Marie, c’est l’acte de foi total, dans l’abandon sous

la Croix. Marie, c’est la compassion absolue. C’est la

pure beauté offerte à l’homme». Et il aime le chape-

let, l’humilité du chapelet, ce prêtre de la Canebière:

«Souvent, pendant que je confesse, je récite le cha-

pelet, ce qui ne m’empêche pas d’écouter; lorsque

je donne la communion, je prie». On est intimidé en

l’écoutant. Mais alors, tous les prêtres devraient faire

preuve d’un dévouement absolu, presque comme des

saints? «Je ne suis pas un saint et je ne crois pas que

tous les prêtres doivent être saints. Mais ils peuvent

être des hommes bons. Les gens seront attirés par la

bonté présente sur leur visage».

A-t-il des problèmes, dans ces rues caractérisées

par une très forte présence de musulmans immigrés?

Non, dit-il simplement: «Ils ont du respect pour moi et

pour cette soutane». À l’église, il accueille tout le mon-

de avec joie: «Le Christ est venu pour les pécheurs et

j’ai la crainte, si je refuse un sacrement, qu’un jour il

puisse me demander d’en rendre compte. Mais est-

ce que nous connaissons encore la puissance des sa-

crements? Je me demande si nous n’avons pas trop

bureaucratisé l’admission au baptême. Je pense au

baptême de ma mère juive qui, pour ce qui est de la

demande de mon grand-père, fut un acte purement for-

mel: et pourtant, de ce baptême est venu un prêtre».

Et la nouvelle évangélisation? «Voyez-vous – dit-il

en prenant congé, dans son presbytère – plus je vieillis

et plus je comprends ce que dit Benoît XVI: tout re-

commence vraiment à partir du Christ. Nous ne pou-

vons que remonter à la source».

Plus tard, on l’entrevoit au loin, dans la rue, avec

sa soutane noire que son pas rapide met en mouve-

ment.

«Je la porte – a-t-il dit – afin d’être reconnu par

quelqu’un que, sans cela, je ne rencontrerais peut-être

jamais. Par cet inconnu, qui m’est extrêmement cher».

Le Père Michel-Marie a

écrit, en 2012, un livre intitulé

Au diable la tiédeur

, un hymne

à l’ardeur qui s’adresse à ceux

qui éprouvent le besoin de re-

penser leur action à la lumière

d’une expérience sacerdo-

tale présentée ici sous forme

d’aphorismes percutants. Suit

un Petit traité de l’essentiel où

vingt valeurs ou vertus, qui

manquent aujourd’hui à l’âme

de la vie, viennent secouer

le quotidien, sans compromis

mais non sans poésie. Voici

quelques extraits de ce livre:

En songeant à la question de la fin posée par le

Christ lui-même: «Quand le Fils de l’Homme revien-

dra, trouvera-t-Il la foi sur la terre?», comment puis-

je dormir tranquille, satisfait de mon ministère, et ne

pas chercher à travailler avec plus d’ardeur au Salut

du genre humain? Et vous, catholiques de mon coeur,

me suivrez-vous? (p. 25)

Qui est contre Dieu l’est à cause de quelqu’un qui

L’a défiguré. «Serait-ce moi, Seigneur ?» (p. 51)

Un prêtre qui ne parle plus du Ciel l’a quitté de-

puis longtemps.

Un prêtre qui n’évoque jamais le purgatoire se

prive d’espérance.

Un prêtre qui ne dit mot sur l’enfer avec des lar-

mes dans la voix rend vain son ministère et peut-être

même le mystère de la croix. (p. 60)

Quand tu traverses ton église, même cent fois le

jour, les yeux dans le tabernacle, fais une génuflexion

profonde et, si tu le peux, prolongée, par amour pour

ton Amour qui est là, mais aussi pour ceux qui te re-

gardent et qui ont besoin de te voir aimer l’invisible.

Impose ce geste à ton sacristain et à tes collabora-

teurs. On ne passe devant Dieu à toute vitesse au

risque de Le faire croire absent. (p. 69-70)

Tous les jours, à la même heure, entre dans ton

confessionnal, Jésus connaît ton horaire, et il t’en-

voie du monde. (p. 85)

Site du Père Zanotti-Sorkine:

www.delamoureneclats.fr/

Site de Sandro Magister: http://

chiesa.espresso.repubblica.it/?fr=y

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VERS DEMAIN août-septembre 2013

www.versdemain.org

Le 5 juillet 2013, le pape François a inauguré dans

les jardins du Vatican une statue de Saint Michel ar-

change, haute de 5 mètres. L’État de la Cité du Vatican

a aussi été consacré à Saint Joseph et Saint Michel.

Juste avant le début de la cérémonie, le pape

émérite Benoît XVI est arrivé sur place, invité par le

pape François, arrivé peu après. Le pape émérite a

été salué par les personnes présentes. Benoît XVI et

le pape se sont ensuite embrassés et sont restés côte

à côte durant toute la cérémonie. Ils ont pris place

dans deux sièges placés devant le monument.

La réalisation de cette statue a été voulue par

l’ancien président du Gouvernorat de l’État de la Cité

du Vatican, le cardinal Giovanni Lajolo, pour célébrer

l’archange Michel, défenseur de la foi et protecteur de

l’Église catholique. Cette statue en bronze a été réali-

sée par l’artiste italien Giuseppe Antonio Lomuscio.

Autour du globe on peut lire l'inscription en latin

«Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église,

et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre

elle». La main porte la marque du clou de la cruci-

fixion et elle porte en même temps l'anneau de Saint

Pierre porté pas les Papes.

Le pape a voulu prononcer deux prières spécifi-

ques de consécration (on peut lire la consécration à

saint Michel à la page suivante) et il a expliqué son

geste dans le discours suivant:

»Nous nous sommes donné rendez-vous ici, dans

les jardins du Vatican, pour inaugurer un monument

dédié à l'archange saint Michel, patron de l'État de la

Cité du Vatican. Il s'agit d'une initiative programmée

depuis déjà longtemps, avec l'approbation du Pape

Benoît XVI, auquel vont toujours notre affection et

notre reconnaissance et auquel nous voulons expri-

mer notre grande joie pour sa présence aujourd'hui

parmi nous. Merci de tout coeur !

»Dans les jardins du Vatican sont présentes diver-

ses oeuvres d'art; celle qui vient s'ajouter aujourd'hui

revêt toutefois une place particulièrement importan-

te, tant en raison du lieu où elle est située que de

la signification qu'elle exprime. En effet, ce n'est pas

seulement une oeuvre commémorative, mais une

invitation à la réflexion et à la prière qui s'inscrit bien

dans l'Année de la foi. Michel — qui signifie «Qui est

comme Dieu?» est le champion du primat de Dieu,

de sa transcendance et de sa puissance. Michel lutte

Le Vatican consacré à saint Michel archange

par le Pape François, en présence de Benoît XVI

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