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rejeter du revers de la main. Ce n’est pas parce que

les gens possèdent une maison, une entreprise, que

le problème se crée. Mais le système financier qui

accompagne le système de production capitaliste

est la cause de ce grave problème.

Malgré les activités des peuples qui créent l’abon-

dance, on voit souvent cet instrument qui devrait

faciliter les échanges, tellement rare, que les riches-

ses s’accumulent et à un moment donné on doit les

détruire. Sur notre planète, on jette plus d’un milliard

de tonnes de nourriture annuellement, pendant que

de nombreux peuples souffrent de la faim.

Envers qui les pays sont endettés ?

Le Pape Jean-Paul II a taxé ce néfaste système

financier de «structure de péché». Ce qui fait que

tous les peuples sont endettés par-dessus la tête. À

qui les pays d’Afrique qui sont représentés ici doi-

vent des milliards ? Plusieurs peuvent supposer, ima-

giner que c’est aux pays colonisateurs. Mais à qui

les pays colonisateurs doivent encore plus de mil-

liards que les pays colonisés ? On peut penser que

c’est aux États-Unis qu’on doit ces milliards. Mais à

qui les États-Unis doivent-ils la plus grosse dette du

monde entier ? Cette dette s’élève à plus de 17 mille

milliards de dollars. Il est évident que ce n’est pas à

une personne. On parle d’un pays débiteur et d’un

pays créancier. Tous les pays sont pris avec des pro-

blèmes de dettes.

Je n’aime pas le titre que l’on donne à certains

pays d’Afrique PPTE (PAYS PAUVRES TRÈS ENDET-

TÉS). Ce sont souvent des pays ‘scandaleusement’

très riches. Cependant il est vrai, avec une popu-

lation ‘scandaleusement’ pauvre, pas à cause du

manque de richesses. Comme nos pays dévelop-

pés, ces pays ont été obligés de tendre la main à des

structures bancaires pour être financés.

On prend comme exemple le Fonds Monétaire

International qui accorde un milliard à un pays.

Qu’est-ce que les dirigeants des pays reçoivent ?

Ils ne reçoivent certainement pas un conteneur de

billets de banques. Ils reçoivent un petit document

d’écriture de chiffres et surtout de personnes autori-

sées. Et c’est ce petit document qui va permettre au

souverain du pays de mobiliser de la main d’oeuvre

du pays. Sans ce document, on ne peut pas bouger.

C’est ce petit document qui va permettre aux diri-

geants des pays de mobiliser des produits, des

matériaux du pays pour réaliser un certain projet. Où

est la souveraineté des pays ?

Ce n’est pas un cadeau qui est fait, c’est un prêt.

Et les dirigeants sont obligés au bout de l’année de

payer une certaine somme en intérêts.

Incapacité de rembourser les dettes

Le Cardinal Agré nous disait qu’en Afrique c’était

souvent à 20 % les taux d’intérêt en Afrique. A 10%

Là nous sommes appelés à parler de la réception

de ce nouveau modèle qui est prévu pour une sortie

de crise et est regardé comme une troisième voie.

Avec la récession, la pensée diffusée par ce nouveau

modèle vu par Louis Even, Douglas, et d’autres, est

revenue en force.

Fondé sur la Doctrine catholique, le «distributisme»

contient une doctrine de l’abondance. C’est d’abord la

reconnaissance que chacun est cohéritier des fruits

du travail des générations précédentes. Il s’agit ici de

la théorie de l’abondance qui n’est pas très connue.

C’est une théorie d’abondance abondante par oppo-

sition à quelques idées actuelles fondées sur une éco-

nomie de rareté.

Et on s’éloigne ici d’une théorie d’une abondance

frugale, d’une pauvreté heureuse, d’une misère heu-

reuse, d’une croissance se décroissant qui est très à

la mode et même proposée par le Fonds Monétaire

International. Il y a dans cette proposition une chose

très étonnante, c’est celle de mélanger les proposi-

tions. On combat l’abondance.» —

Maître Christine

Mengès-Le Pape

Mgr Kleda qui présidait à ce moment-là, a conclu

qu’il faudrait s’orienter vers la troisième voie propo-

sée par Douglas et Louis Even.

«Cette troisième voie,

a-t-il dit, n’est nullement du communisme».

Conférence de M. Marcel Lefebvre

Après l’exposé de Maître Christine, Mgr Kleda a

présenté M. Marcel Lefebvre, un directeur de l’Ins-

titut Louis Even du Canada. Après avoir parlé de la

fondation de l’Oeuvre de Vers Demain, M. Lefebvre

a parlé de l’endettement des pays:

«Un néfaste système»

En 1967, dans

Populorum Progressio

, le pape Paul

VI parlait d’un néfaste système qui accompagne le

capitalisme. Le capitalisme en somme n’est pas à

Pour étudier la cause de la crise financière

actuelle, nous vous offrons ces livres à un prix

spécial, en incluant les frais postaux:

Démocratie économique en 10 leçons: 12.00$

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VERS DEMAIN août-septembre 2013

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quand on nous a prêté un milliard, ça fait un intérêt

de 100 millions au bout de l’année. Si c’est à 20% ça

fait 200 millions tout simplement. Mais il y a un autre

problème, la Banque Mondiale a prêté de rien cette

somme et réclame en plus des intérêts qui n’exis-

tent nulle part. Les montants d’intérêt qui doivent

être payés n’ont pas été mis en circulation par ce

système frauduleux. Ce qui produit une incapacité

mathématique de rembourser la dette.

Ce qui arrive aussi c’est que des individus ou des

entreprises plus habiles que d’autres, réussissent à

soutirer du public capital et intérêt, à tout rembour-

ser. Mais beaucoup d’entreprises ou individus font

faillite. Les gouvernements ont emprunté souvent

des banques et doivent payer des intérêts. Et ces

pays en voie de développement ont peut-être appris

ça de nos pays développés, parce que l’Europe est

abondamment endettée et ainsi que les Etats-Unis,

le Canada, toute l’Amérique.

Voici un exemple: Il y a un certain nombre d’an-

nées, 75 évêques de l’Amérique latine s’étaient

regroupés pour protester contre le FMI et la Banque

Mondiale qui avaient prêté 84$ milliards à ces pays

pour leur venir en aide. Au bout de dix ans, ces peu-

ples avaient payé 418$ milliards en intérêt, plus de

cinq fois le montant reçu. La dette est encore là. Ce

n’est pas sans raison que le Pape Jean-Paul II récla-

mait: «Effacez les dettes des pays.»

Il faut les effacer

et non pas les transférer sur le dos d’autres pays.

Un milliard de tonnes de nourriture détruites

Les peuples travaillent pour produire, vendre

généralement à l’étranger afin de pouvoir payer

leurs dettes. Ils peuvent à peine satisfaire à leurs

besoins. Le premier droit de l’homme, c’est de

se nourrir. Pendant que l’on détruit un milliard de

tonnes de nourriture beaucoup souffrent encore

de la faim. Dans le «Notre Père» nous disons pres-

que tous les jours: «Donnez-nous aujourd’hui notre

pain quotidien». Dieu le Père n’est pas sourd, il nous

fournit le pain quotidien en surabondance. Cepen-

dant, ceux qui contrôlent le pouvoir d’achat ne le

mettent pas en circulation au même rythme que les

peuples fournissent les produits. Ainsi le problème

s’aggrave de plus en plus.

Au Canada nous avons une institution qui s’ap-

pelle Banque du Canada. Son premier gouverne-

ment participait à une commission parlementaire

sur les banques et les commerces. Une question lui

a été posée:

«Pourquoi un pays ayant le pouvoir

de frapper sa monnaie, devrait-il céder ce privilège

à un monopole privé, et emprunter de ce mono-

pole privé ce que le gouvernement pourrait créer

lui-même et payer des intérêts jusqu’à une faillite

nationale?»

Et le gouverneur de répondre:

«Si le gouverne-

ment veut changer la forme d’opération du sys-

tème bancaire, cela est certainement dans le pou-

voir du parlement».

Mais depuis 1939, au Canada, rien n’a changé. Le

gouvernement actuel emprunte encore du mono-

pole privé. En 2002, pour avoir emprunté 39 milliards

dans les années précédentes pour les services à la

population, la dette a atteint 562 milliards. Elle n’a

bénéficié que de 39 milliards. C’est ainsi dans tous

les pays du monde. Il faut donc éclairer les popula-

tions pour qu’elles fassent pression sur leur gouver-

nement respectif afin qu’il crée une monnaie libre

de dette pour le pays.

Marcel Lefebvre

Une partie des distingués conférenciers

de ce colloque. De gauche à droite et de

haut en bas: Hugues Kenfack (Doyen de

la Faculté de droit de Toulouse), René-

Samuel Sirat (ancien Grand-rabbin de

France), Brigitte Barèges (maire de

Montauban) , Marie-Joseph Verlinde

(professeur honoraire à l'Institut catho-

lique de Lyon), Jean Pliya (professeur et

recteur honoraire de l'Université natio-

nale du Bénin), Marcel Lefebvre (un

des directeurs de Vers Demain), Hassen

Chalghoumi, (Président de la Confé-

rence des imams de France) S.E. Mgr

Bernard Ginoux (évêque de Montauban),

Léon Okioh (professeur à l’université

d’Abomey au Bénin).

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